‹ L'Architecture (volume 2)Chapitre 30 sur 97 · DANS QUELQUES ÉGLISES DE L’ITALIE · texte numérisé non relu

DANS QUELQUES ÉGLISES DE L’ITALIE

Sous ce titre , uous faisons connaître trois exemples de chandeliers dont le but était de porter des cierges allumés pendant la célébration de la messe e! des saints offices. Ou entrera, ailleurs, dans tons les détails qui concernent l'origine et la destination de ces ustensiles; niais, ici, je me borne, pour l’intelligence de notre gravure, à rappeler que ces chandeliers furent de deux espèces : ceux que l’on plaçait sur l'autel et ceux qu'on établit, sur le sol, aux angles de la table sainte; d'où, cette dénomination de candélabres (*) pour les deuxièmes, afin sans doute de les distinguer des premiers. Une telle appellation tient, peut-être, aux proportions de l'iisteusile, et ce nom de candélabre, appliqué au support érigé sur le sol, résulte, il se peut, de sa hauteur, qui est beaucoup plus considérable que celle du chandelier destiné à être mis sur l'autel; j'ajouterai même que ces proportions, qui le rapprochent des candélabres antiques et des divers candélabres de l'église, tels que celui pour le cierge pascal et ceux à trois, cinq et sept branches, ont fort bien pu lui avoir fait donuer ce nom, qui a été répété sans contrôle par les lilurgisles et les écrivains laïques. La simple dénomination de grands cl petits chandeliers iT autel conviendrait, selon nous, beaucoup mieux. Quoiqu'il en soit des différents motifs qui ont pu déterminer l’emploi des mots chandelier et candélabre pour désigner des objets de même nature, mais seulement de dimensions diverses , nous nous renfermerons dans notre rôle d’investigateur, et nous nous hornerous à appeler l'attention sur les quelques exemples que notre planche renferme. Ils appartiennent aux deux variétés de chandeliers d'autel : le plus grand, à celle qu'on posait, sur le sol, aux angles antérieurs de la table sainte, et les deux autres, à l’espèce qu’on plaçait sur l'autel lui-même.

Diverses matières et plusieurs arts ont été mis en œuvre pour le travail de cette classe de chandeliers; mais, nos trois exemples sont exclusivement des produits de la foute. Ils ont été, fort vraisemblablement, exécutés vers la lin du XVI! siècle ou au commencement du XVII'' , et ils portent, dans leur conqiosilion comme dans leur style, tous les caractères de l'art du nord de l'Italie à cette époque; on y sent même, dans l'ustensile central, certain cachet de l'art de Venise. L'école vénitienne comptait alors, parmi ses artistes, de très-bahiles fondeurs, dont les œuvres réagirent, même au XVII 1 : siècle, sur les travaux de la fonte, cl notre candélabre, qui

(1 j On leur donne aussi cl aux- beaucoup plus de lupique la nom do chandeliers corna ux, parce qu'ils sont places tus angles ou aux cornes de l'autel.

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