‹ L'Architecture (volume 2)Chapitre 29 sur 97 · ÉDICULE POUR L’EXPOSITION DES RELIQUES, DANS I,A CHAPELLE PALATINE · texte numérisé non relu

ÉDICULE POUR L’EXPOSITION DES RELIQUES, DANS I,A CHAPELLE PALATINE

Augnslins el rétablis anjourd’hui à leur place. L’autel n’existe plus; mais, les dessins et une assez bonne gravure, faisant partie de l’ouvrage de Jérôme Morand (*), nous en donnent une idée exacte. Cet autel était fort simple; la table, formée d’une moulure enrichie de roses, portée sur un dossier et trois colonnelles , n’était pas surmontée d’un retable. Derrière cet autel s'ouvre une arcade formant l’archivolte d’une voûte figurant une abside et s’étendant jusqu'au fond du chevet; la grande arcade est accompagnée et contre-butée par une arcature à jour servant de clôture. Deux auges adorateurs sculptés et peints se détachent sur les écoinçotis de la grande arcade, ornés d’applications de verre bleu avec fleurs de lis d'or. Sous la courbe ogivale de cet arc sont suspendus des anges plus petits; les deux du sommet tiennent la couronne d’épine; les quatre inférieurs , les instruments de la Passion. L’arcalure et les archivoltes en retour s'ouvrant sous la voûte, sont couverts d’applications de verre, de gaufrures dorées et de peintures. Un voûte est composée de nervures également gaufrées, enrichies de pierres fausses et de remplissages bleus avec étoiles d’or. Les deux petits escaliers en bois qui montent sur la voûte sont d'une délicatesse extrême et très-habilement combinés comme menuiserie. Au roi de France seul était réservé le privilège d’aller prendre la monstrance contenant la couronne d’épine renfermée dans la grande châsse , et de présenter la très-sainte relique à ('assistance ou au peuple dans la cour de la Sainte-Chapelle. A cet effet , en bas de la grande verrière absidale était laissé un panneau de vitres blanches, afin que le reliquaire pût être vu du dehors, entre les mains du roi. La suspension du Saint Sacrement était devant la grande châsse au-dessus de l’autel. Notre gravure 11e peut donner qu’une bien faible idée de ce ehef-d’ couvre , où l’art l’emporte de beaucoup sur la richesse des peintures, des applications, des dorures. Il va sans dire que la grande châsse fut fondue, el que nous n’en possédons plus que des jlessins ou des représentations peintes. Derrière la clôture, l’arcalure qui garnit le soubassement de la Sainte-Chapelle coutume; seulement, à droite, sous la première fenêtre, est pratiquée une piscine d’un

travail exquis (*); à gauche , une armoire Au-dessus du petit autel île relro, sous le formeret

de la voûte de la tribune, est peint un crucifiement, avec le soleil et la lune et deux figures, dont l’une, couronnée, est probablement saint Louis {*). Deux marches montent il l’autel principal. — On observera que les autels derrière lesquels s’élèvent des reliquaires, tels que ceux de l'église abbatiale de Saint-Denis, de Notre-Dame de Paris et de la Sainte-Chapelle, sont placés de façon que le dessous du reliquaire forme comme une grotte ou crypte à rez-de-

pour découvrir un document précieux et dont la nature semble se rapporter il l'une des pièces de notre monument. Dans l'un décos comptes royaux ou inventaires des rirbiuses artistiques ou autres, possédées par nos rois, et portant la date de t.U>4, c'est-è-dire une soixantaine d'années après l'achèvement de l'édicule pour l'exposition des reliques, il a trouvé la mention suivante : n Pour deniers paies à Jehan de Lille, orfèvre, pour j siège qu'il fiat du commandement du toi pour « seoir de lez les samtr-r retiques en ta sainte Chapelle de Paris — iiij eseus. Xotice des Émaux, Bijoux et objeti s divers, exposés dans les Galeries du Musée du Loutre; II* partie . Documents el Glossaire , p. 147.) » — Çtue doiton entendre par ce siège? S'agit-il d’un support analogue à celui que nous avons publié, ou bien faut-il y voir un petil monument à part et d’un slylc évidemment bien postérieur? Après les pertes qu'ont éprouvées nos églises, il n'est guère possible de pouvoir éclaircir celle question ; tout ce que i'on peut , c'est rie classer ce document dans une notice qui traite en particulier de l'édicule des reliques de la Sainle-Chapello el do remercier M, le romte Delaborde de nous l'avoir fait connaître.

(IJ. Histoire de la Sainie-Chapclle royale du Palais, par M. S. Jérôme Morand ; Parts. 1790, t vol. io-4'avec plancbos.

(î). Nous t'avons reproduite dans le présent ouvrage, (foy. notre monographie de cette Piscine.)

(3). Ces peintures étaient à peine visibles.

.MOYEN AGE. — XIII* , XIV' ET XV? SIÈCLES. — ÉDICULES POUR LES RELIQUES

chausséo. A Saint-Denis, cette petite crypte était occupée par les corps saiuls ; mais, à Notre- Dame de Paris, à la Saiutc-Chapelle, les châsses sont fort élevées au-dessus du sol, comme suspendues en l’air, de manière que l’on puisse se placer au-dessous d’elles. Cette disposition paraît avoir été adoptée Fort ancienuement.il existe, dans les cryptes de l'église de Saint-Denis, du côté du nord , proche l’entrée du caveau central, une arcaturc dépendant de l'église carlovingienne; sur l’un des chapiteaux de cctlo arcaturc est sculpté un autel derrière lequel est posé uu édicule portant un reliquaire. Lue petite égtise du midi de la France, l'église de Valcabrère , près Saint-Bertrand de Cotnminges, a conservé, dans son chevet dout la construction appartient à l'époque carloviugicune , un autel établi très-franchemeut au XIII? siècle d’après cette donnée. Le plan de l'abside de cette église , l’élévation et la coupe de l’autel , indiquent nettement la petite crypte placée sous le reliquaire contenant la châsse. Un escalier conduit sur la voûte qui reçoit la châsse, et les fidèles peuvent circuler derrière l’autel sous celte voûte,

pour se placer directement sous la protection du saint — Il est une chose digne de remarque

lorsqu'on examine ccs restes précieux , ainsi que ceux qui nous sont encore, et en si graud nombre, conservés à Saint-Denis; c’est que , dans les décorations des autels , dans tout ce qui semblait lait pour accompagner dignement le sanctuaire des églises, on s’est préoccupé au moyeu âge, surtout en France, d'houorer l'autel, plus encore par la beauté du travail, par la perfection de la main-d'œuvre que pur la richesse intrinsèque des matières employées. A la Sainte-Chapelle, ce gracieux sanctuaire n’est composé que de pierre et de bois; les tnoycus de décoration employés sont d’uuc grande simplicité : du verre appliqué , des gaufntres faites daus une pâte de chaux, des peintures et des dorures, n'ont rien qui soit dispendieux. La valeur réelle de ce monuuieut tient à l’cxlrème perfection du travail de l’artiste. Toutes les sculptures sont traitées avec uu soin , uu art , et nous dirons avec un respect scrupuleux de l’objet , dont rien n'approche. N’était-ce pas, eu effet, la plus noble manière d’houorer Dieu que de faire passer l'art avant toute chose dans sou sanctuaire? et n’y avait-il pas un sentiment vrai et juste dans cette perfection que l'artiste cherchait à donuer à la matière grossière? Nous avouerons que uous sommes bieu plus touché à la vue d'un autel de pierre sur lequel l'homme a épuisé toutes les ressources de sou art , que devant ces monceaux de brouze ou d’argent grossièrement travaillés, dont la valeur consiste daus le poids, et qui excitent bien plutôt la cupidité qu’ils u’émeuveut l'âme •

ÉDICULE PUL'R L EXPOSITION DES RELIQUES, DAMS LA CHAPELLE PALAU XK. A PARIS

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