DANS L’ÉGLISE, A LA FERTÉ-BERNARD
Suivant un usage adopté depuis une ancienne époque, la piscine, au XVI' siècle, fut encore établie sur un point non éloigné de l’autel, et cela se comprend. — Héritiers du moyen Age et contemporains même des dernières années de cette période, les hommes de la Renaissance continuèrent un grand nombre de choses dont l’origine remontait aux siècles antérieurs , et , en ce qui touche plus particulièrement les meubles et les ustensiles composant le mobilier religieux , presque toujours ils ne firent que varier les formes et le caractère de l’art : rarement, on en modifia la place. Celle persistance résultait, sans aucun doute, de la continuation de pratiques que l’on voudrait, en vain, séparer de celles du XVI' siècle, mais que tout y rattache. Nous peusons donc qu'à l'exception de quelques points peu importants, l’Église ne s’écarta guère des institutions précédentes. Ainsi, les cérémonies et les besoins étant, à très-peu près, restés les mêmes, il s'ensuivit que tel meuble, à part son style d’art, n'éprouva point, de changement notable. Les siècles apportèrent des modifications dans les idées; ils introduisirent quelque altération dans la liturgie; mais, en fait de situation, l’on contaste que la pliqiart des pièces continuèrent à être établies sur les mêmes lieux. Enfin, certaines transformations dans les pratiques ont bien pu provoquer la mutation de quelques meubles secondaires; mais, durant le X Vlr siècle, le plus grand nombre ne subit point de déplacement , puisqu'ils remplissaient le même office ; et, de là sans doute, cette remarque de retrouver, aux mêmes endroits, la presque totalité des ineublesde cette époque.
Cette constatation peut fort bien s'appliquer à notre piscine de La Kcrté-Rernard. Sa destination , qui la rattache à l’autel , puisqu’elle fut établie dans le but de recevoir les eaux dont se servait le prêtre pour purifier les vases sacrés et se laver les mains, devait tout naturellement la faire ériger sur un point peu distant; et, par une conséquence des motifs que nous faisons connaître , la plupart de celles que nous avons vues se trouvent , en effet , non loin de la table sainte.
La composition de ce monument le classe daus la famille des piscines à pédicule, dont on retrouve le prototype dès les XL et XIL siècles. Celle, de saint Gabriel, que nous publierons , me parait un des plus anciens et des plus curieux exemples de ce genre. A l'époque dite romane , la piscine à pédicule n'avait pas de couronnement , et il est fort vraisemblable que l’idée de cette addition a dû prendre naissance lors de l'application du luxe que l'on introduisit dans l’art de bâtir et dans l'ornementation des églises pendant les XIV' et XVî siècles. L’adoption de cette espèce de dais plut sans doute aux artistes du XVI' siècle , qui l’acceptèrent et s’en servirent; aussi, n’était le style, tout, daus la composition de notre piscine ;
PÉRIODE MODERNE. - XVI' SIÈCLE. — PISCINES PÈDICULÉES. rappelle le mnuumcnl du XV' siècle. En effet, pris dans son ensemble, on y retrouve l’ édicule complet avec son décor {’) cl ses différentes parties: le ]iédirule, la cuvette, la niche et le dais pyramidal. Le style et le caractère ont, seuls, changé, parce que la conception appartient à 11110 autre époque et parce qu'elle procède de l’art de la Renaissance.
Nous n'entrerons pas dans l'analyse tics divers membres de cette piscine; l’examen de nos plans, coupe et élévation suffisent , je pense, pour pouvoir apprécier la valeur de cette œuvre. Du reste , nous y reviendrons dans notre supplément , lorsque nous aurons public tous les exemples nécessaires à la rédaction d’une notice générale sur les differentes variétés de piscines, érigées, au XVK siècle, dans les différentes contrées de l'Europe.
(I) La nature, fort peu chaste, de quelques sujets, introduits dintcrllr ornementation, donne une idto a*sei nette üu relâchement tics mœurs à celle é|>oqut>.
Digitizeü by
N ^ou
PtSCINE DAMS :.USE./ FEBTE BERfl