‹ L'ArchitectureChapitre 25 sur 54 · ÉGLISE CATHEDRALE DE NOTRE-DAME, A REIMS · texte numérisé non relu

ÉGLISE CATHEDRALE DE NOTRE-DAME, A REIMS

(It* roncoiilrer dps hommes d’intelH^eoce, de talent et do cœur, mais qui Rissent mus par cette volonté si nécessaire à l’accomplis-sement des grandes choses; aussi, devons-nous reporter une partie de notre succès sur leur docte et précieux concours. Grâce à eux, ce qu'on n’avait osé est en |>artie (*) achevé, et bien de.s années se [lasseront sans doute avant qu'on ne recommence un semblable travail; travail qu'on jioiirra offrir sur une plus grande échelle, mais qu’à coup sûr ou n’exécutera pas mieux. — ^Nous serions évidemment Injustes, si nous ne parlions ici de nos savants et si consciencieux interprètes, MM. les graveurs. Nous le disons avec orgueil : nul ouvrage d’architecture n’avait produit des œuvres d’une valeur égale à celles signées par MM. Huguenot, Guillaumot, Rury, Rihault et Sulpis. Quelques-unes de ces planches sont généralement regardées comme des chefs-d'œuvre du genre, et nous avons vivement regretté (|ue le jury de nos expositions n’ait voulu en apiiréricr la valeur. Cela est d'autant plus fâcheux que ces artistes, sans rivaux en Europe, avaient là une page capitale, et cotte page méritait une récompense dont nos lecteurs savent, au reste, leur tenir amplement compte. — Enfin, nous croirions manquer à nos sentiments de recon^ iiais.sance, si nous n’adressions, à Mgr le cardinal archevêque de Reims, rcx[iression de nos res(ieclueux et sincères rcmerciments pour la bienveillance avec laquelle il a daigné houa accueillir et accorder à MM. les artistes toutes les facilités dont ils avaient besoin pour entreprendre et mener à bonne fin cette grande et immense oeuvre.

(I) Je dis : en partie, parce que notre monopraphin n'est pas complète: il y manque les couper, l'élévation latérale et plitôiDurs autre» planchf«de détaib.

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ÉGLISE, A SALNT-GÉNÉROUX

g Le monastère d’Ansiun, si connu depuis sous le uuiii de Sainl-Jouin, reurermait, auK Y' et VI' siècles , de pieux cénobites, dont les âmes ardentes regrettaient les luttes du désert, les douleurs du martjTc. En 4!»9, il y avait il peu près dix ans que l’un de ces fervents cénobites s'agenouillait sur les dalles de sou église; son frout, (|ui conservait quelque chose de sa noble ori> giiie, se plissait sous le poids des pensées; car il fallait à cette âme romaine des bois sauvages et silencieux; son front se vieillissait ; car il désirait un lieu solitaire pour bâtir une cellule ; car il aurait voulu, par de longs sacriliccs, ressembler à ces vigoureux athlcles, qui, les premiers, étaient allés s’enfoncer dans le creux d'un rocher ou lutter sur la grève déserte. — Décide par de nouveaux elTürls, Saint-Géuéroux laissa tout à coup l'église de Sainl-Jouin et le cloître qui l'abrita si longtemps; il partit, au commencement du Vit siècle, pour aller, loin des hommes, du bniit et des regards, ensevelir, dans quelque coin désert, sa glorieuse vie qu’il voulait user, goutte à goutte, au service de Dieu. Sa course fut peu longue. Bientôt, il fallut qu’il s’arrôlàt sur les bords d'une rivière qui murmurait â ses pieds. I'ra))|ié par le bruit monulone et paisible du Thouret, charmé par les sombres rochers qui s'élèvent sur sa tète , il se repose im moment et dépose sans regret son bâton do voyageur. .Mnintenaul, il est .seul ; il peut, sur les * côteaux déserts, écouter les vents qui inurmurent ; il |>eul se livrer, çn paix, à de nobles méditations, à de saintes extases. — Bientôt, de pieux pélerius vinrent le visiter |iour vivre sous sa loi et s’abreuver, comme lui, aux sources de la solitude. Quand il eut douiié â ceS nouveaux prosélytes des cellules, une église, il fallut, malgré lui, les abandonner et revenir â Saint-Jouin, pour édifier, par son exemple, sou premier monastère. — Quand Saint-Géuéroux fut sorti de ce monde, les pieux compagnons de sa solitude réclamèrent sa dépouille ; ils l’obtinrent et la rapportèrent dans l’églisi' élevée par ses soins ; les miracles qui s'opérèrent, dit-on, sur la cendre du saint abbé, la rendirent célèbre ; aussi, des maisons s'élevèrent bientôt autour de la miraculeuse relique, et furnièreiil tm petit bourg, clief-lieu d'uiic paroisse, qui porte le nom du jiieux cénobite dont j’ai raconté l'histoire'. » — Tel est, suivant un écrivain local, le récit des faits relatifs à la vie de saint Généroux; mais, comme ou s'en aperçoit, leur date ne se rapporte guère à celle de l’édifice dont il est ici question, et nous avouons même qu'oii ne peut la préciser davantage. Cependant, son caractère , sou art, son style, tout Tatlribue â une é|ioqua évidemment postérieure, mais qu’aucun texte ne vient, malheureusement, éclaircir. S’il est donc, parmi les amvres de l’arehitecture religieose, un monument dont l’origine semble entourée de mystère, c’est bien l’église à laquelle nous consacrons ces quelques lignes. On ignore tout ce qui concerne sa fondation et son histoire, et, sous le rapport de l’art, il provoque niaiitles questions qui soulèvent encore de plus nombrcustis hypothèses. En présence d’un tel édifice,

(1) Monuments religieux, eietU et miïitoiret du Poitou. Première série, Département det Deux-Sévre»; dessins d’après nature par Baugier, avec un texte explicatif et histuriqne par Cburlce Aniauld ; Niort, ISA T, in-4' (page 13 et suirantes.

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