‹ L'Architecture (volume 2)Chapitre 90 sur 97 · CHAPELLE ARDENTE · texte numérisé non relu

CHAPELLE ARDENTE

A NONNRURG, PRÈS SALZRURG

L’Église eut, on l'a dit, plusieurs espèces ou degrés de cérémonies funèbres, et elle avait, pour celles-ci, consacré l’emploi du luminaire, qui donna naissance à divers genres ou classes d’ustensiles destinés à le porter. Nous ne répéterons point ce qu’on a dit à l’égard des motifs qui ont fait adopter cet élément dans les rites ou pratiques du culte. Je me bornerai à appeler l’attention sur un seul point et sur un seul objet : les cérémonies funèbres des grands personnages et le monument propre au luminaire. Mais, en abordant cette question, il faut encore faire celte remarque : qu’il ne nous est point permis de généraliser, je veux dire d’entreprendre une élude ou une histoire dont Tes chapitres exigeraient la publication d’un certain nombre d’exemples. Nous nous sommes donc limité à quelques mots, lorsqu'il y aurait' cependant matière à une longue analyse ; car, on connaît, soit à l’état de reproduction dans les miniatures, soit à l’état de monuments conservés, toute uue série de pièces et d’œuvres qui établissent les phases et transformations d’une idée, traduite par l’art pour les différents

besoins des usages funèbres. -

A l’aide de ces exemples, on peut, dès à présent, constater que ce genre d’édicules fut de deux espèces : provisoire, c’est-à-dire momentanément élevé pour le jour des cérémonies, ou fixe, c’est-à-dire construit, d’une manière stable, au-dessus du tombeau ou du sarcophage du défunt. Dans cette dernière condition, il est assez vraisemblable qu’indépendammeut du jour des funérailles, on y allumait encore un luminaire à certaines dates, soit celle de la commémoration, soit d’autres qui nous sont inconnues.

L’édicule que nous avons fait reproduire ( , ) appartient à la classe des monuments fixes, c’est-à-dire qui ont été élevés sur la tombe ou sur le sarcophage d’une personne éminente. Il a fallu beaucoup détalent pour arriver à le reconstruire; car, il n’en reste que les deux fragments compris dans les ponctués. Cependant, grâce à des indications ou traces retrouvées sur le sol de la chapelle, on a pu déterminer d’abord son importance (voyez le plan), puis ses dispositions, .

et arriver, enfin, à l’aide de conjectures, à une restitution qui nous semble, fort vraisemblablement, s’écarter très-peu de ce qu’il dut être. Pour cela, on possédait des éléments qui donnèrent

( t ) Nous on devons la connaissance ainsi que la communication à notre excellent ami, U. T.-H. King. Ce docte et infatigable archéologue a déjà doté la science de plusieurs grands ouvrages extrêmement précieux par tes documents qu’ils

renferment. Nous signalerons, entre autres, sa hetle publication sur les ouvrages en métal, et, surtout, son important re- a

rueil sur les monuments religieux et civils des Xlïl* , XIV* et XV* siècles.

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