‹ L'architecture hindoue en Extrême-Orient;Chapitre 19 sur 96 · Lcvi. Le \/ pal, 1"' vol., p. i · texte numérisé non relu

Lcvi. Le \/ pal, 1"' vol., p. i

2. Foucher. Art grccc-bouddli'ujiœ du Gandhàra, p. i :u , i^o, lig. 5G.

INFLUENCES EXERCEES OU REÇUES PAR l'aRT HINDOU 43

dans les fresques des grottes de Dambulla à Ceylan (i er siècle avant J.-C). Ils ne sont pas autre chose que des makaras stylisés.

Fig. 3q. — Toit à la chinoise.

Fresques du v c siècle A. D., à Ajunta.

Le makara est un monstre, tantôt crocodile, tantôt dauphin, tantôt animal fantastique quelconque, servant d'amortissement à la retombée des arcs, ou d'ornement en saillie à l'extrémité des toits.

Il est d'origine indienne. Tantôt il apparaît, comme à Karli (11 e siècle avant J. G.) sous forme de dauphin à trompe, la bouche tournée vers l'intérieur de l'arc, la queue vers l'extérieur (fig. ^2) — c'est la (orme adoptée le plus souvent parles Chinois ; — tantôt sous forme de crocodile ou d un monstre quelconque, la queue roulée vers 1 intérieur, comme à

Dambulla (i er siècle avant J.-C.) (fig. 43), semblable à la queue d'une écrevisse; tantôt, — et c'est le cas le plus général, surtout

Fig. 4o. — Toit à la chinoise.

Fresque du v c siècle A. D., à Ajunta.

INDE

en Indo-Chine et à Java, — sous forme de dragon ou de serpent, la gueule tournée vers l'extérieur (Boro-Boudour, ix° siècle) (fig. /|/|).

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Fig. '|i. — Ajunta (n c sirck av. J. C. au viu° sirck ap. .). C).

Dans ce cas, le corps du serpent constitue, s'il y a lieu, l'un des côtés de l'arc ou de l'ogive.

Fig. l\i. — Makara des grottos do Karli, n c siï'clo av. J. C

Fig. A3. — Makara.

l)aml)ulla (Ccvlan), i cl " sirck av. J. C.

Au Cambodge, la tête de makara est souvent remplacée par des têtes de serpent stylisées (voir iig. 3o, page 3C). Les indianistes éta-

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blissent une différence bien marquée entre le serpent et le makara,

Fig. !\t\. — Této do lion stylisé ot makaras. — Boro Boudour (ix c sirclc A. D.). Java (Musée du Trocadéro).

mais au point de vue décoratif, nous considérons qu'ils émanent

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INDE

tous deux du même principe, qui est l'emploi d'un monstre fantastique à l'extrémité des arcs et des linteaux.

Fig. /|5. — Makara en bois Fig. 4(). — Makara. Fig. f\~. — Makara.

du Musée de Pagan (xviii • Ghouè gu dji (xn e siècle*). Cliouè Dagon (xv e siècle).

ou xix e siècle).

Il est aisé de constater aux Indes et spécialement en Birmanie les

Fig. ^8. — Makara. Fig. 4<)- — Makara.

Ghouè Dagon (xv e siècle). Karli (11 e siècle A. D.)

Fig. 5o. — Makara.

Math ura (i e '' siècle A. D.).

transformations qui ont amené le makara à sa stylisation définitive qui est le simple crochet chinois.

Fig. 5i. — Makara.

Ajunta (du 11 e siècle av. J. G.

au vm e après).

Fig. 02. — Makara.

Ananda (xi c siècle A. D).

Fig. 53. — Makara.

Enceinte de Ghouè zi gon.

Kdicule de date indéterminée Pagan.

Nous donnons successivement un makara en hois du Musée de

Pagan (Birmanie) (fig. 45), qui est surtout une tête de serpent ; un makara déjà simplifié de Chouè gu dji (xn e siècle) (fig. /|G) ; un makara de Chouè da gon (wi 1 ' siècle) où la mâchoire inférieure n'est plus qu'une simple moulure en saillie (fig. l\ 7) ; un autre makara de Chouè da gon dans lequel la mâchoire inférieure et la trompe subsistent Seules SOUS forme d'un simple CrO- Fig. 54. — Makara gallo-romain. ~U~* /P ~ f Q\ TV * * Musée do Saint-Germain.

cnet (hg. l\6). IN ou s arrivons ainsi au

crochet a la chinoise. Mais la série des dérivés du makara est

infinie. La figure /19 donne un makara stylisé de Karli (11 e siècle

Fig. 55. — Eglise norvégienne du xi e siècle.

avant J.-C), la figure 5o un makara du i or siècle ; la figure 5i un arc àmakara d'Ajanià, la figure 52 un makara d'Ananda (xi e siècle A. D.)

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et la figure 53 un makara de Pagan. Tous ces makaras sont pris indifféremment a toutes les époques et parfois dans le même groupe de monuments ; parfois toute la série se rencontre à la même époque et dans des monuments voisins, comme à Pagan, par exemple. Nous signalerons ici, à titre de curiosité, un makara gallo-romain

du Musée de Saint-Germain (fig. 5/|) et deux édifices à makaras (fig.

55 et 5G) ou dragon stylisé des pays Scandinaves.

Le makara gallo-romain, qui pourrait bien être d'origine mongole, est une plaque de bronze destinée à servir d'ornement sur le devant d'un casque. Il a été trouvé dans une sépulture à Cuperly près Suippe. Quant aux makaras Scandinaves, ils apparaissent dune façon bien inattendue dans certaines églises

Fig. 50. — Eglise norvégienne du xi c siècle . .

de style indo-chinois, à Laerdal. Cil ^OIS clu X1 " Siècle, en

Norvège : les toits de ces églises sont superposés a l'indo-chinoise. Nous n'avons aucune explication plausible à donner de ce dernier fait.

Disons, en terminant, que les toits à la chinoise de la Chine proprement dite diffèrent assez souvent des toits a la chinoise de Flnde et de l'Indo-Chine. Les premiers présentent une courbure

Pl.ot. Diculclils.

Fig. 07. — Pagode des Cantonnais. Saigon. Courbure des toits à la chinoise.

assez prononcée et très élégante, qui correspond bien à l'idée d'une

Phot. Robert Lenz. Bangkok.

l<ig. 1)8. — Ayulhia. Toits lélescopiques modernes. Signes rigides des toits indo-chinois.

tente à pans relevés, les seconds, au contraire, sont toujours a arêtes rigides (fig. 5j et 58).

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E. Loggias et balcons couverts. — Nous touchons ici à une question

d'archéologie des plus intéressantes, qui n'a jamais été mise en relief, croyons-nous, jusqu'à ce jour, et qui a cependant une importance capitale. C'est la question de l'origine des loggias et des balcons couverts qui ont constitué, à partir du xn° siècle, une des caractéristiauesde

man

Fig. 5q. — Pompéi. Balcon couvert.

(i or siècle A. D.)

xui e siècle, du style gothique en Europe.

Nous ne connaissons, en dehors des Indes, que trois exemples 1 de balcons couverts ou loggias, dans l'antiquité, et jusqu'au xn e siècle de notre ère : i° dans une maison de Pompéi (i <r siècle) où un balcon couvert, très simple, dominant la porte d'entrée, fait saillie sur la rue. C'est le seul balcon de ce genre qui se soit conservé 2 ^

- Fresque de Boscoreale (i or siècle A. D.).

i. Il existe aussi un petit bas-relief grec au Britisli Muséum — reproduit dans la galerie des moulages au Louvre — où l'on distingue une sorte d'écliauguctlc sur une maison (Visite de Bacchus chez Icare).

2. Il existerait les vestiges de trois autres balcons à Pompéi (Thédenat. Pompéi Histoire, Vie privée, p. 96).

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(fig. 59) ; 2° a Boscoreale (près de Pompéi). Dans une fresque représentant une villa fantaisiste, on voit des balcons àcolonnettes,

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Fig. Oi. — Bas-relief de Bharhut (11 e siècle av. J. C).

véritables bowwindow. Cette peinture doit être attribuée, suivant

Fig. 62. — Sanchi (i cr siècle A. D.). Bas-relief.

toute probabilité, à des artistes de l'école grecque de la ville d'Alexandrie, laquelle servait à cette époque de grand entrepôt des

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Indes pour l'Europe (fig. 60). 3° Quelques rares balcons eu pierre encore existants dans les villes de Syrie, du 111 e au iv e siècles, décou-

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