‹ L'architecture hindoue en Extrême-Orient;Chapitre 10 sur 96 · RELATION DE L INDE ANCIENNE AVEC LES PAYS VOISINS 2 I · texte numérisé non relu

RELATION DE L INDE ANCIENNE AVEC LES PAYS VOISINS 2 I

philosophes ensuite, les Djaïnas, les Bouddhistes, — pas les brahmanes, retenus par leurs castes, mais les prêtres des religions à missionnaires, — sont venus a coup sûr en Egypte, à Alexandrie, au moment où, dans cette ville, les chercheurs de croyances inédites ne savaient plus a quel saint se vouer. Et un grand nombre des premiers chrétiens ont passé par le bouddhisme, peut-être sans s'en rendre compte, mais les svastikas qu'ils vénèrent sont là pour le prouver. » Nous ferons remarquer, toutefois, que le svastika n'est pas absolument un attribut bouddhique, mais qu'on le retrouve chez presqtie tous les peuples de l'antiquité (voir a ce sujet l'intéressant ouvrage de Goblet d'Alviella, La migration des symboles).

Sylvain Lévi 1 , citant Dion Chrysostome, nous parle d'un certain Severus, ancien consul de Rome (/170), retiré à Alexandrie, qui offrait l'hospitalité dans sa riche maison à des brahmanes qu'il traitait avec honneur et qui vivaient chez lui suivant leur propre règle. Ils ne manquaient de rien pour pratiquer leurs observances, mais ils évitaient avec soin tout ce qui était à lencontre. « Si on songe aux lois sévères qui interdisent aux brahmanes orthodoxes de quitter le territoire indien, sous peine de déchéance, il n'est pas permis de douter que les hôtes de Severus étaient des bouddhistes. » L'hérésie des Manichéens est tout imprégnée de bouddhisme. « Le maître de Manès, Terebinthus, prend le nom de Bouddha, dit Sylvain Lévi, et se prétend né d'une vierge. » Mais ici nous quittons Alexandrie, car Manès vécut surtout a Ctésiphon. Le mouvement commercial et le mouvement des idées étaient du reste non moins vifs à Ctésiphon qu'à Alexandrie, et les relations avec l'Inde étaient môme tellement étroites que, sous les Sassanides, jusqu'au vn e siècle, puis sous les Abbassides et même les Scldjoucides, le patriarche indépendant de l'église nestorienne de Perse, résidant a Ctésiphon (puis à Bagdad), put réunir sans difficulté, sous sa juridiction, tous les évechés de la

1. Sylvain Lévi, Le bouddhisme et les Grecs (Revue de l'Histoire des religions, t. XXXtlI, p. 3 7 ).

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Bactriane, de Socotora, de la cote de Coromandel et de Ceylan \ Dès le vi e siècle il y eut une église chrétienne à Ceylan.

L'avènement de l'islamisme ne fit qu'accroître le mouvement des échanges.

Au vn e siècle, de nombreuses colonies de savants et de commerçants indiens 2 habitaient les principales villes de la Perse (d'après le Chinois Hiuan-tsang) et y jouissaient du libre exercice de leur religion. Aux vn e et vm e siècles, il y avait des comptoirs et des colonies arabes sur toute la côte ouest de l'Inde et dans la vallée même de l'Indus (rive droite). La colonie étrangère de Cambaye, qui jouait à cette époque le rôle de Bombay, était de 10 ooo àmes.

Les Arabes et les Persans avaient leurs chefs particuliers, leurs mosquées, etc..

D'après Maçoucli, qui écrivait au x e siècle et qui a longtemps séjourné aux Indes, les Musulmans de Bagdad, à la fin du vu siècle, s'emparèrent, au moyen d'une flotte et d'une armée de débarquement, des bouches de l'Inclus, et y établirent des états florissants, dont les émirs reconnaissaient encore au i\ c siècle la suprématie morale et temporelle des khalifes de Bagdad. Cet auteur insiste surtout sur le rôle que les Musulmans jouèrent dès les premiers temps de l'hégire dans la vallée de 1 Indus, \oici ce qu'il dit sur le royaume de Moult an :

« Mehrand du Sind sort de sources bien connues, situées dans la haute région du Sindh. le territoire de Kanodj, le royaume de Bahourah, les pays de Kachmir, deKandahar et de Tafen, et il entre ensuite dans le Moultan où il reçoit le nom de Mehran d'or, de même que le mot Moultan signifie la frontière d'or. Ce royaume obéit à un koreichite de la famille d'Oçamah, fils de Lowayi, fils de Galib, et c'est le rendez-vous général des caravanes qui se dirigent

i. Labour. Le clirislianisme dans V Empire perse.

2. Ucinaud. Relation des voyages faits par les Arabes et les Persans dans l'Inde et à la Chine au i\° siècle, Paris, i845.

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