‹ L'architecture hindoue en Extrême-Orient;Chapitre 63 sur 96 · CL · texte numérisé non relu

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Il comprend quatre cours ou enceintes juxtaposées suivant le principe suivi pour le palais de Phnom-Pcnh et les anciens palais d'Ayuthia

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et de Louvo. La première cour comprend les casernes de la garde, des bureaux, les ministères des finances, des affaires étrangères, de

Mât de Pavillon

Fi^. i8T). — Plan sommaire du palais actuel de Rangkok. Echelle approximative : i m = o m ,o° () '>-

l'intérieur ; l'école des pages et les écuries des éléphants (fig. 1 85, 186, 187).

Sur le côté gauche de la cour, et séparée par un mur, s'élève la pagode royale, Yat Phra Kco (fig. 188).

La deuxième cour contient le grand palais, qui chevauche sur

ARCHITECTURE STAMOISE

les deuxième et troisième enceintes, et deux pagodes funéraires où 1 on dépose les morts de la famille royale (fig. 189).

Fig. 18G. — Palais-royal de Bangkok (xix. e siècle). Entrée Nord, coté du champ de manœuvres, i re cour. D'après une pliot. d'Antonio.

Le grandpalais, de style italo-anglais ', comprend une antichambre

Fig. 187. — Palais royal de Bangkok, enceinte extérieure et bastionnet d'angle, face Est.

et h droite et à gauche de celle-ci, des salons d attente ; au fond la

1. Les toits du palais sont de style siamois. Le roi, au dire de Fournereau, eût préféré que l'on fit usage de dômes à la mode européenne.

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salle du trône ; en arrière de la salle du troue et dans la partie qui empiète sur la troisième enceinte, les appartements particuliers du roi... Les salons d'attente sont bondés de meubles et de bibelots hétéroclites de tous les pays.

Dans la salle du trône il n'y a qu'un seul fauteuil exhaussé sur une estrade et abrité par un immense parasol à neuf étages qui est l'insigne du pouvoir royal. Au mur sont des panoplies et deux

Fip. yW. — Pagode Vat Phra Koo.

tableaux (copies) représentant les réceptions des ambassadeurs siamois par Louis XIV et Napoléon 111. Le plafond est vitré afin d'indiquer qu'il ne saurait y avoir d'appartement au-dessus. Un immense lustre de Baccarat provenant de l'Exposition de 1878 est suspendu au milieu du plafond.

Le harem occupe la troisième enceinte et comprend un parc et des habitations particulières pour les reines et les concubines, un théâtre, etc.

Dans la quatrième enceinte se trouvent les femmes de service et.

dans une arrière-cour, des magasins ou dépendances, des gardes et des serviteurs.

Sur le côté gauche de la deuxième cour (à la gauche du spectateur) se dresse le palais du prince héritier ; il est nettement séparé du palais du roi et du Vat Phra Keo, par une enceinte spéciale. Ces deux groupes d'édifices disposent d'entrées particulières.

Fig. 189. — Palais roval de Bangkok (xix° siècle), d'après Lcnz pliot. à Bangkok.

Le palais royal touche au fleuve et constitue, avec ses diverses enceintes et son port, le noyau de la ville royale proprement dite, qui est entourée d'un mur crénelé avec chemin de ronde et comprend les palais des princes, des fonctionnaires, les casernes et des arsenaux. Cette cité commence toutefois à être envahie par le commerce. Le peuple et les étrangers devraient, d'après les usages, n'occuper que les faubourgs au delà des glacis du mur d'enceinte. 11 en était ainsi dans les anciennes villes cambodgiennes.

Nous reproduisons une photographie assez curieuse d'un palais

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du deuxième roi dont la façade donne sur le champ de manœuvres et se trouve d'équerre avec lun des côtés de la première enceinte du palais royal (fig. 1 90). Cette façade comprend une galerie analogue aux galeries des grands temples et palais khmèrs et surtout à celle d'Àngkor Vat dont elle est une imitation voulue. La galerie de façade, actuellement en état de réfection est organisée en chambres, en bureaux à l'européenne et montre que dans les idées siamoises

Photo. Antonio. Bangkok.

Fig. 190. — Palais du second roi à Hangkok.

et khmères les galeries constituent bien des appartements ainsi que nous lavons indiqué plus haut.

D'autres palais royaux existent à titre de palais d'été soit dans la banlieue de Bangkok soit sur les voies ferrées. Ce sont de beaux parcs dont une partie est ouverte au public, remplie de kiosques chinois et d'édifices de tous styles, de préférence européens ou chinois.

Le Versailles siamois se trouve provisoirement à Bang Pha In en attendant qu'il revienne à Chantaboun. L'ancienne résidence de Chantaboun consistait en cases de bois sur pilotis, échelonnées le long d'une plage de sable sur le bord de la mer. Nos soldats pendant les quelques années d'occupation (qui ont pris fin en 190/i), y

étaient fort mal logés. Les trois officiers du détachement occupaient la case royale qui consistait en un bâtiment en bois avec un salon central, deux vestibules et quatre chambres. Le groupe d'habitations était à vrai dire une simple station balnéaire, mais la ville de Chantaboun elle-même, sorte de ville sainte située à plusieurs heures de navigation fluviale à l'intérieur, ne contenait et ne contient encore aucun palais. Il semble donc que les déplacements royaux anciens et modernes, lorsqu'il s'agissait de villégiature, étaient assez modestes. Le palais de Louvo au xvn e siècle en est un exemple, les groupes de cases de Ghantaboun (à Paknam) en est un autre.

Il est difficile de parler du Cambodge, du Ghampa et du Siam sans dire quelques mots du Laos situé dans le voisinage de ces trois pays, et qui est aujourd'hui en partie sous la domination de la France.

Les Laotiens sont des Thaï ' ; ils occupent le bassin du moyen et du haut Mékong, où ils ont formé autrefois de petits royaumes relativement indépendants : Vieng-Chan, Luang-Prabang, Xieng- Maï, dont l'histoire officielle ne commence qu'au milieu du xiv c siècle, au moment de l'introduction du bouddhisme, avec l'apparition des stèles gravées 2 .

Les principautés de Luang-Prabang et de Vieng-Chan ont été tantôt indépendantes, tantôt soumises à leurs voisins. Au xn e siècle la ville de Saifong, située au sud du Vieng-Chan actuel, dépendait des

1. Les tribus thaï se rencontrent encore aujourd'hui, en grand nombre, dans le hautTonkin, le Kouci-tchcou, la frontière sud de la Chine et, chose singulière, dans l'île d'IIainan où ils forment la majorité de la population.

2. Mission Pavic, Etudes diverses, t. II. Ce volume contient les inscriptions siamoises et laotiennes, publiées et traduites par le P. Schmilt.

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KhiTièrs, et l'empereur Jayavarman VII y construisit même un hôpital, ainsi que le constate une curieuse stèle signalée par M. Maspero, administrateur colonial, et traduite par M. Finot 1 .

Au x\ r u e sièle, le royaume de \ieng Chan passait pour être le plus riche de 1 Indo-Chine. C'est au point que le hollandais Van Wusthoff, y fut envoyé spécialement en mission diplomatique et commerciale en 16/11 parle gouvernement de Java 2 . Au xvm c siècle les deux principautés payaient tribut à la Chine et à l'Annam. Enfin, au xix e siècle (en 1827) la ville de Yieng Chan qui n'avait cessé d être en guerre depuis le xiv e siècle avec tous ses voisins y compris les Birmans, fut prise et détruite par une armée siamoise. Les habitants furent emmenés en esclavage au Siam. Le Laos tout entier, fut désormais ouvert aux incursions des Siamois, et en 1898, époque de notre intervention au Siam et au Laos, des postes militaires du Siam occupaient déjà le versant Ouest de la chaîne annamitique, bien au delà de la rive gauche du Mékong et des débouchés Sud du Tonkin. Les traités de 1898 et de 190/i ont remis les choses en ordre.

Aujourd'hui Vieng Chan se relève de ses cendres et est devenu le chef-lieu administratif du Laos français. Le royaume de Luang- Prabang est placé en partie sous notre protectorat.

Le Laos ne possède aucun monument ancien et les stèles ellesmêmes n'apparaissent qu au milieu du xiv e siècle. L'architecture actuelle est la môme qu'au Siam et au Cambodge ; ce sont des stupas voisinant avec des temples en bois et en briques stuquées.

Francis Garnier dans son voyage d'exploration en Indo-Chine, donne le dessin d'une pagode de Luang-Prabang dont les parois ont la forme d'un tronc de pyramide renversé. Le commandant de La-

1. Bulletin de V Ecole Française d'Extrême-Orient, III, p. 1 ss.

2. Geeracrt Van Wuslhof!'. Vremde (jeschiedenissen in de Koninckrijchen van Camhodia en Louwen-lanl in Oosl-Indien, zedert den jare 1635 tôt den jare lG r i r t. Haarlom, 1669. Traduit en français par P. Yoclkel et publié par Francis Garnier sous le litre de : Voyage lointain aux royaumes de Cambodge el de Lomuen par les Néerlandais, dans Je Bulletin de la Société de Géographie, 1871.

jonquière dit avoir vu des édicules de cette forme dans les monastères de l'ancien Vieng Chan ! . Enfin M. de Pouvourville dans son Art indo-chinois donne le dessin d'un mausolée de Xieng-Tong du même genre (fig. 191). De notre côté nous avons remarqué que dans le Bas Laos, dans le Cambodge, à Java et surtout à Sumatra, les bibliothèques de pagode et les petits magasins a riz sur pilotis avaient souvent cette forme qui garantit mieux l'intérieur contre les pluies

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Fig. 191. — Pagode do Xieng-Tong en l'orme de huche à pain. (De Pouvourville. — Arl indo-chinois, p. 10/4.)

et le vent et surtout contre les rats. Nous avons d'abord pensé que les cases en forme de pyramide renversée et de huche à pain étaient d'origine malaise et que les modèles en étaient parvenus dans le Laos, pendant la période d'occupation de l'Annam et de la Cochinchine actuels (jusqu'à la rive gauche du Mékong) par les peuples chams en partie malayo-polynésiens. L'influence malaise n'a du reste jamais cessé de se faire sentir, dans celte région, d'une manière ou d'une autre. Nous savons en effet par Maçoudi, historien arabe qui fit un voyage en Extrême-Orient, en 910, que

Bulletin de l'Ecole Française d'Extrême-Orient, I, p. io3,

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le roi de Java ' débarqua au ix p siècle dans le pays de Coraar (Cambodge) à la tête d'une flotte nombreuse, battît le roi du Cambodge et lui coupa la tète. Nous avons vu plus haut en parlant des Khmérs et des Cbams que les relations entre l'Indo-Chinc et Java étaient constantes ; enfin la mission commerciale de Yan Wustboll

Fig. nyi. — Une pagode népalaise (V'" étage en forme de huche à pain). (Lcbon. — Les Civilisnlions 'le l'Inde.)

au xvii 6 siècle a Vicng Clian 2 nous est une preuve que le commerce de Java pénétrait dans le moyen et le baut Mékong, malgré les rapides qui coupent les biefs navigables. Aujourd'hui encore, de nombreuses colonies malaises peuplent les villages riverains du Mékon^ 3 en territoire cambodgien. La probabilité de la pénétration d'une mode malaise dans le Laos est donc établie, mais nous croyons prudent cependant de réserver notre jugement en la

i. Maçoudî. Les Prairies d'or. Traduction Barbier de Mevnard, t. I, p. 171.

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