‹ L'ArchitectureChapitre 30 sur 54 · MOYEN AGE. — XI' ET XII' .SIÈCLES. — ÉGLISES. — GALERIES EXTÉRIEI RES · texte numérisé non relu

MOYEN AGE. — XI' ET XII' .SIÈCLES. — ÉGLISES. — GALERIES EXTÉRIEI RES

nombre de moiiuuient.s religieux, celte particularité architectonique fut cependant usitée qnclquefoi^ dans des pays divers et à des époques dilTérenles. On pourrait même, à la rigueur, pousser ici beaucoup plus loin le système des conjectures, on admellant que les analogues, produits par l’art roman, durent être construits, peut-être, au retour des Croisades, par des artistes qui avaient remarqué cette disposition ilans certains édilices sacrés de l'empire d'Orient.

Ces analogies reconnues, passons à rexamen particulier de ces galeries. D'après les recherches diis architectes et des archéologues qui ont explore l’Espagne, celte disposition parait se rencontrer exclusivement dans les provinces de Sé^ovie et de Guadalajara, mais surtout dans la première. Cette similitude est ici un fait qui s’explique tout naturellement, puistpi’on sait qu'aux Xlt et Xllt siècles, ces deux provinces furent en communication directe. .Maintenant, il est à remarquer ipic la disposilion de ces galeries ne fut pas toujours la même, et qu’elle varie do différentes manières. Ainsi, et sans sortir même do la ville de Ségovie, on en peut étmlier les plus ordinairement en usage. Généralement, elles sont disposées sur les flancs des églises. Ou les trouve érigées quelquefois sur un seul côté, comme à Saint^ean; ou sur les deux faces latérales, comme à Saint-.Millan ; on en connaît qui entourent trois cc’ttés, comme à Saint-Étienne, et il y en a aussi, de même tpi’à Saint-.Martin , qui viennent alwutir au grand porche, dans letpiel elles donnent accès; enfin, nous devons encore faire remarquer qu’à Saint-.Millan , ces galeries commencent à la façade occidentale cl se terminent aux croisillons du transsepl. .\u reste, ces différentes dispositions ont l’air d'être subordonnées, soit au caprice ou à des convenances locales.

.Mais , que peut-on réelleiiiont conclure de la destination de ces galeries par rapport à leurs dispositions particulières? — Un fait qui frappe, c’est qu’à .Saint-Martin, on y remarque des tombeaux, placi's a hauteur dans le mur plein, comme à Gironne, ce qui porterait a conjecturer qu’elles avaient le mémo but que dans les cloîtres de l’Espagne; mais, telle n'était probablement pas la seule cause de ces appendices, et l’on doit conséquemment en chercher le ou les motifs ailleurs. Ici , vientirait se placer la pensée de |>romenoirs publies (|u’aiiraient fnù|uenU'-s naguère les graves drapiers et les marchands de laine, après le repas du soir; peut-être, élaicnt-ce des csih'Ccs do porches, érigés pour quel(|ue usage laïque, soit l’endroit d’un petit commerce on celui d'un refuge en cas do mauvais temps; on pourrait encore y voir le lieu d’une pratique religieuse, ou même une os|k'cc de caravansérail gratuit, ouvert aux mendiants ou aux étrangers peu fortunés do passage à Ségovie; enfin, il serait trî's-possiblo que ces gidcrics aient été simplement , comme nous le disions en coiumem;anl , destinci’s à sei-vir de décoration aux parois extérieures des églises. Toutefois , on comprend que ce sont là seulement des conjectures de notre part, et que, |)eut-êlre, la moins déraisonnable d'entr'elles est fort éloignée du but ou do la véritable cause pour lesquels ces galeries furent vraisemblablement construites.

Dans tous les cas, cette particularité architectonique étant une. do ces questions tpii n’avaient point été abordées jusqu’ici , méritait certes, par son importanco, vl’occuper une place dans notre ouvrage. Loin do nous , la vaine prétention do l’avoir traitée à fond et résolue d’une manière complète; nous n’avons eu d’autre but que celui d’appeler raltention des arclumlogiies et des architectes sur un sujet qui avait échappé à leurs investigations, et ipie nous dev ions, par conséquent, nous faire un devoir de mettre en lumière.

ÉGLISL’ DK S’-MILKAM. A SKCOVIK

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