‹ L'Architecture (volume 2)Chapitre 52 sur 97 · JUBÉ, DANS L'EGLISE DE FLAVIGNY · texte numérisé non relu

JUBÉ, DANS L'EGLISE DE FLAVIGNY

Ce jubé présente^ dans son ensemble , des particularités telles qu'il nous a paru indispensable d’entrer ici dans certains détails, un peu étendus, peut-être, mais que leur importance, ainsi que l'intérêt du sujet feront, sans doute, pardonner ; toutefois, nous ne saurions mieux aborder son étude qu'en relatant d'abord quelques-uns des faits relatifs à la localité où il se trouve, et en y joignant aussi quelques notions succinctes sur l'église qui le renferme.

Suivant une tradition locale, la petite ville do Elavigny aurait été, avant l'invasion des Romains, l’une des plus grandes et des plus fortes de la province; mais, détruite pendant la guerre des Gaules, elle fut, dit-on, rebâtie par Flavius Claudius, lieutenant de César, qui lui donna son nom (Ftaviniacum Eduorum) (1). Cependant, il est plus vraisemblable do penser qu’elle dut son origine à l'ancienne et célèbro abbaye de Bénéiliclius dont la fondation remonte â la première époque de l'établissement des Francs dans notre pays. En effet, l'histoire rapporte que, durant le VIII. siècle, un seigneur bourguignon du nom de Varé (2), qui avait bravement combattu, les Arabes sotis Charles Martel, et ayant, quoique laïc, reçu de lui le titre d'abbé de Saint-Andoche, de Sautieu et de Sainte-Reine-d' Alise, légua, en mourant, presque toute sa fortune à l'abbaye de Flavigny, qui devint , dès lors, l'une des plus importantes de la Bourgogne; mais, l'on doit ajouter que, plus lard, Charlemagne, Louis le Débonnaire, Charles le Chauve, Robert le Pieux et Charles V; le» ducs de Bourgogne, Hugues III , Eudes III , Philippo de Rouvres; les papes Jean VIII, Sylvestre II, Innocent III, Eugène IV; les seigneurs de Vilteaux, de Charny, de Grignon et d’IJnccy, furent successivement scs principaux bienfaiteurs (3). — Dès l'an 758, ce monastère possédait une église abbatiale, qui, érigée sur les ruines d'un temple d'Apollon , dut, par sa mauvaise construction gravement endommagée par le temps, être rebâtie vers le commencement du XHIt siècle; c’était, â ce qu’il parait, un des plus beaux monuments de la province; mais il fut démoli, avec tant d'autres, hélas! en 1794. — A l’époque de son existence, on y conservait, dans une châsse en argent, les reliques de sainte Reine, données, en 864, par Charles le Chauve, et qui, pendant le cours du XVII' siècle, détinrent la cause d’un scandaleux procès entre les Bénédictins de Flavigny et les Cordeliers de Sainte- Reine (4). — Jusqu'au milieu du XIII' siècle, les abbés de Flavigny eurent, sur la ville des droits assez importants : ainsi, et pour n’eu citer ici que quelques-uns, la bienvenue de chaque abbé était fixée à 1 00 marcs d’argent, et quand ils voulaient aller à Rome, les habitants devaient supporter les frais du voyage (5/; enfin, les veuves ne pouvaient se remarier sans leur permission.

On comprend très-bien quo l’existence d'un monastère aussi important dut bientôt provoquer autour de lui le développement d'un centre de population qui , par son accroissement successif, devint, un jour, une ville dont on connaît, à très-peu prêts, l'histoire. Pillée en 877 par les Normands, qui y égorgèrent cent cinquante moines , et prise par les Anglais, en 1359, clic eut

(1) DrcoraNEU’ et Monter, France Nationale. — ixt Bourgogne, par Hat assit 1 2 3 4 5 r ; page 260.

(2) Don Plancher rapporte, dan» son Histoire de Bourgogne , que le monastère de Flavigny, en Auvoi», fui établi Mtr la hn de la première race de nos rote, par le vénérable Varo, en l’honneur de saint Prix ou Projet, évêque do Clermont, et il ajoute que ce couvent étail déjà fbrnlé et qu’il y avait un abbé et de» moine» en l'année 722. lorsque Varé fit son piétiner testament ; ce qui le porte à penser quo celte fondation avait été faite, au moins, quelques années auparavant. (Vovpx Tome 1 , page 108.)

(3) Foyages pittoresques en Bourgogne, publiés par une société d’archéologues ( Première Partie , page 52); Dijon, 183 1, 3 volume» in-f 0 ., planches.

(4) DrcuiHNEAu et Mumteii., France Nationale . — La Bourgogne, par le docteur Batissier; page 260.

(5) Dvcoua.NE.ui et Monter France nationale. — La Bourgogne , — lococitato.

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