DANS LES ÉGLISES DE GAURAIN ET DE SAINT-CUNIBERT, A COLOGNE
L'ctnblissemcnt de ces deux espèces d'ustensiles répond A un ordre d’idées que nous exposerons dans notre supplément. Je n’aborderai donc point certaines matières qui, pour être traitées et comprises, exigent la connaissance de quelques variétés dans l’espèce. Il nous suffit , en ce moment, de constater l’emploi de ces candélabres et d’en signaler la place dans le sanctuaire où leur présence prenait rang daus le nombre, déjà si considérable, des meubles et des ustensiles ecclésiastiques.
Nous ne parlerons ici que de deux candélabres. Trois questions excitent surtout notre intérêt : leurs formes, la matière et l'art. Sur la première question, on apprendra, dans la suite, que celles-ci découlent de leur origine et de leur destination ; c’est, là, un point que j'établirai lorsque nous présenterons leur histoire. — Les matières employées furent, très-vraisemblablement, au nombre do trois : le cuivre, le fer et le bois. Je ne mentionne le bois que d’après des rapports ; on m’a aussi affirmé qu’il en fut fait eu fer ( * ) ; quant à l’emploi du cuivre, nos exemples do Cologne et de Gaurain ne laissent aucun doute. — Reste à approfondir le chapitre de l’art. Par sa composition et par la présence de certains éléments, le candélabre de Gaurain semble appartenir à l’école des fondeurs de Tournai, dont Willaume Le Fèvre fut, peut-être, le créateur et le chef (’) ; mais, tout porte à croire qu’il faut en reporter la date à une époque bien postérieure aux œuvres de ce maître. Cette date, que j'estime la fin du XVI siècle, peut, cependant, n’être pas très-distante de celle du candélabre de Saint-Cunibert, dont l’exécution accuse le commencement ou le milieu du même siècle. L'origine artistique de ce dernier ustensile est encore une de ces énigmes que l’apposition d’une signature avec millésime ou la conservation de documents écrits eussent pu éclaircir ( ! ). Contraint donc de chercher, en leur absence, quelques éléments révélateurs, nous avons observé qu'il se trouve, dans les églises de Cologne
(1) Le candélabre pour les ténèbres, qui se voit dans la cathédrale d Osnabrück, et les couronnes de lumière pédiculére, que nous avons reproduites, suffisent, ce nous semble, pour établir que les ferronniers du moyen âge n'ignoraient pas l'art de composer des candélabres en for. Des chandeliers funèbres et d’autres couronnes d« lumière pédieulées, qui feront partie de notre supplément, en administreront la preuve.
(2) Voyez notre notice sur les Fonts baptismaux à couvercles mus par des potences.
(3) Nous nu saurions dire assez combien il est ulilo do relever les inscriptions qui se trouvent sur les monuments. A défaut d’histoire écrite, ces documenta-là peuvent jeter un grand jour sur certaines questions et fournir, dans certains cas, des indices précieux sur des pointa du plus haut intérêt, tels que: le nom de l’autour, la date de l'exécution, le lieu de fabrique, les causes do l’origine, etc., etc.
MOYEN AGE. — XIII* XIV* ET XVI SIÈCLES. — CANDÉLABRES, et dans celles érigées sur un rayonnement assez éloigné, un certain nombre de pièces en fonte de cuivre dont le caractère pourrait faire croire à un centre de fabrication d'où sortit le candélabre (h 1 Saint-Cunibert. La présence, sur ce point de l'Allemagne, de ces produits de la fonte tendrait à faire supposer qu’il y eut là, comme à Dinanl, à Bouvignes et à Tournai, dans la Belgique, un ou plusieurs ateliers d’où s’exportaient, dans des localités plus ou moins distantes , les diverses pièces du mobilier civil ou ecclésiastique. C’est encore une de ces obscures questions que la haute science des archéologues allemands s’efforcera de résoudre, un jour.
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