‹ L'Architecture (volume 2)Chapitre 71 sur 97 · DANS L’ÉGLISE DE GONESSE · texte numérisé non relu

DANS L’ÉGLISE DE GONESSE

Comme la plupart des pièces qui forment le mobilier des églises, le buffet d’orgues reçut aussi le luxe de la couleur, et, dès le XV? siècle, ce genre de décoration semble avoir été mis eu pratique ; car, on en connaît plusieurs exemples dont la menuiserie, c'est-à-dire le support, la montre et les volets sont entièrement peints. Lue dernière application, qui devait compléter le système, restait à introduire ; on ne l'attendit pas longtemps. Quelques buffets des XV* et XVI' siècles prouvent, en effet, qu’on ne se contenta plus de la mise de la couleur sur le travail du bois ou de la menuiserie; on voulut l’étendre à la partie métallique, et, vers cette date, l'on admit, parfois, ce mode particulier d'ornement. Cette nouvelle introduction de la couleur ue regardait toutefois que les tuyaux extérieurs ou apparents de la montre ; mais, à en juger par les monuments, tous ces tuyaux n'eu furent point couverts. Une question de goût avait fait comprendre que la combinaison résultant de tuyaux peints et de tuyaux à l’état naturel, pourrait produire une heureuse opposition, et, |iarlant de celte idée, l'on n'appliqua la couleur qu'à certains d'entre eux afin de créer un plus grand contraste ; enfin , on ne doit point oublier de dire que quelques tuyaux peints reçurent préalablement des travaux de gaufrure dont l'effet avait été calculé par le décorateur. Après un tel décor, tout porterait à croire que l’orgue était arrivé au plus haut point des embellissements dont on put l’enrichir; il u’en fut pas ainsi, et on l’augmenta encore. Les décorateurs du X Vit siècle étaient bien les dignes continuateurs des ornemanistes du moyen âge. La montre et ses tuyaux lie laissaient plus de place à la décoration ; on l'appliqua au support ou à l’encorbellement sur lequel reposait le buffet, et, dans ce but, ou établit une large surface curviligne, destinée à recevoir, au lieu de tons plats ou de sculptures coloriées, une grande scène peinte par un artiste de l’époque. C’était, le plus souvent, une composition relative à la musique; elle représentait, comme à Goncsse, des anges voltigeant dans l'espace et jouant des instruments. Sans aucun doute, le peintre avait eu l'iutenlion de ligurcr un concert céleste, et la place était on ne peut mieux choisie sur l’orgue , ce roi des instnimenls cl celui que l’Eglise adopta pour exprimer son allégresse. Toutefois, il ne faudrait pas conclure de cet exemple et de quelques analogues que ce système el que ce seul sujet décorassent tous les supports. Les artistes, qui recherchèrent toujours la variété ou des combinaisons nouvelles, admirent plusieurs modes de décor, et ceux-ci paraissent avoir été tirés ou de l’emploi des membres de l'architecture ou du fond propre de l'ornementation sculptée ou peiule. — Tels sont les divers embellissements que l’on appliqua, pendant le XVI* siècle, à l’ensemble et aux parties de l’instrument dont les accords donnent tant de majesté aux anciens chants de l’Eglise.

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