‹ L'Architecture (volume 2)Chapitre 39 sur 97 · MOYEN AGE. — XIII* , XIV' ET XV SIÈCLES. — APPAREILS DE LUMINAIRE · texte numérisé non relu

MOYEN AGE. — XIII* , XIV' ET XV SIÈCLES. — APPAREILS DE LUMINAIRE

liou qui reposait sur le plus ou le moins de sainteté dans la destination des monuments; enfin, nous avons divisé ces cierges en deux classes : les grands et les petits; — les grands, que l'on allumait pendant la célébration de la messe et des offices, en commémoration des grands faits du catholicisme, etc.; — les petits, qui étaient plus spécialement réservés à quelques pratiques pieuses ou autres.

Après avoir brièvement indiqué ce qui concerne l’emploi, la matière et la forme du luminaire ecclésiastique, il y aurait lieu de passer en revue toutes les classes de monuments et d'ustensiles auxquels il donna naissance ; mais, plusieurs de ces familles ont, dans notre livre, quelques représentants, et nous leur avons consacré, selon leur importance, un texte plus ou moins étendu. Nous n'avous donc pas à y revenir. D'ailleurs, je ne dois étudier qu'un monument ou qu’un appareil dont on n'a point parlé jusqu’ici.

Il appartient à la famille des trefs et des râteliers, raslrum, raslelhtm, et il fait partie de la classe des appareils destinés à l'illumination générale de l'église, soit aux jours de grande solennité, soit aux fêtes de quelque saint, tel que patron de corporation ou autres. Nous voudrions pouvoir entrer dans maints détails sur cette espèce de monuments; mais, son étude exigerait la publication d'un certain nombre d'exemples et la reproduction de plusieurs miniatures sans lesquelles on ne pourrait être compris.

Ce monument est placé dans l'un des bas-c6tés ou mieux dans le pourtour du chœur de la cathédrale de Cologne, et, comme on le voit par notre élévation d’une travée, il est établi au tiers, à peu près, de la hauteur des arcades. J'ignore si toutes les autres arcades reçurent, à la même époque, de semblables appareils, et s'ils formèrent ainsi un ensemble destiné à une illumination générale. Tout ce que l’on poul affirmer, c'est qu'il y a, dans le collatéral opposé, un autre monument de la môme nature ; mais, on doit avouer qu'il est d'une époque postérieure et que son état de dégradation ou d’altération ne nous a point permis de le considérer comme se rattachant à une même pensée d’ensemble. Les ciseaux, que l’on voit représentés sur nos écussons, porteraient h croire qu’il a trait à une corporation et qu'il fut donné par elle à la cathédrale. Fût-ce la première offrande d'une pensée qui devait être suivie par d'autres professions industrielles et compléter, dans toutes les arcades, un ensemble d’illumination de la cathédrale T Je ne sais. Toujours est-il que cet appareil, dont la destination et l'usage se définissent ou se déterminent par leur position et par leur forme, n'en offre pas moins un très-grand intérêt pour l’histoire et l'élude du luminaire à l’intérieur des églises.

Qu’ajouterais-ja maintenant? que le monument est composé de deux matières : le bois et le fer, auxquels les artistes du moyeu âge appliquaient encore la couleur et l'or. Quant aux peintures représentées sur la Irabes, elles sont relatives aux diverses scènes ou faits de la Passion, et elles oui été, très-certainement, exécutées par quelque peintre de cette école de Cologne que nous avons mentionnée dans notre notice sur le Tabernacle de l'église de Sainl-Cunihert.

Comme nous l'indiquons par les figures 1, 4 et fi de la Planche de Détails, cet appareil de luminaire était garni de cinq gros et longs cierges dont la place ainsi que les dimensions sont définies par les annelures représentées Gg. 7, 8 et9 de la même planche.

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