MOYEN AGE — XIII* , \|V‘ UT XV‘ SIÈCLES — JUBÉS
encore à souffrir des chances de la guerre, en 1478, sous Louis XI , et eu 1587 et 1592, durant la Ligue (I). — Naguère, son étendue était* assez considérable; elle se divisait en trois parties : la cité, lo bourg et le faubourg; mais, les guerres civiles en ayant fait, par sa situation sur une montagne escarpée, un poste fort important , on ruina, vers une certaine époque, les deux premières parties de la ville, ce qui rendit l’enceinte plus régulière : aujourd'hui, il ne reste que la dernière, qui est encore environnée de murailles et munie de trois portes fortifiées (2). — On remarque, dans les rues de Flavignv, un assez grand nombre do maisons construites dans le style du XV' siècle; mais, l’édifice le plus intéressant est, sans contredit, son église paroissiale, dont la construction est due, suivant quelques historiens, à Quentin Ménard, archevêque de Besancon, né à Flavignv, et qui la lit élever pour illustrer le lieu de sa naissance (3). A l’exception île quelques singularités architectoniques, que saisiront facilement nos lecteurs, cet édifice est peu remarquable, et il ne mériterait guère d’ètro signalé à l’attention s'il ne renfermait un monument que son extrême rareté doit faire regarder, par les liturgisles, les archéologues et les historiens, comme l’un des plus précieux , parmi les différentes pièces de l'ameublement ecclésiastique qui ont pu échapper à l’action du temps, à la mobilité du goût des hommes, ou an brutal vandalisme des révolutions.
Le monument dont il s’agit est ce jubé qu’on voit érigé, à l’entrée du chœur, comme une espèce d’arc triomphal , placé entre le sanctuaire et la ucf médiane de cette église. — Considéré dans son cnsemblo , il se compose d’une grande arcade , jetée do l’un à l'autre pilier doubleau de la nef; arcade qui supporte, sur son extrados, une sorte de plate-forme à laquelle ou accède par deux escaliers à rampes droites, construits sur les cèles du sanctuaire. En avant et en arrière de cette plate-forme, c’est-à-dire du cèté du rho'ur et du côté de la nef, celte construction est pourvue d’une clôture à jour, dont la face antérieure présente une tribune ou chaire, disposée en saillie, suivant un système d’encorbellement. Des peintures murales, représentant les attributs des quatre Evangélistes, figurés sur un foud d'azur parsemé d’étoiles, décorent l’intrados de celte arcade. — Limité par l’espace, il ne nous est guère possible de nous étendre bien longuement ici sur la valeur plus ou moins architectonique de ce jubé; aussi, n’en dirons-nous que quelques mots. Construit, assez vraisemblablement, vers la fin du XV* siècle, ou plutôt au commencement du XVB , son style accuse celui d’une mauvaise époque , c’està-dire d’un moment où l’art du moyen âge avait à peu près perdu ce solennel caractère de gravité qu’il atteignit au XIII' siècle. En effet, les tracés de celle œuvre ne rappellent presque plus rien de leur constitution primitive, cl les formes ainsi quo les détails décèlent une indécision flagrante; en. un mot, l’on y sent l’art se perdant daus la recherche de formes nouvelles et souvent illogiques : traits caractéristiques qui dénotent incontestablement une période de transition.
Plusieurs questions assez intéressantes naissent, pour ainsi dire, d’cllcs-mémcs à la vue de ce monument; et, tout aussitôt, l’esprit se demande si celte construction est bien un jubé, réunissant à la fois toutes ses parties constitutives, ses éléments et ses accessoires, ou si, plutôt, il no faudrait point y voir uno simple tribune, destinée seulement à quelques usages particuliers : — questions diverses que provoque naturellement cette composition ,
(1) Foyages pittoresques en Bourgogne , rtc.; Pre/nière Partie, pa£f* 58.
(2) Pii. Dictionnaire de f Histoire de France ; article : Flurigny. (Collection cli* Y Univers Pittoresque.)
(3) liuucLT dis SAiYr-F*nfiiui’ , Guide du Voyageur en France ; Département de la Côte-d'Or.