‹ L'architecture hindoue en Extrême-Orient;Chapitre 15 sur 96 · Choisy. Histoire de X 'architecture, I, p. iG · texte numérisé non relu

Choisy. Histoire de X 'architecture, I, p. iG

INDE

étoffes byzantines et sassanides, et morne chinoises, et il est fort probable que le modèle primitif, emprunté à la Perse, a pénétré au Cambodge par la Chine. Les étoffes et les porcelaines chinoises actuelles emploient encore ces dessins (iig. 22). Le même modèle

Fig. 20. — Lion stylisé.

Musée de Lakhnau, provenant de Malliura.

(Foucher. — Art (jrèco-bomklhiqae.)

Fig. 21. — Lion stylisé (klimèr).

(Fournercau. — Les ruines khmères.)

se retrouve à Java dans les ruines des vm e et i\ ( siècles mais plus îndianisé.

L'ornement lancéolé interprété par les Indiens sous la forme de la feuille du ficus religiosa, soit dans la décoration des frises des monuments ou môme des colonnes et des pieds-droits comme a

INFLUENCES EXERCEES OU REÇUES PAR l'aRT HINDOU 3l

Ângkor-Vat 1 est d'origine assyrienne ou égyptienne, non pas en qualité de feuille du ficus religiosa et du ficus indica, mais comme bor-

Fig. :i'i. — Perroquets affrontés (Angkor Vat) (xn« siècle).

dure de boutons et de fleurs épanouies alternés. On trouve de nombreux exemples de cette décoration dans les sculptures de

Fig. a3. — Bouton lancéolé.

Sculptures de Kouyoundjick (Assyrie), seuil d'une porte.

Nimroud ou de Khorsabad, représentant des lapis ou des étoffes (iig. 23). En Egypte et bien antérieurement à notre ère, on trouve au pied des murs des bandes de tiges de lotus et de papyrus ou des

i. De Beylié. Le palais a" 'Angkor-Vat, p. l\.

INDE

fleurs de lotus épanouies et des boutons entremêlés dans lesquels les boulons jouent le rôle d'ornement lancéolé.

L'ornement lancéolé, ou plus exactement de la feuille stylisée, a

Fig. a/|. — Ficus roligiosa.

(Annales du Musée Guimet, tome 3o,

3 e partie, pi. III.)

Fig. 20. — Une colonno à Angkor Vat.

(\u c sirclc).

suivi son évolution spéciale dans chaque pays, mais surtout en Egypte, où on le rencontre constamment dans les tombes d'Antinoë (fig. 2 4). Il forma plus tard la base du système de décoration de l'art musulman (xm e siècle) et par ricochet des étoffes à ramages, sous Louis XIII. Il n'est pas impossible que l'ornement lancéolé du

INFLUENCES EXERCEES OU REÇUES PAR l/ART HINDOU 33

style musulman, bien qu'originaire de l'Assyrie et de l'Egypte, n'ait été adopté sous sa forme usuelle qu'après avoir subi sa transformation définitive aux Indes. La feuille de ficus religiosa figure en guise d'auréole dans beaucoup de statues du Bouddha en souvenir du figuier sacré Bo sous lequel il a atteint la Bodhi. On peut en tous cas considérer comme certain que les temples du Cambodge (ix"-xn e siècles) et le palais d'Angkor-Vat, auquel nous empruntons les dessins si caractéristiques de l'ornementation d'une colonne, rappelant assez fidèlement les tapis de prière persans, n'ont jamais subi d'autre influence que l'influence hindoue ou chinoise (fig. 25).

Nous ajoutons que le principe de l'ornement lancéolé ou de la feuille stylisée n'est pas indien, mais oriental, tandis que l'ornement multilobé de forme évidemment foliacée, qui, dans l'art musulman, apparaît à partir du xm e siècle sur la panse des vases en bronze cleMossoul 1 , Fio. a r>. - Ornomc ni multilobé est très probablement d'origine hindoue

vase <I(î Mosoul (xm c sirt'lo). /fio- 'lC\\

1). Pylônes. — L'influence de l'Egypte sur l'art hindou est indéniable ; mais il a toujours été admis que cette influence ne s'est mafestée que par l'intermédiaire de l'Assyrie et de la Perse. L'art persan, sous les Achéménides, était en effet la résultante de tous les arts de l'empire de Darius et deCambyse, comprenant les provinces grecques de Syrie, l'ancienne Assyrie, la Chaldée et l'Egypte. Qui adoptait cet art adoptait nécessairement une partie des arts de tous ces pays. Quant aux pyramides (gopuras) des temples dravidiens du sud (x e et xi c siècles de notre ère), dont la forme générale rappelle si vivement les pylônes des anciens temples de l'Egypte, il

i. Migcon. Exposition des Arts musulmans. Il cxislc des arcades de ce dessin à Racca (Mésopotamie) cl à Gordoue (ix° siècle).

Page 1