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son charme naturel dans les peintures égyptiennes, quoiqu'il comporte déjà une interprétation d'à-plat, de contour et de serti ; son adaptation aux chapiteaux lotiformes et campaniformes est déjà une interprétation plus linéaire ; dans l'art grec des plats rhodiens, Tornement floral est devenu régulier, géométrique; puis à TErechtheion, il s'est retourné pour former l'ove. Les transformations qu'a subi cet élément de nature au gré du génie d'artistes dont la mentalité variait avec les époques, les pays et les mœurs, étaient toutes intéressantes. Cet intérêt a disparu quand, à partir de la Renaissance, l'ornement a allié l'œuf au fer de lance avec autant d'inconséquence que de banalité.

Ce n'est pas faire œuvre d'artiste que de répéter ou de déformer une fois de plus ce motif abâtardi, mais il n'y a aucune raison, en se retrempant à la source et en regardant à nouveau la nature, de ne pas en tirer une interprétation nouvelle, plus ou moins synthétique, selon notre propre sentiment. Il en est de même de tous les éléments qui ont servi de thème à la décoration architecturale, qu'il s'agisse des feuilles d'acanthe des chapiteaux corinthiens ou des bourgeons de fougère des chapiteaux du xin* siècle.

En appliquant à nouveau les principes qui ont permis à chaque génération passée de faire œuvre originale, les artistes actuels peuvent être modernes à leur tour. On en a là preuve dans les nombreuses œuvres contemporaines qui montrent la forme déco-

rative originale que peut donner l'application de ces principes, même aux matériaux dont l'emploi remonte aux époques les plus anciennes. La simple utilisation de l'appareil de brique pour les saillies des corniches, les supports des balcons, a pu donner dans des églises comme dans des maisons reproduites au cours de cet ouvrage des effets simples et nouveaux.

Les profils, tenant compte de l'effet à produire suivant les organes de la construction auxquels ils s'appliquent, restent un des principaux éléments de la couleur par les oppositions d'ombre et de lumière : mais, pour cela, il faut abandonner les classifications puériles des moulures en cimaises, congés, talons, filets, etc., que Vitruve, Vignole et Palladio ont distribués arbitrairement dans les divisions arbitraires des entablements. Il faut chercher les profils avec cette souplesse et cette variété que, sous les différents ciels, les Français du xv® siècle surent y apporter aussi bien que les Grecs du siècle de Périclès. Il faut qu'ils s'accordent avec l'appareil de pierre : la standardisation industrielle est plus près de la tradition des appareils savamment calculés et amenés tout taillés à pied d'œuvre, tels que les pratiquaient les Grecs et les Français, que la méthode barbare qui consiste encore à ravaler après coup d'immenses blocs de pierre.

S'il s'agit de matériaux nouveaux comme le béton armé, ses lignes simples ne sauraient être alourdies qu'à contre-sens par des motifs de relief, mais des

recherches nouvelles ont commencé en vue de modifier sa tonalité uniformément grise, qui n'est pas toujours heureuse. L'une des plus intéressantes est assurément de placer dans les coffrages les éléments décoratifs, mosaïque ou céramique, qui, faisant corps ensuite avec la construction, assurent une décoration durable et évitent des opérations ultérieures coûteuses de repiquage de l'enduit.

Une initiative heureuse a été de rétablir, sur les matériaux de liaisonnement, l'emploi des décorations faites dans le mortier, soit par les gravures des sgraffiti, soit par la peinture à fresque.

La fresque est un procédé admirable à cause de la discipline qu'impose son exécution rapide et sans retouche, exigeant autant de volonté dans le dessin que de sobriété dans la facture. S'il est difficile actuellement d'avoir une chaux grasse d'excellente qualité ne laissant pas subsister le danger des incuits qui, par la suite, font éclater la surface, rien n'empêche, ainsi que j'en ai fait l'essai, d'appliquer la fresque à nos chaux hydrauliques et à nos ciments. Ces procédés pourraient être employés pour le décor immédiat des éléments de béton armé moulés à l'atelier en vue d'un montage ultérieur.

Mais, si l'on en vient à la polychromie extérieure, il importe de ne pas tomber dans l'erreur qui consista, à la fin du siècle dernier, à incorporer des échantillons de fragments colorés perdus à différentes places dans l'ordonnance des façades ; si la polychromie doit

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intervenir, c'est avec beaucoup plus d'ampleur et de franchise, telle qu'elle fut pratiquée par les Orientaux et aussi par les Français du xv^ siècle dans les remplissages des pans de bois en brique émaillée, dans les couvertures des combles en tuile vernissée.

Les façades en céramique ou en mosaïque de certains immeubles donnent à cet égard une indication intéressante, et, si les éléments sont un peu grands d'échelle, l'effet d'un bâtiment comme l'immeuble Conté, rue du Renard, décoré par Gentil et Bourdet, est agréable et nouveau.

Il est d'ailleurs curieux de voir combien il est difficile d'avoir suffisamment d'indépendance de jugement : les mêmes artistes modernes qui protestent contre l'ostracisme dont est encore aujourd'hui frappée dans certains milieux la construction métallique apparente, construction à laquelle rien ne s'adapte mieux que les remplissages de céramique, n'hésitent pas à proscrire la faïence au profit du grès; cependant les variétés de tons du grès, qui donnent la matière la plus précieuse à un bibelot d'étagère, n'ont pas la franchise de coloration des matières plus économiques qui firent la beauté des édifices persans ou arabes, franchise que les mêmes hommes proclament d'ailleurs indispensable à un vitrail ou à un tapis.

Mais ces conflits d'opinion, loin d'être un sujet de découragement pour l'avenir de notre architecture, sont, au contraire, la preuve de Tenthousiasme que montre dans ses recherches la jeune génération.

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