DANS LES ÉGLISES DE TOURNAI, HAL, ETC
L'absence (les exemples qu’il conviendrait île produire pour montrer ses transformations depuis l'époque carolingienne, ne nous permet pas d'entreprendre une histoire du lutrin mobile ou transportable; nous l'aborderons plus lard. Ce qu'il nous est permis d'en dire ne sera pourtant pas dépourvu d'intérêt; car, nous signalerons un fait que d'autres n’ont point énoncé, et celui-ci est relatif aux matières dont on s'est servi pour les construire ; je veux plus particuliè renient parler de l'emploi de l une d'elles. Comme nous le démontrons par le lutrin de liai, tout prouve qu'on u'v employait pas seulement le fer ; ou en Taisait encore en bois, et, fort vraisemblablement, ceux-ci étaient peints et dorés. Toutefois, s’il faut juger de leur constitution par celui que nous avons fait reproduire, leur déplacement devait être assez difficile, parce qu'ils étaient plus massifs et plus lourds que les lutrins eu fer. Ces derniers, par la miuceur et le faible poids de leurs liges, pouvaient aiséiueul être transportés d'un point sur un autre, ce qui uous porte à croire que le nombre des lutrins en bols (je parle des analogues à celui de liai ) ne fut pas considérable, cl que la grâce et la légèreté des lutrins en fer durent leur faire donner la préférence; aussi, ne crois-je pas me tromper eu pensaul que le massif lutrin en bois fut plutôt l'exception. Or, cette exception, qui est ici une particularité du genre, eu égard au petit nombre qui s’en est conservé, méritait, selon nous, une place dans notre recueil, dont le but est surtout de faire connaître les variétés dans l’espèce, et, sur ce point encore, il nous aura été donné de produire, le premier, nu des chapitres inédits de cette intéressante question.
Je n'entrerai dans aucun autre détail, et uous renvoyons le lecteur à l'excellent article qu'à publié M. Viollel-Le- Duc dans son Dictionnaire iln Mobilier.
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STALLES EN BOIS
DjfrfS L’ÉGLISE DE RATZBÜRG
Grâce à la découverte des fragments qui forment l'objet de celte notice, l'histoire de la stalle sacerdotale commence à s'éclaircir et à voir disparaître l’espèce d’obscurité qui l’enveloppa jusqu’au jour de notre publication. Deux causes s'opposaient à son éclaircissement : l’ignorance de la conservation des plus vieux monuments de celte famille, et l’indifTérence des archéologues à chercher et à recueillir, dans les livres, les documents qui s’y rapportent. Déjà, la dernière de ces lacunes vient d’être comblée , et nous devons aux recherches de deux doctes prêtres (•), tout ce qui concerne les parties historique et liturgique. Il restait à produire les monuments de l'art : cet honneur nous est échu (*).
L’histoire de la stalle sacerdotale peut s’esquisser en peu de mots; mais, pour l’offrir d’une manière complète, il est nécessaire de relater certains textes qui exigent quelques développements. Ce travail , nous n’avons pas l’intention de l’entreprendre ici. 11 trouvera beaucoup mieux sa place dans notre supplément, où nous devons publier d’autre3 exemples de stalles romanes. Nous aurons donc une occasion toute naturelle d’étudier alors plusieurs variétés dans l’espèce, et celle réunion nous permettra d’essayer uno analyse d’ensemble sur les transformations qu’ont subies les monuments de cette famille. Quoi qu’il en soit, et en attendant que nous puissions offrir un résumé de tous les travaux qui ont été faits sur cette classe de meubles, nous en parlerons brièvement ici afin de rappeler les principaux faits de la question.
Très-vraisemblablement, la stalle sacerdotale tire son origine du sedile ou du <rv»ê;»»o; , établi, dans les premières basiliques chrétiennes, à droite et à gauche du siège épiscopal, qui occupait
(I) MM. Jooansi* et Oovai, les Stalles de la cathédrale et Amiens, etc. I vol. in-8 avec planches.
(S) La publication de ces stallee est un fait si important qu’il nous a vain, de la part de M. Alb. Lenoir, les honneurs d'un emprunt. Nous regrettons qu'il hait point indiqué, dans son beau livre sur Y Architecture monastique , la source où il avait fait cet emprunt. Dans le but d’étre utiles à ta science, nous avons permis à M. Lenoir de publier des réductions de quelques-unes de ooe gravures, et nous avons même poussé la oomptaisaocejusqu’à l’autoriser à faire paraître, avant nous, certains édifices réservés pour notre supplément. En loi accordant cette faveur, nous y avions toutefois mit une . clause : celle d’indiquer notre ouvrage; mais, dois-je le dire, h noua a été pénible de voir qu’en ce qui concerne ces stallee et d’autree sujets, en n’en a fait aucune otention. Quelque faible que toit notre action en archéologie, il eut, cependant, juste qu’on ne nous prive pas du plus léger bénéfice, et il me paraît équitable de rendre i chacun ce qui lui appartient; d’ailleurs , M. Lenoir est assez riche de son propre fonde pour n'avoir pas besoin de dépouiller moins opulent qee lui.