FONTS BAPTISMAUX, A SIENNE, GIRONE, PARIS ET BERCY
contrées; car, produits à différentes dates et par des écoles diverses, ces fonts n'ont pas tous la même valeur, et leur comparaison indique à l'oeil exercé des différences qui traduisent sa situation sur plusieurs points à celte époque.
Fonts baptismaux, dans la myrte de l'Eomse -cathédrale, A Sienne. — Quelque gracieuse qu'elle paraisse au premier aspect, celle composition semble néanmoins une do ces bizarreries dont on a peine à comprendre le sens, surtout lorsqu'on cherche, par l'examen, à se rendre compto de la pensée qui a pu diriger l’artiste; et cela, parce qu'elle présento, on ne sait pourquoi, l'étrange assemblage des deux dispositions du monument baptismal, combinées en un seul et même édicule. En effet, à la partie inférieure, se voit une espèro de cuve, posant sur des degrés et rappelant, comme au baptistère de Fisc et à Saint-Jean-in-Fonle, à Vérone, celle des premiers temps du christianisme, tandis que, de son centre, s’élève un autre construction, ayant une grande analogie avec les fonts pédiculés à couronnements mobiles (I), son enscmblo se composant aussi d'une base, d'un réceptacle et d'un couvercle auquel il ne manque que la mobilité pour compléter le rapprochement; mais, il faut le dire, autant celle dernière espèce de fonts avait et a encore sa raison d'étre, autant notre construction centrale, par son double emploi avec la cuve et par son immobilité, nous parait surabondante et même illogique. On comprend que la matière dont ce monument est constitué, le marbre, dut priver son couronnement de mobilité; mais, ce que nous blâmons, c'est sa condition, qui le rendait sans emploi et le restreignait à l'unique et triste rôle d'un ornement décoratif, dont les fondions ne répondaient à celles qu’indiquait extérieurement sa forme; aussi, fut-ce, selon nous, une idée très-malheureuse que celle d'avoir voulu faire un composé de deux monuments d'une même naturo, dont l'un, quoique offrant en apparence toutes ses parties constitutives, ne pouvait cependant, par son immobilité, remplir les fonctions inhérentes à son office. En résumé, les fonts de Sienne paraissent le résultat des combinaisons d’un artiste qui cherchait beaucoup plus un agencement propre à déployer les effets du décor qu’à produire une retivro basée sur la logique; et telle est la conviction qu'on acquiert lorsqu’on jette les youx sur son ensemble, puisque ce système se trouve également appliqué ot dans l’architecture et dans la sculpture. Gomme éléments particuliers do celle dernière, uous ferons remarquer qu'il y introduisit, avec uno intention symbolique sans doute, des bas-reliefs relatifs au baptême, la figuro du Précurseur, de petites statues représentant des prophètes, celles des Vertus et un certain nombre d’anges, traduits selon les idées fort peu liturgiques du XVI* sièclo, c'est-à-dire dans un état d'entière nudité; enfin, plusieurs inscriptions, se rapportant à des textes sacrés, complètent cette décoration. — Uo plan de ces fonts décrit la figure d'un hexagone.
Fonts baptismaux, dans l'eslise cathédrale, A Girone. — Sous un certain point do vue, la disposition de ce petit monument semble dériver de la précédente. On dirait que la cuve a été enlevée du sol et placée sur une espèce de base d'une dimension peu considérable , mais dans le but de la rendre plus convenable au baptême par infusion, qu’avait adopté l'Église. Toutefois, il paraîtrait que l’artiste, par une préoccupation assez étrange, dut, très-vraisemblablement, se tromper lors de sa composition; car, il lut donna des proportions trop importantes, et l'on fut obligé, par suite de sa hauteur, de placer le pédicule dans une espèce d'ouverluro ménagée eu contre bas du sol, de manière que la partie supérieure du fouis ne génàt pas les
(I) Voyez notre monographie des Fonts baptrsmmiT , dan » t'élise de SainFMortie , à Hai.