PÉRIODE MODERNE — XVI* SIÈCLE — FONTS BAPTISMAUX
ou la génie des artistes. Or, cette remarque fournit à la science deux notions qui méritent d'être consignées ici : d'abord, qu’il faut voir, dans cette persistance dos formes, comme ' une sorte do preuve de l’unité perpétuelle de l'Église, et, dans le second cas, qui concerna surtout la disposition et l'ornement, uno conséquence immédiate de la marche incessante des progrès de la civilisation. Et ainsi sc consommait, dans un mutuel échange, cet accord constant de l'Église et do l'art; car," celle-ci, (ont en continuant, dans son auguste immuabilité, l'emploi de monuments qu'elle avait consacrés et dont les dispositions répondaient à ses besoins, savait encore tolérer, suivant les siècles, des modifications purement décoratives mais qui n'en altéreraient, au total, ni la nature, ni la forme. — Deux disposions principales avaient spécialement été adoptées pour la constitution du monument destiné à l'administration du baptême : celle de la cuve posant sur le sol et rappelant, d’une manière indirecte et un peu détournée, la piscine des catacombes ou dos premiers baptistères chrétiens, et celle du fonte pèdiculé qui marque un temps où l'Eglise, appréciant l'inopportunité du haptèmo par immersion, crut devoir le rcmplacor par celui de l'infusion. Bien que fort convenables d’ailleurs au but qu’elles devaient remplir, ces deux dispositions parient, on le voit, assez haut par elles -mêmes, et elles rappellent à l’esprit tonte une série de faits qu'il est du devoir de l'historien et de l'antiquaire d'évoquer et de faire revivre. Cependant, nous n 'en dirons pas davantage; il suffit, pour l'objet du nos recherches , d'indiquer brièvement la, notions qui peuvent se rapporter à celte classe de monuments. Au reste, notre rèle consiste beaucoup plus à traiter de la partie architecturale, qui soulève do nombreux points d'étude, qu'à entrer dans le détail de considérations historiques qui nous écarleraiont de notre plan et nous entraîneraient fort loin.
Aucun changement notable n'ayant été introduit, au XVI* siècle, dans les cérémonies relatives au baptême, les fonts, tels qu'on les avait conçus jusqn’alors, restèrent à très-peu près les même# et ne subirent de modifications que dans la partie qui a rapport à l'art; aussi, doit— on s’attendre à y retrouver des dispositions qui rentrent plus ou moins dans les formes que nous avons décrites; mais, comme plusieurs de ces compositions renferment, en elles-mêmes, des particularités qui nous semblent de nature à intéresser la science, noos nous sommes fait un devoir d'en publier quelques-unes dans ce recueil, où tout ce qui représente une phase et des Iransformations doit avoir sa place marquée.
Afin de donner une idée de ce que furent les fonts do la Renaissance, nous en avons choisi certain» spécimens parmi les différentes espèces , et nous les avons pris avec intention sur divers points de la chrétienté, comme marquant plus spécialement l’état particulier de l’art en ces lieux à l'époque de leur création; ces exemples représentent, à peu près, les principaux systèmes de compositions qui oui été produits an XVI* siècle.
L'on n'attend point, sans doute , que nous entrions ici dans l’analyse minutieuse de tontes les parties architecturales et décoratives qui composent ces fonte : elle n’offrirait guère que dos redites, puisqu'on ri'y voit que des éléments connus et fréquemment employés à cette époque.
Au reste, le principal molif qui nous ait porté à faire connaître ces édicules tient exclusivement à leurs formes, dont les variétés paraissent devoir nous renseigner pins on moins complètement sur les singularités de cette question. Quant aux caractères de l’art, on y retrouve ceux do l'Italie, de l'Espagne et de la France aux différentes divisions du XVI* siècle, et ils nous fournissent dos indications précieuses sur sos transformations dans chacune de ces