MOYEN AGE — XIIIÏ* XIV 1 ET XV* SIÈCLES - PUITS SACRÉS
emploi qu'on ne sa u mit contester, nous allons, dans cette seconde division de notre notice , essayer de suivre son histoire à travers les Ages.
I. 'établissement du puits sacré semble appartenir aux premiers siècles du Christianisme; du moins, on pourrait le supposer par la conservation de plusieurs monuments de relie espèce qui se trouvent encore dans quelques basiliques latines. Dés fine époque Tort ancienne, l'Église en avait donc établi l'usage; et ce fut, selon toute vraisemblance, pour un but particulier et avec une intention toute spéciale, qu’elle en provoqua la création. Mais, par une de ces fatalités déplorables, l’origine de cette institution demeure entourée d'un certain mystère dont on ne peut soulever le voile par la lecture des écrivains ecclésiastiques; car, la plupart d'entre eux so taisent sur ce sujet , et le très-petit nombre de ceux qui en parlent, disent à peine quelques mots qui sont, hélas ! beaucoup trop insuflisants pour nous renseigner sur ce point. Tout ce qu’on peut en induire, c’est que cette classe d'édicules remonte è l'établissement do l’Église, où elle remplissait, dès lors, une fonction parfaitement définie par elle.
Sur quelques points des catacombes de Rome, on remarque certaines oxcavalions, taillées et remplies d'eau, que des particularités, telles quo leur disposition ou le sujet des peintures décoratives, autorisent à considérer comme des réservoirs ou des piscines dans lesquelles on dut, à l'origine de la religion nouvelle, administrer le baptême par immersion. Nous voulons parler surtout d’un endroit qui se trouve dans le cimetière, dit de Saint-Ponthien (I).
(I) Bosm, ttoma lotterranra ; pog. 1(6, t3t et <37. — Skoci d'Acimwbt, llnl de l’Art; .4rchitrçturr . pl uni, (ig. I, i cl 3. — PfcMtcT (L.), li** Catacombes de Homo, etc. ; Yul. III , pl 50. — Ce dernier livre, dont le mérite égale la science, el qui n fait une « grande sensation , nou» parait destiné à produire une révolution immen.se dans l histoire et l’archéologie, où il doit ouvrir des horizons nouveaux; car, il est non-seulement appelé è éclaircir un certain nombre de questions relatives à l'établissement du Christianisme, mai» à élucider aussi plusieurs point* particulier» de la marche générale de l'art, surtout en ce qui concerne les origine» de l’art chrétien. En effet, on. le veut, là, au moment où il prend son point de départ dans les procédés techniques de l'anUquité et à une époque où les deux civilisations, polythéiste et chrétienne, marchent, comme les deux arts, sur une ligne parallèle; cette partie de l'ouvrage e»l toute une révélation sur laquelle on ne saurait trop appeler ratlenlion. Mais, ce qui doit exciter l'intérêt , ce sont les questions si importantes et si nouvelles qu’il doit soulever par la publication des planches relatives aux disposition» architecturales H aux meuble» religieux dont la destination remonte i l’origine de l'Église. Que dire encore de toute celte suite de peintures , remplie» des plus précieux documents sur les mœurs ou les costumes, et dont les plus anciennes Offrent, sous le rajqiort de leur caractère, des compositions et des motifs d’umempnUi qui paraissent empruntés aux œuvres de l’art antique; enfin, on ne saurait , selon nous , donner osse* d éloges à la reproduction de. cette précieuse collection d'objets de tout genre, naguère déposes aux Catacombes , et mainienaul réparti» dan» les principaux musées de l'Europe, tels que : inscriptions, verres peint* et doré», lampe», vases, anneaux, pierres gravée», etc., dont le plus petit monument offre au chrétien, à l'archéologue ou a l'historien, tant et dr si graves sujets d'investigation ! Aussi, peut-on, à bon droit, proclamer ce livre l'un do» plus important» qui aient été produits jusqu'à ce jour. Mai», si la publication d'un tel ouvrage doit être considérée comme un grand hienfait pour la science, on ne saurait méconnaître que la part réelle de gloire et de mérite qui revient à non auteur ne doive évidemment être proportionné à la grandeur de l'œuvre elle-même, — Jusqu'en CM dernier» temps, l'on n'avait pu savoir, par les ouvrages, ce qu'étaient ees auguste» Catacombes de la Home chrétienne. Un homme de cœur, un artiste religieux s’est dévoué, qui a voulu combler cette lacune ; et. avec qpuc foi et ce courage qui ne lui ont jamais fait défaut, il a entrepris et achevé la lâche qu’il s’était si pieusement imposée. Dire ce qu’il a fallu de force et de persévérance pour réaliser une telle pensée est chose presque indicible ; car, pour mener à bonne fin un travail qu’auraient abandonné le» plu» robustes, il fallait, à chaque instant, faire prouve de cette foi chrétienne et de ce sentiment d'artiste qui rornprend la valeur de son œuvre; aussi, l'a-Uil exécutée d’une manière â désespérer, par sa scrupulcua* exactitude, tout nouvel explorateur! — El maintenant, prendrons-nous la peine de disculper le savant archéologue d’une accusation dont on voudrait fort injustement le charger? Évidemment, non; car, on ne saurait admettre, qu'appréciant , comme lui, le mérite de ci*» peintures, il ail voulu, nouveau l.cp»iu», détruire, méchamment et avec intention, des œuvre» qu’il s'était, au cunLraire, donné pour mission de conserver et de transmettre à la postérité. Selon nous, Tl ne faut voir, d#m» tout ceci, que l'action sourde et ténébreuse d’une basse jalousie. (Octobre 1852.)
PUITS SACHES, DANS I.ES CATHÉDRALES DE RATISBONNK, etc.
Là , se voil une espèce de large bassin, rempli d'eau et creusé, en contre-bas du sol, à une profondeur très-convenable pour recevoir, dans son intérieur, un ccrlain nombre de néophytes. Des peintures murales, parmi lesquelles se trouve le baptême du Christ dans le Jourdain, décorent lis parois supérieures de cette sorte de cuve, qui parait avoir été l'un des baptistères de l’époque. Mais, on doit remarquer que ce bassin était alimenté d'eau vive; et celle observation nous conduit à signaler un fait qui se rattache à la question de nos recherches concernant la provenance de l’eau employée par l'Église : c’est que, dès rétablissement du Christianisme, les ministres en avaient déjà choisi une pour l'administration du baptême; car, l'eau de ce bassin, au lieu d’être apportée de l’extérieur, était, au contraire, produite par le sol des Catacombes, c’est-à-dire, par un endroit sacré aux yeux des Chrétiens, puisqu'elle sortait d’un des points contigus de ce baptistère. Tonl porte à croire qu'en cette circonstance , l’Église voulut, pour ses desseins, profiler d’une condition ou d’un état géologique qui s'offrit tout naturellement à elle, lors de l’excavation de ces hypogées; et qu'elle fit tourner, à une destination sainte, certaines sources qui traversaient les couches de terrains, en faisant creuser, sur le lieu où elles soutdissainnf, des espèces de réservoirs qu'elle destina spécialement au baptême. Or, il semble acquis à la science que ce choix , dès les Catacombes, d’une eau, tirée d’un sol sanctifié, implique cette grave présomption : que l'Eglise dut prendre aussi les mêmes décisions à l’égard de sa provenance, lors de son triomphe définitif. C'était , selon nous , un point essentiel qu'il convenait d'élablir. — Quoique nous acquérions, par ce fait, un document précieux concernant l’origine de l’eau primitivement consacrée au haptêmc, on n'y découvre cependant aucune notion relative à celle qui était affectée aux autres cérémonies religieuses; à moins, toutefois, ce qui parait assez vraisemblable, qu'elle ne fût aussi tirée de la même sourco. Cette série d’observations nous |>crinet de conclure que l’espèce de monument construit, appelé du nom de puits sacré, ne fut point érigé dans l’intérieur des Catacombes.
Si le doute peut, avec quelque raison, se produire relativement à l’existence de ces puits dans les premiers sanctuaires chrétiens , il n’en saurait être do même à l’égard de leur piésence dans les basiliques latines. En effet, du moment où le Christianisme put librement professer ses dogmes et prendre de l’extension, il dut sans aucun doute, par l'institution de nouvelles cérémonies, accroître les pratiques extérieures du culte; et, dès lors, naquit un certain nombre de monuments nouveaux, parmi lesquels on peut citer le puits destiné à fournir l'eau qui devait jouer un si grand rèle dans les rites de l’Eglise latine C’est, du moins, ec qui ressort de l'exploration des plus anciennes basiliques, situées à Rome, à lielhléem, etc. Des mesures de précaution, jointes à des idées d'art, en firent couronner l’ouverture ou la partie supérieure par une espèce de clôture en construrlion à laquelle ou a donné le nom de margelle.
Cet usage du puits fut-il introduit dans les églises de l’empire d'üricnl, érigées depuis le règne «le Justinien 1 C’est là une question qu’en l'absence des monuments de l’art, nous ne pourrions trancher; car, aucun des édifices religieux, si improprement qualifiés de byzantins, dont les plans ont élé publiés jusqu'ici , no parait en avoir eu dans son intérieur. Doit-on en conclure que son emploi avait élé repoussé par l’Église grecque? Nous aimons mieux croire qu’il exislc à co sujel, dans quelques ouvrages liturgiques ou autres, certains documents que nos investigations de laïc n’ont su découvrir. Mais, dans tous les cas, ou ne saurait prendre au