‹ L'architecture hindoue en Extrême-Orient;Chapitre 40 sur 96 · Moura. Histoire du Cambodge, II, p. 23o · texte numérisé non relu

Moura. Histoire du Cambodge, II, p. 23o

ajoute: « Mous Ocnlia..., gouverneur de la province de Chacréam, avons fait construire ce prea-sal pour l'offrir au roi Sorijopôr qui aime à venir se promener ici ». Enfin des légendes très accréditées donnent ce même caractère a Angkor \at, Beng Méaléa, Ponteav Càker, Ponteav-Chhma.. . Nous avons déjà rappelé que la coutume d'aller passer des journées entières sous les irais ombrages des parcs qui entourent les temples s'est perpétuée jusqu'à nos jours au Cambodge. Les dames y vont en partie de campagne, sous des abris provisoires, déjeuner et prendre des bains. — Des installations spéciales, beaucoup moins importantes que les temples eux-mêmes étaient élevées dans ces parcs pour l'usage de la cour et des familles des princes, des gouverneurs de province... On rencontre encore, en maints endroits, des vestiges de constructions généralement en briques, qui devaient être affectées à cet usage : d autres plus petites et plus nombreuses, qui figurent des cellules de religieux, et enfin des vestiges de hangars adossés aux murailles d'enceinte, destinés sans doute à abriter les pèlerins ou les esclaves d'état affectés au service des temples. »

Le traité de 190/1 ayant donné la province de Bassak à la France, il n'est pas douteux que les ruines de Val IMiou ne soient bientôt déblayées, mais il ne faudrait pas croire que le passage à la Fiance de ruines historiques soit une cause déterminante de réparations cl de mise à jour. Le Cambodge est rempli de ruines superbes de palais et de temples tels que Beng Mealea, etc., dont nous allons parler, et depuis 5o ans que le pays est placé sous notre protectorat, rien n'a été fait.

G Beng Mealea. — Le célèbre temple ou palais de Beng Mealea est situé à Go kilomètres au nord du grand lac et à 8 ou t o kilomètres à lest de la frontière siamoise. L'édifice est superbe mais singulièrement délabré et d'un accès très difficile, bien qu'en territoire français. Il aurait été construit au ix e siècle de notre ère (810) par

LES PALAIS HINDOUS DU CAMBODGE I27

Jayavarman II, d'après l'hypothèse d'Aymonier 1 , et aurait constitue, en partie tout au moins, la résidence de ce grand roi. Aucun texte épigraphique n'a été rencontré dans les ruines, pas plus du reste — croyons-nous — que de divinités. M. Tissandier, qui en a lait une étude consciencieuse, raconte que, d'après les annales khmères 2 , le dieu YiçAakarma, l'architecte du ciel, avant terminé le palais d'Angkor Vat destiné au roi légendaire Prea Ket Mealca, avait dû, pour obéir aux ordres d'Indra, créer un deuxième palais du même genre avec tours et bassins. D'après une autre légende citée par Tissandier, le roi Prea Ket Mealea fit construire ce palais pour sa mère ; il ordonna, en conséquence, a son architecte de commencer les travaux et lit aussitôt placer sous ses ordres cinq cents inspecteurs ayant chacun cent ouvriers à diriger, soit au total 5oooo hommes.

Nous rappellerons, à ce sujet, que le roi Prea Ket Mealea n'a jamais existé et que le temple d'Angkor Vat dont nous allons bientôt parler, n'a été construit qu'au xn siècle de notre ère.

Nous ne ferons pas la description de Beng Mealea que nous n'avons malheureusement pas eu l'occasion de visiter, mais nous en donnons ci-joint : i° un plan d'après Tissandier (lig. 12/1) et 2° une restitution en vue cavalière, d'après Delaportc (fig. 125).

Le Temple-Palais est en grès ; le plan général rappelle entièrement Angkor Vat, avec cette dilïerence que la partie centrale est au môme niveau que l'enceinte, que l'entrée principale s'ouvre à l'est et que deux palais jumeaux, dans le genre de ceux que nous avons étudiés plus haut et que nous retrouverons aussi plus tard à Phom Chisor, sont compris entre la i rt> et la 2 e enceinte, au sud de l'édifice, c'est-àdire à gauche en entrant. Ces deux palais appelés l'un (celui de 1 ouest) palais du roi et l'autre (celui de l'est) palais de la reine, sont des galeries rectangulaires à 2 et 3 travées à colonnades s'ouvrant sur les bassins intérieurs. Ils présentent cette particularité que les

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