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DANS LES ÉGLISES D’AIX-LA-CHAPELLE ET DE NUITS

L'histoire des formes et des transformations que subit le lutrin-aigle n’est pas une des moins intéressantes parmi celles des nombreuses pièces dont se compose le mobilier des églises. Plusieurs questions, d'une nature assez complexe, s’y rattachent d'ailleurs et viennent donner à l'étude de ce meuble un intérêt qui s’accroît encore de la notion des causes relatives à son origine et à sa destination. Un obstacle s’oppose à ce que nous abordions cette histoire. Il faudrait, pour l’entreprendre, pouvoir s'appuyer sur la production de quelques variétés dans l’espèce et nous n’en avons publié que deux exemples. Cette situation nous force donc à reporter à notre supplément un travail que nous eussions voulu présenter ici ; mais, on comprend que nos deux spécimens ne sauraient sufiire pour rendre compte des différentes modifications d’une famille dont les variétés semblent avoir été nombreuses. Nous parlerons, alors, de leur origine et nous essaierons de préciser les causes qui ont déterminé it introduire la figure de l'aigle (*); nous considérerons la question de symbolisme; nous indiquerons leur place dans les églises; nous examinerons les différentes formes du pédicule; nous ferons connaître les matières employées ; nous apprécierons la technique ainsi que le point particulier de l’hisloire de l’art ; nous appellerons encore l'attention sur plusieurs autres particularités inaperçues des archéologues et des liturgistes ; enfin , nous coordonnerons tous ces documents sur les lutrins-aigles en un seul et même mémoire, ce que nous ferons séparément aussi, dans des notices spéciales, pour les lutrins -pupitres, les lutrins -pélicans, les lutrins-mobiles et les autres espèces de lutrins ecclésiastiques.

Limité, pour le moment, à l’analyse des seuls lutrins d’Aix-la-Chapelle et de Nuits, le lecteur ne saurait attendre de nous un article étendu et méthodique, puisque ces deux exemples appartiennent à deux branches différentes de la technique : l’un, à la fonte, et l'autre, à la sculpture en bois et en pierre. — Nous nous bornerons donc à dire que celui d'Aix est le plus ancien lutrin en fonte que l'on connaisse , puisque la date de son exécution remonte au XIV? siècle, dont il accuse, du reste, le caractère particulier de l'art en Allemagne vers la fin de cette période, — et que celui de Saint-Symphorien nous révèle une composition mixte de matières à laquelle se joint le luxe de la peinture et de la dorure. Par une bizarrerie, digne assurément de remarque, le pédicule de ce dernier est en bois, tandis que l’aigle avec la

I . Il ne faut pas confondre le lutrin-aigle avec le lutrin-péiican dont il sera fait une étude à part.

MOYEN AGE. — XIII! XIV! ET XV! SIÈCLES. — LUTRINS, boule qui le supporte sont en pierre. Celte singularité méritait, selon nous, une mention particulière; toutefois, l'aigle et la boule seraient-ils l’œuvre d’une époque postérieure!

Je n’en dirai pas davantage sur un sujet qui, pour être traité et compris, exige la publication d'une série d'exemples en rapport, au moins, avec le nombre des principales variétés de l'espèce ; nous renvoyons donc aux planches et à la notice générale sur les lulrins-aigles que nous publierons dans notre Supplément.

U'TF.IM DAN fi L ÉGLISE DE N^TRE DAME. A A1X LA CHAl'ELLF.

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