‹ L'Architecture (volume 2)Chapitre 25 sur 97 · MOYEN AGE. — XIII' , XIV. ET XV* SIÈCLES. — CUSTODES DES RELIQUES · texte numérisé non relu

MOYEN AGE. — XIII' , XIV. ET XV* SIÈCLES. — CUSTODES DES RELIQUES

châsse, et celle observation ou cette constatation nous porte à considérer notre édicule comme plus spécialement destiné à contenir des reliques, qui réclameut l’étendue; d'où l'on enduirait alors sa construction et sa destination pour recevoir celte figure miraculeuse de la Vierge, qui donna naissance fi l'église, et qu'on plaça sans doute dans une pièce d'orfèvrerie pour laquelle cette custode fut plus particulièrement faite. Au reste*, plusieurs localités, peu distantes de L'Epine, avaient aussi, dans le chœur de leurs églises, des édicules, d'époques diverses, mais absolument analogues quant à la forme, et leur place correspond, de tout point, à celle de notre monument. Or, ces édicules nous paraissent avoir eu la même intention : celle de servir de trésor ou de lieu de dépôt à de vénérables reliques. On le voit donc, mémo en l’absence de textes, puisque aucun document ne parle de la custode de L’Epine, il est eucore parfois possible de déterminer le but ou la dcsliualion de certaines constructions plus ou moins importantes.

La pensée du symbolisme était si fortement enracinée chez les artistes du moyen fige que tout ce qui se rattachait à l’église fut empreint de ce cachet, si manifeste surtout dans les œuvres religieuses de cette époque. Ainsi, et pour n’appliquer qu'au monument qui nous occupe nne observation qui ressort à sa vue , nous dirons que tout y trahit , par sa forme , la pensée même de l’objet auquel on le destina. En effet, quel était le but de ce meuble et quelle devait être sa fonction? — celui de servir de lieu de dépôt à cette Ggure de la Vierge, trouvée dans un buisson d’épines, ainsi qu'aux autres reliquaires et chfisses renfermant les saintes parcelles qu’on exposait s’i la vénération. Or, ces reliquaires, mais surtout ces chfisses avaient alors des formes et des dispositions qui leur étaient spéciales. Eli bien, l’artiste qui composa cotte custode semble avoir cru ne pouvoir mieux traduire la destination de sou édicule qu’en lui donnant, fi l’extérieur, lu forme elle-même d une de ces riches et vénérables caisses; et, eu agissant de la sorte, il pensa que le but apparaîtrait, plus évident cl manifeste, aux yeux de tous; c’est-à-dire que l’édicule exprimerait, par sa seule forme, l’objet même de sa saiule destination. Telle était, au XV siècle, la force de ces idées de symbolisme. Pour cette composition, il est assez vraisemblable que l’architecte s'inspira des formes dénuées aux custodes-trésors antérieurement construites et formant, comme celle-dl , des édicules isolés dans les églises; mais, on n’en doit pas moins reconnaître la persistance d’une idée à travers les siècles cl signaler encore sa coutinuité d’emploi fi une époque avancée. Et ainsi Ton peut dire qu’en fait de créations religieuses, les artistes du moyeu âge comprenaient fort bien la question de convenance, comme on doit ajouter, au point de vue de l’art, qu'ils surent souvent, par le travail de la matière et l’infinie variété des ornements, produire des œuvres si fines et si délicates qu’on les prendrait presque pour de la grande orfèvrerie en pierre.

Maintenant, eut-on, à l’origine, la pensée d’un but unique : relui delà custode pour le dépôt ou la conservation de celle ligure de la Vierge; ou bien celle, dès lors, d’une double destination, c’est-à-dire de la custode et du taberuacle? Uue telle conjecture, si les dispositions intérieures ne furent poiul changées, ressortirait presque au seul examen du plan {*). Mais, je

1 1 j Ici, comme pour le Tabernacle, dans Vttjiitr de Sntnl-Cunibert , à Cologne, ou d'autres monographies . i'ubligation contractée, enters le public, par notre éditeur do ne point dépassée !o nombre ,1e doux real- livraisons, ne nous a pas permis do donner des planches d'un intérêt eupiul. Nous croyons devoir faire cette commuoicatioa pour mettre outre responsabilité complètement h couvert.

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