‹ L'architecture hindoue en Extrême-Orient;Chapitre 64 sur 96 · Elles ne dépassent pas les rapides de Kony · texte numérisé non relu

Elles ne dépassent pas les rapides de Kony

matière. Nous connaissons en effet beaucoup d'édifices du môme genre au Népal (fig. 192) et en Birmanie (voir Pagan), et il semble probable, ainsi que nous le verrons plus loin (chapitre de la Birmanie), que le Nord de l'Indo-Chinc uniquement habité par des populations d'origine chinoise et thibétaine, a été influencé à beaucoup de points de vue par le Népal. Nous ne nions pas du reste que l'usage des magasins en huche à pain dans le bas Mékong ne soit venu de l'Insulinde. A notre avis les deux influences ont pu se produire simultanément, l'une au Nord, l'autre au Sud.

En tous les cas, la mode des huches à pain n'a pénétré ni au Yunnan, ni au Tonkin, ni en Annam, ni en général dans la Chine proprement dite. On la rencontre à Java, dans les magasins à riz des villages de l'intérieur et jamais dans les habitations. On la voit très souvent à Sumatra dans les magasins à riz et très rarement dans les habitations, spécialement dans le « pays haut dePadang», au centre de l'Ile, sur le territoire de l'ancien royaume de Menang-Kabau, et chez les Bataks. 11 en est de même dans tout l'archipel asiatique.

Le plan des grands édifices est souvent en croix comme celui des édifices hindous, les toits sont télescopiques comme les toits birmans et siamois, l'encadrement des fenêtres est volontiers hindou. Enfin beaucoup de détails sont chinois. Dans cette dernière catégorie paraissent rentrer les pignons en forme de châteaux de jonques chinoises (Voir les illustrations du chapitre 5).

En réalité, les Malais, ces Phéniciens de l'Extrême-Orient, n'ont pas inventé grand'chose ; leur art est un mélange des arts des pays voisins, mélange qui ne manque pas d'originalité, il est vrai, mais qui ne s'est imposé nulle part. C'est un art de seconde main.

1. Dans son Ethnographie du Tonkin septentrional, Paris, 1906, le commandant de Lajonquièrc rappelle dans ses conclusions, p. 36 1, que la partie nord de l'Indo-Chinc a été envahie (à son avis) par deux courants ethniques, l'un venu du sud-ouest chinois, c'est-à-dire du Setchouen (les Thaï et leurs dérivés), l'autre venu de l'ouest, c'està-dire de l'Himalaya (les Lolo, apparentés auxGurkas de la vallée du Brahmapoutra)

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