‹ L'architectureChapitre 5 sur 24 · THÉORIES ET INFLUENCES DES DIVERSES ÉCOLES · texte numérisé non relu

THÉORIES ET INFLUENCES DES DIVERSES ÉCOLES

CETTE réaction passagère n'était qu'apparente, mais elle montrait l'influence qu'avait encore en 1900, sur les artistes qui étaient, par leur âge, dans la force de la production, l'enseignement abstrait et formulaire de l'architecture.

Cet enseignement datait de longtemps, puisqu'il avait commencé à s'implanter en France à la Renaissance. Il s'était développé au xvii® siècle et la formule italienne des ordres, devenue le dogme de l'Académie d'architecture, montra son impuissance à remplacer, par les lois arbitraires de proportion des éléments architecturaux, la logique qui avait été la règle de la composition et de la structure des édifices français.

Faut-il rappeler les déboires occasionnés par les premières façades de la place Vendôme, établies par Hardouin Mansart et modifiées treize ans après parce que personne n'avait pu construire une maison

confortable derrière ces paravents et n'avait voulu, en conséquence, acquérir les terrains ?

Aussi, après Frémin, dont les études critiques d'architecture, écrites en 1702, donnaient l'exemple du goût, de la clairvoyance et du bon sens, Frézier, en 1738, combattait le principe de la superposition des ordres, signalait l'abus des corniches à l'intérieur des édifices. Cette persistance du bon sens français avait été d'ailleurs la meilleure sauvegarde pour nos architectes du XVIII*' siècle qui souvent surent garder leur indépendance, ainsi que le montrent les monuments publics comme la Monnaie, les habitations privées comme les nombreux hôtels qui existent encore dans les vieux quartiers de Paris.

La Convention avait eu beau supprimer, après les corporations, les académies qui étaient des corporations privilégiées, l'Institut qui les avait remplacées et l'Ecole des Beaux- Arts conservèrent la tradition académique : les hommes restaient les mêmes, les noms seuls avaient changé.

Les esprits réfléchis continuaient à s'élever contre l'insuffisance de l'enseignement. Au début du xix^ siècle, Antoine Vaudoyer, qui était prix de Rome, écrivait : « Les jeunes architectes excellent dans la théorie et dans le dessin et reviennent souvent de Rome sans avoir la moindre notion des constructions.»

Pas plus qu'au xviii® siècle, ces sages critiques n'avaient eu leur répercussion pour l'amélioration de l'enseignement et, tout à coup, en face du fanatisme

Page 1