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MOYEN AGE. — XIIU , XIY‘ ET XV; SIÈCLES. — CHAPELLES ÉPISCOPALES

Parmi les chapelles qui ont été construites pour cét usage, nous avons choisi et fait reproduire celle de Reims, comme l’une des plus anciennes et des plus. remarquables. Sa fondation semhie appartenir au premier tiers du XIII' siècle et être bien antérieure à beaucoup d’autres. L’architecte la eomjiosa de deux parties .superposées : une chajiflle basse ou espèce de cr\pte, et une chapelle haute, S|)éria1emeut destinée aux devoirs religieux de rarchevèqiie. L’extérieur est d’une très-grande simplicité. Ou accède è l’intérieur |>ar les appartements épiscopaux. Un escalier, en contre-bas des salles, conduit à la chapelle basse. Elle est éclairée par des fenêtres eu forme de soupiraux, ouverts entre chaque contre-fort. Le décor consiste dans les seules nervures de la voâte. On ignore la destination ^e ce lieu qui sert de hase à la chapelle haute, objet principal et particulier de la construction. Gelle-ci fut, pour sou époque, une œuvre très-remarquable. En examinant de près son style et en le comparant à certaines parties de quelques monuments de Reims, on ne serait pas surpris d’y voir tels liens de parenté, que j’indique, mais qu’une étude approfondie viendrait, de tou.s points, établir; cl, de cette conslatalioii, découleraient, pour nous, maintes remarques et des traits de re.ssemblance sur plusieurs points de rarchilcclure champenoise, à celle époque. L’intérieur est composé d’une nef et d'un sanctuaire; ce dernier, chose notable, sans exhaussement de sol. Une arcalure, à la partie inférieure, que surmontent de grandes haies en lancettes et sans meneaux, décore les parois de l’édifice; mais, suivant le mode de construction adopté leu Champagne, les piles forment, dit l’un de noÿ plus doctes archilecles (*), saillie à rinlérieur, de façon à diminuer, à l’extérieur, la saillie des contre-forts; ces piles, isolées de la muraille jusqu'à quatre mètres du sol, donnent un étroit bas-eftié autour de la chapelle et produisent un charmant elTel. Ce petit édifice, continue-t-il, malgré ses regrettables mutilations, pas.se, avec raison, pour un chef-d’œuvre; on y trouve, en effet, toutes les qualités à la fois gracieuses et solides de la bonne architecture champenoise, et, à cAté de Notre-Dame de Reims, la chapelle de l’archevêché parait encore une des meilleures conceptions du XIIR siècle.

Reste à dire ici quelques mots pour compléter la description des parties détniites ou modifiées. Une ancienne gravure, exécutée, au commencement du XVII' siècle (1625), par le rémois De Son, et représentant la façade de la cathédrale de Reims avc<r toutes les constructions qui l’entouraient, nous montre le pignon de la fenêtre, qui surmonte l’cntrér de la chs()elle, ainsique la forme du canqianile ou de la flèche déiruile qui couronnait la toiture.

Cette étude terminée, qu'on nous permette de revenir sur un des points les j)lus dignes de remarque Je veux parler de ces (Xissages ménagés, lors de la construction, dans l'intérieur des contre-forts. Cette disposition donne lieu à différentes (larticularités qu’il est bon de consigner ici : celle de faire reposer les voûtes sur des piles saillantes à l’intérieur; puis, celle de produire, par leur saillie, de grands jeux d’ombre et de lumière, et, enfin, d’établir, pour les communicatious sur tous les points, des accès aussi commodes qtie faciles; qualités diverses qui font honneur à l’architecte de cette, élégîmlc chapelle, ; . , . ■ . .

) M. Viou.BT-I.fnvt, l>ictiontiaire df t Àrchitefture Franfaite du XI* au XFf* siècle; Tomo II*. pages 339-4iO.

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