‹ L'ArchitectureChapitre 24 sur 54 · KGLISK CATHEDRALE DE XOTRE-DA.ME, A REIMS · texte numérisé non relu

KGLISK CATHEDRALE DE XOTRE-DA.ME, A REIMS

ïoluiDP «les points d’appuis, les-projel.s priniitifs; et il faut une attention partieulièrc et surtout la connaissance des constructions de cette époque, pour recomiaiire ces cliang,enienls apportés aux plans do Robert, de Coucy. Nous essaierons, toutefois, de les rendre saisissables pour tout le monde ; car, ce fait ne lai.sse pas d'avoir une grande importance pour l'histoire de nos cathédrales, d’autant plus qu’il se reproduit partout «i cette époque. — 11 est facile de reconnaître que les contre-forts, dans la hauteur du collatéral (voyez la coupe transversale sur la nef), ont une puissance, une saillie que ne motive pas la légèreté de la partie supérieure recevant les arcs-boutants ; on sera pins frappé encore de la différence de force qu’il y a entre les parties inférieures et supérieures de ces contre-forts, en examinant la vue perspective d’un contre-fort lie la nef. Dans la construction des deux pignons du traiissept, la dilférence entre le rez-dechaussée et les étages supérieurs-est encore pliis marquée *). Robert, de Coucy, avait probablement projeté, sur ce point, des tours dont il fallut réduire la hauteur par des raisons d’économie. Une observation de détail vient appuyer la conjecture d’une inodilicaliou dans les projets. Le larmier du couronnement des corniches, qui passent au niveau des bas-célés devant les contre-forts des transsepts et du clni-ur, est muni de petits repos horizontaux (* ), espacés les uns des autres de 0”.40 à 0“.50, qui forment coiniue des créneaux, et que Villart, de lionnecourt, contemporain et ami do Robert, de Coucy, appelle, dans ses curieuses notes, des rarnimiæ réservés sur la pente des larmiers pour permettre aux ouvriers de circuler autour des contreforts, à l'extérieur. Cela est fort ingénieux et bien entendu, puisque la pente des larmiers ne permettrait pas, sans ce secours, de passer devant les jiaremcnis des contre-forts à toutes hauteurs. Or, ces cominur, dont parle Villart, n'cxisicnt que sur les larmiers couronnant le rcz-dc-chausiéc. Robert, du Coucy, eût cependant, s’il eût continué l’œuvre, réservé.^ plus forte raison des passages semblables dans les parties élevées de l’édifice ; mais les parements qui se dressent au-dessus de ces larmiers à carniaux, au lieu d'afilcurer l’ai-éle su|iérieure du lit du larmier,.sont en retraite. Donc, alors, les carniau,v deviennent inutiles, puisque, derrière eux, reste une partie horizontale permettant la circulation; donc, si Robert eût voulu retraiter ainsi brusquement les contre-forts à partir du premier étage, il n’eût pas réservé des carntmoc ^ • sur les larmiers; et, puisqu’il les avait réservés, c’est qu’il entendait continuer à donner à ses * * gros points d'appui une saillie, et par conséquent une force plus grande que celle laissée après l’abamlou des premiers projets. Il y a donc lieu d’admettre que Robert, de Coucy, éleva la cathédrale de Reims jusqu'à ht hauteur des corniches des chapelles du choeur et des bas côtés, sauf les quatre premières travées de la nef, qu’il ne commença même pas ; qu’après lui, la construction fut continuée en faisant subir des changements aux projets primitifs, afin de réduire les dépenses; que cette nécessité de terminer l’édillce à moins de frais était le résultat d’une diminution dans les dons faits par les populations. 1,’oniementation des parties inférieures du chœur et des transsepts de la cathédrale de Reims jusque et y compris la corniche des chapelles rayonnantes porte encore le cachet do la sculpture de la fin du XIE siècle, tandis qu’immédiatement au-dessus du niveau des corniches de ces chapelles apparaît une ornementation qui a tous les caractères de celle du milieu du Xlllt siècle. — Dans la travée de droite du pignon du transsept nord est percée une porte donnant aujourd'hui dans la petite sacristie établie entre les contre-

) Voyez noire plandK! repré^'oUtnt : Èiécation du croiniihn se/denirlonal du tranuept. *'

(SJ Voyez notre plancbe repréàciitanl ; les Détaihfn conlre^bat de la fiosace^ fiiT. 2, cl celle inliUiIée : Dttal/s de la f

porte du milieu, fig. 43. — Voyez encore le Plon des chapelles apsIdaUs cl le» pluncbcs de YÉlèvaUon et de la Coupe.

MOYEN AGE. — Xllh , XIV? ET X\> SIÈCLES. — ÉGLISES CYTHÉDIL\LES.

forts ; celle iwrle, dout les sculptures soûl peintes, date évidenimeiil des preuiicres coustructions coiiiiueacées par RoUert, de Coucy, et les ba-s-reliefs pourraieut mêiue être attribués à l'école des sculpteurs de la fui du Xllt siècle. Les parties iurérieures du piguou du Iraiissepi sud, «jui ne furent pas modifiées jiar l'ouverture de portes, afTcctenl une sévérité de style qui ne le cède eu rien aux coustruclions inférieures de lu façade de Notre-Dame de Paris. Tout enfin, dans le rez-de-chaussée de la cathédrale de Reims, du ehiuur à la moitié de la nef, dénote l’œuvre d'un artiste uppaiienaiit à l'école laïque d'architectes nés à la lin du Xllt siècle, .\u-dessus, le style üijival a pris son entier développement; mais, la transition entre les deux caractères archileulouiques est habilement inénagéc. Nous ne savons en quelle année Robert, de Coucy, cessa de travailler à la cathédrale j ceiieudant, lui-mèiiie, eu coiistruisaut, modifia probablement quelques détails de sou projet primitif. Cet architecte n’eu était-|ias à sou coup d'essai lorsqu'il commmcuça l'œuvre eu 12li, cl, peut-être, clait-il déjà d’un âge assez avancé; toutefois, (et les notes do Villaii, de Uonnccourt, sont là pour le prouver) il cbcrcliait sans cesse, comme tons ses Cünleiu|>oraius, dus perfeclionuemeuts à l'art laissé par le XIP siècle; il ne pouvait ignorer ce que Ton tentait autour de lui. C'est ainsi qu’il fut amené à terminer la chapelle du chœur, commencée sur un plan circulaire coniinc celles de la cathédrale de Noyou, par des pans eoufiés. Les orneuieiils de lu coruiche de ces cha|ielles, les ramiuua: des larmiers (') dont parle Villarl, le style des statues d'auges qui surmonteul les petits couirc-forls, ne peuvent laisser douter qu’elles n’aient été achevées par Robert, de Coucy, de 1 îiO à f 231). — 11 avait fallu plusieurs années pour jeter lus fondeuicnts de cet édifice commencé d'apres un projet aussi robuste, d'autant plus que le sol sur lequel lu cathédrale de Reims est assise n’est pas égal et ne devient bon qu’à plusieurs mètres au-dessous du pavé (^de quatre à sept mètres d'après quelques fouilles faites au pourtour). Il n'est pas surprenant donc que ces énormes constructions, quelle que fût l'activité apportée à leur exécution ne fu.ssent pas, en 1230, c’est-à-dire di.x-huit ans après leur mise on train, élevées au-dessus des voûtes basses. la première vue, le rez-dechaussée des pignons des deux traussepts {‘) parait plus ancien que les chapelles du chœur; les fenêtres basses sont sans meueaux et encadrés de profils et ornements qui rappellent l’architecture de transition, tandis que les fenêtres des rha|Hdles du chœur sont déjà pourvues de meneaux dout les formes, la disposition particulière et l’appareil sont ideuli([uemeut semblables aux ineueauxdcs bas côtés de la nef do la cathédrale d’.Vmieus qui datent de fannée I23U environ. Robert, de Coucy, avait bien pu amender lui-même certains détails do son projet, en même teiiqis qu'il adoptait les pans coupés pour ces chapelles au-dessus de la forme circulaire de leur soulrassenicnt. Quoi qu'il en soit, le maître de l'œuvre, eu mourant ou eu abaudonuaul les constructions à des architectes plus jeunes, peut-être après une interruption do quelques années, avait laissé des projets dout scs successeurs, malgré les réductions dont nous avons parlé, se rapprochèrent autant que possible. C’est ce qui donna à cet édifice un caractère d’unité si remarblc, quoiqu'il ail fallu un siècle pour conduire le travail jusqu'aux voûtes hautes. A Reims, plus que partout ailleurs, on respecta la couccptiou du premier maître de l’œuvre. Aussi, lorsqu’on veut se faire une idée de ce que devait être une cathédrale conçue par un architecte du

{I Vu) Il nu!» pUnclK'9 tvprv^i'nUml : le Plan, l'ÉtévatioH ot tu Cou/ittie cts diopelUs apsidaiet.

(1 li ml bkni ctiteoJu qui*, (tour le pii(üuo iiurJ, Huut» nu purtuit» deux purte^ pofcécé vers to mlliou du

XIH* éiede.

EGLISE CATHEüUALE DE NOTRE-DAME, A REIMS.

XIII ■ siècle, de la plus belle éfieque de I’ar( ogival, c'est à Reims qu'il faut aller. Et cepeudaul, combieu ce grand iiioauiueut ne subit-il pas de niodlGcalions iinporlaiites ; et, tel que uous le voyons aujourd’hui, combien est-il loin des projets de Robert, de Coucÿ, et nièiiio de ce qu’il fut avaiil l’incendie du la Gn du XVt siècle. — Le plan de la cathédrale de Reims est simple ; les chapelles rayounautes, autour du choeur, sont larges, profondes; la nef, longue et dépourvue de chapelles. Les coupes et les élévations des parties latérales do l’édiGcc répondent à la simplicité du plan ; les contre-forts et arcs-buulants, admirables de conception et de grandeur; les piles sont épaisses; les fenêtres supérieures profondément encadrées. Get édiGce a toute la force de la cathédrale do Chartres, sans en avoir la lourdeur; il rouuit enlin les véritables conditions de la beauté dans les arts ; la puissance et la grâce. Il est d'ailleurs coustruit eu beaux matériaux (•), savamment appareillés, et ou retrouve, dans toutes ses parties, un soin et une recherche fort rares à une époque ou l'on bâtissait avec une grande rapidité cl souvent avec des ressources iusullisantes. Ce ne fut guère qu'eu lîiO, i|ue l’on continua les parties supérieures du chmur, que l’on comniouïa les premières travées de la nef et la façade. Celle-ci ne fut achevée, sauf les deux fléchés des deux tours occidentales, que vers le cornmencemeut du XIV". siècle ; on y travaillait encore pendant le XVt siècle, mais eu suivant les disjmsitions et les détails des XIII” cl XlVt siècles. — Un cloître s’élevait au nord de la nef et du transsept, et c’était probablement pour donner entrée dans ce cloître qu’avait été faite la porte dont nous avons parlé tout à l'heure. Deux autres portes publiques furent ouvertes dans les deux autres travées de ce (liguon, vers le milieu du .Xlllt siècle, et richement décorées de voussures, bas-reliefs et statues {*). — Deux tours s’élèvent sur la façade occidentale ; quatre tours surmontent les quatre angles des transsepts, et une tour centrale se dressait, au centre de l’édifice, sur les quatre piles de la croisée. Une Gèche, en plomb, couronnait le poinçon de la croupe du comble au-dessus du sanctuaire. Le pignon du transsept sud, donnant du côté de l’archevêché, ne fut jamais percé de glandes portes. Ou arrivait, du palais archiépiscopal au chœur, par des portes secondaires percées dans les soubassements de ce pignon. Pendant les XlVt et XVt siècles, de petites chapelles furent bâties, du côté du nord, entre les contre-forts de la nef et dans l’intervalle laissé par le cloître ; mais, ces petites chapelles, qui ne dépassent pas l’appui des fenêtres, no dérangent en rien rordounancc intérieure du vaisseau ; elles ne s’ouvrent, dans le bas côté, que par de |)etitcs portes. — Si les projets de Robert, de Coucy, furent modifiés, c'est surtout dans la construction de la façade occidentale, qui présente tous les caractères de l’architecture la plus riche de la seconde moitié du XIIP siècle. Comme décoration, elle se relie encore aux faces latérales [>ar ces admirables couronnements de contre-forts dans lesquels sont placées des statues colossales. .Mais, la multiplicité des détails uuità l’euscmble; cette façade, quelque belle qu’elle soit, n’a pas la grandeur dos faces latérales. L’archivolte de la porte principale vient entamer la base des contre-forts intermédiaires, ce qui tourmente l’oeil ; les nus, les parties tranquilles fout défaut. Cependant, telle qu’elle est, la façade occidentale de la cathédrale de Reims est une dos plus splendides conceptions du .XIIP siècle ; elle a pour uous, d'ailleurs, l’avantage d’être la seule. Notre-Dame de Paris est encore une façade do l’époque de transition ; il en est de

(IJ .U. l’ovillon Pionird dit i|iic i<^ pierres emptoyées i la coiulructîon do cet édiGi'.> furent lirécd di« carrières d'Hcrmonville oi do .Verfy.

(S, Seule, lu porte ccolmlu ust ouverte aujourd’hui.

MOYEN AOE. — XIII^ , XIV ET XVî SIECLES. — ÉGLISES CATIIÉnilALES.

n>£mc ù Laon. Nous .ne pouvons considérer ce porlail coiuine apparleuaiil au slylc piircnienl ogival. Amiens n'a qu’une favade tronquée, non terminée, sur laquelle des époques différentes sont venues se superposer. Chartres n'est qu’une réiiuiou de fragments. Bourges et Bouen sont des mélanges de sljles do trois ou quatre siècles. Les façades de Baveux, de Coutances, de Soissons. de Sens, de Séez. sont restées inachevées, ont été dénaturées ou présentent des amas de constructions sans ensemble, élevées çucccasivement sans projet arrêté. La façade princi|ialc de Notre Dame de Reims, malgré cet excès de richesse, a donc pour nous l’avantage de nous donner une conception 'franche en sljlc ogival, et, sous ce point de vue, elle mérite toute ratteution des architectes. Son iconographie est conqtlcle, et ce fait seul est d’une grande importance. >

Nous n’ajouterons plus que quelques mots; ils seront consacrés ù désigner les principales parties de l’édilice, ses dépendances ainsi que le mobilier dont on se servait pour les Imsoins ou les pratiques du culte; je dis : servait, pan'e que la majeure partie a été détruite et qu’on en est réduit, pour le connaître, è la seule mentiou et description des auteurs ou ù des dessins et des gravures plus ou moins (ucacts. — En A (') est le chœur; — B, la chapelle, dite du saint I.ail ;. — C et D, des chapelles apsidales; — E, la chapelle de la Y ierge; — F et G, des chapelles apsidales ; — II, l’un des angles du trans.sept; — I, la nef centrale; — J, les collatéraux (*) ;

— K, le transsept ; — L, le [wtrvis et su clôture ; — M, .M et .M", les trois porches de la façade occidentale; — N, N' et N", les trois porches du croisillon septentrional du transse|it ; — O, des entrées secondaires de l’église ; — I’, la galerie de communication entre la cathédrale et rarchevêché; — Q, la cha|ielle archiépiscopale; — R, IV, R " et R'", le cloître et scs galeries;

— S, l'ancienne sacristie; — T, la salle des coustres. — Fiyiire 1, le grand autel; — Fiy. 2, autel et tombeau ilu cardinal de Lorraine ; — Fig. 3, custode ou trésor du grand autel ; — Fig. siège, dit de saint Rigobert ; — Fig. .h, stalles à double rang ; — Fig. 0, stalles archiépiscopales; — Fig. 7, lutrin-aigle; — Fig. 8, le jubé ; — Fig. 9 et 10, autels; — Fig. 1 1 , heu que l’on pense être celui où saint Nicaisc fut décapité; — Fig. 12, la chaire; — Fig. 13, calvaire en face de la chaire; — Fig. ti, le labyrinthe ou dédale; — Fig. 15, autel du saint I-ait;

— Fig. 10, 17, 18, 19 et 20, autels des chapelles apsidales; — Fig. 21, autel; — Pig. 22, autel des .Vpôlres; — Fig, 23, autel de saint Barthélemy; — Fig. 24, autel de sainte .Marguerite; — Fig. 25, autel de saint Léonard ou de Notre-Dame des Neiges; — Fig. 26, les fouis baptismaux; — Fig. 27, figure de fa Vierge; — Fig. 28, armoire; — Fig- ‘29, l’orgue;

— Fig. 30, l’horloge ; — Fig. 31, le puits de l'église.

Telle est, aussi succinctement que possible, l'histoire fort abrégée de la cathédrale la plus complète qu’ait construit le moyen âge. Eu présence d'un tel monument, personne jusqu’ici n’avait eu le courage de saisir le géant corps à corps, et, après l’avoir minutieusement étudié, d’en composer une monographie digue de l'importance de l’œuvre, c’est-à-dire, qui mil non-seulement en évidence les divers élénieiiLs de son os.sature, mais même toutes ses parties décoratives. L’iiumensilé de la lâche ne nous effraya point. Pour réaliser ce projet, nous avons fait appel à de très-habiles artistes : .MM. I.cblan et Reimbeau, de Reims, auxquels se joint M. Félix Roguet. Cette colossale élude n'était réellement possible qu’à la cunditioii

{IJ Voyn notre plinrlie o'préerntant le Plan geomflrat arec son mobitier du XltJ\ au A/7; tiécle.

(f j C'ovt dons le eotloténil (te droite que trouve le Tomtitau de Jarin. roonument dont la place sentit tieoutoup plus convenable dans l'une des salles du Siusee de 1a ville.

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