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Aymonier. Le Cambodge, III, p

LES PALAIS HINDOUS DU CAMBODGE i/jO,

Umtes leurs parties, incrustées de pierreries étincelantes, entourées (Furie triple enceinte sculptée (pie défendraient de mâles lions aux portes, que garderaient aux escaliers des dragons levés et menaçants. Les galeries seraient décorées de portiques a péristyles et les enceintes, formant obstacle autour, enfermeraient, placés à droite et à gauche, les parcs des éléphants et des chevaux, les cadrans solaires, les pavillons, les salles d'abri et les jardins plantés de fleurs de tchampa à l'odeur si suave. »

L'auteur de l'inscription fait évidemment allusion au palais-temple d'Angkor Vat lui-même, qu'il a sous les yeux. Elle montre que la tradition, aux xvn e et xviii siècles, admettait encore que les palais royaux eussent des tours et des enceintes concentriques comme à Angkor Vat.

Les traditions se déforment si rapidement en Extrême-Orient et en Orient qu'elles ne sauraient jamais constituer une preuve absolue a l'appui d'une thèse quelconque, historique ou archéologique. Nous croyons toutefois intéressant et utile de donner le résumé de ce qui se dit encore au sujet d'Angkor Vat dans les milieux éclairés indigènes, au Cambodge, chez les bonzes et à la cour. Voici ce que nous écrivions en 1903, avec une conviction que nous ne conservons plus guère aujourd'hui, sur l'affectation d'Angkor Vat 1 :

a Au cours (runc récente visite au merveilleux ensemble d'Angkor \at, je fus appelé à m'entretenir des origines de cette pagode avec le chef de la bonzeric locale, homme sérieux et intelligent, qui tout d'abord m'avait donné automatiquement et par paresse, des indications sommaires conformes à la théorie à la mode. Mon insistance et l'offre faite à propos d une pendule à musique délièrent cependant la langue du bonhomme, et voici les déclarations curieuses qu'il me fit en présence de mes compagnons de voyage :

1. Le gênerai de Bevlié. Le Palais d'Angkor-Vat, ancienne résidence des rois Khmers, Hanoï, Schneider, 190.'*).

Fig. i35. — Angkor Yat (xn (; siècle A. D.)lvalièr

D-)lvalière du Temple et de l'enceinte extérieure.

« La pagode actuelle a d'abord été un palais. Le roi demeurait « plus généralement à Angkor Thom, au Baïon, avec la reine ; mais « lorsqu'il venait ici. il occupait un pavillon que je vous montrerai. « Je suis seul à connaître l'endroit, mes bonzes ne le connaissent « pas et. après moi, il est bien a craindre (pic la tradition ne se « perde définitivement. » Là-dessus, Je saint personnage appela deux bonzes et nous conduisit vivement au palais. Il traversa d'un pas rapide et sans s'arrêter, comme quelqu'un qui a pris une décision énergique et qui ne veut pas être distrait, les vestibules, les galeries, les cours, les escaliers, et s'arrêta essoufllé au sommet des derniers degrés, devant la pyramide centrale. « Là, dit-il, demeurait ce le roi. Les Bouddhas qui ornent les quatre vestibules de la py race mide cruciforme ont été placés après coup. La paroi cpii est « derrière chacun deux sur chaque lace est une porte murée. » (11 l'indiquait d'un beau geste en la frappant de l'extrémité de sa canne et se tournant vers nous.) (( En voici les linteaux et les pieds-droits. (( Les portes ont été murées le jour où le palais a été désaffecté. De « la chambre centrale partent quatre galeries en croix qui débou- (( client dans la galerie quadrangulaire formant la troisième enceinte (( du palais proprement dit. Les galeries en croix étaient strictement (( réservées au roi ainsi que les galeries qu'elles enserrent. La galerie « quadrangulaire était affectée au personnel de l'entourage immédiat (( du souverain et à son service intime. On y remarque du reste (( fort bien les emplacements des lits de camp. Quand le roi avait « besoin de quelqu'un pour son service, et dans ce cas-là seulement, « le serviteur ou plus exactement la servante — car aux Indes, au « Siam et au Cambodge, le service intérieur du roi est confié unice quementaux femmes 1 — pouvait entrer dans l'appartement privé « du roi, qui comprenait la chambre centrale de la pyramide et les « quatre vestibules ornés de doubles fenêtres à barreaux aujourd'hui

}. Observation de l'auteur.

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« occupés par des statues du Bouddha. La pyramide et les phnoms « de la troisième enceinte étaient entièrement dores (fig. i36, i38). « La deuxième enceinte était occupée par le reste du personnel. « Plus loin venait la salle du trône, entre la première et la deuxième « enceinte. C'est la galerie en croix clans laquelle on entre immé- « diatcmeiit après avoir franchi la porte et le vestibule de la pre-

i.'M. — Angkor \al. .'V- enceinte et une partie de la 2 e enceinte. Cliché ^agadelle, chez Planté, photographe à Saigon.

« mière enceinte du palais proprement dit. Le trône se trouvait au « centre : on voit encore dans le dallage les encastrements taillés « pour recevoir le pied des échafaudages. Les audiences se donnaient (( dans les branches de la croix qui suit immédiatement le vestibule « d entrée. Les mandarins ou personnages admis à l'audience se « présentaient en rampant. Le roi était sur son trône central, face « à 1 extérieur (fig. i3q).

« Entre la troisième et la deuxième enceinte se trouvent deux « édicules isolés, de même entre les deuxième et première enceintes.

Fig. 137. — Angkftu c sièc Vue cavalière exécutée surlations ■

:ït:

ngk§n c siècle A. D.).

suAations do M. Dclaportc.

(( C'étaient des bibliothèques; peut-être y avait-il aussi dans l'un « deux le trésor, je l'ignore. En tous les cas on n'y travaillait pas, (( les satras étaient confectionnés au dehors (lig. i 4o-i \i).

« Dans le parc, à droite et à gauche de la chaussée triomphale « qui va de la porte principale de la galerie extérieure qui longe le a rempart a la porte de la première enceinte du palais, il y a deux

Fig. i.'W. — Angkor ^aL 2 (> cl -> cnccinlcs. Cliché Nagailclk', chez Planté, photographe à Saigon.

« édifices isolés du même stvlc : c étaient les cuisines et les offices « (lig. i4a-i/|3). »

11 me fut impossible d'obtenir d'autres détails : le brave homme n'en savait probablement pas plus long ; il ne comprenait du reste ([lie faiblement l'intérêt purement archéologique de notre étude ; il riait et avait l'air de dire : « Mon Dieu, que les Européens sont

i. En Orient les cuisines sont généralement éloignées des appartements qu'elles desservent. On porte les plats sur des plateaux à pied, très ornés et couverts d'un couvercle bombé. L'attribution est des plus douteuses.

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donc ridicules avec leurs questions oiseuses! » Il ajouta toutefois que les statues bouddhiques que l'on rencontrait dans les galeries étaient de date postérieure à l'édifice, que plusieurs même étaient modernes, et que l'usage était de déposer dans les galeries les

Fig. i3y. — Angkor Val. Galeries croisons du i or clage. Cliché' Xagadellc, chez Plarilé à Saigon.

Bouddhas réformés de la bonzeric et des environs. Il m'a répété plusieurs fois : « Les statues ont toutes été placées plus tard. »

Je lis immédiatement, après cet entretien, une étude minutieuse du palais, qui, suivant les dernières recherches des orientalistes, remonterait au xn e siècle de notre ère seulement, et je constatai la vraisemblance absolue des déclarations du chef des bonzes.

Je lis tout d'abord une remarque importante déjà signalée par

Fournereau : c'est que l'entrée du palais et sa façade font face à l'Ouest et non a 1 Est comme presque tous les monumenls khmers. Les galeries, contrairement à l'assertion de plusieurs auteurs, étaient parfaitement habitables; elles comprenaient, dans chaque enceinte, un certain nombre de salles ou chambres précédées de baies anciennement munies de portes dont on aperçoit encore les linteaux a rosettes, a moitié pourris. Elles avaient été plafonnées, quelques-unes avaient été sinon parquetées, du moins garnies de

Tig. i.'io. — Angkor Val. Bibliotlirquo.

vastes lits de camp. En plus des salles et des chambres, les galeries elles-mêmes se seraient prêtées très aisément, à l'aide d'un compartimentage en nattes, à l'habitation du menu fretin des employés, ainsi que cela existe encore du reste dans le palais actuel du roi Norodom a Phnom Penh et dans beaucoup de palais des Indes. Je me souviens d'avoir vu, en 188/1, dans le palais du maharaja de Jeypore, au centre de l'Inde, une disposition analogue ; les bureaux du trésor, entre autres, avec tout leur personnel de scribes, étaient installés sous des galeries ouvertes, peintes en rose, cl même sur les marches des escaliers. Les fameuses galeries à bas-reliefs (scènes religieuses brahmaniques), de i 02 5 mètres de long, de la première

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enceinte d'Angkor Vat, pouvaient avoir également une destination profane, si j'en juge parla galerie analogue, aux fresques modernes cl criardes, qui entoure la pagode du tombeau de la reine-mère à Phnom Penh. J'y ai vu de mes yeux deux familles de pèlerins de passage, campées dans des compartiments provisoires, à cloisons de nattes \

Je complétai, quelques jours après, le récit du chef des bonzes

Fig. 1^1. — Angkor Vat (xn e siècle). Un édicule de la chaussée. (F. Garnier. — Voyage et exploration en Indo-Chine. Atlas Hachette.)

par une interview prise, en présence de mon ami le D r Ilahn, au principal ministre du roi Norodom. Le roi, trop souffrant pour me recevoir ce jour-là, avait délégué son ministre du palais pour me donner tous les renseignements désirables. Ce personnage, qui parle admirablement le français, me fit très aimablement et patiemment visiter tout le palais en détail et me fit les déclarations suivantes : i° Angkor Vat a été indubitablement au début une habitation royale ; la tradition est absolue à ce sujet à la cour ;

1 . La plupart des temples khmers offraient des galeries comme refuge aux fidèles qui, à l'époque des cérémonies solennelles, venaient y camper une huitaine de jours. Ce fait se produit constamment au Cambodge, mais surtout au Laos, à Yieng-Ghan, au That Luong. Les pèlerins s'établissent dans les galeries extérieures et exposent ce qu'ils ont déplus précieux sur de petites tables installées devant chaque compartiment, ainsi que cela se pratique du reste en Cochinchinc dans les rues indigènes, les jours de i'ètc (Maspero).

l6o LE ROYAUME L>U CAMBODGE Et LE CîlAMPA

2° Le roi devait habiter sous la pyramide dorée du centre ; mais dans la suite des temps certaines pyramides ont pu changer de destination pour recevoir les urnes funéraires contenant les cendres de rois ou de reines. Les pyramides des autres palais, du Baïon, par exemple, ont dû servir au même usage, suivant le cas. — En d'autres

Fig. \ f \'i. — Angkor ^at. l n ('flu'iilr do la chaussée, (iliclu' \aga<lrll<\ clicz Plan le' à Saigon.

termes, les morts auraient, petit a petit, expulsé les vivants. — L'installation de ces chapelles mortuaires entraînait nécessairement la présence de Bouddhas de divers modèles.

3° Le Baïon, dont la dénomination signifie: Belle vue\ était également au début un palais, et la tradition s'en est si bien conservée à la cour que l'un des pavillons habitables du palais de Norodom

i . La traduction Belle vue est inexacte.

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porte le nom de Baïon, de même qu'un autre porte le nom de Phiméanakas (palais aérien). Le roi n'aurait jamais consenti à affecter ces noms à des édifices profanes s'il n'avait eu la certitude que les anciens palais, dont ils devaient rappeler le souvenir, avaient été destinés primitivement a la résidence du chef de l'Etat et non au culte de divinités ;

t\° La salle du trône, en croix, a été construite conformément aux rites et aux traditions strictement conservés dans la famille royale depuis la perte de l'ancienne capitale du royaume. La forme est la même que celle de la salle du trône d'Angkor-Vat.

5° Les galeries d'Angkor-Vat, comme les galeries du palais de

Fig. i/|3. — Un édicule de la chaussée.

(F. Garnier. — Voyage et exploration en Indo-Chine. Atlas, Hachette.)

Plmom-Pcnli, étaient consacrées au logement des gens du palais. Aujourd'hui encore, le chiffre des serviteurs de tout sexe et de toute sorte entretenus parle roi est de 2 000 environ.

Les corps de garde, les ateliers de menuiserie, tissage, fonderie, bijouterie, etc., etc., sont installés, ainsi que les logements des ou\riers, dans la première galerie.

Les princesses non dotées n'ayant pas de maison spéciale, les danseurs, les femmes de service (le roi ne pouvant être servi que par des femmes) demeurent dans la deuxième enceinte. Le roi habite un bâtiment plus ou moins central.

11 en était de même à Angkor Vat. Quant aux princes, autrefois comme aujourd'hui, ils habitaient le palais jusqu'au jour de leur entrée en ménage ou de la constitution de leur maison ; on les

installait alors au dehors, dans le parc d'Angkor Vat, entre la galerie du rempart et le palais. Les places ne manquaient pas. Les maisons étaient les mômes qu'aujourd'hui, en bois, sur pilotis, avec toit en chaume ou en tuile suivant le rang.

En général, les habitations princières comportent deux corps de bâtiments parallèles séparés par une petite cour, le tout au même niveau et sur pilotis. La façade est précédée d'un vestibule de quelques centimètres moins élevé.

6° La galerie extérieure qui borde le rempart en dedans du chemin de ronde d'Angkor ^ at était occupée par l'artillerie (?) l

Telles Turent, en résumé, les déclarations du très aimable ministre du palais.

On remarquera la similitude des traditions conservées à la cour royale et chez le chef des bonzes d'Angkor Vat.

Au Siam, pays tributaire du Cambodge, du vi' au xiu" siècle de notre ère 2 et qui a partir de cette dernière époque s'est rendu indépendant et a mis la main sur la capitale de ses anciens maîtres, les traditions sont les mômes.

D'après ce que nous venons de dire ou plutôt d'après ce que nous avons dit en iqo3, Angkor Vat aurait été un palais. Malheureusement notre argumentation, basée uniquement sur la tradition, n'est pas suffisamment étayée. Voici, exposées avec impartialité, les raisons contraires. Le lecteur jugera : i° Les monarques hindous, dit M. Foucher, n'ont jamais construit de palais en pierre. Nous avons déjà dit plus haut, d'après Tchao-Jou-Koua, que celte affirmation est peut-être trop absolue : (( Le roi fait faire son habitation en pierres taillées. »

M, Foucher va plus loin, et affirme que môme les bâtiments carrés, à cour centrale, cités par M. de Lajonquière comme étant des

i. Il faut entendre par cette expression, probablement les troupes de la défense. i. Le Siam n'a pris son nom actuel que vers le xiii" siècle, après l'invasion thaï.

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palais, étaient de simples caravansérails de pèlerins. C'est possible, mais la question est discutable.

2° Un palais ancien ou moderne comporte toujours au Cambodge, et en pays siamois, une ou plusieurs pagodes dans son enceinte. Or, il n'a jamais été admis parmi ces peuples que les appartements privés fussent plus élevés que le sanctuaire, bien que la dynastie rovale soit d'essence divine elle aussi. Nous verrons dans la description des palais du Siam par La Loubère, au xvn e siècle, que le rang des personnages se manifeste, dans un môme palais par l'élévation relative de leurs appartements au-dessus du sol. La partie centrale du palais, qui est aussi la plus élevée, ne pourrait donc pas être affectée au logement du roi.

3° Les palais anciens et modernes de l'Inde, de 1 Indo-Chine pour lesquels nous avons des données certaines : c'est-à-dire Ayuthia (\iV' siècle), Louvo (xiv e siècle), Amber (xv e et xvi e siècles), Bangkok (xvin° et xix c siècles), Phnom Penh (xix e siècle), Mandalay (xix e siècle) sont tous construits suivant les mômes principes et comportent à peu près le même nombre d'enceintes, non pas concentriques, mais juxtaposées. La première enceinte ou cour est consacrée aux ministres, aux bureaux, aux ateliers et dépendances ; la cour suivante comprend les palais d'apparat ou salles d'audience. La troisième enceinte ou cour est affectée au harem. Enfin, une quatrième enceinte comprend les locaux de la domesticité féminine. Cette disposition rend plus indépendant le harem des autres enceintes.

!\ L'observation que nous avons faite au Phimeanakas s'applique au système des enceintes concentriques. Le passage d'une enceinte h une autre, par le souverain, serait fort pénible par suite de la pente excessive des escaliers et du peu de largeur des degrés, qui exigerait de la part des porteurs de palanquin, une marche latérale.

i. Bulletin de l'Ecole Française d'Extrême-Orient, 4 e vol., p. 490.

Bref, la question est à élucider, elle le sera probablemet bientôt lorsque les recherches des pensionnaires de l'école française d'Extrême-Orient auront amené au jour de nouvelles inscriptions.

Le commandant de Lajonquière dans son inventaire descriptif des

Fi g. i44- — Prasat Tcap cheï.

(De Lajonquière. — Inventaire descriptif du Cambodge.')

monuments du Cambodge, si précieux pour les archéologues 1 , donne le plan et la coupe d'un monument de Prasat Tcap Cliei, qu'il estime

Fig. i/|5. — Prasat Tcap Choï. Echelle au i/25o. (De Lajonquière. — Inventaire descriptif du Cambodge.)

avoir été une résidence royale. Dans ce cas, la tour (fig. 1 44--1 4-5) aurait abrité le sanctuaire ; la salle du centre et le vestibule auraient servi d'habitation. Des édifices de ce genre se rencontrent parfois aux

PALAIS DU ROI NORODOM

lieux d'étape, aujourd'hui complètement déserts, situés sur les routes des grands pèlerinages. Nous sommes plutôt portés à considérer ces monuments comme de simples chapelles. Le commandant de Lajonquière s'appuie sur ce fait que l'un des côtés de l'édifice n'a pas de fenêtres. Cette observation n'est pas sans valeur.

PALAIS DU ROI NORODOM

A défaut de palais ancien, authentique, nous allons donner la description du palais moderne des rois Khmèrs actuels, construit a Phnom Penh, suivant les anciennes traditions par le feu roi Norodom en 1 8 6 4 .

L'arrivée au pouvoir d'un nouveau monarque en 190^, plusimbu des idées européennes 1 , produira peut-être, ne fût-ce que par des raisons d'économie, d'importants changements dans la disposition des bâtiments affectés au personnel de la cour, à l'intérieur de l'enceinte. Il v a donc intérêt à fixer, maintenant qu'il en est temps encore, la physionomie générale du palais de Phnom-Penh, dernier vestige au x\° siècle des dispositions générales des demeures royales, traditionnelles des anciens rois Khmèrs.

Le roi \orodom avait conservé tout le cérémonial des anciens rois Khmèrs et il continuait à entretenir le môme nombre de dignitaires que ses ancêtres, bien que la population du royaume ait diminué depuis le xm e siècle, de près des trois quarts. L'enceinte du palais renfermait l i 000 serviteurs parmi lesquels se trouvaient de nombreux ouvriers d'art répartis en ateliers, une garde personnelle, des domestiques de toutes sortes des deux sexes et un corps de ballet d'une centaine de danseuses merveilleusement costumées

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