‹ L'architecture hindoue en Extrême-Orient;Chapitre 71 sur 96 · ENTRESOL · texte numérisé non relu

ENTRESOL

Fig. 240. — Tliabhaîliïu, d'apirs Yul<\

garnissaient les murs. Aujourd'hui il n'en reste plus rien.

Scalt of Ftct

Fig. 2/^7. — Thabbaiînu (uoo A. I).). Coupe d'après Yulc.

Le temple a environ 70 mètres de haut. C'est le plus élevé de Pagan.

/;° Pagodon PRÉCÉDÉ DUNE SALLE PLUS BASSE DU STYLE DE LA CÔTE DORISSA. Ce SANCTUAIRE EST TANTOT SIMPLE, TANTOT PLACÉ SUR

Fig. 2\(). — Nam Paya (10^7 A. D.) aprî-s la restauration. UN HAUT BATIMENT FORMANT TERRASSE. LcS exemples de CCS deux

types sont nombreux. Nous ne parlerons que du temple de Nam

Fig. a5o. — Nam Pava (10Ô7 A. ]).).

Paya qui faisait partie de l'ancien palais du roi talain Manouha; ce temple très curieux peut se rattacher au premier type. Nous donnons

RUINES DE PAGAN

Fi g. 25 1. — Nam Paya (xi e siècle A. D.).

Plan approximatif.

Échelle: i m2 = o m ,o02.

aussi la photographie d'un temple à deux étages qui ne nécessitera aucune description.

Nam Paja(io57 A.D.). — Cet édifice est souvent appelé : « Palais de Manouha ». Il a certainement fait partie du palais du roi Manouha, soit à titre de temple, soit à titre de salle d'audience, lorsque le roi talain eut été amené en captivité à Pagan par le célèbre roi birman Anoratha, après la prise de Thatôn, capitale du

Pégou. Ce monument dont nous donnons trois vues et un plan sommaire (fig. 2/18 à 25i) est entièrement en pierre (ce qui est une rareté à Pagan dont tous les monuments sont en briques) et dédié au culte brahmanique. Il vient d'être restauré par le Service archéologique de Birmanie. En comparant l'état actuel du monument et l'état ancien, on constatera que le restaurateur a supprimé sans raison un petit édicule du toit et des moulures du rez-de-chaussée. On a surtout voulu faire propre. Heureusement qu'il n'a rien été ajouté ; en France certains architectes n'y eussent pas manqué, et c'eût été pis.

Le temple proprement dit, qui est extérieurement du type d'Orissa, ainsi que l'indiquent sa forme générale et le sikra central, en diffère cependant par des détails assez importants. Le mur Est du vestibule d'entrée est soutenu à droite et a gauche de la porte par des contreforts que l'on peut distinguer dans les photographies (fig. 25o). Ces deux contreforts faisaient partie de la construction primitive, ainsi que nous l'ont montré sur place les ouvriers chargés de la restauration. Le vestibule est voûté et éclairé par deux fenêtres.

La cella est éclairée par trois fenêtres sur chaque face et par quatre petites fenêtres du dôme central. Les fenêtres des faces ont une ornementation dans le goût javanais (fig. 2^2). Le dôme, en bonnet

BIRMATSJE

de prêtre, est soutenu à l'intérieur par des piliers massifs de 2 mètres 06 de côté (fig. 253, 254) sur chacun desquels sont sculptés tantôt des fleurs décoratives tantôt un Brahmà assis. Le style des bas-reliefs est également dans le goût javanais.

Pliol. de M. l'arlelt.

Fig. ±~S\i. — Xam Paya. (xi c siï*clo A. D.). Lno fenêtre.

Les piliers sont reliés l'un à l'autre par une voûte ogivale ; l'espace libre entre les piliers et le mur forme cloître et est voûté en demi-berceau. Dans l'espace compris entre les quatre piliers existe un piédestal en pierre, sans ornements, qui, d'après les vieilles légendes et les renseignements recueillis par M. Duroiselle, supportait un trône orné de lions.

A première vue, il semble que cet édifice était un temple. Quel-

RUINES DE PAGAN

ques archéologues, s'appuyant sur la tradition, font remarquer que les salles à quatre colonnes sont toujours, en principe, des salles d'audiences royales (?), que d'autre part le mur du fond contre lequel il est d'usage de dresser la statue de la divinité du lieu est

Fig. 253. — ]\am Paya. Pilier intérieur (xi° siècle A. D.) d'après un mauvais estampage.

percé en son milieu d'une fenêtre, ce qui exclut l'idée d une représentation d'une divinité ; qu'enfin, il n'y a pas de représentation de divinités dans le temple, ailleurs que dans les bas-reliefs des piliers. Ces raisons sont plausibles et semblent militer en faveur d'une

BIRMATSTE

affectation purement laïque, mais elles ne sont pas absolues, car beaucoup de temples de Pagan ont des cellas centrales, massives il est vrai, où les divinités des niches font toujours face au spectateur. Un Brahmâ à quatre faces, sur le siège central, éclairé par les fenêtres du dôme, eût satisfait a toutes les exigences protocolaires.

Nous pensons que l'édifice servait en même temps de temple et de salle d'audiences. Nos anciennes églises gothiques servaient bien de salles de spectacle, de salles de délibérations pour les conseillers municipaux et même de marché. Le temple pouvait aussi servir provisoirement de dortoir, comme beaucoup de temples bouddhiques et birmans, anciens et modernes ; nous citerons à cet égard Thabbannu déjà vu et le couvent d'Ananda dont nous parlerons plus tard.

Mais nous le répétons, le monument de Nam Paya a dû être primitivement et en principe, un temple. On voit encore à quelques pas de là une belle bonzerie en bois sur pilotis, avec de curieuses sculptures, qui a dû succéder à d'autres habitations du même genre appartenant au palais lui-même. Les descendants du pauvre roi Manouha existent, paraît-il, encore à Pagan. M. Parlett nous a dit avoir connu il y a quelques années le dernier

Fi

Phol. de M. Parlett.

Xam Paya. — Un pilier intérieur (xie siècle À. D.).

descendant ou le descendant principal de la famille ; il était maire de Pagan, mais ne possédait aucun document intéressant.

Nous donnons, pour terminer ce qui concerne les pagodes du type numéro t\, les photographies d'un temple à deux étages, où la pagode simple du genre Nam Paya est placée sur un premier sanctuaire lui servant de piédestal. | ' Cette pagode est située près

de la pagode de Damayangy.

C'est un modèle assez répandu (lig. 255).

5° Pagode a base carrée ou en croix, surmontée dun édicule en forme de huche a pain

DE STYLE NÉPALAIS. Il existe

un grand nombre de pagodes de ce genre. Nous donnons un exemple pris dans l'enceinte de Choué Zigon (fig. 256), puis une porte cochère d'un couvent du xvi e siècle (?) aux environs de

Fig. 256. — Pagode avec édicule en forme de huche à pain de style népalais (enceinte de Choué Zigon).

agan, dans le même

style (fig. 27/i), enfin un bas-relief en bois sculpté d'Ananda (xi e siècle) (fig. 282).

Cette forme d'édifice est très commune et d'origine népalaise. Elle pénétra tout naturellement en Birmanie où les peuples sont d'origine tibétaine. Nous l'avons trouvée également sur le Mékong (Xieng Ton, Xien Mai, Vieng Chan...) où elle est venue des Etats Shans, mais elle a presque toujours été réservée pour les tombeaux, les pagodes, les bibliothèques et les magasins à riz. Elle joue le même rôle dans les pays malais, ainsi que nous l'avons dit dans le chapitre du Laos, mais elle est employée également dans les habi-

RUINES DE PAG AN 28g

talions particulières de certains villages de Sumatra. Nous avons rencontré des pagodons en huche à pain un peu partout et à toutes les époques en Birmanie. Nous citerons encore la pagode de Promc du xvf siècle, où une série dédicules de ce genre, mais de petites dimensions, entoure la base de la pagode centrale.

6° Pagodon en croix, genre khmèr. surmonté du sikra d'Orissa. — Nous en donnons un seul exemple. Il se trouve dans le voisinage du temple élevé par le roi talain Manouha (1067 A. D.) (fig. 25y).

>7. — Mr Dan Rat Pava (mO'i A. I).).

Le sanctuaire de Mé Daw Rat Pava est bien nettement de style kmèr, déduction faite du sikra d'Orissa. Quant au plan en croix, il n'est pas seulement kmèr, il est indien. Nous avons fait estamper un fragment de frise et de pilastre de ce temple pour le Musée du

2 gO muMAMP.

Trocadéro. Les ornements sont en stuc, comme du reste tous les ornements de Pagan.

7 Le stupa bulbeux genre bou paya, vil" siècle. — Nous n'avons rencontré que deux stupas de ce genre, celui de Bou Paya (Bouddha de la Citrouille) (fig. 2 58) qui caractérise le type, et la pagode de MgnakyAvenadamag (oreille de bullle) ((ig. 209) ' ;

Kj g . a .-is. Bon Pava (vu' sirclc A. D.?).

La pagode de Bou Paya est située sur le bord de l'Iraouaddy ; elle est fort bien entretenue par les fervents bouddhistes de Pagan. Les indigènes et les légendes fixent sa construction à Tan 67 de notre ère, mais, pour la raison historique exposée plus haut, nous préférons l'attribuer au vn c siècle. Dans un abri en bois accolé a la pa-

t. La forme en citrouille n'est pas inconnue aux: Indes, à Ellora et à Ajantâ.

RUINES DE PAC AN 2QI

gode principale, se trouvent des Nats qui sont l'objet dune vénération toute spéciale de la part des habitants.

La pagode de Mgnakywenadamag est abandonnée. Elle aurait été construite au xn e siècle. Elle est recouverte de briques émaillées de couleur verte, dans le goût persan.

Fig. 269. — Mgnakywenadamag (oreille de buffle) (xn c siècle A. I).).

8° La pyramide ronde a étage de style talain. — La pyramide a étage de forme ronde est essentiellement talaine. L'exemple que nous donnons (fig. 260), et qui est croyons-nous du xv e ou du xvi e siècle, se trouve dans l'enceinte du temple de Gotapallin. Nous en verrons de nombreux exemples un peu plus loin lorsque nous parlerons de Pégou et de Rangoon (fig. 288 et suivantes).

q° Monuments divers. — Ces monuments qui sont assez difficiles à classer mais qui offrent un grand intérêt au point de vue archéologique sont :

A. Nat Laong Kiaong, x° siècle, A. D.

B. Naga Run, 106/1 A. D.

G. Aberatana, 1020 A. D.

D. Kyauk Ku Lhmin, xn e siècle, A. D.

E. Bodh Gayâ(i2oo A. D.).

F. Porte de la ville de Pagan, ix ( siècle, Y. D.

A. Xat Laong kiaong (x° siècle. A. D.) ce qui signifie « monastère où sont enfermés les Nats », appartient au style de la cote d'Orissa

V\g. 'àOo. — Pyramide lalaine (xv° ou xvi c siècle) dans l'enceinte de (iodapallin.

et de Tlnde septentrionale. Les statues qui ornent les niches extérieures sont des divinités de caractère hindou. A l'intérieur se trouve une cella entourée d'une gaine. Les voûtes ne sont pas à encorbellement, elles sont appareillées à la mode de Perse comme dans la plupart des édifices de Pagan (fig. 2G1 et 2O2).

RUINES DE PAG AN 2g3

B. Naga Riin(io6!\ A. D.) — Ce temple, de forme originale et qui rappelle assez bien, comme aspect général, nos églises d'Europe et certains édifices khmers (fig. 122, p. 121), se trouve dans le voisinage du temple de Nam Paya, construit par le roi talain Manouha (fig. 263). Il est du reste de la même époque et présente quelques particularités khmères ; ainsi les linteaux des portes d'entrée de

Fig. 261. — Nat laong kvaong (x° siècle A. D.) Façade et coté.

l'enceinte, de la porte du vestibule et de celle du sanctuaire sont en bois de teck. Les deux derniers sont ornés de fleurons et de rosaces sculptés. Dans les rosaces qui sont quadrilobées comme des croix grecques, se trouvent des divinités volantes. Ces linteaux, dont nous avons pris des estampages pour le musée du Trocadéro, supportent la maçonnerie du mur placée au-dessus. Ce mode de construction est franchement khmer et se rencontre dans les mêmes conditions a Angkor Val.

2g4 BIRMANIE

La pagode a été restaurée par le Gouvernement anglais. Les terrasses supérieures épousent la forme des voûtes, comme à Ananda, et ne peuvent servir de promenoirs. La façade est du style de la renaissance italienne ; elle porte l'ornementation flammée khmère, mais plus raidie, suivant la variante birmane.

C Aberatana (1026). — Ce temple dont nous n'avons malheureusement retrouvé ni la photographie ni le dessin, est de dimension

Fig. aO'2. — Xat laong kvaong (.v (> sirclc A. 1).). l\-u;a<I(\

modeste et comprend une gaine et une cella centrale ; les linteaux des portes sont en bois comme dans le temple précédent, dont il n'est du reste pas éloigné. Les niches qui ornent les murs de la cella rappellent un peu le style Mimer, mais les dents de scie des pilastres sont bien birmanes. Nous avons pris l'estampage de l'une de ces niches pour le musée du Trocadéro. Ces niches jointives (i m , /\o de hauteur environ) sont supportées par une sorte de socle à mul-

RUINES DE PAGAN 2q5

tîples cordons et ressauts qui constitue le bas du mur (fig. 26/i). Ce profil se rencontre souvent au Cambodge, mais il est surtout indien. C'est peut-être le seul temple de Pagan où les lions qui entrent dans l'ornementation soient indiens et non chinois. L'ouverture ogivalo de la cella comporte des lions assis sur les gradins de l'ornementation supérieure de 1 ogive, et des lions debout avec crinière, de pose hiératique., les pattes de devant repliées comme ceux que Ton voit dans les briques votives de Prome et dans les monuments les plus anciens des Indes.

Fig. a()3. — >aga Uiin (io(>/i A. D.).

D. Pagode de KyankKu U 11min (xn e siècle A. D). — Ce temple se trouve à quelques kilomètres au nord de Nvaungu, sur le flanc dune petite vallée qui débouche sur l'Iraouaddy. C'est un édifice carré a toit pyramidal, dont les terrasses peuvent servir de promenoirs. Les gradins supérieurs recouvrent des corridors à voûtes ogivales construites suivant la mode de la Perse ancienne. Ils formaient des gaines autour d'un massif central en maçonnerie. Plus loin se trouvent de nombreuses grottes de moines. Cet édifice étant en partie engagé dans la berge nord de la vallée ne possède qu'une façade principale sud et deux façades latérales.

1HRMAME

Les photographies sur lesquelles nous comptions ne nous ayant pas été envoyées, nous ne pouvons donner qu'un mauvais croquis de la façade (fig. 265), dont on remarquera les curieux stucages du bas ; ils sont d'inspiration assyrienne mais rappellent les modèles khmèrs (fig. 266). Nous en avons pris un estampage pour le Trocadéro. L'ornementation stuquée et la frise avec des tetes de lions stylisés ou de garudas tenant dans leurs bouches des guirlandes en

Fig. 264. — Aberatana (lo-iO A. 1).).

Paroi do la Cclla.

Kit;. *$!)."). — Kvank Ku U Ilniin (xn e siOclc).

forme de chapelets, est de style purement indien. Nous retrouvons ce dessin un peu partout, avec des variantes. Il est possible que l'Inde l'ait emprunté à l'art gréco-romain. A défaut des frises du temple lui-même, nous donnons celles de la pagode de Kubiaoudgy qui sont à peu près similaires et de la même époque (fig, 2 05 et 26G). Le temple de Kyank Ku U Hmin est en voie de réparations ; il paraît déjà tout neuf et nous craignons bien qu'il ne le devienne vraiment trop. Pour juger de la valeur de la restauration, il importerait d'avoir sous les yeux une photographie de 1 état ancien de l'édifice.

Fig. 266. - Kyank Ku U Kmin (xiie siècle A. D.> - Musée khmèr du Troçadéro.

Y\ix. a(V

Kubiaoudgv (xii* siècle A. D.). - Musée hkmèr du Troçadéro.

Sur le plateau auquel est adossé, ou plus exactement, dans lequel est enclavé, le temple deKyank Ku U Hmin, on voit à une centaine de mètres plus loin une intéressante chapelle bouddhique du style

Fig. 268. — Frise extérieure de Kubiaoïulgy. (xn (> siècle A. ]).)

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