‹ L'Architecture (volume 2)Chapitre 27 sur 97 · DANS LA CHAPELLE PALATINE, A PARIS · texte numérisé non relu

DANS LA CHAPELLE PALATINE, A PARIS

A partir d'une époque du moyen Age, les proportions, de plus en plus considérables, qu'acquirent ces grands reliquaires, nommés chtUset , qu'on plaça dans les églises, durent nécessiter l’invention, la disposition d’un édicule ou d’un monument spécial pour les supporter. Des cette époque, en effet, la vénération des Gdèles pour les reliques et les restes d’un saint fut telle qu'à certains jours, des populations accouraient au lieu où on les exposait pour y faire des dévotions ou un pèlerinage, afin d'obtenir, par des prières l’accomplissement de leurs désirs. Ou comprend fort bien que la présence de ces masses dans une église dût inévitablement, malgré son étendue, gêner la circulation, encombrer les issues et même entraver certaines cérémonies du culte. Tout porterait à croire que ce fut pour éviter de tels inconvénients, c’est-à-dire pour s’opposer à cette accumulation de fidèles se portant sur un poiul, qu'on chercha les moyens d'en prévenir le retour, et rien n’eiiqtêelirrail de penser quu l’idée viut alors de placer la châsse sur un lieu élevé et visible, afin que chacun pùt, de quelque endroit, faire, à la vue des reliques, son acte de vénération ou ses prières. Grâce à cette disposition, il devenait possible d’éviter les encombrements et l'on satisfaisait aussi à tous les désirs. Ou peut donc très-raisouuableiuent admettre que, dès ce moment, le clergé douua aux artistes l’ordre de composer certains monuments ou édicules, spécialement destinés à recevoir les reliquaires et les châsses des saiuts dont les restes étaient en grande vénération dans la localité; mais, il y a tout lieu de supposer qu’on leur imposa, comme condition expresse , de les combiner dans des dispositions dont la nature répondit à cette iuteuliou : le placement de la châsse ou des reliques sur un point culminant.

L’art, en recevant ce programme, voulut prouver tout ce qu’il y avait de ressources dans son génie pour l’interpréter ou le traduire, et, depuis les XII’. ou XIII*. siècles, qui ont construit les premiers monuments de ce genre, l’on peut voir, par la variété des œuvres, quelle fut la somme de fécondité, de splendeur et d’originalité dépensée par les artistes! — En général, la composition de ces édicules dépendait du lieu où l'on voulait les établir; ce lieu était, le plus souvent , le chœur ou le sanctuaire de l'église , et , presque toujours , non loin de l'autel ; on les érigea encore sur quelques autres points; mais ce fut l’exception. Néanmoins, quel qu’ait été l'endroit choisi, ces monuments reçurent toujours un certain luxe, et plusieurs mémo brillèrent par leur magnificence. Cette dernière condition ne doit point nous surprendre, puisqu'ils furent élevés, en partie, aux frais des princes et des populations , avides d’y contribuer,

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