AUTEL, DANS L'ÉGLISE DAVENAS
pélileurs; tandis qu'à l’inverse el selon les régions, il y en eut d'autres dont l’esprit paresseux, se contentant de suivre cette déplorable voie de la routine, ne voulurent, chose déplorable, profiler des progrès acquis! Du XE au XII' siècle, les «ouvres de la sculpture présentent donc, suivaut les temps cl suivant les lieux, des caractères assez tranchés dont on doit surtout attribuer la cause à ce fait capital.
Quoi qu’il en soit, la sculpture s'empara, dès lors, de toutes les parties de l'Église, et elle y répandit, comme système de décoration , de nombreuses couvres ducs à son ciseau ; mais, il est plus que vraisemblable que les travaux, réserves aux meubles ecclésiastiques, durent être exécutés avec beaucoup plus «le soin et de délicatesse que ceux affectés à la décoration extérieure de l’édifice, partie qui, par sa nature, était tout naturellement exposée à mille causes de dégradation. — Telle est, pensons-nous, l’origine de certains autels dont la décoralion sculpturale ofTrc à l’observateur une richesse «pii les distingue incontestablement do tuus ceux des époques antérieures.
Avec l’introduction «le ce luxe, s’accomplit une des plus principales transformations dans la décoration de ce meuble : celle de l'agencement des compositions à ligures sur scs faces antérieure et latérale. L'on a vu précéileimuent que, simple d’abord ou seulement orné de quelques moulures, l'autel reçut, peu à peu, une ornementation qui se développa en raison même des différentes phases ou progrès «le l'art. Or, lorsqu’on examine l’autel d'Avenas, on nu saurait méconnaître que son autour n'ait eu l’intention d’en faire l’un des plus importants «le celte espèce.
Sans avoir la prétention de l’offrir à nos lecteurs comme la plus haute expression du genre ou roinme le meilleur spccimcn de sculpture au XII' siècle, nous le signalons cependant comme l’un des plus complets exemples décomposition qui aient été conçus alors pour l'ornementa! ion des autels, c’est-à-dire, comme celui qui, avec les idées de l'époque, présente, peut-être, au plus haut degré, le système particulier de décoration appliquée au plus auguste des édicules «le l’eglise; car, cette composition renferme, dans son ensemble, la plus grande manifestation du catholicisme, exprimée ici par les ligures du Christ, «les apôtres el des évangélistes, dans l'inlcntion du représenter sans «loule, d’une manière synlhétiquo, la religion chrétienne, son histoire et sa diffusion dans le monde!
Ceci posé, abordons l’élude de l'cdicule, et examinons-en les parties principales : — Avant tout, il faut reconnaître que, bien qu'il se compose de trois pierres, colui-ei doit néanmoins être rangé dans la classe des autels de forme cubique. — Une espèce de base, deux colonnctlcs et la table, servent ici d'encadrement à une sorlo de bas-rolicf, qui se détache sur un t'bamp en retraite. Voilà pour l’architecture. — Quant à ce qui concerne la sculpture, il semble qu'un même ordre d'idées a dû inspirer la pensée du l'artiste, et avoir présidé à la composition île sou œuvre : celui de grouper, dans un même cadre, la lignro du Christ, qui enseigna la plus sublime des religions; colles des apôtres, qui furent ses disciples et ses collaborateurs, el celles, enfin, fies évangélistes, qui racontèrent les actes merveilleux «1e sa vie humaine; trois sujets qui n’en forment, à vrai dire, qu'un seul, et se confondent ensemble pour traduire, par leur rapprochement, la plus manifeste expression du christianisme dans ses personnages les plus illustres t — .Maintenant, voyons comment l’artiste est parvenu à remplir son programme, et comment il a su triompher des difficultés de l’œuvre. — Au rentre el à la place d’honneur, Jésus-Chris! , assis sur un siège, est représenté, bénissant de la «nain droite: cette figure est placée dans une