‹ L'architecture hindoue en Extrême-Orient;Chapitre 86 sur 96 · Pelliot, B. E. F. 0., vol. II, p. i3o · texte numérisé non relu

Pelliot, B. E. F. 0., vol. II, p. i3o

ANURADHAPURA 35q

hindoue, spécialement en ce qui concerne les édifices en matériaux légers, monastères ou palais en briques ou en bois, des époques anciennes, qui ont totalement disparu depuis bien des siècles dans tous les pays hindous ou d'influence hindoue.

Les monuments anciens de Ceylan sont rares et généralement en piteux état. Ils se rencontrent pour ainsi dire uniquement dans les villes disparues d'Anurâdhapura, Sigiri et Polonnaruwa, dont nous allons faire une rapide étude. Nous parlerons aussi des grottes de Dambullaet de Matalé, dont les fresques constamment réparées par les bonzes, d'après les mômes modèles, constituent, à condition d'être utilisés avec discrétion, des documents infiniment précieux pour les représentations de palais, de temples, de costumes et d'armes, des siècles qui ont précédé notre ère.

ANURADHAPURA

Cette ville, d'après la tradition singalaise, aurait été fondée en 45y av. J.-C. par le roi Anuràdha. Elle a été abandonnée en 729 A. D. Son enceinte, parait-il, avait 25 kilomètres de côté; ses rues étaient tirées au cordeau ; la principale d'entre elles, « la rue de la lune », comptait onze mille maisons, avait une voie centrale sablée et des bas-côtés, etc.. \ De tout cela il ne reste que quelques stupas, des traces de fondations de temples, de monastères, et des colonnes de pierre gisant sur le sol ; la brousse a tout envahi. Il est donc probable que cette immense cité était comme la plupart des villes non européanisées de l'Extrême-Orient, une simple agglomération de cases en torchis et en bambous, de mares, d'enclos à bestiaux et même de petites rizières. De la à la Pompéi indienne dont parlent les guides, il y a loin.

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