‹ L'Architecture (volume 2)Chapitre 78 sur 97 · MOYEN AGE — XIII' , XI Y* ET XVI SIÈCLES — PITTS SACRÉS · texte numérisé non relu

MOYEN AGE — XIII' , XI Y* ET XVI SIÈCLES — PITTS SACRÉS

eonvonablo , il nous parait utile de généraliser la question en rapprochant momentanément ici deux espèces d'édicules qui, par l'analogie de leurs forme* et de leurs dispositions, appartiennent à la même famille.

L’étude du puits, ouvert pour les besoins de la société, ko présente à l’archéologue sous plusieurs aspects, suivant ses destinations, religieuse on civile, qui , l’une et l'autre, ont donné naissance à des variétés nombreuses de compositions architectoniques dont le caractère et les éléments furent, sous le rapport de l’art, empruntés aux différentes phases que subit ^architecture pendant le cours de son existence.

.Comme on le pense bien, ce ne peut être de la partie géologique et hydraulique que nous voulons parler ici; car, toujours creusé dans le sol et cache aux regards , son conduit ascen- , sionnel, à quelques exceptions près, a fort rarement donné lieu à des constructions qui méritent d’être signalées. C’est donc de l’édicule, construit pour la facilité de l’extraction de l’eau dont nous aurons à entretenir nos lecteurs; d’où découle la division Coule naturelle de l’élude des puits en deux classes ou espèces de monuments : I * celle des puits religieux ou ecclésiastiques , et 2” celle des puits civils, qui se subdivise, à son tour, en deux autres sections : les puits publics, érigés sur les places on dans les rues, et les puits privés » nu domestiques qu’on construisait dans les monastères, les palais, les châteaux, les mai-

sons , etc.

Ces différentes destinations rappellent autant d'usages , d'emplois ou de coutumes dont il était bon d'indiquer sommairement ici les principaux, nous réservant de développer, plus tard, le but spécial de chacun d'eux , lorsque nous les étudierons séparément.

Cependant, il faut avouer qu’à part leur destination particulière qui les caractérise, on ne saurait, fort souvent, établir de différence bien notable entre les puits religieux et les puits •

civils; car, leur construction offre une grande ressemblance. La seule distinction qu’on puisse réellement signaler, consisle, pour les puits civils et publics, en ce que ceux-ci ont clé quelquefois pourvus, pour la facilité d’un plus grand -nombre de personnes, de plusieurs jeux de poulies, tandis qu’on n’en voit généralement qu'un seul appliqué aux puits ecclésiastiques.

Indépendamment de l’examen du puits sous le rapport de ses destinations, religieuse ou civile, cetto classe de constructions demande encore à être étudiée sous celui des formes et dos dispositions architecturales. Considéré à ce point de vue, le genre de monuments, qui fait le sujet , de celte notice , apparaît sous deux aspects : d’abord , comme simple parapet ou margelle, construit à son oriGce extérieur dans le double but de faciliter l’extraclinu de l’eau, et de prolégcr contre les chutes ceux qui la tiraient; puis, à l’état d édicule (1), surmontant l’ouverture dont on vient de parler : deux questions distinctes qui, bien quo se rattachant l'une à l’autre, demandent néanmoins à être disjointes et traitées séparément.

Mais, posons d'abord ce fait en principe, que si la margelle, comme emploi el forme, remonte à l'antiquité, le puits à couronnement semble, au contraire, une innovation qui appartiendrait plus particulièrement au moyen âge.

Quoique ces delà ils généraux et préliminaires surl'histoire de la construction érigée à l'orifice

(I) A celle seconde classe ou division se rattache encore une dernière variété de l'étude : nous voulons parler des ai matures en fer qui ont aussi élé adaptées aux puits religieux; mais, nous réserverons c* sujet pour le chapitre des l’vlVX ci bi.u - st antvés , où nous essaierons de le traiter avec quelque développement

PUITS SACRÉS, DANS LES CATHÉDRALES DE RATÎSBONNE, etc.

des puits , soient de nature à pouvoir être appliqués à presque tous les monuments de cette espèce, nous ne traiterons cependant ici que de celui qui fut destiné à fournir l'eau employée dans les cérémonies de l'Église (I), et nous renvoyons, pour l'étude du puits civil ou domestique, à la division spéciale de notre ouvrage qui le renferme.

Partons, d'abord, des formes ainsi que du système d’extraction qui ont été appliqués au genre particulier do construction qu'on a désigné sous le nom do margelle (2). — Déjà, nous avons dit qu’on entendait, par cette désignation, une espèce de barrière, placée à l’orifice supérieur du canal ascensionnel des puits, dans le double but de protéger, contre les chutes, ceux qui on faisaient usage, et de faciliter, à l'aide d’un appui, la prise de l’can à l’intérieur. Maintenant, on doit ajouter que, dans les églises, cette clôture consistait en une composition assez diversement construite : ainsi, on la formait ou d’une large pierre dont on évidait le centre, ou d’une construction à l’aide d'éléments juxtaposés, ou bien encore d’un assemblage de pièces de bois ou do barres de fer, qu’on disposait toujours, plus ou moins artisteinonl, selon des règles géométriques. Les formes qu’on donnait, le plus généralement, à ces margelles, présentaient, soit qu'il s'agisse de l’équarrissement ou de la taille d'une seule pierre, soit qu’elles consistassent en une construction ou en une œuvre de charpenterie ou de ferronnerie, présentaient, disons-nous, celles d'un rectangle, d'un cercle ou d'un polygone; quant à leur décoration , elle était presque toujours extérieure ; c’est-à-dire, qu'on en ornait les laces apparentes de moulures ou de panneaux sur lesquels on faisait, selon les circonstances, entrer la sculpture d’ornement et do ligures, dont le caractère accusait celui des différentes phases de l’art qui était en vigueur à l'époque de leur construction.

Il y a tout lieu de croire que, dès une époque fort ancienne, on ne bornait plus l'extraction de l’eau au seul procédé d’un vase qu’on descendait à l'aide d’une corde, pour se procurer le liquide, mais qu’on y employait déjà, pour plus de facilité, l'intermédiaire d'un agent mécanique. La machine dont nous voulons parler repose sur un principe qui avait été découvert par les anciens et qui est encore en usage, de nos jours, sous les noms particuliers de poulie et de treuil. — Bien que les quelques margelles de puits, dont on croit pouvoir faire remonter l'origine aux premières basiliques latines, ne présentent pas l’application de ce système, nous ne serions point éloignés d’admettre qu'elles en aient été pourvues dis, lors, aiusi que nous essayerons do le démontrer ailleurs (3). Cependant, nous devons, dès à présent, établir cette distinction : que si le treuil parait devoir s'appliquer plus spécialement aux margelles , la poulie semble convenir beaucoup mieux aux édicules de couronnement; loute-

(t! Nous rappelons a nos lecteurs qu'il y avait peu do temples, cites les Péiasges, les tirées, lus Humains, «ic , qui n 'eussent, près ou dans leur enceinte, quelque puits sacré dont les eaux servaient aux ablutions et lustrations. (Voy. Pinte tu : Paient tarer agrt tumonlensis, etc.)

(ij Selon Ménage, ce nom viendrait du mot lali nmargetta, diminutif du radical margo, marglnis; et il en donne, comme preuve a l’appui, ee passage fort connu de Phèdre : ■ Quum decidistet vutpii ta puleum inseta, — et althre clauderetur - marginr »; mais, souvent altéré et modifié, ee mol, après avoir subi les transformations successives de inarglola, margéole, mardetle et marelle, recul définitivement l'urttrugraphe protente. — Dictionnaire èlgmoiogique de la tangue * française , etc.; édit, de ( 691 .

(S) Voyat, rions ctt ouvrage, te chapitre consacré aux Pvits pcaucs et piuvis.

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