DANS LES CATHÉDRALES DE BEAUVAIS ET DF. REIMS
L'histoire de la machine-meuble, qui fut introduite dans l’éplise pour indiquer le uiomeut deB heures canoniales et des cérémonies, offrirait sans nul doute un grand intérêt, et nous l’eussions entreprise avec tout le zèle dont nous sommes capable, s'il nous avait été permis de publier tous les exemples ou tous les spécimens dont la connaissance est nécessaire pour apprécier scs transformations, comme œuvre d’architecture, depuis le plus simple type jusqu’à la création la plus importante et la plus compliquée; mais, sur ce point comme sur tant d’autres, la seule publication de nos deux exemples ne saurait suffire pour faire connaître des espèces et des modifications qui exigent de uombreux dessins. En l’état des choses, je dois regretter d’assez curieuses éludes; car, il eût été agréable de produire le premier groupement en ce genre, et, comme on le pense, nous y aurions joint tous les éléments qui s’y rattachent, soit comme copies de miniatures ou de dessins, soit comme reproductions de fragments sculptés ou d’anciennes gravures, etc. Limités donc par le nombre de nos planches, nous nous en tiendrons à leur seule analyse, reportant à une date postérieure l’exécution d’un projet pour lequel nous avions réuni de nombreux matériaux.
Dans un livre comme le nôtre, lorsqu'on traite des horloges, et, plus spécialement, de celles des églises, on comprend qu’il ne s’agisse pas du mécanisme à l’aide duquel on arrivait à la connaissance de la division du temps, c'est-à-dire à celle des heures de la journée, mais bien et seulement des édicules construits pour les établir : ainsi, c'est plus exclusivement du support ou de l'enveloppe, en d'autres termes, de la construction architecturale dont il est ici question.
Si l’on doit se faire une opinion d’après les monuments qui restent dans les églises, il y a tout lieu do croire qu’ils étaient de deux espèces : ceux dont la constniclion reposait sur le sol ou pidicuUt, et ceux qui étaient établis dans une région élevée ou en encorbellement. Je range dans la première classe l’horloge de Beauvais , à la seconde se rattache celle de la cathédrale de Reims.'
H obi. oc F. dans l’église catiiédrale a Beauvais. — Le mécanisme, renfermé sans doute dans une cage en bois plus ou moins orné, fut mis sur une espèce de pédicule et surmonté d'un dais, l’un et l’autre également construits en pierre. Leur style accuse le XlYî siècle, c’est-à-dire qu’ils furent établis à une époque bien postérieure à la construction du mur contre lequel on les agença. La différence des deux appareils indique, du reste, ees deux époques ( 4 ). Un escalier à rampe droite donnait uu accès facile à l’horloger ou aux personnes chargées de son règlement ou de son entretien. Mais quels étaient, à l’origine, la forme et le décor de la cage renfermant le mécanisme? Nous l’ignorons. Il n’est actuellement permis que de décrire celle
(I ) Voyez atosi le plan, figure î.