‹ L'architecture hindoue en Extrême-Orient;Chapitre 68 sur 96 · ANANDA · texte numérisé non relu

ANANDA

quante-trois ans au moins après celui de Pathothamya. Il a soixante mètres de haut ; son plan est une croix grecque (voir lig. 221,

« La tradition raconte, dit Phayr 1 , que cinq Ra-, handas ou saints qui ne sont inférieurs qu'à un Bouddha, arrivèrent de Ilerna-W oonda ou de la région de 1 Himalaya à Pagan. Ils dirent qu'ils habitaient dans des cavernes sur le mont Nanda-Moola (probablement le pic de Nanda Devi) ; le roi leur demanda de lui donner un modèle de leur demeure d'après lequel il pourrait construire un temple. Les Rahandas firent ce qu'on leur demandait, et le temple une fois construit fut appelé

Scalc ofFett

Fip. 22,'î. — Plan d'Ananda.

(Vide. — Um mission à la cour d'Aivi.')

1. lt. \ili:, A Xarralive of the mission. .. to the court of Ava, p. 36.

Nanda-tsee goon, « Cavernes de Nanda ». Le mon d'Ananda, sous lequel le temple est connu aujourd'hui, est une corruption causée par la popularité du nom d'Ananda, cousin et disciple favori de Gautama. L'imitation d'une caverne constitue un genre de construction en faveur chez les Birmans pour les sanctuaires d'idoles. Cela n'a rien d'extraordinaire pour des peuples professant une religion qui considère une vie ascétique dans le désert sauvage comme la vie la plus sublime qu'un mortel puisse mener. » Il est certain que les édifices du genre d'Ananda semblent d'énormes masses de briques

Fi g. '\2^\. — Ananda. Goupr.

(Yulo. — Une mission à la cour d'Aval)

dans lesquelles on aurait creusé des chapelles et des couloirs comme dans les anciens temples souterrains de l'Inde. Mais la légende que nous venons de citer pourrait s'appliquer avec autant de raison aux pagodons de Prome et à Pathotham\a.

Le temple d'Ananda a été l'objet de restaurations successives et pieuses qui l'ont un peu alourdi. Lqi plus fâcheuse de toutes ces restaurations a consisté a recouvrir les fresques intérieures, nécessairement défraîchies, du terrible badigeon de chaux qui semble particulièrement apprécié des populations locales et surtout des bonzes. Ce même badigeon a été disposé sur d'intéressants bas-rc-

RUilNES DE 1>AGAN 267

liefs en terre cuite émaillée qui garnissent le bas de l'édifice et toutes les terrasses supérieures. Le gouvernement anglais devrait bien interdire, si cela est possible, toutes ces réparations déplorables dues au zèle outré de quelques bonzes fanatiques.

Le temple d'Ananda est un monument de transition qui a servi de type aux temples de Gotapallin, de Thabbanrïu, etc., mais les architectes de ces derniers édifices ont accusé de plus en plus le principe de la superposition des sanctuaires.

Il semble qu'à Ananda, on ait voulu simplement couronner le sanctuaire d'une pyramide a étages surmontée d'un sikra, et que dans les temples suivants on ait soulevé cette pyramide pour intercaler entre elle et le sanctuaire du rez-de-chaussée un deuxième sanctuaire.

Plusieurs particularités sont à noter : i° Les terrasses successives du bâtiment de base épousent les formes de la voûte et sont arrondies, il est donc difficile de circuler sur ce toit d'autant plus que les surfaces sont cimentées et lisses. Aucun escalier ne permet d y accéder. Il faut se servir d'une échelle placée

Fi g. '2 2.1

Photo Parlett.

Statue du fondateur d'Ananda (io85-i 107).

à l'extérieur. Ces terrasses sont ornées de bas-reliefs en terre euitc émaillée du même modèle que dans le bas. 2° Les quatre gradins qui précèdent immédiatement le sikra à l'étage supérieur sont ornés aux angles de lions assis. Ce fait est unique à Pagan, du moins à

Fig. 2'if). — Ananda. Port»* <k' lVncrintc cxtérû'un; (xi e sirclc A. ]).).

notre connaissance. 3° Les quatre statues colossales de Bouddha du rez-de-chaussée sont éclairées par le haut au moven de fenêtres dissimulées dans les terrasses supérieures. L'effet produit par cette disposition est très heureux ' (lig. 2 2 5).

i. Les statues actuelles sauf celle du roi fondateur de l'édifice, ont été refaites il y quarante ou cinquante ans à la suite d'un incendie.

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La décoration intérieure et extérieure sans être absolument nouvelle, car elle était déjà annoncée par des monuments antérieurs, marque cependant une étape importante dans le style birman (fig. 226, 227, 228, 229).

Une série considérable de bas-reliefs en bois peint et doré de 1 mètre sur o m ,6o environ, représentant la vie du Bouddha, se trouve encastrée de distance en dislance dans les murs de la galerie principale du sanctuaire.

Ces bas-reliefs, dont nous donnons quatre spécimens photographiques, offrent un grand intérêt, parce qu'ils confirment ce que nous avions déjà dit au sujet de kiosques à la chinoise, des fresques de Pathothamya.

Les constructions en matériaux légers des x e et xi e siècles étaient identiques aux constructions actuelles à la chinoise (fig. 2 3o à 234), de la Birmanie, du Siam et du Cambodge (voir aussi Sun MinDgy).

Il était admis jusqu'ici que les constructions de ce genre n'étaient apparues en Indo-Chine qu'au xiv c siècle au moment delà constitution de la nation siamoise. Or, les indices que nous avons relevés au Baïon (ix c siècle), à Angkor Vat (xn c siècle) et en Birmanie, à partir du x e siècle, montrent à n'en pas douter que les palais ou édifices de l'Indo-Chine en bois, de style chinois, ou plutôt de style indien ancien, retour de Chine, étaient en usage bien longtemps avant celte période. Peut-meme ont-ils apparu dès le vi" siècle au moment de leur adoption définitive et absolue en Chine et au

Fie

227. — Ananda. Une entrée principale du temple (xi° siècle A. I).).

Japon. Ils ont en tous les cas précédé les monuments de briques delà grande époque et leur ont survécu. Nous croyons aussi que ces constructions ont été ornées dès le début de véritables incrustations de verroterie, au nord comme au sud de l'Inde. Nous voyons en effet dans les annales de Ceylan que le fameux couvent de bronze aux mille chambres, édifié par le roi Dutthagâmani au ii c siècle avant notre ère, était couvert d'incrustations de pierreries

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Fig. 2**8. — Ananda. — L no dos portos latérales. — Carreaux do faïence dans le soubassement représentant la vie du Bouddha.

(verroteries) et de perles ; nous savons en outre par les annales des T'ang (x e siècle), qui ne sont que la réédition des renseignements donnés au vn c siècle sur le Népal par Hiuen-Tsé 1 , que: « au milieu du palais (royal) se trouvait une tour de sept étages couverte de tuiles en cuivre. Balustrades, grilles, colonnes, fenêtres, tout y était orné de pierres et de pierreries ». Enfin nous avons déjà eu l'occa-

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