‹ L'Architecture (volume 2)Chapitre 50 sur 97 · DANS L’ÉGLISE PAROISSIALE DE FLAVIGNY · texte numérisé non relu

DANS L’ÉGLISE PAROISSIALE DE FLAVIGNY

Jusqu'ici, nous n’avons examiné le jubé que comme une séparation, érigée entre le chœur cl la nef, et se reliant avec la clôture générale du sanctuaire pour compléter l'espèce d’enceinte qui entourait le lieu réservé aux sainte mystères; et, considéré à ce point de vue, nous avons dit qu’il devait, assez vraisemblablement, son origine à une question d’harmonie dont l’Église sut bientôt tirer parti en le faisant tourner à la fois et aux besoius du culte et à l'usage de certaines cérémonies. Cependant, bien que scs destinations aient été fort nombreuses, il est des auteurs qni voudraient encore en augmenter le nombre; et, suivant eux, il faudrait y ajouter celle d'avoir servi à la prédication; mais, on doit le dire, cette dernière opinion u’avuil été çoutenuo qu’à l’aide de l'interprétation des textes et des citations destinées à la faire accepter par le public. N’ayant pu, dès lors, être complètement établie, par suite de l'absence de preuves monumentales, données à l’appui de ces citations, la question en était restée là, lorsque le hasard nous fit découvrir un document architectonique qui, s’il ne vient pas la trancher, pourra, du moins, jeter quelque jour à cet endroit.

Mais, avant d'eutrer en matière, nous allons , d’abord , faire connaître à nos lecteurs les principaux documents sur lesquels se fonde cette opinion relative à l’emploi du jubé comme siège de la prédication ; nous examinerons ensuite la valeur des arguments fournis pour ou contre cette même opinion; puis , nous hasarderons la nôtre, après qnoi nous décrirons le monument lui-même.

Dans sa Dissertation sur les Jutes, l’abbé Thiers affirme positivement qu’on prêchait autrefois dans ces édicules, usage qui se continuait encore de son temps; et, pour appuyer cotte assertion, il cita de nombreux passages, extraits de différents recueils ecclésiastiques. Nous en rapporterons ici quelques-uns :

« — Les statuts de l’église de Sens, en I2G7, portent, dit-il, que l’archevéque doit faire un h sermon au peuple danstejnbé le premierdimanchede IA vent, après la procession... (page 37.)

« — L’Antiphonicr de cette môme église, imprimé en 1 554, marque aussi que l'archevéquc de * Sens doit prêcher daus le jubé le mercredi des Cendres avaut l’absoute... (page 38.)

« - — Autrefois, à Saint-Denis, en Frauce, continue-t-il, l'abbé faisait un sermon au peuple « dans le jubé le jeudi saint après l’absoute; cela est positivement marqué dans l’Ordinaire de « celte célèbre abbaye... (pages 38-30.)

« — On prêche aussi dans le jubé do l’église cathédrale de Paris le mercredi de la semaine « sainte avant que de commencer les ténèbres, la vérité est que cette prédication ne s’y devait « faire que le jeudi saint au matin avant l'absoute, à laquelle elle sert comme de préparation ; a mais, ou l’avance d’un jour aussi bien que l'absoute, à cause do la longueur de l’oflice du « lendemain .. (page 40.)

«.< — Enfin, il est tellement vrai, ajoute cet historien, qu’on prêchait anciennement dans 1rs « jubés, qu'on y prêcho encore najourd’hui en certains lieux. On y prêche dans l’église niétro-

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