MOYEN AGE. — XI' ET XII* SIECLES. — AUTELS A COLONNES
dant de longs siècles; aussi, le vit-on dans le sanctuaire jusqu’en l'année 1686. Mais, lors d’une reconstruction , Rodolphe Auguste le fit transporter devant le tombeau de la donatrice; colin , en 1 707, le duc Antoine Ulrich le remit à sa place primitive, et il y resta jusqu’en 181 3, époque où on le mil à l’endroit qu’il occupe présentement.
Cet autel est composé de cinq colonnes creuses en fonte de bronze , divisées chacune en trois pièces qui s’emboîtent. La colonne centrale est plus grosse que les autres. Elles supportent une table d’une espèce de calcaire coquiller. Un socle , en une autre variété de marbre , leur sert de base ou de soubassement. — Nous avons dit que quatre des cinq colonues avaient renfermé des reliques. La coupe de la colonne centrale fait voir comment on put les placer. Elles y restèrent jusqu'au commencement du XVIIIï siècle, époque à laquelle le duc Antoine Ulrich les donna aux moines de l’abbaye de Corvey. La colonne médiane renferme encore l’inscription de dédicace.
Ces colonnes sont très-remarquables comme œuvre de fonte et comme, travail de plastique. Sous le premier rapport , les chapiteaux ont une grande importance et ils méritent surtout d’ètre signalés, parce qu’ils indiquent l’état de cet art sur ce point particulier de l’Allemagne. On y découvre déjà une certaine habileté dans l’exécution des moules et dans l'opération de la coulée ; des parties entières se détachent de la masse et forment comme autant de saijlics ; enfin, il parait évident que le travail de la fonte esl ici en progrès. Cet art touche, d’ailleurs, à une époque mémorable par la valeur de ses produits religieux et artistiques; car, uous allons lui voir domier naissance à ces candélabres, à ces lampes, à ces couronnes de lumières, à ces encensoirs, etc., à cette multitude d’ustensiles de tout genre qui, au XIII' siècle, vont, avec la sculpture et la peinture, constituer les plus beaux ornements de l’église. — Au reste, le mérite de ces colonnes n’a rien qui nous surprenne , et tout porterait à croire qu’elles ont été exécutées par l’un des descendants de l’école artistique de llildesheim. Faut-il rappeler ici les noms de Bernward, de Godehard, etc., qui furent en même temps de puissants prélats et de célèbres artistes ; leur iuflucuce, on le sait, eut presque une aussi grande action pendant leur vie qu’après leur mort. Nous aurons assez souvent l’occasion d’en fournir la preuve lorsque nous décrirons certaines œuvres de fotdc ou autres, qui nous semblent procéder, en ligne directe, de cette savante école. Je me borne, pour le moment, à cette simple induction que le groupement des pièces, jointes aux faits historiques, nous permettra, je pense, de pouvoir établir.
Considéré en lui-même et relativement aux autres, cet autel nous semble d’une grande élégance de composition, de forme et d'exécution, qualités qui se trouvent assez rarement réunies à cette époque , et je ne serais point éloigné de croire, par ces motifs, que l'auteur se soit inspiré de quelques monuments romains. Les aigles surtout paraissent avoir un certain caractère antique que l’artiste du XII' siècle a bien pu altérer, mais dans lequel percent encore des traditions plus ou moins bien rendues; enfin, on pourrait encore trouver dans ces aigles quelque rapprochement avec ceux des Anymles ou des Auguslalet de l'empereur Frédéric I" (1 197).
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