‹ L'ArchitectureChapitre 29 sur 54 · ÉGLISE DE SAINT-MILLAN, A SÉGOVIE · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE SAINT-MILLAN, A SÉGOVIE

Parmi les (.églises romanes de rEspagne et celles de Sdgovie en parliculier, il en est plusieurs qui prcsenlenl, dans leur ensemble, une disposition architertonique sur laquelle nous > avons cru devoir appeler l’atlontion de nos lecteurs. Celle disposition, qui s’écarte des règles ordinaires en matière de composition d’églises, semble n'avoir point élé très-commune aux XI' et XII" siècles , et constituer même une inodificalion importante (|ui méritait de premire place dans notre recueil; car, elle fait connaître une do ces combinaisons insolites, ou locales peutêtre, dont firent parfois usage les arclntectes du Moyen-Age pour la ilécoration des parois ou faces extérieures de leurs monuments religieux, .\ussi, n’était cette particularité, l'église do Saint-Millau '■) n’olTrirail à l’etude rien de bien remarquable , puisque sa composition s'éloigna peu d’ailleurs de adle usitée dans les édifices sacrés des XP cl XIP siwics. En cITet, le plan, par ses dispositions, rappelle assez cxacteinenl celles adoptées pendant la période romane, et son système de constriiclion (’) cl de décoration parait, à très-peu près, le même que celui pratiqué à cette époque dans presque tous les édifices septentrionaux de la chrétieuté. L’intérêt qui s’attaclin à ce monument, consiste donc dans la disposition de ces espèces de galeries dont le développement s'étend, en saillie, sur l'un cl l’autre liane de la basilique.

Quelle était, à l’origigc, la de.slinatioo probable de ces galeries extérieures? Là est la question. En l'état présent dt-s éludes archéologiques, nous ne saurions positivement le dire, attendu qu’on maii(|ue de documents à cet égard, ce <)ui ouvre tout naturellement le champ à l'hypollièse. Quoi qu’il en soit , nous avons fait reproduire cette disposition de Saint-Millan, * comme l'une des modifications iuhiressanit-s i]ue subirent les églises de certains pays durant les Xl‘ et .\IE siècles : modification qui lient probablement à des causes locales ou à des besoins parlieuliors qui whappent, et que, faute de renseignements, nous ne savons définir,

* mais dont riiilention réelle pourrait vraisemblablement se trouver dans l’une des conjectures, plue ou moins fondées, que nous livrerous, plus loin, à la sagacité do nos lecteurs.

Tonlefois, qu’on nous |)ermelle, a^anl d’aborder celte que.stion, de rechercher d'abord si cette disposition fut spécialement propre à l'Espagne. Sur ce point, il faut reconnaître que, bien que sur une moindre é'cliclle, nous la trouvons employée, dès l'empire d’Orient, soit au Théolocos, de Con.slantinople, ou à l'église de la Vierge, à Misira ; que, plus lard, on l’aperçoit en France, à l’église de Sainl-Maur-les-Fossés et ailleurs; (ju’enfin, au .XVIt siècle, l’église conventuelle de .Monréale, en Sicile, présente aussi une semblable galerie. Or, de ces ob.seivalions , il résulte que, tout en n'ayant point été généralement pratiquée dans un grand

(') Elle MiA'il primitivement de euihédrale avant la Cüns>trnrtion de celle actuelle, qui date de la Renaiâunc<\

• (') Il ne nous parait point inutile de signaler ici le |wtil nombre des baie» de&tinées à éclairer l'intérieur; ce manque

d‘ouverturos doit évidemment y produire une leinle iombro et mj^térieubO qui porte l'âme au mnicillenient et à la piiérr.

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