PÉRIODE MODERNE — XVI* S1ÈC1.R — FONTS BAPTISMAUX
mouvements <]u prêtre ou (lo l’officiant. — Le plan de cette cove et de sa base affecte la forme d’un dodécagone dont les côtés présentent, à la cuve, de très-légères courbes intérieures. Sa décoration mérite encore de fixer notre attention; elle se divise en deux ordres ; celle des différentes faces de la enve et celle de la partie inférieure. Dans la première, se voient des niches où sont disposées les statues des douze apAlres; la deuxième est assez bizarre : on y remarque surtout des figures barbues et ailées , ayant le corps couvert d'écailles et ressemblant à un poisson; ces figures, dont la présence serait assez bien justifiée sur ces fonts, ont peut-être un sens symbolique; enfin, une abondante végétation vient harmoniser les diverses parties de cet ensemblo. Je ne parle pas du caractère de l'art; il accuse, comme ou voit, une époque diqà avancée du XVI* siècle. — Cet édicule est on marbre blanc.
Fonts baptismaux, a Pabis et a Bebcy. — La forme de ces fonts pourrait, à la rigueur, passer pour la contrc-partio do ceux de Cironc; car, à l’inverse de ces derniers, le pédiculo devient beaucoup plus important que ta cuve. Ainsi, celte disposition semblerait comme une espèce de variante du fonts pédiculé, mais avec cette différence que le réservoir disparaît presque [tour ne laisser apparaître que la l>ase, dont les proportions atteignent un développement considérable. Cette diminution de la cuve était, sans aucun doute, une conséquence de l'adoption du mode do baptême par infusion, mode qui exigeait fort peu d'eau et ne réclamait, par conséquent , qu’un assez petit réceptacle. On exhaussa donc le réservoir en diminuant sa capacité, et on le mil sur un pédicule qui lui donna de l’élégancc; ce fut, du moins, le cas le plus ordinaire pour les fonts depuis les Xllt et XIIR siècles. Mais, à cette particularité, ceux de Paris et de Bercy en joignent une autre qui n’est pas moins digne d’ètre signalée à nos lecteurs : celle d’avoir abandonné les formes générales du carré, du cercle ou du polygone, pour adopter la figure de l’ellipse que les artistes de celte époque et dos siècles postérieurs employèrent assez souvent. Bien que l'application de celle forme ait parfois donné naissance à des compositions assez peu usitées jusqu’alors, il ne s'ensuit pas que son emploi fût exclusivement l'œuvre dos artistes de lu Renaissance, puisque, bien des siècles auparavant, ceux du moyen Age l’avaient déjà pratiqué d'une manièro plus ou moins caractéristiqne. Ainsi, la cuve baptismale du l’église Saint-Martin à Cologne, colles de la Rochc-Guyon et de Limay, les fonts de l'église de Sainte- Croix à Provins et plusieurs autres encore prouvent, par leur analogie, que les praticiens du XVI* siceffc la trouvèrent, peut-être, dans des monuments qui leur étaient antérieurs et dont ils ont pu s’inspirer; or, ces citations, qui attestent plus ou moins l'application de l'ellipse dans la disposition des fonts baptismaux, tendent à établir que cette forme avait été employée dès les siècles précédents. — Nous venons de citer quelques exemples de fonts composés sur la figure plus nu moius déterminée de l’ellipse ; il faut maintenant compléter nos indications eu ajoutant qu'ils furent comparativement boaucoup moins nombreux que ceux établis sur les autres formes. Une semblable rareté dut très-probablement avoir sa cause, et nous pensons qu’on pourrait la trouver dans quelques considérations qui tiennent à son essence, telles que, parcxemplo, des dispositions pou convenables aux cérémonies du baptême, ou bien encore sa condition particulière qui présentait quelques difficultés pour l'agencement de la décoration. Celle forme, appliquée aux fonts, étant, par sa nature, une des singularités du genre, méritait certes uno place dons notre recueil , dont le but consiste surtout à faire connaître les variétés ou principales modifications dans l’espèce. Ainsi, ce qui intéresse dans les monuments de celle famille, c'est beaucoup moins leur ornementation, qui peut avoir sa valeur, que leur