‹ L'Architecture (volume 2)Chapitre 28 sur 97 · MOYEN AGE. — XIII* , XIV! ET XV* SIÈCLES. — ÉDICULES POUR LES RELIQUES · texte numérisé non relu

MOYEN AGE. — XIII* , XIV! ET XV* SIÈCLES. — ÉDICULES POUR LES RELIQUES

pour témoigner leur vénération. — Le nombre de ces monuments dut être considérable ; car, les historiens en ont laissé de fréquentes mentions, et ces mentions confirment, du reste, l’esprit et la ferveur des masses à celte époque; mais ce nombre, il faut le dire, est aujourd’hui fort diminué; cependant, malgré les ravages causés au XVI” siècle par les guerres religieuses, malgré la destruction presque complète du mobilier ecclésiastique pendant la révolution française, malgré même cet autre système de dévastation brutale qui eut lieu dans les églises surtout depuis le règne de Louis XIV. époque où la manie de l’antique s’empara de nouveau du clergé et lui fil anéantir tant de chefs-d’œuvre, malgré aussi cette funeste aberration qui eut un moment de recrudescence pendant l'Empire et sous une partie de la Restauration, malgré, dis-je, tant de causes de ruine, il s’est cependant conservé, dans certains lieux, quelques rares exemples de monuments destinés à l’exposition des reliques. De telles dévastations ont donc anéanti un certain nombre de ces édicules dont lu nature et les dispositions eussent été précieuses à étudier ; aussi, cette série de monuments est-elle fort incomplète et ne peut-elle plus offrir une suite capable de faire connaître les transformations qu’ils reçurent chez, tous les peuples et à toutes les époques. En les rapprochant, on y constate de nombreuses lacunes dans l’ordre chronologique, et l’on est même contraint, pour renouer la chaîne interrompue, d'en appeler aux écrits, aux peintures, aux dessins et jusqu’aux vieilles gravures; c’est cependant le seul moyen de pouvoir se rendre à peu près compte de ceux quo l’on a perdus.

Parmi les rares monuments parvenus jusqu’à nous, il faut citer celui que l’on voit à Paris; car c’est, sinon le plus ancien, au moins l’un des plus remarquables. Il a été construit, dans la chapelle du palais de Louis IX, vulgairement dite la Sniiite-Chaiiclle, pour l’exposition des reliques que le pieux monarque avait rapportées de l’Orient, et cette destination, dans nue chapelle royale , lui a fait donner ce luxe ou cette richesse qui n’ont vraisemblablement jamais été surpassés. — L’auteur a relié celte composition à l’édifice à l’aide d’une suite d'arcades formant comme une sorte de déluré (*) qui donne d'autant plus d'importance à ce splendide monument. Nous en emprunterons la description à l’un de nos plus doctes archéologues ( s ); on ne saurait mieux, ni si bien dire : « L'autel «le la Sainte-Chapelle haute de Paris ne paraît pas avoir été disposé pour être voilé, et l'édicule qui portait le grand reliquaire était placé derrière cl non au-dessus de lui. Nous donnons ici le plan de cet autel et de cet ouvrage, l/autel semble être contemporain de la Sainte-Chapelle '1240 à 1250); quant à la tribune sur laquelle est posée la grande châsse, et dont tous les débris sont aujourd'hui replacés, elle date évidemment des dernières années du XIII! siècle... Au fond du rond-point, derrière le maître autel A, était dressé un petit autel B; suivant un ancien usage, ec petit autel était désigné sous le nom d'autel tic rétro. C’était , comme à la cathédrale de Paris, comme à Bourges, à Chartres, à Amiens, à Arras, l'autel des reliques, qui n’avait qu’une place secondaire, le maître autel ne devant avoir au-dessus de lui que la suspension de l'eucharistie. Voici l’élévation perspective de cct autel et de scs accessoires si importants (*), conservés au musée des

(1). Une des miniatures du célèbre manuscrit de Juvéoal des Crsins, qui se trouve dans te musée national de Khôtel de Clunv, à Paris, prouve qu'au XV* siècle. Ces arcade* avaient été -ramies d'un grillage qui clôturait complètement cet to partie fie l'édifice dont l'entrée n était accessible qu’à certaines personnes.

(!'. M. E. Vidu.et-Le-Dic , dans son Dictionnaire de V Architecture Française du A t* au XV F siècle, au mot: al'tri. ; Tome II, page 3i et suivantes.

(.3). M. le comte Léon Delaborde, auquel l’archéologie doit déjà tant et de si remarquables travaux, a été assez, heureux

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