Le roi Sisowalh qui est venu à Paris en
et gardant précieusement le dépôt des anciennes traditions des danseuses d'Angkor Val dont les curieuses cfïi vées dans les bas-reliefs des anciens palais.
scuses d'Angkor Val dont les curieuses effigies nous ont été conser-
Lig. i V>- — Plan du palais du roi du (lainbodge à Plmoin Penh (xix ( ' siïcle). EeliclUî iô mm pour îoo niMrcs.
i. Tribune et salle des l'êtes. — i. Logement des mécaniciens européens. — 3. Trésor. — l\> Galerie des tableaux d'ancêtres. — 5. Bureau des gardiens du palais. — 0. Magasin à chaux. — 7. Logement, des pages. — 8. Pureaux de la comptabilité. — (). Magasin des parasols royaux. — 10. Salle d'armes. — 11. Salle pour passagers. — 12. Idem. — 10. Magasin. — \'\ Bijoutiers. — i5. Ecole professionnelle.
— iG. Salle d'attente des pages. — 17. Salle des prières. — 18. Salle des danses. — in. Salle du trône.
— 20. Appartements d'apparat du roi. — 21 à 2.3. Baion, salle d'audience et salle à manger d'apparat. — 2/4. Palais en fer provenant de l'Exposition. — 2<). Statue de Norodom. — 3o. Pagode. — 3i. Pagode royale. — .Vi, 35. Pagodes. — 37. Salle de dépôt des cercueils royaux a-vanl l'incinération et. Pimeanakas.
— /io. Salle des musiciens. — l\\ . Tissage. — l\i. Salle de danse et hôtels particuliers des femmes. — 44. Remises et écuries. — 40. Prison. — /|8. Salle de l'épée royale. — 53. Latrines, etc. (Tous les murs de clôture sont doublés à l'intérieur de logements.)
Nota. — Nous n'avons pas d'autres renseignements sur l'affectation des bâtiments portés sur le plan.
Le palais actuel entouré dunmur crénelé de /ioo mètres de côté '
1. Au xvn c siècle le palais du roi du Cambodge, qui n'était pas alors à Phnom Penh, n'était entouré que d'une palissade en bois. \ous lisons dans ce Les Voyages du Sieur Jean Albert de Mandelslo, I er vol., p. 33 1. « Le roi de Cambodia demeure dans la ville de Cambodia, où il a son palais qui est fortifié d'une bonne palissade, au lieu de muraille » (i63o,).
PALAIS DU ROI NORODOM 167
est un assemblage peu régulier de maisons de style néo-cambodgien ou siamois et de style européen. Il y a même un pavillon en ferprovenant de l'exposition universelle de Paris de 18G7.
Le palais comprend cinq parties placées les unes derrière les autres. Dans la première partie se trouvent (pi. 1/16-1/17) des liangars, des corps de garde ; les ateliers de la monnaie , de la sculpture sur bois, de la broderie et de la bijouterie ; c'est de ces derniers que sortent les magnifiques objets de style vieux khmèr: aiguières, services à bétel en vermeil et émaux sur argent et or, que l'on trouve de temps en temps dans les montsdc-piété de Phnom Penh, des jardins, divers bureaux, salles d'audience et salles de fêtes dans lesquelles peut avoir accès le public (fig. i/|8, 1/19. 100). Au milieu s'élève le bâtiment en croix de la salle du trône, mais la plus longue branche lait seule partie de la première enceinte.
La deuxième enceinte est réservée à la famille royale, aux audiences privées de la cour et aux appartements d'apparat. Un mur percé d'une porte et de deux fenêtres établit la séparation entre les deux parties du bâtiment de la salle du trône, conformément aux anciennes règles protocolaires de la cour.
La troisième partie du palais comprend les appartements particuliers du roi, les hôtels des reines et des favorites et d'autres édifices
Fig. 1/I7. — Plan schématique du Palais du roi du Cambodge à Phnom Penh.
1 . On trouvera dans notre brochure sur Angkor Vat le détail de la salle du trône et son rôle protocolaire. Nous ne les répétons pas ici, pour ne pas alourdir notre récit.
l68 LE ROYAUME DU CAMBODGE ET LE C1TAMPA
tels que pagodes, salle de musique, etc.. C'est à proprement parler le harem.
l'hot. Antonio.
Fig. i!\X. — Palais royal de Phnom Penh.
Enceinte extérieure avec bastionnet d'angle et salle des fêtes (face Est, partie ]\onl).
Les quatrième et cinquième parties sont consacrées aux dépen-
l'hot. Antonio.
Fig. 1.^9. — Entrée du palais royal de Phnom Penh (xly {< siècle) (face Est, partie Sud).
dances, avec magasins spéciaux et aux domestiques. La cinquième partie est séparée de l'extérieur par une cour d'isolement.
PhoL Antonio.
Fig. i5o. — Une cour du palais royal do Phnom Penh (xix e siècle). Salle des portraits, ateliers, salle du trône.
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Phot. Antonio.
Fig. 1 5 1 . — Palais royal de Phnom Penh (xix e siècle). Pagode royale.
L'ensemble du palais est entouré d'un grand mur auquel sont adossés à l'intérieur de longs bâtiments occupés par des magasins de serviteurs. Les locaux correspondant aux troisième et quatrième enceintes, dites réservées, sont occupés uniquement par des femmes, soit danseuses, soit servantes.
En dehors du palais, et séparé de sa face Sud par une rue, se trouve la pagode royale (fig. i5i), très curieux édifice, genre siamois avec un dallage en argent et de très intéressantes peintures. Ce temple bouddhique est entouré d'une enceinte à portique. On remarquera que la pagode royale se trouve en dehors et sur le flanc du palais, absolument comme à Rangkock. Le roi. en construisant son palais, il y a une cinquantaine d'années, a du reste tenu à copier, dans la mesure du possible, le palais du roi de Siam ou il avait passé une partie de sa jeunesse.
En arrière de l'enceinte de la pagode se trouvent les écuries et remises.
En sortant du palais par la porte Est. on traverse un boulevard, on laisse à gauche le hangar de l'éléphant blanc, a droite les bureaux des ministres, et l'on débouche sur le fleuve aux bains du roi qui consistent en une maison en bois flottante, dans le génie des établissements de natation en usage a Paris, sur la Seine. C'est là également que se trouve la flottille du roi.
ARCHITECTURE CHAME
L'architecture du Champa ressemble beaucoup, comme aspect général, à l'architecture khmèrc de la 2" période, c'est-à-dire de l'époque des tours isolées ou groupées qui a succédé à la période primitive des cellules cubiques; mais l'art cham était à son apogée dès le vi e siècle de notre ère, à Mi Son (Sud-Ouest de Touranc),
ARCHITECTURE CHAME I7I
alors que les cellules cubiques battaient encore leur plein au Cambodge. Ceci tendrait peut-être à prouver que la civilisation chaîne était en avance sur celle des Khmèrs, mais les dates données par les stèles, soit khmères, soit chaînes, sont trop rares et trop incomplètes pour permettre de se prononcer même approximativement sur ce point.
Les temples du Mi Son, antérieurs au vi c siècle, étaient probablement en bois, car il est dit dans lune des stèles trouvées dans ces sanctuaires l que le premier temple élevé dans ce lieu au v e siècle par Rudravarman fut détruit par le feu et qu'il fut reconstruit par Çambhuvarman, fils de Rudravarman. Reste a savoir si le temple actuel qui est attribué à Çambhuvarman est bien celui indiqué par la stèle (fig. i53).
Ces mêmes stèles font connaître ce fait curieux, déjà signalé dans le chapitre m de la 2 e partie, que le roi Gangàràja quitta le trône au v e siècle pour faire un pèlerinage aux bords du Gange et se relremper dans la civilisation et la religion brahmaniques. Il semble donc que la mère-patrie n'a pas cessé d'avoir une action efficace et directe sur le peuple cham, malgré ses origines plus ou moins malaises et javanaises. 11 est à remarquer, du reste, que l'écriture épigraphique, dans l'Indo-Chinc et dans l'Insulinde, a suivi pendant plusieurs siècles les variations de l'écriture du Nord de l'Inde.
A partir du vin c siècle, la langue vulgaire remplace de plus en plus la langue sanscrite et donne ainsi la mesure de la décadence des Chams.
Le plan constant des temples chams, d'après Parmentier 3 est le suivant : « Une tour-sanctuaire enfermée dans une enceinte qui
i. Finot. Notes cTÉpigraphie (Bulletin de V École française de V Extrême-Orient, t. Il, p. 206). — Parmentierct Finot. Le cirque de Mi-son (Jbid. IV, 891, 900, 917).