Aymonier. Le Cambodge, III, pages 121 et suivantes
Phimoanakas signifie « palais aérien » (sanscrit Akaça-vimâna). M. Aymonier pense que la tour centrale était en bois doré. Le Chinois Tcheou-Takouanqui fit partie (Tune mission chinoise envoyée au Cambodge, de i.'2(j5 à 1297, et qui a écrit la relation de son voyage 1 parle d'une tour d'or. Nous pensons avec AI. Delaportc que cette tour était en pierre et à base cruciforme. Le couronnement pyramidal de celte tour devait être doré.
Le caractère religieux de cet édifice est attesté, dit Aymonicr 2 par les deux inscriptions relevées sur les parois de la porte orientale du corps de la tour terminale. La première est datée de l'an 910 de notre ère, et relate l'érection dune statue de Yichnou-krishna. par Yaçovarman. La deuxième inscription, datée de la mC*me année, relate le nombre d'esclaves et de terres consacrées à l'entretien du sanctuaire du dieu.
Le Phimeanakas avait donc une destination religieuse, et nous partageons à cet égard, la manière de voir de M. Aymonicr. Ce n'est pas l'avis, toutefois, de la cour actuelle de Phnom-Pcnh, ni, semble-t-il, du Chinois Ïcheou-Takouan. Voici le passage très curieux que ce dernier consacre à la description du palais : « Les palais, les demeures officielles 3 et les maisons nobles, sont toutes orientées vers l'Est. Le palais est au Nord de la tour d'or et du pont d'or. A compter de la porte extérieure, il y a six li de tour. Les tuiles des appartements privés sont en plomb, celles des autres bâtiments sont en terre et jaunes. Les piles du pont sont énormes : des bouddhas y sont sculptés et peints. Le corps de bâtiment est magnifique. Les longues vérandas, les corridors couverts sont hardis et irréguliers ' sans grande symétrie. La salle du Conseil a des châssis de
1. Mémoires sur les coutumes du Cambodge, traduction Pelliot, 1902 (Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient, II, p. 12/»).