‹ L'Architecture (volume 2)Chapitre 37 sur 97 · DE LIERRE, TOURNAI, YPRES, ETC · texte numérisé non relu

DE LIERRE, TOURNAI, YPRES, ETC

Jusqu'ici, nous n'avons vu, pendant la dernière partie du moyen Âge, que l'emploi de grands cierges ou de grands supports destinés à les fixer, et ces monuments avaient pour but de consacrer le souvenir d’actes relatifs à l'histoire du christianisme, symbolisés même, pour quelques-uns, dans le nomhre plus on moins con-idérable des cierges employés.

Maintenant, il convient de dire que l'Église, qui fit un si grand et si magnifique usage du • •

luminaire, ne le restreignit pas à cette seule fin; elle s'en servit encore pour d'autres destinations et sous plusieurs autres formes que nous devons faire connaître.

Mais, en abordant c<* nouveau chapitre, il faut avouer que nous quittons l'étude des pièces de grande proportion pour passer è celle d'objets d'un ordre inférieur. L'Église, qui rendait à la fois des hommages à Dieu et aux saints, avait compris, au point de vde de la pompe ou à celui du simple culte, tout ce qu'on pourrait tirer de l'élément lumineux, réduit à des proportions modestes, et combien il serait facile, par des combinaisons, d’arriver, en des jours de fêtes, à obtenir des effets saisissants dont il ne nous est plus donué d'apprécier la splendeur.

Cette nouvelle attribution départie à la lumière, leclergé n'hésita point à l’appliquer, comme signe d'honneur, à diverses pratiques ou destinations qui avaient, chacune, leur nature. Ainsi, l'on en fit et un hommage particulier et une manifestation splendide, d'où il résulta que le luminaire devint, suivant les circonstances, tantôt honorifique et tantôt solennel : — honorifique, lorr- • qu'on s'en servait isolément ou en petite quantité à la glorification de Dieu ou au culte particulier des saints; — solennel, quand il s'employait, è profusion et sous toutes les formes, è la

(4) L’histoire du luminaire ecclésiastique est encore une de ces études qui, en raison même du nombre des monument.quelle comporte,' exige un développement assez étendu ; aussi, doit-elle, {tour être fructueuse et complète, embrasser l'analyse d'un grand nombre d'œuvres, considérées à la foK et sous le rapport de leur destination et sous celui de leurs formes multiples. Or, cette notion nous porte à conclure qu'on ne saurait, dans une semblable entreprise, »e contenter de la publication de quelques monuments, mais qu'il faut au contraire, et tomme en tout d'ailleurs, réunir do nombreux typas dont l'ensemble * permettrait d'en saisir, d'une part, l’origine, 1a destination ou les usages divers, et de déterminer, de l'autre, l'infinie variété de dispositions que surent donner le» artistes à chacune des différentes espèces ou familles. — Peu de chose, quant à l'art, a élé entrepris sur la question du luminaire eorlésiastique ; et, bien qu'on ait, çà et lé, publié quelques planches ou mémoires, rien, comme corps complet d'étude et au point de vue de la coordination, n’a été présenté jusqu'ici. Celte lacune laisse doi « un grand vide dans les travaux historiques. De nombreux voyages, consacrés à la recherche des éléments qui constituaient naguère la décoration ainsi que le mobilier des églises, nous ont assez souvent fourni la découverte de monument» en h* ' genre, et le nombre de nos conquêtes forme déjà un ensemble tel, qu’il nous a semblé utile d’en commencer, dés aujourd'hui, la publication. A l'aide de ces documents, nous essayerons ce que d'autres n'ont pu faire : mais, nous devons celle pro-

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pompe îles grandes cérémonies chrétiennes. Telle lut la destination du petit luminaire. Dans le premier cas, il traduisait une marque de respect envers la majesté divine ou quelque saint patron; dans le deuxième, c'était comme un signe d’allégresse manifestée dans le temple, où prêtres et fidèles s’assemblaient pour prier; niais, en ces jours de fêtes, il empruntait à la fois les deux significations, c'est-à-dire qu'il était en même temps honorifique et solennel.

Établi sur de telles bases, l'emploi de ce petit luminaire dut, fort vraisemblablement, susciter la pensée d'appeler l'art à sa disposition dans la basilique, et l’on peut admettre que, dés lors aussi, l'Église se préoccupa de celle question. Tout porte à croire, en effet, que, du moment où celte décision eut été prise, les artistes, prêtres ou laïques, rivalisèrent et firent des efforts de génie pour créer des compositions et des formes qui s'adaptassent le mieux à chacune de ses destinations; et, de là, naquit, il nous semble, cette variété d’œuvres spécialement destinées à sa distribution dans le temple, et dont le moindre monument réunit presque toujours les qualités précieuses décomposition, de goût, de convenance et de décoration. Et dire que tout cela ressortait d'une pensée bien simple, mais que l'Église el l’art avaient fécondée : l'usage do la lumière consacrée à la glorification de Dieu el dos saints, soit aux grandes solennités chrétiennes ou pendant les jours ordinaires de la vie !...

Il résulte de ces considérations qu'indépcndainmenl du candélabre pour le cierge pascal et de ceux à trois, cinq cl sept branches, qui portaient, en mémoire peut-être de grands faits catholiques, des cierges de grande proportion , l'Église créa aussi, pour d’autres desseins, toute une série de petits ustensiles où l'élément lumineux fut employé dans des conditions beaucoup pins restreintes, et dont la nature ainsi que les formes répondaient à dos besoins cl à des usages divors.

Ces faits posés et ces considérations déduites, il conviendrait do faire connaître les diflérenles espèces de monuments auxquels celle sorle de luminaire donna surtout naissance. Déjà, l’on pressent qu’elles furent très-variées, et l’on prévoit même que chacuue d'elles avait sa destination particulière ; cc dont on acquerra la preuve. Mais, sans entrer dans des détails qui trouveront leur place ailleurs, il nous parait plus utile de dire ici quelques mots, non des formes qui seront traitées plus lard, mais bien des divers genres d'application. Trois modes distincts semblent avoir été plus spécialement adaptés à son fonctionnement : le système fixe, — le système mobile ou do suspension, et, enfin — le système d'applique aux parois. Nous rangeons, dans la première categorie, les couronnes pédiculées et certains

rasion de foi : quo nous n'entendons traiter que de la partie (Virement relative à l'art, laissant aux liturgistcs, qui connaissent ta* sources, tout ce qui concerne la recherche des textes. (Quelque bornée que soit cette étude, nous avons néanmoins toutes raisons |*>ur croire qu'etle offrira un assez grand attrait; car, indé|M*ndamment do l'intérêt qui s’attache aux matières inédites, etlo appellera encore l’attention sur une famille de monument» a peu prés inconnus, el leur connaissance deviendra comme autant de révélations projetant tout à coup la lumiéie sur une série de questions aussi neuves quïmprévues. — Puissent nos efforts réaliser ce que nous avons entrepris, et (misse surtout notre bonne volonté obtenir du lecteur cette indulgence dont nous avons tant besoin; car, l'un des premiers, si ce n'est même le premier, nous abordons une terre dont quelques explorateurs ont à peine examiné certains points , et, animé de cet esprit d entreprise, que couronne parfois le succès, nous allons pénétrer plus avant afin de conquérir, s'il se peut, des notions propres à l'élucidation de maint problème d'histoire et d'archéologie ; documents qui ouvriront aux antiquaires toute une nouvelle série d’études dans une classe de monuments dont le nombre ainsi que la variété paraissent avoir été fort considérables pendant le moyen âge. — Limitant ici notre travail à l'examen d une seule famille, on ne doit considérer la présente notice que comme l'un des chapitres d’une monographie que nous nous proposons d'établir dans cet ouvrage.

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appareils d'illuminal ion ; l'intermédiaire comprend les couronnes suspendues el les lustres; cl, à la dernière, so relie loutc la classe des potences.

L’n seul de ces systèmes, le premier, s’applique plus catégoriquement à l'élude que nous avons entreprise, et c'esl, en effet , celui sur lequel nous appelons l'attention du lecteur. Avant d'examiner la famille des monuments qui s'y rattachent, nous allons, pour élucider la matière, réunir quelques notions relatives à l’origine et à la destination do lu lumière, considérée comme symbole dans les pratiques de lu religion chrétienne.

Personne n’ignore combien furent nombreux les usages auxquels l’Église affecta ce brillant fluido, et tout le monde connaît le sens qu’elle y attacha lorsqu’elle l’introduisit dans les cérémonies du culte. Selon ses vues, c' était moins un éclairage proprement dit qu’une illumination .honorifique et pompeuse; en d'autres termes, elle l'adopta, non pour suppléer à l'absence du jour, mais comme un éclatant el pieux hommage rendu par les hommes à la gloire de la majesté divine, el qu'elle traduisait, suivant les circonstances, à l’aide d’une plus ou moins grande quantité de lumières.

« Que ces lumières nombreuses, et souvent entretenues le jour aussi bien que la nuit, fussent, dit un de nos plus doctes antiquaires ('), une figure de la foi chrétienne qui doit éclairer dans les oeuvres ou un témoignage de joie.... il ne m'importe en ce moment; je ne m’occupe que du fait, et l’on verra qu'il s’est continué sans interruption. Du reste, je ne prétends pas établir que ce fut une invention chrétienne. L'Église a consacré, par l’usage qu'elle en a fait, nombre d’actions et de coutumes qui devaient leur naissance à la nature humaine tout simplement; et quand certains esprits chagrins lui oui reproché, parfois, d'avoir fait des emprunts au paganisme, autant valait l’accuser d’avoir pillé l’humanité. Ainsi, je pourrais prendre, dans 1'antiquilc classique, maint exemple de feux, de flambeaux el d'illuminations, même durant le jour, en signe de réjouissance ou d’honneur rendu à quelque personnage. Quant à l'époque chrétienne, on amoncellerait aisément les eilalions si l'on voulait montrer l'emploi fait des lumières (cierges ou lampes) dans les ceremonies ecclésiastiques ; mais, il ne faut abuser de la facilité d'une proposition si aisée à soutenir. »

Les documents abondent, en effet, qui prouvent que, dès une époque fort ancienne, le luminaire joua un grand râle dans les pratiques du culte catholique, cl leur contenu dit même que, vers une certaine date, sou emploi reçut une extension telle qu’il ne fut plus seulement consacré à la gloire de Dieu, mais qu'on l'iulroduisit encore dans des cérémonies dont la nature avait plus spécialement-un caractère civil : Sur ce point, ajoute l’archéologue précité, u — les témoignages se multiplient et acquièrent des proportions quasi énormes : si bien qu’au baptême de Théodose-le-Jcuno, on nous parle d’un spectacle assez éclatant pour pouvoir être comparé à la descente du firmament sur la terre (’). Je sais bien qu’il faut tenir comple de l'emphase dn siècle et se rappoler, en outre, que c’était une solennité à la fois religieuse et politique, en quelque façon, à cause de l’empereur, qui en était comine l’objet; de sorte que les magniûcenccg du palais se mêlaient à celles de l’Eglise, ainsi que, plus lard, au couronnement ou aux funérailles des princes byzantins. Mais, je puis remarquer que les flambeaux ont

(I) Le H. P. Cariis, dans les Mélanges d'archéologie, d'histoire el de littérature ; Tome III, pa^e î.

(S) Marc. G**, Epist. ad Arcad. ( ap . Baros., A. tôt, XXVIII} : ■ Prxcedebant palrilil illustres et ornais dlgaitas cum ordlnibus militaribus, omnes portantes rereos ; ut putarenlur astra ccroi in terra. •

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constamment une graude pari dans toutes ces Télés ('), et que le fleuve de feu dont parle saint Grégoire île Nysse (’), en décrivant sa rentrée dans son église, ne peut point s'expliquer |>ar une solennité impériale (*). »

Cet éclat d’une illumination, destinée à rehausser la pompe des cérémonies, ou Lien la faible lueur d’un modeste luminaire, brûlant aux heures sans offices et durant le silence de la nuit, paraissent n'avoir eu, d'abord, d'autre but que de rendre un hommage perpétuel à Dieu, et celte induction ressort de la teneur même des textes.

Cependant, quoique cet usage ail été presque généralement établi dés l’origine du christianisme, il est quelques documents qui tendent à nous Taire croire que, dès cette époque aussi, le luminaire Tut encore affecté à une Su Ire destination. Plusieurs passages d’écrivains sacrés autoriseraient à admettre que cet acte de glorification, qui avait été départi par l'Eglise et par les fidèles à la majesté divine, se vit encore employé, comme cullc et comme témoignage de respect, sur les lieux oit avaient été déposés les corps des grandes illustrations chrétiennes. Saint Jérôme affirme que, dans tout l’Orient, on entretenait des flambeaux devant les reliques des martyrs. Mais, on veut-on d'autres preuves? on les trouvera dans les écrits des plus anciens auteurs, et ces attestations suffiront, ce nous semble, pour démontrer que cêtte pratique ou que cette autre destination fut , dès lors , en vigueur dans l’une et l'autre partie du monde. I.c mémoire du savant ecclésiastique, où nous avons fait quelques emprunts, va nous fournir encore une partie de celles que sa vaste érudition et ses profondes recherches lui ont déjà fait découvrir. « Saint Paulin, auquel nous recourrons souvent à cause des nombreux détails que renferment ses vers, prouve abondamment, par ses descriptions, que l’Occident n'était guère en arrière de l'Asie en fait d'illumination pour les reliques dos martyrs et pour les autels (<j; aussi, est-ce, en complétant l'édition do scs œuvres, que Muralo.ri a cru devoir s’étendre sur ce point. — Mais, pour la Gaule, où était né Vigilanlius,

It. libr. IV, v. 315. M](|. :

« Muriuu votonim sacra vit dosa iwrum,

Immensoqne piutn ditavit muucr* templum.

Obtulit et ceras , etc. »

It. libr. III (funérailles de Justinien), v. 8. *qq.

« ...... Visa aurea mille,

Mille roluinuamm argentea mille

Qtue sujiem»i 05 iti« implet mit atria cens. »

Cf. Rbiskb, Ad. Constantin. Porphyrog. De Cerimon Tome 11, page 59, 250, 464.,.., L usage des procédions» avec des cierges (surtout en témoignage de réjouissance ci d'action* de grâces), a été fort étendu dans le chrisUanisme. Aux exemple» cités par Reiske, je me borne à joindre celui de* habitant* d'Édrsso, lorsqu'à la lin du V* siècle, Anastase abolit l'odieux impôt connu sou* le nom de Chrysargyre. Cf. Amsmam*. BlbL orient ; Tome I, page 266.

(2) Gmf.cor. Nraa., Episto/. III [apud Galland., Tome VI, page 606). Cf. Ctmcil. Ephes. (Colkti, Tuin. III, 1103), etc.

(3) Mélanges (F archéologie , <f histoire et de littérature ; Tome lll, page 3.

(I) Corrip. f* lavd. Justini ; libr. Il, v. 8. sqq. :

« llirrt angelici pergens in Limina trinpli . Imp 'suit pia tbuia fods, ccrasqut. micanb-* Obtulit, etc. »

t. Ibid. V. 70. *q. :

a Plurinui pra-trrea vertus cbmeutibus orans, ObUUs ceré altaiu n uicavit in aulani. »

(4) D. S. Fetiee , nat. III, v. 99, *qq.(Ver. <736, p.385) : « Clara corouantur densis altaria lri-hnia,

Motte dirqne mirant, sir nox splendorqite diei Falgrt; et ij«a die* ocelesti illustré Iwmnrr ,

Plus mirât innumeiU lm fin gftuinaU luo-riii*. »

U. Nat. IV, V. 389, *qq . ptgfl 6î5 :

a ..... Tcctoque rapeme

Pendent** iyrhoi splris retineatur ahf ni* ,

Et medio in vacuo Iaxis vaex lamina untant Ftuubus ; undanlr* lîammas levis aura fatqrat. •

COURONNES DE LUMIÈRE PÉD1CUI.ÉES. A LIERRE, TOURNAI, YPRES, ETC

Sidoine Apollinaire raconte que, dans la basilique do Saint-Iust, à Lyon, la quantité des flambeaux aulafK que la presse du pouple l'avait mis hors d'baleine ('); — et, «quelque temps de là, Fortunat répète, sans probablement s'en douter, l’expression d'étoiles descendues sur In terre (*), que nous avons rencontrée au sujet du baptême do Théodose le Jeune ( } ). — J’omets bien des faits et écarte avec soin tou» ceux qui prêteraient à la moindre contesla'ion, pour que la défaveur, plus ou moins méritée par un texte, ne rejaillisse point sur les autres. Mais, on doit voir qu'au point où nous en sommes venus, il n'est plus possible d’établir, sur le moindre fondement, une distinction entre contrée et contrée, et l'on pourra désormais prendre à peu près pour toute la chrétienté ce qui sera dit de l'uno de ses provinces. Je puiserai donc dorénavant mes autorités indistinctement soit chez les Pères grecs, soit parmi les écrivains latins. Ainsi, que ce soit Allianase se plaignant de ce que les intidèlos, introduits dans l'église d'Alexandrie par les Ariens, y aient dérobé l’huile et emporté les cierges pour les brêler devant leurs idoles (<), — ou saint Chrysostôme parlant des flambeaux et des chants avec lesquels l’Église célèbre les funérailles des siens, pour nous apprendre à mépriser la mort.... ( s ), — ou saint Grégoire de Tours témoignant, en maint endroit, des offrandes de cierges ou de lampes, faites aux lieux révérés par les lidèles( 3 4 5 6 7 ); — ou Bèdo rappelant, comme chose familière à tout le monde, les illuminations des fêtes ecclésiastiques (7), — il doit être entendu que ces diverses indications, do quelque lieu qu’elles partent, ont une valeur universelle, ou peu s'en faut ( 8 9 ). Aussi, comme il est arrivé en bien d’autres pratiques commencées par la ferveur et devenues, dans la suite, obligatoires, le zèle des peuples en vint bientôt à transformer cette coopération des laïques aux frais du culte divin en une grave obligation de conscience ; si bien que le moine Albéric, dans le récit de cette vision, où il semble préluder à l 'Enfer de Dante, traite, à peu près comme une païenne et une scélérate, certaine princesse qui, jamais durant sa vie (entre autres énormités) n'avait contribué en rien au luminaire de l’Église. — Or, ces lumières n'avaient pas seulement pour objet d'honorer la présence réelle de Notre Seigneur au sacrement de l’Eucharistie; c'était aussi pour les reliques et pour les saintes images devant lesquelles on tenait à faire veiller ces témoins de la piété populaire (9). — lais pauvres aimaient à faire ce genre d'offrande proportionné à leur mince for-

(t) Sinon. Ap.iu.imi Eptstot. v. t? : • Oe locï sane nirbarumqnn comproasu, iloqiie mimrrcsis luminihus itlsiis nimis

an lie! i. »

(î) Vivant. Foutunat. Opp. Ilbr. V (édit. Luchi, page !, 466) :

« üuilii|ue rapta manu lux erre* provDO.it astra Credas ut stclLaa ire trahendo comas , etc. »

(3) Mélanges (T archéologie, d'histoire el de littérature; Tome III, page 3, note 6.

(4) Athanar., Enrycl. ad Episcopos, c. IV. (Patav., Tomel, 90).

(5) Ciirtsost. in Epistol. ad Hsebreos, IV, n° 5 (Tome XII, 46). Cf. in S. Phocam, n* I (tome II, 706) ; el tn Matlh. I, n* I (Tome VII, 519), etc.

(6) Ghegoii. Trnox. de miracul. S. Martini, 1, 48 (élit, Ruinart, page 4019, 59); etpa«x/m.

(7) Hf.o. de tempor. ration., cap. XXXI, alin. 24 : < Quod hoc probabitur totnplo. Intrabia noctu in aliquam d onium

præ^randem.certe eccleaiam, lon^itu line, la lit u line et allitudine præsiintem, el innumera lucernarum ardent mm copia, pro illiuactijus natalis est martyria honore, ropiotam ; inter quas duæ maximæ ac mirandi operia, pbarig auia quæquœ suspens» ad laquearia raten», etc. »

(8) Mélanges d’ archéologie, d'histoire et de littérature; Tome III, page 4 et 5.

(9) Cf. Herman. (Ionstantinop. Eplstol. (Ap. Coleti, SS. Concil.; Tom. VIII, 965). — ConcU. Toletan. (A, 597) can- 2 [Ibid. Tom. VI, 1335).— Coaci/ dquligran. 11. (A. 836), can. 29 (Ibid. Tom. IX, 853), etc. — Je auia trés-portf a croire

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Iime('); et les riches donnaient des lampes précieuses ou fondaient, pour un temps plus ou moins long, souvent mémo à perpétuité, quelque revenu destiné à l'entretien du luminaire^)-. Ainsi le testament de saint Perpétue, évéque de Tours (en 474), règle que, des rentes d'une terre laissée à son église, on fournira à la dépense d'une lampe, toujours ardente (si ce n'est de plusieurs), devant le tombeau de saint Martin... ( 3 ). — Jean Moschus, qui écrivait, au VII? siècle, des faits parfois très-antérieurs à son époque, parle d'une lampe maintenue allumée sans interruption devant une image de la Mère de Dieu (4). — A Moissac, en Quercy, deux cierges brûlaient constamment devant l’autel de saint Pierre, et cela était censé remonter jusqu'aux premiers mérovingiens ( 5 ). — Un acte de Charles le Chauve ^ 6 ) confirme la donation de quelques fonds de terre destinés à faire les frais d'une lampe perpétuelle (ou des lampes : ad luminariam rontinuandam) prés du sépulcre de saint Martin, où nons avons vu que celte fondation n'était pas la première... (7).

L’établissement des lampes et des cierges, qui devaient brûler constamment devant certains autels ou certaines images, était donc une pratique dont l'origine remontait presque à l'établissement du christianisme, cl cctlo coutnmo se perpétua, de siècle en siècle, à travers les âges; aussi, trouve-t-on, dans les textes, de nombreux documents relatifs à cet objet. L’un des plus anciens et des plus intéressants est, à coup sûr, la donation d’un bois d'oliviers, faite par le pape Grégoire II, pour l'entretien des lampes disposées autour du tombeau de saint Pierre. « Par celle bulle, ce pape n'a fait qu’assurer des Tonds spéciaux pour la conservation d'un usage qui était déjà très-ancien. La coutume d'allumer des lampes près des tombeaux est un de ces usages, non point païens par enx-mémes, mais existant chez les païens, que le christianisme adopta en les dégageant de toute superstition. Cet éclairage, qui était à la fois un emblème de la lumière divine et une marque de respect, devait être particulièrement utile auprès des sépulcres des martyrs, où les premiers fidèles se réunissaient pour prier ( 8 ). On doit croire que, dès cette époque, on a entretenu habituellement des lampes dans la grotte sépulcrale de saint Pierre, non-seulement à raison de la vénération spéciale dont elle était l'objet, mais encore parce qu'elle était très-fréquemment visitée... Les monuments du IVt siècle montrent la généralité de cet usage par rapport aux tombeaux des martyrs. La liste des dons que Constantin fit à la basilique vaticane, énumète les fonds de terre qu'il assigna, dans diverses provinces de l'empire, pour l'en-

que, quand les répressions dns anciens textes en ce genre semblent se rapporter au Saint-Sacrement, il s’agit d’honorer le lieu où se célébré le saint sacrifice plutôt que d'attester la conservation habituelle de l'Eucharistie, puisque d'autres témoignages seraient contraires à celle dernière explication.

(!) AA. SS. tielgii; Tome III, 3ti5. «Nonnulli quibus mctalli copia aut pr. tiosæ vestis omamenta defuere, eereos aut

sumpium lateai cinctum oblulerunt. » — It. ibid., 479. « ... Rebus pauper prncmhil aliud reperire potuil quant....

candefam.," quam dirigeas poslulaxit... . quod accensam ante sacrum scpulcrura ponerel. . ■ — PteudO'Auguslin. (C«ser.7)5erm. *65 l App., Tome V, 436): • Qui possunt, aut coreoloe aut oleurn quod in cicindeiibus miltatur exhibeant. »

(*) S. CnarsoeTOMB (bt Mat/h ., L. n* 4; Tome VII, 518. gq.} reproche à certains fidèles leur oubli des pauvres, qui no saurait élro excusé, dit-il, par les présents fastueux faits aux églises

(3) Testament. Perpetui, ap. PAaiwu, Spiciteg.; TomeV, page 106 : « Oleura... pro sepulcro. . . indefioienter illustrando. ■

(4) Pral. Spiritual., cap. 180.

(6) Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, III* Série , Tome I, p. 96, guiv.

(6) MiiTf-NR, Ampliss. Collect.; Tome 1, page 419, sq.

(7) Le R. P. Cahib*, Mélanges <f archéologie, d histoire et de littérature; Tome III, pages 5 et 6.

(8) Voy. Acta Mailyrum, postim.

COURONNES DE LUMIÈRE PÉDICULÉES, A LIERRE, TOURNAI, Y l’R ES, ETC.

Irelien du luminaire de celle église il y on avait quelques-uns, notamment en Asie et en Égypte, qui étaient spécialement destinés à fournir l'huile et les parfums... A l'époque de Grégoire II, des provinces, où se trouvaient situés des biens de l'église de Saint-Pierre, avaient été enlevées par les barbares à l'empire romain : le mauvais vouloir de l'empereur iconoclaste Léon l'Isaurien et l'irritation de la cour de Byzance contre Grégoire II, qui devenait souverain de Rome par la force des choses avec le consentement du sénat et du peuple, rendaient au moins très-précaires les revenus des dotations enclavées dans les provinces qui restaient soumises au sceptre impérial. Il parait même, par quelques mou de Pacte précédemment cité, que divers particuliers avaient profilé du bouleversement do l'Italie pour usurper les fonds de terre dont il exigea la restitution. Ce fut donc pour suppléer, en partie, aux anciennes ressources que Grégoire Il rendit tranquillement, au milieu des ruines de l'Italie et de Rome, sa gracieuse bulle des Oliviers... » (’)

Nous no chercherons point à multiplier- les preuves; elles suffisent, ce nous semble, pour constater que, des une époque fort ancienne, on avait établi, dans l’intérieur do la basilique, tout un système d’illumination consacrée, par l’Église et par les fidèles, à la glorification de Dieu, des saints ou des martyrs. Mais, il est à croire que cet emploi de la lumière se pratiquait à l'aide d'ustensiles dont les formes ressortaient plus spécialement de la nature des substances affectées à celle illuoiinalion , c'est-à-dire que les monuments tiraient sans doute leurs dispositions du principe même des matières admises. Sur ce point , les auteurs ne parlent que de lampes et de cierges, ce qui implique l'adoption de l'huile et de la cire, que l'industrie d'alors semble avoir appliquées à la production de l'éclairage religieux, et celte mention des deux matières employées soit à l'état unique, soit à l'état de combinaison, nous révèle uu fait digne de remarque : l'usage simultané de deux genres do luminaire, l’un à l'huile et l'autre à la cire; modes distincts qui, comme nous venons de le dire, ont dé provoquer la création d'appareils ou d'ostcnsiles dont la composition ainsi que les formes puisèrent, peut-élro, leur origine dans la nature elle-même de l'élément choisi. Or, quels furent les monuments que créa l'Église pour accomplir les pratiques auxquelles elle avait affecté ces deux sortes de luminaires? Telle est la question qu’il s’agit de résoudre.

On a vu plus haut qu'ils consistaient surtout en lampes ou en couronnes, alimentées 'd'abord par l'huile, — et en candélabres, dont les dispositions permettaient d'y établir do plus ou moins grands cierges, soit à l’état d’unité ou en nombre multiple; d’où découlent, coinmo on voit, plusieurs séries d'études générales ayant leurs divisions, et ces éludes embrassent déjà touto une partie de l'histoire-du luminaire ecclésiastique, c'est-à-dire de l'illumination à l’huile et de celle à la cire. Tontefois, voulant limiter nos présentes investigations à l'examen d'une seule de ces familles, nous ne nous occuperons ici que de l’une des sections de celte étude; mais, notre travail s’attachera, en premier lieu, à rechercher si, parmi les divers appareils qui furent destinés à cet office, on ne pourrait découvrir quelques traces relatives à son origine.

Dès le début de cette étude, il faut reconnaître que des difficultés assez graves viennent pour ainsi dire en arrêter la marche, et la rendre même presque aussi obscure qu'omliarras—

(I) A.vastav Biiiuotiiecah Liber Pontlficatir; — in Sylreitrem.

(t L’abbé Grabit, Eiquiue de Rome chrétienne, etc.; Tome I. pages 333-331.

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sanie à poursuivre. Ou difficultés naissant à la fois et de l'àge des monuments et de I absenee d'un nom propre à los désigner. En effet, les plus anciens exoïnples ne remontent pas à une époque fort ancienne, ce qui nous force, pour on trouver le départ, il avoir recours au rrnule, assoz peu sftr, de l’interprétation, et le manque d’un nom spécial nous oblige, pour le délinir, à chercher dans les analogues, système ou expédient qui n'est jamais la certitude. Quoi qu'il en soit, nous no reculerons point devant l’aridité de la tâche ; et, malgré les obstacles qu’ello présente, nous essayerons de l'entreprendre, sans toutefois nous illusionner à cet égard et promettre surtout de la mener à bonno fin. Nous entrons donc en matière; mais, afin de simplifiée la question et dans le but aussi d'aplanir les voies d’une roulo qu’il nous faut parcourir, nous commencerons, pour la clarté du discours, par établir le nom sous lequel nous croyons devoir désigner le monument ou l’nslensile qui forme l'objet de nos recherches. Eu égard à sa nature et à ses dispositions, je propose de l'appeler Couronne de lumière pédiculée; dénomination un pou arbitraire sans doute et qui n’est nullement employée par les écrivains ecclesiastiques, mais qui nous semble correspondre, comme on le montrera plus loin, à celle de l'une des variétés de phares sous laquelle les auteurs ont, peut-être, voulu l'indiquer. Du reste, qu'est, en somme, la composition de ce genre d’ustensile? Sinon l’assemblage ou la combinaison d'une couronne de lumière, disposée, agencée sur un pédicule; d'où l’adoption que je propose, on attendant mièux ; mais, n’anticipons pas sur des développements ultérieurs, et revenons à notre étude.

Il parait assez raisonnable d'admettre que lus raisons émises plus haut sont plus particulièrement celles qui durent avoir donné naissance à cette classe d’ustensiles, et certains indices nous montrent, dans leurs dispositions on leurs formes, qui se relient aux candélabres, comme une espèce de rapprochement et de point de comparaison desquels il nous faudra tirer bientôt tous nos éléments d’étude. Cependant, l’inlérét qu’excitent ces monuments, comme application, inconnue jusqu’ici, du petit luminaire dans l'intérieur des églises, joint aux diverses parties d'art et do technique qui s’y rattachent, soulève, on le comprend, toute une série dequestions au nombre desquelles surgit, d'abord, la suivante : A quelle époque peut-on supposer qtio remonte l'origine ou la création deccllu classe d'ustensiles? — Pour être sincères, nous devons avouer qu’on ne saurait positivement le dire; car, il en reste trop peu pour qu’il soit possible de la fixer. Tout ce qu’il est permis de croire, c'est que les plus vieux que nous ayons vus, ne dépassent pas lé XV! siècle, et que le plus grand nombre appartient, par le caractère do son art, aux differentes phases ou périodes des XVI! , XVII! , et XVIII! siècles; mais, encore une fois, nous répétons que co n’est qu’un résultat d’observations tontes personnelles, et que la moindre découverte de monuments plus anciens pourrait très-facilement détruire.

Ces premières considérations, d’une nature fort simple et qui décou lent de la question précédente, en amènent, comme déduction et conséquence, une deuxième, qui renferme toute la difficulté de notre travail et provoque aussi l’investigation b laquelle nous allons, immédiatement, nous livrer : les monuments qui restent sont-ils les plus anciens et pent-on les considérer comme les prototypes île l'espèce, ou liion ne faut-il y voir que certains descendants d’une plus vieille classe d'ustensiles dont ceux-ci ne seraient déjà que des successeurs plus ou moins éloignés?

En l'absence de monuments, d'nue constitution assez fragile et que tant de causes ont pu si facilement anéantir, nous chercherons d'abord, avons-nous dit, si, parmi les matériaux qui

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ont pu Inverser les âges et que le temps o’a point détruit, si, dis-je, il ne se trouverait pas têts éléments susceptibles d'élncider cette question. Afin de nous diriger dans une investigation aussi difficile, le mieux était, je crois, d’en appeler aux textes qui peuvent renfermer des documents, et, pour arriver à ce but, nous avons pris la peine de parcourir les écrits d’un certain nombre d'auteurs, interrogeant avec avidité tous les passages dont la nature répandrait quelque lumière', mais ,. soit inintelligence à savoir découvrir l’objet de noa recherches, soit pénurie de la matière, j'avoue n'y avoir presque rien rencontré; au reste, ce résultat n’a rien d’élonnant de la part d’un laïque. La liturgie est une science Tort vaste; elle embrasse tant de faits; les livres qui la traitent sont si nombreux, enfin, les sujets qu’elle renferme sont parfois si mal disposés et rendus d’une manière si indécise qu’il fendrait, pour en tirer dos notions complètes et sérieuses , posséder lo profond savoir ou los vastes connaissances des RR. PP. Cahier, Martin et Guéranger. Quoi qu’il en soit, nous doutons fort, après l'insuccès de nos recherches, qu’on y trouve des notions bien considérables aur la classe de monuments dont il s’agit. Le vagua des* expressions on des termes employés par les liagiographes fait que l’interprétation attribue souvent à maintes pièces ce, qui se rapporte à d'antres; et, comine les lilurgistes n'ont pas rédigé beaucoup de traités spéciaux ,• mais qu'ils se sont bornés, à l'exception de quelques meubles, à mentionner ou à désigner les objets d'une manière assez succincte, il en résulte que l'archéologue se trouve fort embarrassé sur ce ou ces différents points lorsqu’il vout se rendre compte des questions diverses d'origine, de formes et d’art; et, de là, celle incertitude désespérante qui s’étend à toute u«e série d'ustensiles d’un ordre secondaire que ces écrivains regardaient comme trop peu | importants pour qu’ils dussent s'en occuper. Ainsi, à part de très-succinctes mentions, leurs < livres ne fournissent guère de détails un peu étendus que Sur los autels ou sur quelques autres pièces tout aussi vénérables. Ou comprend, d’ailleurs, co laconisme : les grandes choses, c'est-à-dire, les principaux monuments du culte absorbaient leur pensée, et, pour les petits, ils se contentent, quand ils eu parlent, d'une simple citation, suffisante pour les contemporains qui avaient l’objet sous les yeux, mais dont la trop brève teneur nous jctio souvent, par la perte des choses et à de si longs siècles de distance, dans une, suite d'énigmes tout aussi impénétrables qu'embarrassantes à expliquer. De oes considéra lions , résultant de nos recherches à l’endroit des documents que contiendraient les livres liturgiques au sujet de notre ustensile, il faut donc conéluro oeci : c’en qu'en dehors de la question du symbolisme de là lumière, qui y est souvent traitée in ejoünae , il y a fort peu à tirer do la lecture de tes ouvrages concernant les formes et les dispositions propres aux monuments de ce genre ('}; ou n'v découvre, en géaéral, qrte la mention do simples noms, employés parfois comme ressource de synonyme et qne interprète moderne traduit , suivant ses besoins, -sans jamais être sûr d'avoir complètement réussi.

Malgré cette absence d'œuvres et de loxtes , qui jetteraient un si grand jour sur notre élude, essayons néanmoins de déterminer quelle fut la classe d'ustensiles que l’Église semble avoir plus spécialement consacrée au luminaire honorifique. — Il parait assez vraisemblable que cet emploi de la lumière, oonune praliquo du culte dans les lieux saints, remonte presque à l’origine du chrisl ianisme, 01 Si ^eu n'en acquiert point la preuve pour les Catacombes, du

(I) Jt* parle- la partie purement artistique et non de la composition générale qu'il* font par foi* ooonaüre.

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moins peut-on affirmer qn'on en trouve de nombreux témoignages dès rélablissemcnt des premières basiliques chrétiennes; mais, faut-il croire qu’à cette époque reculée, on l’appliqua seulement à la glorification de Dieu? Ce fait peut très-raisonnablement s’admctlro quant à la première de ces deux périodes; car, Dieu résumait tout alors, et les apôtres et les saints n’avaient point encore do cullo lilurgiqucmenl établi. Durant cet espace, lo luminaire religieux fot probablement lo même qu’employait la société païenne. Des lampes éclairaient les galeries de ces souterrains ou étaient suspendues aux voûtes du sanctuaire, cl des candélabres ou des torches illuminaient , à l’heure des réunions , ces obscurs réduits , berceau et tombe dn christianisme naissant. Tout , alors , devait être fort simple et emprunté, en grande partie, à la civilisation romaine au milieu de laquelle il se développait. Ce ne dut être que plus tard, lorsque la religion nouvelle, en trouvant un appui dans l'autorité civilo, put se manifester au grand jour et pratiquer ostensiblement les rites de son culte, (pic l’Eglise pensa au luxe des monuments et à la création des meubles et des ustensiles nécessaires à la célébration des cérémonies. Il ne serait pas impossible que le luminaire subit, vers ce temps, qaelques modifications de même qu’il reçut aussi, des idées ou des besoins de l'Église, certaines formes qui en changèrent le cachet; et, de cette époque, date, peut-être, l'espèce d'appareil dont nous cherchons, en ce moment, le point de départ. A l'appui de celte vraisemblance de modification, il est un fait qui doit prendre ici sa place, et avoir, selon nous, quelque poids dans la question qui nous occupe : nous voulons parler de l’établissement du culte des saints. La vénération qu'on avait, dès lors, vouée à la mémoire de ces illustrations chrétiennes et l’affection que maintes contrées portèrent à plusieurs d'entre elles, tirent qu’à côté de Dieu luimême, mais à un degré inférieur, s’établit bientôt, dans son temple, toute une série de cultes ayant leurs fêles, leurs jours de solennités, leurs cérémonies, et, conséqnemmenl , des hommages spéciaux, au nombre desquels nous rangeons le grand et le petit laminaire qu’y consacraient l’Église ou les fidèles. Or, celle institution, en développant les pratiques religieuses, put fort bien avoir donné uaissancc à de nouveaux meubles et à d’autres ustensiles. — Interrogeons, sur ce point, les écrits des premiers hagiographes, et voyons si, dans leurs mentions, presquo toujours insuffisantes à l’endroit des formes, on ne trouverait pas quelques précieux éclaircissements à ce sujet.

Parmi les différents noms que ces auteurs donnent aux appareils consacrés au luminaire, il en est un qui, par la nature de l’objet qii’il désigne, semble indiquer plus spécialement la classe d'ustensiles dont nous nous occupons : c'est celui de phare, nom qui tire probablement son origino de la célèbre tour à feu que Plolémée i’hiladelplie avait fait ériger sur l'un des points de l'Ile do Pharos, et dont lo fanal élevé projetait au loin une vive lumière, destinéo à guider les navigateurs; mais, dùil-on considérer cette supposition comme donnant la véritable origine du nom affecté à notre classo d’uslensilo? C’est là nue question qui parait assez difficile à résoudre. Nous savons, et plusieurs écrivains.en ont fourni la prouve, qu'on peut faire de très-longues dissertations sans élucider davantage la matière; car, ils s en tiennent aux mots employés par les hagiographes, et ces mots, il faut l’avouer, prêtent beaucoup plus à l’interprétation qu'ils ne fournissent do renseignements snr les dispositions matérielles ou artistiques de l’objet. En ce qui concerne le nom de phare, donné à cet ustensile, qu’on nous permette une simple remarque; elle n'aura d’autre but que do signaler la fausse interprétation qu’attribuèrent certains philologues et lilurgistes à cette classe

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d'édicules. Lorsque l’on consulte leurs écrits, on voit avec peine que, d'une pièce que tout démontre comme ayant reposé sur le soi, iis en ont fait un objet aprien ou suspendu; et cependant le nom do phare, qui implique une chose parfaitement déterminée et notoire, devait certes indiquer un monument s'élevant de terro, à moins que, prenant la partie pour le tout, ils n'aient appliqué au fanal ce qui coucernait l'édifice. Quoi qu'il en soit, nous n’eutendons pas dire que la composition de ce genre d'ustensile ressemblât à la bâtisse de la tour grecque; il nous suffit d’uno similitude quelconque outre lu situation du la tumièro religieuse et celle du fanal , placé à la partie supérieure, pour constater un rapprochement ; car , l'élément lumineux , ainsi disposé à la région culminante de l'appareil , offrait, sous un certain rapport, quelque analogie avec l'œuvre ptolémaïque. C'est co qui nous porte è croire que lorsque les auteurs ont employé co mot, ils n'eurent sans doute d’autre intention que de designer, d'une manière un peu poétique peut-être, telle classe do monuments dont le principe , mais non la construction , présentait quelque ressemblance avec le célèbre phare, c'est-à-dire l'établissement de la lumière au sommet d'un pédicule; ainsi, dans leur pensée, que l'objet fût graud ou petit, l'effet étaut le mémo, ils se crurent autorises à donner ce nom à un appareil dont le foyer lumineux occupait la partie supérieure. Appuyé sur une telle conjecture , nous uous permettrons d'admettre quo ce genre de monuments a fort bien pu, quoique sous une forme plus ou moins simple, avoir été en usage dans les premières basiliques chrétiennes, et l'hypothèse de leur établissement sur l’un des points du sanctuaire, ou devant des autels ou des images sacrées, ne nous parait pas invraisemblable ; car, leur office avait pour but de servir à la glorification de Dieu, des saints et des martyrs, et l'Église qui, dès les premiors moments de sa libre manifestation, introduisit dans le temple un luxe et une richesse dont un peut se fai rc uno idée par la mention des pièces que désigne Anaslase, l'Eglise, dis-je, peut très-bien s'étre servie, dès lors, de cette espèce de chandelier que le nombre plus ou moins considérable de scs lumières rendait parfaitement propre à rehausser encore, aux jours de grandes fêtes, l'éclat et la pompe des cérémonies. Tels nous paraissent les motifs qui déterminèrent Auastase ou les autres écrivains à se servir de ce mot; et celte opinion, nous croyons en fournir la preuve à l’aide des seules expressions employées par le digne bibliothécaire. Parmi les mentions que renferme son Liber l‘onli faillis , où août relatés les différents meubles et ustensiles qui furent donués aux églises par les papes, on voit aussi celles qui ont rapport au luminaire, et ces dénominations sont si variées qu'en les rangeant par genre, on peut très-facilemeut en établir des classes ou familles. Or, le simple rapprochement des désignations composées du nom de phare conslaste qu’il y en eut de quatre cs|ièccs; mais, on a lieu de regretter souvent qu'Anastaso ne dise pas à laquelle de ces variétés appartienne tel ou tel monument, de mémo qu'il se taise, à du bien rares exceptions près, sur le mode particulier ,do situation de l'ustensile. La diversité des noms, affectés aux différentes espèces do cette classe, ayant jeté, par de fausses interprétations, quelque trouble dans l'élude de plusieurs do ces meubles , nous allons nous permettre d’en offrir une explication nouvelle afin d'élucider, s’il se peut, une question, restée obscure faute de monuments. Pour établir notre opinion, il nous suffira de rapporter ce qu’en dit d'Agincourl (•; et de placer

(I) Histoire de l'art paries monuments, etc.. Tome I, Texte, toi et 103.

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simplement en regard l'interprélation que nous avons cru pouvoir y substituer. Voici donc ce tableau : , ,

Phara.... Candélabres ou autres pour illuminer. .*. Candélabres simples, destinés au luminaire honori-

fique.

Phara majora. . . Grands lustres ou candélabres de mémo espece. Grands candélabres, garnis d’un nombre plus ou

moins considérable dp cierges.

Phara canthara. Lustres en forme de lampes Candélabres portant des lampes ou des bobèches

pour y placer des bougies.

Phara coronata. Lustres ornés de couronnes Candélabre* ornés de couronnes de lumière, soit

é l’état d'unilé ou en nombre multiple et disposées d'une manière pyramidale.

Malgré les renseignements que peuvent fournir les qualifications de canthara et de roronata, rien ne nous indique jusqu’ici quelle fut la situation générale de la famille des phares ;

. en d’autres ternies : si ces monuments étaient suspendus ou s’ils adhéraient au sol. Ud document va, je pense , nous tirer d’incertitude , et produire , nonobstant lo vague de sa donnée, un certain jour sur plnsieurs points do la question. Ce document, c'est Anaslasc lui— même qui le fournira; mais, ici encore, nous devons en appeler de nouveau à l’interprétation et lui demander toute la puissance ou l'efficaoité de son concours. On lit, dans la vie du pape Sylvestre, la phrase suivante : « Plinrum cantharum argenteum, tedtnlcm iti quatuor pedibus, in quo lucerna simul rl cerei ponebantur juxta leetnrium.... fccil. » Si nous avons bien compris le sens de eette phrase et surtout relui des mots ledcntcm in quatuor pedibus, les monuments de celte espèce auraient reposé sur lo sol , et l'on en pourrait conclure que leur ensemble sc composait de quatre pieds se réunissant en un point, d'où s'élevait une lige ou pédicule au haut duquel était établi tel appareil voulu do luminaire , canthara ou coronata. L'un de nos plus grands archéologues pense que la composition artistique de ces phares lire son origine de celle de certains candélabres ('); nous ajouterons même qu'elle pourrait tout aussi bien résulter de la substitution de la cire à l’Imilc, comme corps éclairant. Sous le premier rapport, cet appareil semble, eu effet, n'étre autre chose qu’une transformation du candélabre étrusque ou romain. Personne n'ignore que ces derniers ustensiles avaient reçu de l’art des formes très-diverses, et que les besoins do la vie en avaionl fait une pièce plus ou moins capitale. Ainsi, l'on en fabriquait de fort simples qu'on destinait au support d’une seule lantpo, tandis ■ qu’il en était d’autres dont les dispositions en recevaient un assez grand nombre. Au reste, leur importance tenait surtout à la fortune du personnage ou au volume de lumière qu’il s’agissait do produire. Il est, toutefois, une remarque sur laquelle nous devons appeler l’altention : c’est qu’on’ y disposait les. lampes de deux manières : soit en les déposant sur un disqpe fixé horizontalement à l’eXtrémilé des liges, soit en les suspendant, par des chaînes, à des enroulements ou à des branchages, qui lour servaient de décor. A une époque où . tes derniers germes de la civilisation romaine étaient encore si répandus, une telle influence ne doit’ guère nous surprendre, et l’on comprend quo la vue, l'emploi ou les formes de cet ustensile purent très-bien l’avoir fait passer de l’usage privé au service des basiliques chrétiennes. Le

{I) • La disposition do ros couronnes à cercles de lumièro superposés rappelle à la pensée la disposition dos candélabres anliquesà trots disques superposés.* Itlol i Rociicttk. Trois Mémoires sur les antiquités chrétiennes; MrmoirrntrtAca. dimtc des Inscriptions rt lirttei-Lettres; Tome Xïll, pa-c 671, note i. ’ . .

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clergé avait compris tout ce qu'on en tirerait pour les pratiques ordinaires ou pour la pompe des rôles; mais, en entrant dans le temple, l’ustensile subit, fort vraisemblablement, des modifications que commandait son nouvel office, et qui découlaient aussi des besoins nouveaux du culte. Cette époque est, sans doute, celle où la transformation s'accomplit. Cependant, nous devons avouer qu'une autre cause put oncore la produire , et cette cause il nous semble la voir dans la substitution de la cire ù l'huile, comme principe et mode de luminaire, bien que celle première substance ait été employée par les Romains dans les torches et les flambeaux, mais non appliquée, je crois, aux candélabres. Dès ce moment, le phare parait donc avoir été conçu pour recevoir de petits cierges, et les dénominations fournies par Anastase nous portent à croire que l’appareil, en changeant de forme, put très-bien avoir éprouvé aussi, comme conséquence, une transformation de nom. C'est très-probabloment alors qu'il reçut la dénomination de phare, dont les diverses qualifications, rapportées par l’autour du Liber ponlificalis, nous font sans doute connaître les differentes espèces, mais non, très-malhenreusoment, la forme ainsi que les dispositions. Telles sont, peut-être, les principales causes qui ont provoqué la création de l'ustensile et celles aussi qui ont déterminé l'adoption du nom nouveau ; toutefois, il est à regretter que le bibliothécaire se soit borné à la seule désignation des variétés de l'espèce, et qu'il n’ait point jugé à propos d’entrer dans quelques détails sur les formes artistiques qui caractérisaient chacune d'elles; car, ces renseignements nous eussent évité d'avoir recours ù l'hypothèse. — Au IX* sièle, c'est-à-dire à l'époque ou Anastase rédigeait son si prérieux livre, le luminaire à la cire était certainement d'un usage tout aussi répandu que l'éclairage à l’huile; mais, il est permis de supposer qu’à quelques exceptions près, comme on vient de le voir 'in i/uo lucerna simul et cerci ponebantur), chacun de ces deux modes avait, dans l’église, sa fonction particulière. Ce n’est pas le lien d’entrer ici dans des développements à cet égard ; ils trouveront leur place ailleurs. Nous nous bornons à constater leur simultanéité, et nous en profitons pour signaler l’emploi d'ustensiles destinés à porter de petits flambeaux ou des chandelles de cire. Maintenant, du candélabre chrétien à un seul cierge et rappelant celui des Romains pour une seule lampe, à une tige pédiculée et garnie d'un nombre plus ou moins considérable de bougies et rappelant le candélabre à lampes nombreuses, il n'y a certes pas loin ; je dis plus : c'est qu’en interprétant certains mots rapportés par Anastase, on pourrait admettre que l'expression de phurus ou de pharum ne signifiait point seulement la disposition d'une simple lumière sur un pied quelconque et un peu élevé, mais bien plutôt un foyer, composé de plusieurs cierges réunis et produisant l’effet du fanal d’un phare, c’est-à-dire une concentration lumineuse par l’accumulation des bougies. La donnée d une telle combinaison est si simple qu'elle a fort bien pu venir à l'esprit des membres du clergé ou à celui do toute antre personne. — Mais, ici se présento la question de savoir quelles étaient les formes que reçut d’abord cette espèce de candélabre. En l'absence de monuments perdus, et réduit, pour les connaître, à l’examen des sculpture, des mosaïques ou des miniatures qui nous font presque également défaut, il ne nous reste que l'investigation des textes, ressource qui prête à bien des interprétations, et, conséquemment aussi, à bien des erreurs; car, comment expliquer ou traduire des mots toujours fort vagues et employés, le plus souvent encore, comme synonymes d’objets dont on ignore à la fois et la destination et la forme? Cherchons néanmoins à déterminer quel pouvait être leur aspect. Pour y parvenir, le seul moyen serait, je pense, d'en appeler aux dispositions connues de quelque monument analogue et contemporain. Sur ce chapitre, le célèbre candélabre

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à sept branche?, qui fut transporté à Rome par Titus, lors de la conquête de Jérnsalom, pourrait nous mettre sur la voie et nous aider aussi dans les recherches que nous avons entreprises. Par iino dérivation plus on moins admissible, serait-il permis de croire quo, d’une lige principale et centrale, s'élançaient d’antres tiges que l'art avait agencées de différentes manières, soit sur une ligne horizontale, soit par rangées en retraite on bien encore sous forme circulaire, à moins qu'appliquant à cos candélabres la disposition des couronnes de lumière, on n’y ait placé un ou plusieurs cercles munis de cierges au lieu de lampes; par malheur, ce n’est là qu'une hypolhèso quo nous voudrions pouvoir appuyer, non-seulement de l’autorité des textes, mais bien plus encore de la production de quelque monument de l'art {'). Néanmoins, la disposition du candélabre à sept branches prévalut-elle d’abord , on bien les deux formes furent-elles simultanément employées? On l'ignore. Tout ce qu’il y a de certain, c’est que l’agencement en cercle s'employait au XYt siècle, et qu’à cette époque, le principe avait pour base celui de la couronne de lumière suspendue, ce qui nous engagé à désigner l'espèce sous la dénomination de couronne pédiculée. Avons-nous eu toit ou raison? c'est à la science à le dire. — Malgré le peu de certitude que présente cette dérivation du candélabre de juif, j’y reviens cependant par le fait doS documents qu'on trouve dans les livres et surtout à cause des indices que fournit l'interprétation de certaines peintures. Atin de donner un peu de clarté à co que j’avance, il convient de citer les éléments sur lesquels s'établit mon opinion. Anaslase parle, dans la vie du pape Benoit III, de candelabra cum comibut , qualification qui rappelle tout naturellement à l'esprit la composition du candélabre aux sept branches; mais, produisons ici le monument do l'art qui pourrait servira l’expliquer. Parmi les peintures qu’on appliqua, vers le XI? siècle, sur les parois du porche du monastère des SS? Vincent et Anastase, aux Trois-Fontaines, près Rome (*), se voit une grande composition à personnages représentant uno cérémonie religieuse; on y remarque des prêtres portant des espèces de torches à trois cierges cl dont les deux tiges latérales, recourbées comme celles du candélabre du Tehiple, donneraient, ce nous semble, une idée dos cantlrlabra cum cornibm. Or, je no serais pas éloigné de voir, dans cette expression, des ustensiles de luminaire honorifique, ayant, à l'imitation des branches secondaires du candélabre de Jérusalem, d’autres liges recourbées on des cornes dont les extrémités, garnies do plateaux ou do pointes pour des lampes ou des cierges, furent diversement agencées, soit on une ligne horizontale, soit par étages en retraite ou bien encore circulairement comme les phara coronata. Celte dernière disposition, si elle pouvait s'admettre, deviendrait sans contredit le point do départ et lo type de nos couronnes pédiculées; mais, pour en acquérir la preuve, en supposant qu’on la découvre, il faudrait entreprendre une série do recherches très-difficiles; car, il ne s'agirait rien moins quo d'interroger toutos les œuvres de l’art qui nous restent des huit ou neuf premiers siècles chrétiens, c’est-à-diro oxaminor en détail les peintures et les mosaïques, et n'omoflrc aucun des produits de la sculpture; travail considérable quoique les monuments soient pou nombreux , mais que leur dispersion, sur des points assez distants ou dans des lieux inconnus, rendrait, à coup sêr, fort long et très-pénible. Cependant, qnelle pouvait être la donnée générale do ces ustensiles qu’Anaslaso appelle indistinctement : candelabra,

(I) Il faut espérer que l'érudition ainsi que les recherches des savants PP. Cahier, Martin et Guéraoger, parviendront à éclaircir cette question.

Ci) Senont-D'AcuscouBt, Histoire de tort par les monuments, etc.; Peinture , planche xcvii, figure 15.

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candelabra rum eornibus, pluira, phara eantliara el phara cornnala ? Très-probablement, uno ilispo-ilion pure et simple, comme l'avaient fait les Grecs, les Etrusques et les Romains, de la lumière an sommet d’une tigo, avec cette différence, toutefois, qu’au lieu de recevoir un luminaire exclusivement à l’huile, cet appareil supportait tantôt des cierges seulement et tantôt des lampes et des bougies ; quoiqu'il en soit, ces monuments appartenaient sans doute à la catégorie du petit luminaire ecclesiastique, el tel nous parait le sens sous lequel il faut en considérer les créations diverses.

Des basiliques latines el grecques, où ils furent ou non en usage, ces ustensiles purent passer, avec la-liturgie el les pratiques religieuses, dans les églises tic la seconde partie du moyen âge, c’est-à-dire aux édifices du Xï nu XVI? siècle; mais, y arrivèrent-ils dans leur disposition primitive, ou reçurent-ils, depuis lors, quelques modifications nouvelles? La dernièro de ces deux hypothèses parait la plus vraisemblable, bien que toutes les deux puissent également s’admettre. Dans tous les ras, l’art dut, à chacune de ses phases, y imprimer son cachet, el tout porte à croire que, chaque fois qu’il subit quelque transformation, l’appareil reçut, à son tour, tels changements plus ou moins notables. Mais, pour la plus ancienne partie de celto période; les monuments manquent encore; aussi , leur absence nous oblige-t-elle à avoir recours à l'investigation des textes ou à celle îles œuvres de l'art. — Il est à regretter que Théophile, qui fournit dans sa Diversarmn urtium sclietlula tant de renseignements précieux sur les objets de l’église, se taise complètement sur ceux qui étaient destinés alors à l’office du luminaire, puisque ces renseignements eussent jeté tut grand jour sur la matière qui nous occupe, do même qu’ils auraient éclairci l'histoire d’une classe d'ustensiles dont l’origine, enveloppée de mystère, provoque si souvent l'hypothèse; car, placé par sa date à une époque nioycune entre les mouumeulsdti XV* siècle qu’on possède et l’origine des créations ecclésiastiques qui nous échappe, son livre eiit dit si l'ustensile dont nous cherchons à déterminer le point do départ ainsi quo les phases, existait déjà, el cette certitude aurait permis quelques inductions qu'on n’ose, faute d’appui, manifester qu’on tremblant.

Jusqu’ici, tout n’est, comme on le voit, qu'iulerprélation ou conjecture, et, si nous en avons fait usage, il faut s'en prendre à l’absence ou à la perte des anciens monuments qui nous forcent d’en appeler à ce genre de ressource (■ ). Mais, à partir de ce moment, la question va s'éclaircir: le doute cesse el lu réalité commence, enfin, quclquos monuments, sauvés

(!) Toute cette [unie de notre travail a sans doute été un peu longue, et ce genre de développement, qui résulte de ta nature mémo tira recherches, parait avuir déplu ou ne point répondre aux désirs do quelques-uns du nus lecteurs; car, il a soulevé, de leur part, une observation à laquelle nous devons quelques roots <le réponse. — On nous dit qu'un texte descriptif vaut mkMu quo do longues dissertation» ('). — J’adopto sans réserve celte opinion lorsqu'il s’agit d étudier isolément un édifice; mais, on me permettra de nu point la partager quand on doit rendre compte de toutu une classe ou famille de monuments, bans le premier cas, on comprend qu'il suffis de décrire l'œuvre reproduite; tandis que le deuxieme exige, au contraire, des investigations, parfois très-obscures, touchant l'origine, la dot i nation ou bien eneora les formes primitives do l'objet; toutes questions qu'on ne saurait négliger aujourd'hui à moins de faillir à son mandat. Or, eo l'absence de documents qui nous manquent ou qui ont pen dans le naufrage de» siècles, est-il, je le demande, quelque autre moyen, pour découvrir la trace ou le point de départ des choses, que de se mettre sur le terrain de (a recherche et de demander à l'interprétation des éléments capables de jeter quelque jour sur uno question laissée dans l'oubli ou enveloppée jusque-là d'un certain mystère? — Il cet des personnes, je le sais, qui n'aiment pas les dissertations et qui leur préfèrent une simple notice. A ces personnes-là, nous répondront quo, pour peu qu’on ait quelques notions en archéologie (ol nous supposons que presque tous nus. lecteurs les possèdent), la seule vue ou le seul examen d'une

(•) Dior»*, Annale t ercbMti^nei, Tome XIV, mol* de mjr< et avril, t*5*. — (uae (SR,

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comme par miracle de la grande destruction des siècles, nous permettront de quitter le terrain de l'inconnu. Ainsi, bien que les changements de goût, les guerres religieuses ou les com v motions politiques aient anéanti tant d’objets , naguère» l’ornement des églises, il s’est cependant conservé, pour l’instruction de l'historien et de l’antiquaire, plusieurs specimens de couronnes pédiculées, et ceux-ci constituent, à eux seuls, les éléments à l’aide desquels on en pourra désormais aborder l’analyse.

Par les raisons que l’on vient de déduire, nous n’avons pas la prétention de croire que ces ustensiles soient parvenus dans leurs dispositions primitives; nous pensons, au contraire, quelles ont dé varier avec Tes mouvements de la civilisation, et, presque toujours aussi, selon les phases de l’art ou suivant le caractère propre à chaque pays. Cependant, je ne serais pas éloigné d’admettre qu’ils doivent offrir encore quelque réminiscence de celles qu’ils avaient à leur origine. ,

Ceci posé, nous ne pousserons pas plus loin une investigation que le manque des monuments primitifs rend, à coup sûr, fort difficile; mais, nous faisons des vœux pour que quelque archéologue, plus favorisé que nous, parvienne à réunir, un jour, tous les documents que comporte ou qu'exige une semblable matière. Limitant ici notre action à l’examen des principaux monuments qui nous restent, nous allons, avec leur secours, en présenter maintenant un ordre plus ou moins méthodique d’étude.

Les écrivains ecclésiastiques ne nous ayant rien dit des couronnes do lumière podiculées, leur histoire ne s’ouvre sérieusement qu’à dater du XV e . siècle; mais, comme nous l’avons avancé, celle-ci se manifeste dès lors par la conservation d’œuvres dont on peut bien apprécier les formes, mais non, à notre grand regret, les causes qui les ont fait établir. Réduit, sur ce point, à la triste ressource des conjectures, puisque les textes manquent, nous ne voyons guère d’autre moyen, pour s’en rendre compte, que de chercher un indice capable de

planche suffit pour déterminer les particularités quelle renferme. Du reste, notre époque est déjà loin do celle où les auteurs 8© complaisaient à discourir sur les longueur, largeur et profondeur des ensembles ou des détails, à désigner la forme dos baies qui étaient ou en arc plein cintre ou en arc aigu, à dire que le dessin représentait la façade, le flanc ou telle vue intérieure, etc.: indications diverses qui tenaient la place de considérations plu» sérieuses et dont on pouvait se passer d’ailleurs, les planches renfermant dos échelles métriques et tous les autres éclaircissements. G) système de rédaction, nous l’avons en partie rejeté, parce qu’il nous semble insuffisant et parce qu’en un grand nombre de cas, l’archéologue doit se pro p oser un autre but ou se placer sur un terrain plus scientifique et plus large , c’est-à-diro demander aux Œuvres de l’art des enseignements plus graves, et tirer de leur examen certaines notions d'une nature plus ou moins cumploxp. A ce point de vue donc, nous avons pensé qu’il valait beaucoup mieux aborder une série de recherches, embrassant, d'après un ordre d’étude, les differentes questions d’origine, de destination, de variété, de forme, de décor, etc., cadre souvent très- vaste et fort difficile à remplir, mais dan» lequel viendraient se grouper tous les éléments d une seule et mémo matière, afin d’en obtenir, s’il se peut, quelques éclaircissements sur la» transformations de l'espèce, sur les phases et le caractère de l'art, sur les emprunts ou les influences légionnaires, sur les procédés de la technique, enfin sur tout ce qui |ieut élucider la domaine de l’histoire de l'art et celui des institutions. Tel est, en peu de mot», notre sentiment ; mais, it n'a pas eu l’approbation de tous ; car, si nous avons bien compris, il aurait fallu s’en tenir à une description pure et simple, répétant ainsi, à propos de chaque œuvre d'une même classe, les mêmes questions d’origine, de destination, d'art, etc. Nous avions cependant cru qu'il était préférable de réunir le» monuments de même famille et de traiter, en une seule et même notice, do toutes les questions qui s’y rattachent; celle manière de voir, qui nous paraissait plus logique, offrait encore cet avantage do nous débarrasser de répétitions complètement inutiles ; mais , s'il faut en croiro l’observation qui nous a été faite, il parait que nous avons eu tort, de même que nous aurions fait fausse roule. Et cependant, malgré l’opinion do nos maîtres, opinion tres-raspectablc d’ailleurs, je persiste à jxuser qu'on ne peut plus se borner à dire que le monument est en pierre, en bois ou en métal, qu’il appartient à tell© époque, que la gravure représente la façade ou telle vue de l’intérieur, etc.; ce sont là de» notions qui naissent à la vue d une planche et que tous no» souscripteurs savent parfaitement établir. Grouper

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fournir quelque; éclaircissements à 'ce sujot. Or, il nous a paru qu'en interrogeant la place où ils se trouvent, nu arrivera i , peut-être, à découvrir, sinon les motifs certains de leur origine, du moins une ou plusieurs des causes qui leur ont donné naissance Par une fatalité déplorable, leur situation semble n'avoir point été définie par l’Église; c'est, du moins, ce qui ressort de la variété des emplacements. Ces couronnes sont, pour la plupart, situées près dos clôtures de choeur, dans les collatéraux ou dans les chapelles, mais, presque toujours, en face ou à proximité d'un lieu où ee pratique quelque culte spécial ; c'est ainsi qu'on les trouve au pied de la figure d'un saint ou à l’entrée d’une chapelle dite miraculouso; enfin, il en est encure, non loin des calvaires et dos dépositions au tombeau, dits aussi Saints Sépulcres. Malgré cette multiplicité d'emplacements, l'ustensile parait n'avoir eu, toutefois, qu'une seule et même destination : celle de servir à l'accomplissement d’une pratique exclusivement remplie par les fidèles, ou, eu d'autres termes, de rccovoir les éléments d’un petit luminaire que le peuple entretenait devant les images de la Divinité ou devant celles des saints pour lesquels il avait uno vénération et dont il venait implorer l'appui par des prières et par l’olTrande d'un ou de plusieurs cierges. Mais, élait-ce bien là leur destination ainsi qug leur emplacement primitifs, et l'un et l'autre n’ont-ils pas subi, plus lard, quelques niodiliealions? C'est ce qu’on ne saurait dire. Néanmoins, tout porte à croire que les céurounes pédiculécs furent plus spécialement départies au culte des saints, tandis que les lampes et les couronnes suspendues do même que les candélabres semblent avoir été réservés pour les honneurs que l'on rendait à Dieu. — Puisque nous en sommes à rechercher quelles furent, avec plus ou moins de vraisemblance, les destinations auxquelles put être affectée celle classe d'ustensiles, qu’on nous permette, bien que cette opinion en rapprocherait l'origine vers le XV*. siècle, qui est en effet l'époque de nos plus anciens monuments, qu'on nous permette, dis-je, «le nous replacer sur le terrain de l'hypothèse afin d’exposer ici la donnée d’une dernière conjectura. Suivant elle, je ne serais pas

le» variété» d'une espèce, en découvrir l'origine ou la destination, constater ;*on usage dans certains paya et à telle époque, faire connaître le caractère de chaque école d’art uu d'artistes, préciser leurs emprunt» ou leurs influence», apprécier les phases de la technique, y joindre encore les investigations qui sont inhérentes à ce genre de recherches, tout cela m'avait paru beaucoup plus utile qu'un simple texte descriptif. Là, du mutin», et dans un même cadre ou dans un travail d’enscmble, tous les faits prennent leur place, se coordonnent et viennent se compléter de manière à fournir des inductions précieuses, des rapprochements imprévus, des comparaisons utiles, et parfois aussi des notions assez importantes pour déterminer une conclusion, presque toujours impossible sur le seul examen d'une ou de plusieurs œuvres isolées; mais, encore une fois et sur ce point, nous avons pu commettre une erreur. Du reste, ce qu’il faut. M. Pidron l’ exécuterait, sans nul doute, beaucoup. mieux que nous; aussi, n ai-je pas la prétention d'y satisfaire, et je nie borne, bien humblement, à tracer, à esquisser, sur chaque chose, un modeste programme qu'il voudra développer, un jour, pour l'instruction de tous. — Nous savons qu’il est, parmi nos planches, quelques sujets dont la publication a dù provoquer des demandes auxquelles on n'a pas toujours pu ou su répondre , et nous n'ignorons pas que certaines personnes eussent désiré, sur eux, de* renseignements ou des notices; mais, qu'on veuille bien prendre patience : chaque chose viendra en son temps, c'est-à-dirc que nous on fournirons le texte avec le dernier monument de chaque classe ou famille. Nos précédents travaux sur les puits sacrés , le» plafonds, [es vantaux arabes , les porches, les tourelles, les fonts, etc., ont dû montrer comment nous avons compris notre tâche A notre grand regret , l'on n’a |>ss toujours pu donner le dernier mot; cependant, on reconnaîtra que nous avons fait tous nos efforts pour y parvenir. Il entre donc dans notre pensée de produire un certain nombre de dissertations do ce genre sur des matières peu connues ou inédites, nous limitant à de courtes notices sur les monuments que tout le inonde connaît et pour lesquels on trouve des renseignements dans le» divers ouvrages d'architecture ou d'archéulogic. — Tout ce qu'on vient de lire ne saurait, on le pense bien, s'adresser à M. Didron, puisqu'il est reconnu que nos pauvres lumières n'ajouterrent rien à scs vastes connaissances; aussi, nous faisons-nous un devoir de déclarer qu'en l'écrivant, nous n'avons eu d'autre but que de répondre â l’émission de désirs dont il a daigné se faire sans doute le puissant interprète.

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(•tonné que ces couronnes n’eussent une aflinité avec quelque ustensile de luminaire funèbre on avec certains ajustements qu’on disposait sur les châsses des saints ou sur les chapelles ardentes. Si telle fut leur origine, rien n'cmpéclierait d admettre que la lumière, fixée d’abord sur des liges ou sur des branches, fftt séparée ensuite de ces monuments pour ètro appliquée d’une autre manière, lorsqu'on donna à l’illumination ce grand développement dans l’intérieur des églises; l’on serait ainsi porté à croire que, subissant alors une transformation, elle en fut distraite, non pour cesser sa fonction qui était d'étre adjointe, comme honneur et hommage, à l’objet exposé a la v énéralion et aux prières, mais bien pour continuer son rôle en servant de base à un ustensile qu’on voulut faire spécial et dont la destination reliât, de son premier office, celle d'étre placée non loin de la châsse ou près de la figure d’un des saints révérés.

Quelque vraisemblables que paraissent ces conjectures, il n'on est cependant qu’une, à nos yeux, qui nous semble réellement hors dé doute : c'est celle d'avoir été établies pour l'offrande d’un luminaire honorifique, après avoir reçu, des artistes, des furmes plus ou moins propres à le. porter durant sa combustion! Exclusivement prise à ce point de vue, l’un ne saurait méconnaître tout ce que cette création renferme d'heureux dans son principe et combien les dispositions qu'on lui donna paraissent convenables à son-usage; aussi, remarquons-nous que, bien que secondaire, ce monument devint parfois l'un des plus gracieux ornements de l'eglise. En effet, du jour où l'art s'empara de son exécution, l’ustensile subit un changement total; et, de grossior qu'il put être à son origine, le génie en forma bientôt une composition qui vint s’harmoniser avec ce monde d'objets ecclésiastiques dont le plus simple était, souvent encore, Conçu avec tant de goût!

Celle constatation nous conduit à aborder les seules parties de cetlo notice qui soient les moins sujettes à l'hypothèse et celles aussi sur lesquelles nous sommes le mieux renseignés, puisquo dos monuments nous restent; je veux parler du chapitre de l'art, qui comprend à la fois tout ce qui se rapporte à la -composition , aux formes, aux ornements et au décor de ces ustensiles. — Sur les deux premières parties, nous dirons que la variété semble avoir été fort grande, attendu que leur exécution était un produit do l’art et que les artistes ont toujours inscrit, en tête de leur programme : invention cl nouveauté des formes; mobiles divers qui les ont sans cesse poussés à faire des efforts pour réaliser dos dispositions inconnues, ce que prouveul, du reste, plusieurs des monuments arrivés jusqu'à nous ('). Mais, l’on n'euvisa-

((} On le tromperait étrangement ai l'un croyait qu’aux aoûts exempte* de couronnes publiés se bornent nos découvertes. Quelque intéressante que perdisse eetle série, nous devons avuuev qu'elle est loin d’offrir un ensemble de toute* les espèces; car, nous avons, en portefeuille , sept à huit autres types dont les dispositions sont tout aussi indispensables A emmaitre pour apprécier quelles en furent les variétés au XVt siècle. Aussi , n'est-ce |«as sans éprouver un sentiment pénible que nous nous voyons rontraiots A n’envisager ici, comme sur presque tous nos sujets du reste, qu’une partie restreinte de chaqeé question , forcés que nous sommes . pour nous en tenir au prospectus , do rejeter é notre Svpplémenl la production d'analogues dont l'absence fera longtemps lacune, lorsqu’au contraire leur publication aurait eu pour résultat d'élucider sur-le-champ une suite de travaux qui vont rester tant d'années encore sans solution possible. Mai», U fout le dire, en présence d'une telle quantité (fo-uvres, toutes aussi intéressantes que curieuses, cl par les points qu'elles soulèvent et par les notions qu'elles fournissent, nous avons dâ nous limiter souvent à quelques exemples, et reporter, à une date postérieure, leur complément indispensable. Ce système de morcellement est fort déplorable, je le sain; il scinde les recliercbes et nuit considérablement aux éludes ; it empêche même de juger d'ue ensemble de foils ou d’idées, et, des lors, on comprend tuai re qu’il porte de préjudice i I examen de l’art et à «lui des questiona qui en découlent ; mais, il )’ a , pour nous, force majeure ; car. Eldeles à nos engagement.,, nous voulons nous renfermer d’abord

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ger.iil certes qu'un des points de la question, si Ton n'ajoutait qu’à côté des belles œuvres en ce genre, on en voyait de plus simples dout les dispositions, assez rudimentaires, sc retrouvent presque partout. Ces derniers ustensiles étaient probablement de vulgaires objets de commerce qu'on fabriquait à l'avance pour les besoins journaliers des églises, et c'est aussi comme tels on comme de modestes acquisitions qu'on doit les regarder; tandis qu'au contraire, la beauté, l'importance et le décor des autres nous font admettre qu’ils provenaient d’une offrande faite par un seigneur, par telle corporation ou par toute autre personne, mais dans un but particulier de dévotion envers Dieu ou quelque saint.

Nous venons d'indiquer les causes qui purent provoquer le plus ou moins de luxe daus la constitution de ces couronnes, et nous les avons attribuées au géuio des artistes et aux sommes qu'y consacraient la fabrique ou de pieux donateurs; il s'agit maintenant de nous rendre compte des œuvres. — Leur composition repose, avons-nous dit, sur l'agencement d'un pédicule d'où s'élève une tige verticale au sommet de laquelle sont fixés, è diverses hauteurs et d'une manière presque toujours pyramidale, un ou plusieurs cercles garnis de pointes où de bobèches, destinés à recevoir des cierges pendant leur combustion. Eu égard à son emploi, cette disposition paraît fort bien combinée et répondre, on no peut mieux, aux exigences de son oflice; du resto, elle est si simple qu’elle a dû veuir à l'esprit des ordonnateurs ou des constructeurs, et c'est même ce qui nous porte à croire qu'elle fut adoptée dans presque toutes les églises. — Lo pied, la tige et les couronnes furent, comme où le pense bien, tout autant de parties sur lesquelles s'exercèrent tour à tour le talent et le génie des artistes;

dans les limites de notre programme, noua réservant de reprendre, plus tard, chaque famille de monuments et de leur donner alors tous tes développements qu'ellet exigent. — Puisque la nature des rhoses nous conduit à un aveu qui, du reste, était prevu par la majorité de nos lecteurs, il Convient, peut-être, que nous entrions {Jans des détails, et que nous exposions quelques-uns des motifs qui nous ont porté à en agir ainsi. L’occasion est, d'ailleurs, trop favorable pour que nous la laissions échapper; aussi, en profiterons -nous pour adresser une répons© é ceux de nos souscripteurs qui nous ont vivement prié d'entrer dans cette voie. — Comme auteur de notre livre, on ne saurait admettre que nous n'en ayons apprécié rinqtortance et calculé l'étendue, en d'autres termes, que nous n'ayons considéré, des l’origine, lus impérieuses exigences de son développement. El cependant, cette opinion nous a été formulée dans de nombreuses lettres. Pour toute réponse, noua prierons le lecteur de vouloir bien jeter les yeux sur notre tableau méthodique, dont la publication n’eut d’autre but qu© de présenter une idée sommaire de notre vaste programme. I© dis plus ; c'est qu’à celle époque, nous n’oséme* point donner A c© tableau son extension réelle nous avions nos raisons pour faire des réserve*, puis, il suffisait, ce nous semble, d'émettre un tel classement pour prouver que nous ne marchions pas i l’aventure, mais bien d’après un plan sérieux et mûrement préparé. C’était, en quelque sorte, comme uno espèce de garantie que nous voulions offrir au public, et une idée de la forme neuve et attrayante que nous nous proposions d’y employer. S'il faut on croire les communications qui nous ont été faites , ces conditions parais-ent répondra aux désirs de nos souscripteurs; d'autre part, l’immense variété des questions qu'il embrasse doit rassurer contre toute appréhension d’un livre incomplet ; enfin, la manière dont c« plan est conçu nous semble do nature à satisfaire à la fois et tous les besoins et tous les goûts. Un UH développement est, sans doute, chus© considérable, et c’est même cette extension qui nous force à d é p fl. Or les limites que nous avions prévues; mais notre recueil touche A tant de choses, il embrasse tant do faits et s'occupe de tant de divisions de la science, que prétendre renfermer un semblable programme dans un cadre restreint, c© serait vuiil ir tenter T ira possible. Colle vérité est, du reste, si évidente que, dés le commencement de notre ouvrage, elle avait déjà frappé M. Mérimée; voici comment il en fit la judicieuse remarque : « Le plan quo s'est tracé 11. Qailhabaud est vaste, trop vaste peut-être, on serait tenté d’abord de le croire, en comparant retendue île son su^el à oello de sa publication, qui no duit se composer que de trois à quatre cents planches. C’est j*u sans doule pour passer en revue toutes les phases d© l'architecture civile, militaire et religieuse de tivus les peuples civilisé*, depuis la décadence de l’Empire romain jusqu'à la Renaissance, pour donner des spécimens de tous les arts dont il s’est conservé quelque monument remarquable (') .; » Nos aveux seront plus explicites encore; car, nous ajouterons que trois a quatre cents planches suffiraient à péine pour traiter séparément une *eute

(1) L( CoKntTonQMSi. du II Jais IKi

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aussi, renonçons -nous à les décrire; l'analyse s’en fera, d'aillenrs, beaucoup pins aisément parles yeux, qui apprécieront, d'une part, l’infinie variété des formes, et, de l'autre, l’ingéniosité des moyens mis en œuvre pour leur constitution. Parmi ces moyens, l'un des plus importants consistait dans la manière dont on fixait ces couronnes. Assez souvent, on les faisait porter sur une moulure saillante ou repos, établi à une certaine hauteur de la tige; mais, d’autres fois aussi, elles étaiont suspendues au sommet. Du reste, tous ces moyens furent très-divers, et chaque artiste semble avoir été complètement libre de les choisir et de les combiner suivant ses besoins ou son goût; cependant, il est à croire qu’on so préoccupa d'une question : ce fut de laisser un certain jeu entre elles et la tige; car, do celles que nous avons vues, ancunc n’était fixe ou immobile , et toutes pouvaient, avec la main, recevoir un facile mouvement de rotation. Ce mouvement était, par lui-méme, une des conditions essentielles; il s’exerçait horizontalement, et permettait au donateur d’amener devant lui celles des pointes ou des bobèches sur lesquelles il déposait l’oITrande de son pieux luminaire. — Le pédicule se compose de trois ou de quatre branches, courbes ou horizontales, avec ou sans épattemenl, et ces branches sont ou entièrement libres ou reliées à un cercle inférieur, posant lui-méme sur le sol. Nous ne parlons pas des dispositions : on peut voir qu’elles furent nombreuses; mais, il y a tout lieu de constater que plusieurs d'entre elles offrent quelque ressemblance avec la même partie de certains candélabres funèbres. — A la lige se rattachent plusieurs particularités qui ont surtout trait aux formes ainsi qu’à la décoration. Sous le premier rapport, le développement présente des surfaces très-variées : ainsi, elles sont ou planes ou

des branches de l’art, c'est-à-dire qu'elles seraient insuffisantes pour fairo connaître l'histoire aus?i étendue que variée do la peinture ou de la sculpture, et, à bien plus forte raison , de l'architecture ; la ferronnerie, la fonte, la mosaïque, etc., en so restreignant à un tyj>e par chaque variété dans les especes ou familles, exigeraient, à elles seules, un nombre de planche* qui excéderait encore ce chiffre. Tout prouve donc l'évidence de notre opinion ; aussi, nïiesitons*nûu* point a la communiquer à nos lecteurs. Mais, U s'agit de remplir notre lâche avec conscience, et, ne voulant point scinder des études que la restriction rendrait infructueuses, nous avons dé compter sur leur concours pour nous aider à conduire à bonne tin un ouvrage dont on ne saurait tirer de fruit qu'à une seule condition : celle de lui voir offrir une histoire comple/e de l'architecture et îles arts du moyen âge, exprimée par les œuvres qui tiennent une place plus ou moins considérable, mais marquée dan* cette histoire, et dont l'ensemble constitue, «Un* celle des institutions, celte série de monuments â l'aide desquels l'annaliste et l’antiquaire pourront, mémo à de longs siècles de distance, reconstituer toute sa civilisation, c'est-à-dire se* cérémonies, ses fêtes, ses mœurs, ses coutumes, etc, — Pans l'intention de répondre à des désir» qui ont été émis, nous nous empressons de déclarer que nous procéilerons à l'inverse de nos prédécesseurs; car, pour n'avoir pas voulu dépasser de* limité’* que le hasml avait fixées, il* ont produit de* livre* rempli* de lacunes ou peu propre* au but qu'il» espéraient atteindre, et cette manière do voir est diamétralement opposée à la nôtre. Nous avons commencé notre recueil avec la ferme volonté de le re««dre utile; mais, comme on no peut lui assurer un toi avantage qu'à certaines condition», nous n’avons pas hésité à les subir, et nous nous sommes réaolûmon l engagés dan* les dépenses qui» doit entraîner ce supplément, convaincus qu'agir de la sorte, c'est aller auslevant de» voeux de no* lecteurs et conquérir mémo leur estime; or, annoncer que nous allons fairo paraître «les œuvres capitale* que nul recueil n’a publiées, c'est dire à l'avance qu'aux monuments si curieux que nous avons produits, nous allons en joindre d'autre* tout aussi remarquablement gravé* ou chromohthographiés, mais dont l'importance occupe une place plus grande encore dans l*bistoire do l'art. Du reste, nous n 'avons qu'un but en publiant ces œuvres : celui do combler des lacunes dont on déplore le vide et de fournir les éléments qui permettront d'embrasser enfin tous le* points d'une seule et même question. En l’état présent de* chose*, ce» lacunes sont assez nombreuse* et les monuments à reproduire sont eux-mêmes fort considérables; mais, que l'on se rassura : car, quelque immense que soit notre tâche, nous n'y saurions faillir. Nous avons calculé nos ressource»; nous avons foi et confiance en notre œuvre, nuis, plus encore, s'il faut le dire, en l’appui do no» souscripteur*. En présence de raisons aussi capitale», il no nous parait plu» permis de nous en tenir au premier chiffre do no» livraisons, et nous n’userions interrompre ou suspendre la publication d'un recueil qu'une trop rigoureuse ponctualité rendrait évidemment incomplet. Puisant donc do nouvelle» force» et un nouveau courage dan» cc» impérieux motif», nous allons

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curvilignes, ou bien en spirale ou en hélice, enfin les profils et les moulures rappellent ceux de l'architecture contemporaine; quant au second, il n’excite pas moins d’intérêt, car on y voit des ornements, établis sans doute dans le but de combattre son. aspect grêle, et de rompre aussi la froide monotonie de la ligne. — Nous passons aux couronnes. Leurs cercles sont toujours /attachés à la tigo par des croisillons ou traverses intérieures qui se réunissent, en nombre indéterminé, à une espèce d’anneau central. Divers systèmes d’armatures, plus ou moins ornées, séparent et relient entre elles toutes les parties de ces couronnes; plusieurs mêmes sont aussi ingénieux qu’élégants î nous signalons surtout ceux de Chapellc-à-Watline et de Tournai (fig. 1). Le nombre des cercles que comporte chacun de ces appareils semble n’étre point constant et avoir dépendu de l’emploi qu’il devait remplir; à en juger par les monuments, on observe qu’il varia beaucoup : ainsi, l’on connaît des couronnes qui n’en possèdent qu’un seul, tandis que d’autres en sont pourvus do deux, de trois et même davantage; nous en avons découvert une, entre autres, dans l’église de Notre-Dame, à Haï, qui en est garnie d’un très-grand nombre. L’importance de ce dernier monument pourrait même servir à expliquer celle qu’on voyait autrefois dans le sancluairo do la mosquée de Ccnfoue et dont parlent les historiens arabes {*). — Bien que la figure du cercle prévalût, le plus souvent, dans la forme des couronnes de lumière, on en connaît cependant quelques exemples dont le principe repose sur le plan de l’hexagone, disposition qui put être empruntée à certaines lampes ou lustres, également consacrés au luminaire religieux. Sur ce point , l’appareil de Chapclle-a-Watline donnerait une idée de celte forme par opposition à celles de Tournai, de Lierre et d’Yprcs, ‘qui sont circulaires. — Par une mesure de propreté sans doute, on établit quelquefois, à la partie inférieure, c’est-à-dire au-dessous du dernier cercle, un grand disque à bords plus ou moins ornés (*)♦ ces disques n’avaient probablement d’autre but que de recevoir les gouttes de cire qui pouvaient se répandre pendant la combustion des cierges; mais, dans d’autres couronnes,

concentrer tous nos efforts pour continuer notre œuvre, et, dès» co moment, l'on peut être certain que chaque fiimille ne se bornera plus » comme ne us l’avons fait pour nos pauvres couronnes ou pour d'autres monuments, à la duro restriction d’un© ou de plusieurs espèces, lorsqu'elles en comptent de nom! reuses ; mais, grâce è ce complément, toute division ou subdivision do l'art sera représentée par des suites d’œuvres qui en traduiront les phases ou les écoles chez les différents peuples pendant le moyen âge. Établi sur une base aussi tertre et publié dans do telles conditions, notre livre permettra enfin d'entreprendre une analyse sérieuse et raisonnée des choses, et son contenu fournira à 1a science ces desiderata si longtemps attendus, mais que la puissance seule du nombre permettait de produire. Là, seront réunis, pour les besoins ou pour l'instruction do toos, des documents inconnus, nombreux et suivis sur chaque classe de monuments ou sur chaque branche de l’art, et planches et notices seront combinées de maniéré à présenter un enchaînement tel que leur ensemble renfermera les notions les plus complétas, r'est-a-riire que ce recueil deviendra la plus vaste, le plus utile et le mieux coordonné de ceux qui ont paru jusqu'à ce jour. Du reste, l’on appréciera mieux quelle doit être la richesse de cette mine, lorsque nous aurons dit qu'elle contiendra tout ce qui a été produit de remarquable depuis les Catacombes jusqu'à la fin du XVI? siède. Le praticien y trouvera, sur toutes les époques, à propos d© chaque art ou sur n'importe quels genres d'œuvres, des matériaux qu'il chercherait vainement ailleurs, et l'historien ou l'antiquaire y puiseront des documents dont ils ne soupçonnaient pas l'existence. Telle est, en quelques mots, l'esquisse, bien pâle encore, de co vaste cadre où nous rassemblerons, dans un même but, tout c© qu’il sera possible de découvrir sur chaque matière, tout ce qui est indispensable pour traiter chaque question , enfin tout ce qui pourrait être do nature à caractériser les phases diverses do l'art et à expliquer les nombreux faits de la civilisation pendant le moyen âge.

(1) Voyez notre description de cet édifice dans les monuments anciens et modernes.

(2} On remarque cette disposition à la couronne de Lierre, fig. 2.

MOYEN AGE — XIII?, XIV? ET XV? SIÈCLES — COURONNES DE LUMIÈRE PÉDICL'LÊES.

on avait disposé co plateau au bas de leur pédicule. C'était, du reste, une prévoyance dont on doit tenir compte au constructeur. — Disons maintenant quelques mots de leur amortissement, .car les artistes du moyen Age ne négligeaient aucune partie; le sommet, surtout, était comme une es|iéce de thème (tour lequol ils cherchaient des compositions plus ou moins remarquables. L’amortissement ne fut donc point oublié dans la décoration de ces ustensiles, et, parfois même, on lui donna une certaine importance; nous citerons, comme exemple, celui d’une couronne qui se trouve dans l'église de Saint-Jacques, è Ypres; on y voit très-distinctement uno réminiscence du candélabre aux sept branches, idée qui ne manque pas d’à-propos dans son application à une pièce consacrée au luminaire religieux. — La dernière des questions qu’il s’agit de traiter se rapporte à leur hauteur. A proprement parler, celle-ci n’eut jamais rien de lixe et varia beaucoup ; mais, elle ne dépassa guère deux mètres, bien qu'on en fil de plus grands et de plus petits, selon les usages auxquels ils étaient destinés.

Comme toutes les pièces de l'ameublement ecclésiastique, ces couronnes reçurent de l’art une Ornementation plus ou moins considérable. Déjà, nous avons émis une opinion sur les causes assez vraisemblables de ce décor; maintenant, on doit, au point do vue de la tecbniqoe, établir en quoi il consistait. Rien no nous semble plus propre, pour apprécier les divers points de celte élude, que de connaître d'abord la malière dont elles furent faites, puis do rechercher jusqu'où sa naturo s’y prêtait. — La., perte ou l’absenco des apcicns monuments no nous permet guère d’envisager ici qu'un dos côtés do la question; cependant, tout porte à croire qu'on y employa le métal et le bois('). L'une et l'autre matière pouvait, sous un certain rapport, remplir assez bien le même but; mais, le premier eut un avantage incontestable: l'artiste avait reconnu qu'il en tirerait des formes plus sveltes et plus fines, de même que son poids lui otfril une solidité d'assiclle qui manquait à son compétiteur. Ces diverses considérations paraissent avoir été loutc-puissantes , et l'on donna la préférence au métal comme se prêtant à des dispositions plus convenables. 5e servit-on du bronze, à l'origine? Je l'ignore. Toujours est-il que l’adoption du fer parait au XV? siècle. Cotait, du reste, une époque où les procédés de l'art avaicut acquis quelque perfeclioD. La nature des œuvres, c’est-à-dire le résultat du travail différait sans aucun doute de l'exécution des XIII? et XIY? siècle; mais, le ferronnier, bien qu'avec des moyens fort simples, n’en produisait pas moins des effets, par fois heureux, qu'il introduisit dans ces couronues. — Le rôle que joue la décoration dans l'ensemble do ces monuments dut être fort varié, cl son importance parait avoir dépendu du prix ou de la valeur qu'on mettait à l’ustensile. Le fer se voit, aux couronnes simples, employé dans un état presque rudimentaire, c'est-à-dire sous la forme de surfaces planes ou rondes mais brûles, tandis que les plus riches étalent un luxe dont le mérite principal consiste dans l’exécution du travail, auquel s'adjoiut aussi le concours de l'or et do la couleur. Les divers procédés de [a technique semblent avoir été mis en œuvre daus la confecliou de cos ustensiles, et, depuis le modelé au marteau jusqu'à la torsion, l'estampago et le découpé à la lime, tout s'y voit combiné suivant un programme ou un dessin préalable. Quant aux éléments du décor, ils sont de plusieurs espèces, et se rapportent ou à l'architecture contemporaine, ou au

(I) Il s'est conservé bon nombre de couronnes donl le pédicule et la tige sont en bois; mais, leur date ne remonte point au delà du XVII* siècle. Elles accusent toutes une grande simplicité.

COURONNES DE LUMIÈRE PÊDICUI.ÉES, A LIERRE, TOURNAI, APRES, ETC

régne végétal, ou bien à tics objets divers ; des inscriptions même (" ) viennent ajouter encore à ce luxe et donner à l'ensemble on aspect do richesse <|ui eu tait un petit monument hors ligne.

Si maintenant l’on rapproche de ces couronnes les potences de Ual et do Louvain, on acquiert la certitude qu'il y eut, en Flandre, pendant la dernière moitié du XV" siccle, des ferronniers aussi habiles dans leur art que pleins do goût pour la composition ; c'est , du reste, un fait qui ressortira plus complètement lorsque nous aurons publié d’autres oeuvres. Mais, il s’en faut, avons-nous dit, que ces couronnes présentent, entre elles, un même degré d'exécution, puisqu’on en connaît dont le travail est, à coup sùr, un peu rudimentaire. En ne considérant ici que les œuvres importantes ci seulement dignes d’un examen sérieux, nous devons reconnaître que la ferronnerie flamande était parvenuo, dès lors, à un haut point de splendeur, grâce toutefois aux hommes de talent qu’elle comptait parmi ses praticiens; car, si Josse Metsvs produisait, à Louvain, la magnifique potence do Saint-Pierre, plusieurs de ses confrères, sur divers points du sol, exécutaient d’autres pièces dont le mérite est tout aussi capable d’exciter l'attention. Ces monuments se recommandent, en général , par une composition gracieuse, un travail délicat, une naïveté de moyens, enfin par un choix d’ornements et un système de coloration parfaitement appropriés à leur office. De pareilles œuvres sont, certes, de nature à nous faire déplorer la perle des analogues, mais surtout à nous donner des regrets de n’en point connaître les auteurs. Eo effet, lorsqu’on analyse leurs formes et qu'on examine leur décor, on so demande quels sont, pour quelques-unes, les créateurs de semblublcs merveilles, lin désespérant silence laisse hélas nulro question sans réponse, comme pour nous exciter bien plus encore. Et cependant, lorsque, sur tant de points, nous rencontrons do tels ouvrages, sinon tous dignes d'admiration, mais provoquant uotro surprise, on conçoit que l’esprit veuille se poser une pareille demande ; car, le forronnier qui conçut ou exécuta do semblables pièces était presque un homme de génie, et l’histoire, qui aime à glorifier les intelligences supérieures, voudrait inscrire, sur le livre d'or des artistes, des noms si bizarrement inconnus et qui mériteraient tant de l’être!... Un jour viendra, je pense, oit quelques hommes courageux tenteront de réunir les noms conservés de ces ouvriers d'élite, et ce jour sera, pour leur mémoire, celui de la réparation. Plaise à Dieu qu’il nous soit donné do prendre une semblable initiative! La part serait évidemment belle et le travail rempli d'attrait; mais, en présence do noire lÂclie, nous devons renoncer à ta gloire qui semble attachée à cette noble entreprise. Toutefois, s’il nous est interdit de penser à la réalisation d’une aussi grande oeuvre, notig pouvons du moins faire des efforts pour y convier de plus capables ot y décider do plus robustes (’j. De ce travail, découlerait la clef de mainte énigme ; ta science y découvrirait des horizons nouveaux; l’histoire do

(I) N mis citerons surtout celle de l’église de Cbap^lo-a-VValtine, près Tournai, où ta patience eUe talent de Partiale sont parvenus à découper dans te métal la prière de I ' Acc Maria.

lî) Quelques louables efforts ont été déjà tentés par différentes personnes, et nous devons reconnaître que le Comité des Arts et Monuments, dans son Bulletin, MM. les collaborateurs des Annair* Archêolttgiques, M. Duscigneur, dans les notes qu’il a jointes à l’un des volumes d’tvméric David, et d’autres, sont juirvemts à réunir un certain nombre de noms d'artistes; mais, tuut n’est pas fini ; il reste encore beaucoup à faire, surtout en ce qui coucernc les textes et tes monuments. Pour arriver, dans un bref délai, à un résultat favorable, il conviendrait d’organiser, dans chaque pays et même dans chaque région , des centres agissant sous une mémo pensée , c'est-à-dire qui procédersicul au dépouillement des archives, à l’exploration des œuvres do fart, et, enfin, à ta lecture de tous les ouvrages dont ta nature serait susceptible de renfermer ou de fournir quelques documents inconnus.

MOYEN ACiE — XIII' , XIV? ET XV! SIÈCLES — COURONNES DE LUMIÈRE PÈDICULÉES.

Part, si mystéricuso en certains chapitres, recevrait une soudaine clarté; enfin commencerait, pour ces artistes, une ère de justice et de réhabilitation; Car, si cachés qu'ils' soient dans les textes poudreux ou dans des inscriptions ignorées, lenrs noms apparaîtraient dés tors au grand jour, et la place qu'ils occuperaient dans l’histoire deviendrait comme autant de jalons indiquant, -sur la roule, chacun de ces grands relais qu’on nomme ; écoles, phases et transformations.

Est-il permis de croire que ces couronnes (■) ont toutes été faites au moyen âge? Évidemment non, puisqu'il en est dont le caractère semble appartenir au XVI‘. siècle. On sait, du reste , qu’au commencement de cette période , Part et surtout Part religieux conserva, longtemps encore, tout ou partie de sa physionomie du XV - . siècle; c’est même celte similitude ou cette analogie dans les dispositions et le décor, qui nous a porté à grouper ces exemples afin d’en tirer qnelques rapprochements.

Une question reste à éclaircir pour compléter notre travail sur les couronnes pédiculées. Il s’agit de leur emploi pendant le moyen âge. Fut-il général dans les églises ou restreint seulement à quelques régions de l’Europe? La situation de celles qu’on retrouve porterait à croire que leur adoption dut être fort répandue, puisqu’on on voit en Allemagne , en Belgique, en France (*) et même en Sicile; quant à leur absence ou à leur disparition des autres pays, il faut l’attribuer, sans deute, aux diverses causes que nous avons si souvent fait connaître.

Nous venons do dégager de l’inconnn quelques notions, plus ou moins fondées, sur notre espèce de couronnes, et l’on doit reconnaître que, si cites étaient admises, on y pourrait trouver le point de départ de leur origine; mais, en procédant do la sorte, avons-nous réellement déterminé l’usage de ces monuments, et sommes-nous parvenus à définir les causes ou le but primitif leur destination? On n’oserait l'affirmer. Dans tous les cas, la place qu’ils occupent à l’intérieur des églises tend à leur assigner une fonction certainement secondaire : celle do servir à l’établissement d’une illumination entretenue par le peuple , et , sur ce point , leur emploi sotnble ne laisser aucun doute; mais, là, se bornent jusqu'ici nos efforts; aussi, faisons-nous des voeux pour que de plus habiles viennent reprendre la question et puissent pousser plus loin le résultat de notre modeste élude.

(I) Tous ims monuments ont été ‘lécouverta par nous a une époqon bion antérieure à celte où nous chargeâmes MM. laval el Vacquer d‘en taire les dessins géoroéuuux.

(S j Nous nous plaisons S signaler cette qui fait partie de ta collection do teu notre ami, M. Henri Geronle, et nous émettons te désir de la voir reproduite par M. Viottet-Loduc dans son excellent Dictionnaire de l' Architecture Jrançaite du AD, au xrtr tliclc.

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