DANS L’ÉGLISE CATHÉDRALE, A OSNABRÜCK
L'étude de l’œuvre à laquelle je consacre cette notice, révèle l'application du fer à l'établissement de l’un des nombreux ustensiles affectés au luminaire ecclésiastique : je parle de celui qu'on désigne sous le nom de candélabre pour le chant des I énibres. — Ce n’est pas le lieu d’entrer en des détails sur l'origine, l’histoire, les formes, l'art et les particularités qui s’y rattachent; on les abordera plus tard, lorsque nous publierons, dans notre supplément, quelques autres exemples de la même famille. Cette réunion provoquera, par la comparaison, maintes remarques sur les différents points de la nature, du décor, ainsi que des matières employées; questions diverses qui exigent la connaissance d’un certain nombre de spécimens et dont la vue rend bien mieux compte que la plus claire et la plus détaillée de toutes les descriptions. Reportant donc l’exposé de ces matières à une époque ultérieure, nous ne dirons ici que quelques mots du candélabre d'Osuabruek. On comprend, au reste , qu’il nous était impossible de réunir, en deux cents livraisons, une suite du mqnographies , absolument complètes, sur les nombreux monuments dont la création ou l'origine traduit tout autant de faits relatifs aux coutumes du moyen Age. En présence de leur multitude , nous avons dû faire un choix , et, pour la plupart, nous nous sommes même bornés à ne reproduire qu’un seul spécimen, remettant à une autre suite les exemples qu’il faut connaître afin d’avoir une idée générale, c'està-dire historique et archéologique, de chaque classe ou famille. Malgré sa défectuosité, un tel système ne nous en a pas inoius offert cet avantage, qu'il a jeté une plus grande variété dans les matières, en même temps qu'il nous a permis d'aborder un nombre plus considérable de sujets; car, en nous limitant au mode des monographies complètes, il en serait résulté des groupements qui eussent absorbé notre livre, et cette condition aurait pu ne pas plaire à nos lecteurs. Par ces motifs donc et bien qu’ils aient leur c&té blâmable , nous nous eu sommes tenus à la détermination prise.
Celte communication faite, je reviens, mais pour en parler succinctement, à l'objet de notre notice. — Le candélabre pour les Ténèbres est un ustensile religieux dont l'Eglise ne se sert qu’eu un certain temps de l’année, pendant les jours de la semaine sainte, et sa destination ou son office n’est autre que de porter un nombre de cierges que l’on éteint successivement à la tin de chacun des psaumes chantés A l'office dit des Ténèbres. Originairement, cet ustensile n’était point une œuvre do luxe, puisque ce n'est qu'aux derniers temps du moyen âge que l’on appela l’art à son exécution. Celui d'Osuabruek appartient au XVt siècle et fut exécuté en fer. Sa composition ou sa forme puise évidemment sa source dans son emploi ; elle nous semble assez heureuse , et plus heureuse même que d’autres variétés de la
* MOYEN AGE. — XIII! , XIV! ET XV! SIÈCLES. — CANDÉLABRES POUR LES TENEBRES, même famille. L'ensemble comprend deux parties : l une, affectée aux cierges, et, l’autre, destinée à les porter. Certains ustensiles, que nous publierons, tendraient à faire croire que l’auteur de ce candélabre a pu emprunter l'idée du support ou du pied à d’autres monuments consacres au luminaire religieux ; la disposition même du triangle fut quelquefois employée dans des pièces d'une nature analogue, mais d’une autre manière, et l'artiste ferronnier voulut la inodilicr ici. Au reste , le système choisi pour le raccordement au pied est un des moyens les plus généralement usités dans Part des derniers siècles du moyen âge; quant à l’arrangemeut des lumières, il me semble convenable surtout avec le parti pris du triangle. — Reste à parler de la décoration. Les motifs en sont puisés dans ceux de l'architecture contemporaine, cl s’exécutaient, ou ne peut plus facilement, avec le fer. Des écussons, répartis sur divers points de celte composition, porteraient à croire que cet ustensile a dû être donné par quelque personnage dont ils reproduisaient les armes peintes , et cette observation tendrait à admettre qu'à l’exemple de la couronne de lumières pédiculée de Chapelle -à-AVattiuc et d'autres pièces, ce candélabre a pu recevoir, à l’origine, le luxe de la peinture (sans doute noire) ut de l’or. — Des anses mobiles, établies sur sa base, prouvent qu’.il ne restait point à poste fixe, et que, le temps de la semaine sainte passé, ou le transportait dans un dépét d'où on le tirait l'année suivante, à la même époque, |K>ur lui faire remplir le même office. — Dans lu notice générale, j'indiquerai sur quel point on le plaçait.
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