‹ L'ArchitectureChapitre 23 sur 54 · MOYEN AGE. — XIII'; , XIV' ET XV^ SIÈCLES. — ÉGLISES CATIIÉOU.M.ES · texte numérisé non relu

MOYEN AGE. — XIII'; , XIV' ET XV^ SIÈCLES. — ÉGLISES CATIIÉOU.M.ES

ruines encore irrfparées, vil avec peine l'élal «le ta royale «tglise. Il accoiHla, pour sa rcconslruclion, une somme considérable à prendre sur l'inipAl du sel. D’aulrcs rois prolonyèreul, après lui, celle généreuse eonci'ssion. Les ouvriers purenl Iravailler avec; aelivilé. La luilure fui rceouverle de plomb; loules les cloches furenl réuuii-s dans les dens loiirs du poiiail. I.es clochers, qui décoraient le.s bras el le cenire du IranssepI, devaienl éli e rétablis. Des marchés furent débattns i celle inicniion. Les bois furent ap|>orlés el déposés ilans l'inlérieiir de l'église. Le chauoine Cocqnaull conslale qu'ils y élaicnl encore dans les premières années dti K'gne de Louis XIV. .Mais ou recula derani les dillii iillésde rentreprise, et l'ou niiil même par y renoncer. — I a loilure, mal refaile cii I iS j, fut raccommodée en 1 487. Jean Rogier, uialire plombier, dirigea les nouveaux travaux ^ el posa la crélc du comble, qu'il composa de fleurs de lis et de Irèflcs en plomb doré, placés allernalivcmcnl. — Ijt [Arlie supérieure de la façade du croisillon méridional du trans-sept fui rebAlie en 1501. I eSagillaire, qui se dresse è son sommet, fut remis en place en 1 502. — En 4 500, des fonds accordés par Louis XII furent employés à rclhire le pignon du croisillon septentrional du Iranssept; mais, -en 1515 seulement, on se décida à tei^ miner, par des toits, le sommet des tours du portail. Jusqu'alors, elles avaient attendu les bailles flèches dont lloberl, de Coucy, voulait les couronner. Depuis celte époque, l’édifice u’a plus éprouvé de mollifications dans sou ensemble, cl nous le voyons aujourd'hui tel que l’a vu François I". a

Ici, vient tout nalurellement se placer une question importante : celle de l’auteur ou du créateur d’iiti aussi splendide édifice. A en croire cm-lainc opinion , cet honneur doit être partagé entré plusieurs architectes, mais un surtout me semble y avoir imprimé un cachet d'ensemble el d’harmonie que scs successeurs eurent le bon sens de res[Micter, bien que, soiia le rapport de l’art, ils aient conliiiué la coiislruclioii de l'édifice dans la donnée el sous la pression des différentes phases que l’archileelure accomplissait dans sa marche à travers les siècles. Comme «m le voit, ce res[iecl eut pour effet de produire l'unité ilans la masse; les détails seuls, «pii revi'v tirent les formes propres aux siècles, changent et diffèrent. Cependant, si l'on devait s'eu tenir aux recherches d’un docte Rémois, l'auteur du plan de Notre-Dame ne serait pas Robert, de Coucy, mais bien les quatre autres arehitecles ipii travaillèrent sous ses ordres ou qui lui succédèrent. Cette opinion, il faut le dire, n’a malheureiisenieni qu’un défaut : c’est d’avoir contre elle les dates, les faits et jusqu'aux nionumcnts cux-niémes. Je passe volontiers sur les deux premiers points, et je me conleiile, comme preuve, du troisième, dont la valeur e.sl iiiconleslabic. ■ Je veux paHer du labyrinthe ou du dnlolni qui était établi sur le pavé de la nef centrale. • .Au milieu du labyrinthe de cette église ), dit Povillun Piérard, on voyait naguère, dans un large hexagone, une figure que l'on présume représenter l'arcliitecle qui en avait conçu le dc.ssin (le plan), et autour de cet hi'xagone était une inscription en carach'ires que le temps avait rendus illisibles. Aux quatre angles de ce dédains se trouvaient quatre figures (’) avec «les inscriptions pre.sque entièrement effacées. Au coin, le plus près de lu chaire, était représenté Jean Lelnnpqni fut le maître dfs mrraÿes durantîrize ans el qui cmnmeiira le portail. .A rmitrc coin, el du même c6té, était la figure de Caarher (*), de Heinis, inallre des ourraijes durant di.c-huit ans, qui travailla

l't) Voyra notre planche mprt'.^i.nlanl le plan qfnérnt ei l'une de noe plnnelies de l.nhyrlnthes.

tl) Elles représenlaienl quelques-uns di'S architectes qui avaieul eséculé tes ordres de itoherl, de Coucy. ou aoiienl continué son «Tuvre. {Ttnae. .Sutre-Vûme tte fieims, pape MJ.)

Ér.LISE CATIIKDIIAI.E DE NOTHE-DAME, A HEIMS. -

mtr vmissnirs et niij- pnrlailt. A l’autre oiicore, et vis^-vis, était lu figure; de U'rmril , itc

Snissons, (pii fil einij voiites et Iraraitia à In grande rose du iiorlail; il fut inaUre des mu rages durant trenir-cing ans. Au dernier coin, et à l'uppoâé de celui qui est près do la chaire, était la ligure de Jeun, d'Orbnis, tnaitre des mn rages. — Ce labyrinthe, n’a prubablemonl été conslruil qu’on I2i0, pour faire passer à la postérité le nom des habiles artistes auxquels on doit l’exécution de CO beau luoiiunient — Ainsi donc, ce seul examen nous donne la valeur de ropioion nouvelleineut émise, et l'on apprécie iieltenieul la part qui revient à chacun de ces artistes dans l’exécution de la cathédrale. A Robert, de Coucy, la gloire de la conception et delà ilircclion |H'in]ant sa vie, et, par conséquent, sa place au centre ilu labyrinthe; aux autres architectes, l'hnimcur d’avoir coopéré, d'avoir travaillé sous ses ordres et d’avoir plus ou moins cnusciencieusenieni suivi après sa mort les dessins du maître, et, dès lors, l’eniplacetueut secondaire qui leur est assigné aux angles du dédale. Ce labyrinthe, ou le voit, a, pour nous, la signification de la meilleure histoire, et, il dél'aut de textes ou de docupients, la seule jiosition donnée à ces artistes détermine .«ans conteste le rang que chacun d’eux occupa durant le cours de cette construction.

Il convient mainteuaut de dire quelque.s mots d’une poite établie dans la façade du croisillon septentrional du Iranssept et dont le caractère s’écarte un peu de celui des deux autres porches qui lui sont contigus. Pour se rendre compte de cette dis.seinblancc, on doit rap(ieler quelle était sa deslinutiou. Elle fut ouverte pour donner accès dans, les dépendances de lu cathédrale, c’esl-ié-dirc, dans le cloltie et les divers bAtimeiits voisins (*'. Donc, elle n’exigeait pas un grand luxe de décor; mais nous avons fait, au sujet de ce décor, une observation qui ii'e.sS peut-être |ias sans valeur : il présente une grande analogie de style avec celui (I) D’autiv;! itÎMiDt Guutliier.

i} m II aurait dvnc dâ âltv ri'ligieuitrtiH'tiL rr^]>pcié; continue FovilJon. Crpondiiul, en (779, ou chanoiae de In cjlhé* drjlo, nouitiiù Jari|iir>mar(, prubsihlofiu^id peu ami de» ttruVl contr;iric d(>ti courses cimllnuplle» <]ue les rnfanU et le«i curieusi faisaient autour de ce laliyrinltto. sacnlia I S ii 1 ,'»no fmnrs pour le ratre supprimer: on no peut sVinpiV'her d'clrt* surpris que le etaipiire d'alors ne m* soit [tas oppose à cette mutilation. « — «Ce chanoine Jar(|ueraarl eut, dit M. Tarbé, le phiisir de roir s<>s vœux satiiduiU. Le vieux Dedaiwt, uu.v historiques souvenirs, fut ivmplaci* par des ddlles de pierres toutes neuvi'S, tontes blanches et noires, mat.s muettes et sftfi-s MiNsiir Jacquemart put lire son biv^v ijirr sans dis*

truriion ^ mais il av'ait détruit l'unique monucneol elevé par la reconnaissance de Nrs devanciers à la mémoire des grands arrhitertes n'^moLs. (>n imin-ail le coriM'rver et intenlin* les counu's imiéernies. Le clergé du Wlil*. siècle siihis.<ait l’mfluence des idees de sou teitqis; if devait porter le pnuiiier coup à nos vieux txJiGces et donner l'excuifile Un démolitions. La réfornte de 1779 n'eut (MS même le «un de relever les figures aivhilerles et de les incruster dans les murs d'uno clwpelle. IVut-élre leurs restes re|H>saieat-ils sous cette nuisaïque! »

(3} Ums rorigine, les ehanoines vivaient et liubitaient <ui emiimun au cloître vol«in de l'éviVhé. Depuis, on y ajouta les bAliments tiècessiiirrs à l’administration du spirituel et du temporel, et ou réunit, dans un même rs]iacn. un preau, au milieu duquel était le cicnetiére des «lomestiqiies des chanoines; une bibliotltis^ue bâtie près de l'orgue de l'eglise; le logiunent du trésorier de Noire-DuAie. appelé le Tresor, H qui a duiinc le nom à la rue qui lui était adjacente; uu cartuiaire (oa duirtricrj attenant alors <i riiorloge du chœur do l'église; un chapitre contigu à la sacristie; dans le même terrain se trouvaient les pressmirs. et, plus loin, l'église de Saint-)(irlHd, jadis le réCtvtoire des ch.inoine». Pré* de ces lieux était le bailliage du rhapiire: à l’autre côté, tenant à l'église da ?aint-ÎHichol, était l'école de droit; le lieu dit le Predosa, où s'ussninblu'ient, chaque jour, les chanoines de la flDetropole. pour conférer des afiaires qui înieressiieQt lu chspitie, et où ils chantaient, après l'office de Prime, odui capitulaire, commenvunt jiar cas mots : Pr^tloso-in conspeetu Domini mort Saactorttm ejiu, et qui lui a fait donner le nom de Prefloia. Dans ce eJottre, qui renfermait tous les biliments, étaient k» prisons du chapitre «4 un caveau, punition infligée par la justice des chanoines à ceux qui étaient pris en délit sur 1rs terres du chapitre. Au coté droit de l'église cathédrale, est le p.i!ais de l'ardievéque, précédé d'une cour où était lo siège de roffictalib* ; le reste du terrain adja<'cnt comprenait les prisons de l’arclievéque. Derrière le palais esb une chapelle double. (Puvillon Piiaxan.)

fl.

MOYEN AGE. — .Xlll* , ,\IV‘ ET .\Vî SIÉGI.ES. — ÉGLISES G.VTUÉDRALES.

îles parlfës refaites dan.s la uef eeiUrale de l'église de Saiut-Renii, eu la niéiiic ville, et surtout avec les chapiteaux. Or, cette siinililudc nous porterait à une conjecture -: Y eut-il à la porte de Notre-Dame iullucoce de Tart de .Sainf-Uemi ou réciproquement î Quant à Tarcliitecture de cette partie de l’édiOce, un peut supposer que l'artiste la commença dans des vues qu’on abanilonna pour quelque cause iinportuute : soit un changement d'idées, soit une transformation de l'art, ou soit «neore la venue d'ua architecte voyageur. Toujours est-il que ce point présente un caraclcre particulier et une certaiue lourdeur, lourdeur que partagent aussi les deux autres porches. Du reste, il y a, selon nous, une certaine connexité entre toutes res parties, qui paraissent avoir été faites à des dates vraisemhlableuicnt presque contemporaines ou peu postérieures : ce que prouve, du reste, l'emplui des mêmes pi ofils et du même larmier d’encadrement aux porcims; les chapiteaiix ont leurs analogues dans les étages supérieurs; la llore dilfère peu ou point, et il n'est pu.s jusqu'aux statues placées au porche central qui u'oITreut aussi celte lourdeur, c’est-à-dire des proportions courtes et trapues; eu6u, on aperçoit, daiu toute celle partie inférieure de la façade, une certaine incohérence qui indique, non pas des tàlonncmenls on des hésitations, mais peut-être l'action sna’essive d’idées différentes. L'une des plus curieuses a été signalée par .M. VîollelrLeduc ; je venx parler de la luodificutiou que subit le plan , dont un diminua Tépaisseiu' des murs à partir do l’étage supérieur (*).

Ce point signalé, il convient d'examiner la valeur rie toutes les parties de l'teuvre; voyous donc le réle qu’elles jouent ainsi que la place qu’elles occupent dans rhisloUe de la science et dans celle des progrès de l’art de bâtir. Pour celle appréciation, l’on ne saurait mieux faire que de rapporter ce qu’en pense l'un des hommes les plus versés et les plus com[>étoills en matière irarchiteclure du moyeu âge (*) : « L'(cuvre, dit-il, fut connée à un houuiie dont le nom nous , est resté. Si le mohunicnl est champenois, Tarcbilecte était d'une ville voisine du domaine royal; il ne faut pas oublier ce fait : le plan, conçu par Ruherl, de Concy, était vaste, établi sur des bases solides; cet architecte doutait de pouvoir l’exécuter tel qu’il l’avait projeté; il doutait do l'étendue de ses ressources, et, peut-être, de la constance des Rémois. Ses doutes n'élaicnl que Uop fondés. Cependant, le |>rojet de Robert fut ra|>ideueut exécuté jusqu'à la liau- (eur des voûtes des bas côtés, depuis le choeur jusqu’à la moitié de la nef environ. — Si nous comparons le plan de la cathédrale de Reims avec ceux de Notre-Dame de Paris, des cathédrales do llourges, de Noyon, de Laon et de Chartres, nous serons frapjiés de l’épaisseur proportionnelle des constructions formant le périmètre de Tédilice. C'est que Robert, de Couey, ajiparleuait à une école de constructeurs robustes, que cette école s’était élevée dans un pays où la pierre est abondante. C’est, bien plus encore, que Robert avait conçu un édiQce devant atteindre des dimensions colossales. La bâtisse avait à peine atteint la hauteur des Imsses nefs, que l’on dut renoncer à exécuter, dans tous leurs développements, les projets de Robert, qu'il fallut faire certains sacrifices, probablement à cause de riusulfisanco reconnue des ressources futures.

Le plan du premier étage de la cathédrale de Reims est loin de répondre à la puissance des soubas.suments Cepeodant, il est certain que Ton suivit, autant que possible, eu diminuaut le

(t) Voyez oolre plüncho repréwnlant : VÉléeaiion dm croUiUon septenirional du tratitsept. celle intitulée : DétaHs en c^JtUre-ha$ de. la rosace, et il'<iutrt>«.

(J) M. Vi»i.i.>rr-L«ou:, Dictionnaire de l' .irçfiitectisre/fançaise du Xt* am xyi\ ji£c/e. à l'irticle Caihtdralei,

Page 1