DANS L’ÉGLISE I)E NOTRE-DAME, A 1/ ÉPINE
L’absence des loxles, qui préciseraient l'usage de certains meubles ecclésiastiques, jette souvent l'archéologue dans un embarras facile à comprendre, surtout lorsque la forme ou les dispositions de ceux-ci sont également propres à des destinations dilTérentes , bien que se rapprochant beaucoup; eu d’autres termes, bien que la fonction fût h peu près la même. Ajoutons que l’erreur peut alors d’autant mieux se propager et devenir difficile à détruire, que le meuble a pu, par suite d’une destination ultérieure, se voir change d’emploi. C’est, assez vraisemblablement, ee qui eut lieu à propos du monument, objet de celle notice. Eu archéologie, lorsque la tradition manque, l'historicu et l'antiquaire en appellent aux monuments analogues dont la destination est parfaitement connue, et, grâce à des comparaisons, le doute parfois se change en une certitude. Je m’explique. Dans la recherche qui nous occupe, celle de déterminer, à défaut de textes ou do renseignements, l’usage primitif de l'édicule érigé daus le sanctuaire de l’église de Notre-Dame, à L’Épine, une première question se présente : Ce monument fut-il, à l'origine, établi pour l'emploi sous le nom duquel on le désigne, celui de custode des reliques; ou bien, doit-on y voir un tabernacle dont uu changea plus lard la destiuatiou, qui put devenir double alors, c’est-à-dire remplir à la fois l’oflice de custode eucharistique et de custode des reliques (■) ; conjecture que ta place, la forme et les dispositions autorisent, puisque sa composition est également convenable à l’une ou à l'autre et même à ces deux destinations simultanément?
Cette question sigualée , mais non résolue , il convient de passer à l'examen du plan , de l'ensemble ainsi que des détails. Sur le poiut particulier de la composition, il faut reconnaître qu’au XV? siècle, la custode avait, comme le tabernacle, subi des changements qui eu allérèreut la disposition primitive; car, de la niche, ménagée dans le mur, on en avait fait une couslructiou isolée, et offrant, sous le rapport de l'art, le caractère de l'architecture à l'époque et dans le lieu où elle fut établie. Ici, se présente, toutefois, uue distinction à faire : c'est que la plupart des tabernacles isolés que nous avons vus eu Belgique, en Allemagne, etc. , affectent plutôt la forme d’une haute pyramide polygonale que celle d’uue espèce de grande
(I). Dans ce dernier cas, celle dusse de monuments se rattacherait, d'une manière intime, aux édicules construits pour l’exposition des reliques, dont nous avons fait connaître l'un des plus considérables : relui de la chapelle palatine, k Paris. — Elle se relierait encore à une certaine famille ou espèce do grands retables.