CONCLUSION
DEPUIS près d'un siècle, Tarchitecture, plus encore que tous les autres arts, a donné le spectacle d'une grande incertitude sur son idéal.
A côté de l'école académique qui, imbue des formules de Tart romain antique, vues d'ailleurs à travers la Renaissance italienne, ne jurait que par Vignole et Palladio, une autre école a jeté les yeux sur le moyen-âge français, mais n'a pas su s'en émanciper davantage.
Entre tous ces pastiches, les modernistes n'ont pas encore complètement triomphé faute d'un enseignement général approprié formant le goût du public.
L'art est le reflet des idées, des besoins, des mœurs: le rôle des artistes est de chercher à exprimer, d'une façon concrète, la réalisation de ces tendances et Ton peut dire que, tant que les artistes cherchent, leurs œuvres sont intéressantes. Parmi les peintres, quand Corot, quand Ziem cherchaient, ils firent des tableaux
admirables ; quand ils eurent trouvé et se cantonnèrent dans leur formule, ils l'affadirent : c'est ce qui donne une place exceptionnelle à un Rembrandt: jusqu'à la fin de sa vie, qui fut longue, il a cherché, il s'est multiplié, il s'est renouvelé.
Si cela est vrai dans la courte vie d'un artiste, comment admettre qu'en architecture des formules puissent être indéfiniment répétées sans la sincérité et l'émotion qui font l'artiste et l'œuvre d'art ?
A chaque époque, il y a eu des artistes supérieurs dont l'inspiration géniale a su trouver la solution des problèmes qui se présentaient; mais à chaque époque il y a eu des artistes moins doués qui ont subi l'influence de ces maîtres, les ont copiés et ont, de la forme originale trouvée, fait une formule banale. Ainsi l'on pourrait dire que des formes qui dérivent de ces formules sont les défauts des styles et c'est pour cela qu'il faudrait se garder de les copier tandis que c'est précisément ce qu'on en retient.
C'est ce qu'ont compris tous les artistes modernistes, qui n'ont étudié les chefs-d'œuvre anciens que pour apprendre des vieux maîtres comment ils avaient su résoudre les problèmes qui se présentèrent à eux et être mieux en état de faire à leur tour, devant les programmes modernes, œuvre analogue.
Qu'un de ces modernistes ait préféré telle ou telle matière, que son goût l'ait conduit à des formes plus simples ou plus compliquées, enrichies par un décor plus ou moins directement inspiré de la nature, cela