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Tissandier. Cambodge et Java, p

fenêtres à balustres du mur extérieur sont rectangulaires et plus larges que hautes, comme certaines fenêtres que nous avons signalées

Fig. 12/i. — Plan du temple ou palais du Beng Mealea (ix (> sirclr A. 1).). (Tissanclier. — Cambodge et Jura. p. N/J.)

à Vat Phou et qu'elles sont comme des soupiraux de prison, hors de portée des habitants; elles n'ont d'autre but que de distribuer l'air et la lumière a l'intérieur.

LES PALAIS HINDOUS DU CAMBODGE

Le palais de la reine, surélevé de quelques marches, mesure 35 mètres sur 25 mètres; il est doté de quatre bassins; celui du roi n'en a que deux. Les bassins étaient pleins d'eau et l'espace compris entre les deux premières enceintes 1 était une sorte de lac.

Les deux palais communiquaient entre eux par un passade construit au-dessus de l'eau. La galerie centrale du Palais de l'ouest, dit palais du roi, est plus élevée de quelques marches que les galeries

Fig. 125. — Temple ou palais de Beng Mcalea (ix l! siècle A. D.). Restitution de Delaporte.

voisines. Tissandicr pense que les [\ bassins de la reine étaient couverts d'un vélum.

La décoration des palais et du temple comprenait près de 4oo frontons sculptés.

A notre avis, les attributions des différentes parties du monument pourraient être les suivantes :

La grande salle à quatre bassins, de l'entrée de Test, véritable

1. Nous parlons des enceintes portées sur le croquis, car dans la réalite, il existe une enceinte extérieure en terre à Goo mètres plus loin, englobant l'ancienne ville.

l3o LE ROYAUME DU CAMBODGE ET LE CHAMPA

vestibule du temple central, pouvait être utilisée comme salle d'apparat et d'audience. L'enceinte centrale et le temple, aujourd'hui détruit, étaient consacrés au culte.

Les deux palais du sud, les galeries voisines et les édicules (voir le plan de Tissandier) servaient d'habitation au roi, au harem et aux serviteurs et formaient un tout fermé entièrement dissimulé aux vues de l'extérieur.

Peut-être le monument tout entier constituait-il un palais dont la 3 e enceinte et la pyramide centrale, démolie, n'aurait été que l'appartement d'apparat du roi. Les gardes eussent occupé les enceintes extérieures et les serviteurs les enceintes intérieures. Les harems auraient été localisés dans les deux palais du sud. Malheureusement, dans cette hypothèse, on n'arrive pas à placer le temple qui, de toute façon, dans les idées de l'époque, devait exister dans le voisinage et occuper la situation la plus en vue. De plus, ainsi que nous le verrons plus loin, les palais d'Extrême-Orient ont leurs diverses enceintes à la suite les unes des autres, c'est-à-dire juxtaposées et non concentriques.

Nous croyons toutefois prudent de réserver notre jugement jusqu'au moment où des fouilles sérieuses permettront de connaître la vérité.

7 Phnom Chisor. — Le temple de Phnom Ghisor des xi e et xn e siècles, situé au centre de la province de Bâti, peut être cité comme ayant également des galeries d'habitation distinctes pour les hommes et les femmes. Nous en donnons un plan d'après le commandant de Lajonquière. Le temple A est au centre de l'enceinte, les galeries FF du nord et du sud pourraient être des habitations. Les fenêtres delà galerie F du nord sont du type rectangulaire, plus larges que hautes, et hors de portée des curieux, comme à Vat Phou et à Beng- Mealea. Cette galerie serait, dans ces conditions, la galerie des femmes. Les fenêtres de la galerie F du sud sont carrées (fig. 12G).

LES PALAIS HINDOUS DU CAMBODGE

Cet édifice est intéressant, parce qu'il donne un ensemble logique du palais d'habitation avec sanctuaire central, conforme aux idées

religieuses des Khmers.

8° Praii Viiiear. — Ce groupe de temples et de palais a été étu-

Fig. 12O. — Phnom chisor (xi e et xn c siècles). (De Lajonquiorc. — Inventaire descriptif du Cambodge, i cr vol., p. 19.)

dié par le commandant de Lajonquière en Iqo5, mais il n'a pas encore été publié. Il est situé dans la chaîne des Dangrek et rappelle, en beaucoup plus beau, le groupe de Vat Phoù. On y accède de la plaine par des escaliers et une pente douce qui conduit à deux enceintes successives ; deux palais rectangulaires avec cour intérieure occupent un ressaut de terrain adroite et à gauche de la route triomphale. Puis vient le sanctuaire au sommet de la colline et en sur-

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plomb de la plaine environnante. Ces deux palais offrent cette particularité que les deux entrées sont sur les petits cotés '.

g Palais royal d'Angkor Thom et le Pitimeanikas. — La ville d'Angkor Thom, ancienne capitale des Klnners, fondée a la fin du ix e siècle, ou plus exactement en Tan 900 d'après Avmonier, et abandonnée au xv c siècle, est de forme carrée et mesure 12 kilomètres de tour. Elle est précédée d'un fossé parementé de pierres, de 100 mètres de large et de l\ à 5 mètres de profondeur. Le mur d'enceinte a 6 mètres de haut, et soutient un parapet en terre de \t\ mètres d'épaisseur ; il est surmonté d'un crénelage ogival. Cinq portes monumentales surmontées de tours représentant Brahma à quatre faces, donnent accès dans la capitale. Le plan de ces portes comprend deux courtes galeries qui se coupent à angle droit pour former une croix. Elles sont précédées de ponts bordés de chaque côté d'une immense balustrade en pierre, formée d'un serpent colossal, soutenu par des géants. A l'intérieur de cette enceinte se trouve la ville officielle. La ville commerçante s'étendait probablement, comme à Hué, en dehors des fossés, Le Palais royal se trouvait au centre de la ville officielle. Il n'existe plus, mais on a pu relever très exactement son enceinte et ses principales constructions. Quelques parties de son enceinte, une grande terrasse et le temple central, appelé le Pimeanakas, sont relativement bien conservées. L'enceinte du palais est rectangulaire; elle mesure 58o mètres sur 2 5o mètres d'après Aymonier, et comprend deux murs parallèles, séparés par un fossé de 2 mètres de large. C'est à peu près le périmètre du palais actuel de Phnom Penh, qui présente du reste beaucoup d'analogie ainsi que nous le verrons plus tard, avec le palais anccstral d'Angkor Thom (fig. 127).

Le mur extérieur, en limonite, de 5 mètres de haut et o m ,70

ï. La description de ce palais se trouvera dans le 2 e volume de Y Inventaire descriptif des monuments du Cambodge, de M. de Lajonquière, actuellement sous presse.

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d'épaisseur, portait un crénelage continu, ogival. Le flanquement des murs était assuré par des saillies rectangulaires formant bastion. Le fossé plein d'eau avait son escarpe et sa contrescarpe maçonnées avec un cbemin de ronde dallé, de 5 mètres de large sur chaque côté. Le mur intérieur avait environ 7 mètres de haut. Il va deux portes monumentales sur chaque face latérale , et une porte sur la face Est qui longe la place publique. Disons de suite que cette façade est précédée par une terrasse parallèle, haute de l\ à 5 mètres, large de 1/1 a i5 mètres, couverte, sur le mur extérieur, de superbes bas-reliefs représentant des séries d éléphants, de garudas et de guerriers. Cinq perrons rectangulaires avec escaliers, faisaient saillie sur la terrasse. L'avant-corps central portait un exhaussement pour marquer la place du roi lorsqu'il assistait aux fêtes.

La porte du mur Est de l'enceinte se trouvait dans l'axe du perron central, et a 3o mètres en arrière. C'est un élégant pavillon flanqué * de galeries et surmonté d'une tour.

Nous renvoyons, pour le reste de la description, au plan que nous empruntons au Cambodge de M. Aymonicr. En partant de la porte centrale de l'Est, réservée au roi, et en allant vers 1 Ouest, on rencontrait d'abord une cour dans laquelle s'ouvraient deux portes latérales de l'enceinte. C'était en quelque sorte la cour des pas perdus pour les fonctionnaires et pour le public. On y remarque trois édiculcs en ruines. Il est probable que par analogie avec ce qui se passe à Phnom Penh, cette cour contenait des ateliers de bijouterie, la Monnaie, les logements des gardes et les dépendances de l'administration... (d'après Moura).

Un mur en limonite, dont on retrouve les traces, séparait cette cour de la cour du Phimeanakas qui contenait très probablement les salles d'audience et les appartements d'apparat du roi. Une troisième cour ou parc contenait les appartements privés et le harem proprement dit. Les appartements particuliers du roi étaient compris dans un enclos central. On y remarque des socles de pierre per-

LES PALAIS HINDOUS DU CAMBODGE

ces de trous pour servir de base aux colonnes de bois qui supportaient la toiture.

Enfin, en arrière de cette partie réservée, et jusqu'au mur Ouest de l'enceinte, se trouvait un espace assez restreint, affecté aux dépendances et aux femmes de service.

Ces modestes ruines ont donné lieu à de nombreuses discussions

Fig. 128. — Phimcanakas (x (> siècle A. D.).

entre savants. En somme, les grandes divisions que venons d'indiquer, et qui sont conformes aux traditions locales, sont les plus plausibles. Nous avons adopté, dans cette description, la manière devoir de M. Aymonier 1 .

Reste la question du Pbimeanakas ou belvédère central. 11 a toujours été admis que cet édifice avait été l'habitation du roi. C'est une pyramide à gradins, surmontée d'une galerie et d une tour (20 mètres de haut sur t\o mètres de base). La tour s'est effondrée, mais le reste est en parfait état (fig. 128).

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