‹ L'ArchitectureChapitre 43 sur 54 · PORCHE DE L'ÉGLISE MONASTIQUE, A SAINT-BENOI T-SL’R-LOIBE · texte numérisé non relu

PORCHE DE L'ÉGLISE MONASTIQUE, A SAINT-BENOI T-SL’R-LOIBE

ce fjenre de porche n'ait point été signalé par les auteurs des Cahiers d'inslruclioiis, publiés par le Comité dos Arts et Monuments. C'est là, sans doute, une grave omission qu'on a peine à comprendre; car, sa compositiou offre un assez grand intérêt pour mériter de prendre place dans l'histoire des transformations qu'éprouva cette partie des églises romanes. Nous devons cependant dire, pour être justes, que, rrap|)é de cotte lacune, M. Albert Lenoir (I) a réparé cet oubli en l’introduisant dans le deuxième volume do savant ouvrage, qu'il publie sous le titre d' Architecture Monastique, et nous nous empressons de déclarer que nous devons à sa bienveillante amitié la communication de la gravure sur bois, placée, en manmre de vignette, à la Gn de notre notice.

Après avoir parlé des dispositions architectoniques de ce porche, il convient, pour en compléter l’étude, de nous occuper des éléments qui furent appliqués à sa décoration. Ces éléments sont ceux qu'employaient les artistes aux \l° et XJE siècles, et ils consistent ici dans l’appli-

(I) Nous misissoni avec empressement ]’occa»ion qui nous est ofTerle de réparer une espèce d’oubli que la famille Lenoir a pu considûrer comme un acte d'ingratitude ou d'iojusUce; car, la France a une vieille ;}ette que les dis|>enstilBurs du pouvoir ne se sont point jusqu'ici préoccu{iés d'acquitter. — Oieo des gens, en parcourant not» églises et nœ ignorent

qu'un (trand nombre des moornnpots d'art, qu’ils y voient et y admirent, i»e a’y trouveraient point ai un homme modeste, mais d’intelligence et de CŒur, ne les avait piüis consurvés au pays. Cet homme, ce fut Alexandre Lenoir. Le détail des drconsüinrcs qui produisirent ce résultat mériterait, certes, d'étre ra(qx)rlé, si les faits qui s’y rattachent n'etaient déjà connus; aussi, passeron.^nottS sur ce point. Mais, ce que nous tenon» à constater, ce sont les services rendus naguère à la France et à l'arcbéologis par l'illuctre fondateur du Mutée des PfHU’révyuttins. — 11 n'est, sans doute, aucun de nos lecteurs qui n'iiil vu ou entendu [«rler de la colleclion que cet aotiquaira avait ras^mblée dans

local, devenu célébré dans tes annales de l'art; et tout le monde connaît, vraisembUblemenl aussi, i'intéressanl ouvrage qui eu fut la conséquence : le Mutée des Monuments Français; livre dont llnQuence fut telle sur l'étude du .Moyen Age ei de la Hcnaissauce , qu'il ouvrit toute une ère aux investigations archéologiques. Là, par ses soins et après des recherrhea et des travaux incakulables, Alexandre Lenoir avait réuni une quantité prodigieuse d'œuvres appartenant à toutes les époques do noire histoire, depuis la période gaUo-romaino jusqu'au XVII* «éclu. Des événe* menls, qu’il ne nous appartient point d'apprécief, amenèrent, un jour, la di&6oluUiuo de ce musée splendide. Tous les monuments furent dispersés; les uus allèrent reprendre leur ancienne place; d'autres reçurent une destination nouvelle ; plusieurs se virent abandonnés; enfin, quelquas-una rentrèrent dans tes ^lisea, et la reste passa au Louvre et ailleurs. — > Cet acte du pouvoir, qui anéantissait d'un seul coup les travaux d'Alexandre Loooir, put bien le priver do recuodlir les fruits de son OMvro; mais, il ne parviendra jamais à lui enlever l'houneur insigne d'avoir fondé et formé une cot' leclioQ, unique alors en Europe, et qui eut, sur l'élude des anliquîléa naliooaloÉ, une aclioii des plus puiManlcs. — Alexandre Lenoir mourut ea sans avoir reçu, que nous sachions, une récompense proportionnée au service qu'il

avait rendu. A sa mort, il laissa deux lUs, dout Tua s’était îusliDCtivameol épris d’un ao»our passioniié pour l'art, et ce fiU est, aujourd’hui, l'une de nos iliuairatkHis. Architecte ausai bahik qu'enUquaire savant, Albert Leaoir jmnt aux notions sérieuses de son .art la connaisiaoce profonde de toutes les divisions de l'arcbéologis : aussi, possédé- t-ü, sur ces matièrea, uaa uaiverulité qui fait nmtlwureusemeftt défaut é maint acadétnieiea on ceasarvateur de nos musées. Cela Ueut à ce que, porté dès aaa jeaaaa ans vers l'espleratioa des choaaa aat^uae, ii a'ao aat, avec pers é vérance, occupé pendant toute sa vie. Nul n'a, peut-être , autant bit que kû peur Fbiatoire de l’art et pour eaüa de rarchiiaeture ; et l'en ne ao tromperait point en affirmant qu'il est, i l'heure préaente, l'un de ceux auxquels on doit plut pavtiCBlièeefneot l'état actuel de la sckoce; car, il eu fui, par son tnlellii^le initiative, l'un das premiers promoteurs an notre pays. Au reste , ceile assertion trouvera péramptoirameal sa preave dans l'éaunsératiofl des iwMsbreui travaai qs'd a puWiéK é pari ou daas divers recueils. ^ Un certaia nombre de nos lecteurs entcadeal citer aaset souvent les oauwes de H. Albrrt Lenoir, et, pour quelquca-una, il en est, peut-être, qui leur sont inconnues. Au risque de blesser son evirésM modesUe , mais pour que leur nombre ainsi que leur valeur soient définiiivaneot appréciés, uoas allons 'rés u mer, iCw quelques mots, tout es qi»e l'archéolofje al lesaoieaeea historiques doivent i tes asvmMsa et nambreusae ra c harchaa. — Qui ne eofwaii es splendide ouvrage intitsié : StatisUqme monumantate de Farit, recueil aoaai précieux par le nvérita de tes planches que par l'intérét des documents qu’il dort contenir? qui n'a eulendu parler de l'importance scientifique des Cahiert (T/nstrueiéontf

MOYI'N AGK — Xl‘ ET XII* SIÈCI.ES — K)RCHES DES ÉGLISES.

cation d’un travail de sculpture sur les chapiteaux et leurs tailloirs; mais, ce travail fut assez, souvent adapté de deux manières : comme décoration simple, lorsqu’il ne s'agissait que de l’emploi d’ornements élémentaires; ou, comme décoration composée, quand ou admettait l’introduction d'un certaih nombre do figures; d’où résull<»rent nalurollcinent deux espèces différeules de chapiteaux. Or, comme cos deux variétés furent introduites au Porche de Saint- Bonott, et qu’elles y présentent un certain intérêt, nous allons en dire quelques mots, sans entrer toutefois dans une bien longue description à ce sujet.

On entend par cA«;u7faiu' pendant la |>ériode dite romane, ceux dont le galbe et les formes sont rectangulaires ou curvilignes, et dont la corbeille est seulement décorée d’ornemenu QU de végétaux. Bien qu'il en ait été produit do InSs-rudimontaires, dans les chapelles cl les églis(« rurales de cette époque, on doit néanmoins reconnaître que les artistes occidentaux surent, parfois, en composer de tK>s>romarquablos, comme le prouvent, du reste, ceux du porche de Saint-Bonuil-sur>Ix)ire; et il faut avouer qu'ils en varièrent à l’inHoi les formes

comi*oMs pour te Mini^tèro, et dont le phm remarquable, X'JrchUtcturt monastique, doit éludt}«r un p-and nombre de questions obscures? Parteront^DOus, maintenant, des nombreux Mémoires qu'il a écriU «uir louteui lea branches de rarebéoio^k» , et (jb'il a répandus tour à (our dans les Anoate^ de I Imaitut arebéoto.^ique de Rome, daoi la Revue (TArchi> tecture, dans i'Enryclopédio du XIX' siècle, darut les Annales Archéot>*giquea, dan» nos MonumenLs Anciens et Modernes, etc.? Nous ne «aurions ftaâsor sous silence cette brillante série d'articies, insérée dans le .Magasin Pittoresque, qu'il a rédi{;és en colfabonitioA avec M. Léon Vaudoyer, sous le titre à'Èiudet tf ArckUecture en France; enOn, il y aurait in]ustice à oniellre encore qu’il fut , dès ( 831, l'auteur d'un Projet du Musée de Ctanÿ; projet qui fut ex|MMé au Salon de 1 8 33. et (kml M. L. Vitel a fait le (dus grand éiege dans ta Revue de Paris (mai 1833). — En présence d'un nombre aussi consid<>rabto de travaux, on ne «aumil méconnaître qu’Albert Lenuir ne soit l'un de res hommes laborieux qui ont consacré leur existence ides étudié sérieuses, €4 l'un de ceux aussi dont elTorts n'ont eu d'autre but que la diffusion de la science et son prof^èsi et, à ce titre, il nous semble que notre honorable ami peut, dès i présent, être rlansà parmi ces ioteb licences d’élite qui deviennent la gloire des nations qui leur ont donné le jour Mais, afin de mieux délermiriM*, s'd se (icut, la part d’influence que scs travaux cxercd>r<«nl sur la marche de l'art, nous devons ajouter qu'à l'exception de M. Raoul Rochette, cetto grande et magistrale illustration archéologique, et de M. de (Uumonl. cH inlaligable Investigateur d» DOS antiquités nationalca, nul, trés-certaineaKmt, ii'a fooroi. A nolra époque, unu carrière aussi brillante e4 aussi salutaire i l'avancement de la science; aussi, plusieurs fois couronnés à l'Institul. ces travaux doiventuls lai valoir enfin une récompense digne, à la fois, du (lays et de celui qui l'a si légitimereent méritée. — Or, s'il est reconnu, comme nous l'avuos dit , qu'Alexindre Lennir ait conservé les plus belles œ ivres d’art qui décorent nos églises et nos musét^ , que ne doit-o» pas faire pour en témoigner, à lui ou à ses de.scen Janta, une bien juste reconnaissance? Alexandre Lenoir est mort; mais, il revit dans l'un de ses fils, son élève , aon émule, et présentemoat son maître ; car, la science du fils surpasse inconlostablament celle do père. Eb bien, qu’a foi! la France pour acquillor sa dette envers cette famille? — Rien. — Les oensions n'ont certes pa.s manqué au dernier gouvernement pour donner à Albert Lenoir un poste où il peut rendre d'importants et d'utilas serricas; mais, par une de ces bizarreries qui ne se reproduisent que trop sou. vont, la faveur a toujours triomphé, et notre ami, qui eat naturellement trop modeste, s'ent vu eootiouel(«meDt oublié et méconnu. Nous dirons même que la mesquine et improductive place d'arcbitecte du musée de Cluny, qui lui a élé octroyée comme fichu de consoUlioa, allait lui être eulevée, si une circonstance, toute fortuite pour l'auteur de ces lignes , n'élait venue lui en révéler la déplorable intention. — Ainsi, malgré la dette ineontesiable du pays, malgré sa science profonde et scs titres nombreux , Albert Lenoir, comme tant d'aulroe hommes de talent , s’est toujours vu préférer de pressantes et de vauiiteuses nullités! Et oepeodant, le savant auteur de la Slatisiique nonum mlale de Paria, le fécond collaborateur du Comité des Arts et Monuments, i’inlelligenl promoteur du Musée do CJuny, etc. , nous paraît avoir des droits bien plus réels que tout autre pour obtenir une place où il puisse mettre en pratique et la «.'ieoce et les idées sages et novatrices qu'il ne cesse de répandre dans ses écrits.— Nous faisons donc dee vœux pour que rSapereur, qui a déjà (bit tant et de si grandes choses, acquitte enfin la vieille datte de la France, en donnant à Albert Lenoir nn poste qui loi (lermette d*a(>pliquer, au prufil de l'art, la vaste universalité de ses connaissances archéologiques. Ce sera un acte de justice auquel a(q>laudiront tous les hommes de cœur, et un hommage rendu (mr le pouvoir à i’inlclligencci et au mérite.

‘ PonCHK DK I.ÈCI.ISE Mf»-y.\STK.H'E , A SAINT- «ENOlf srR-I.OlHE

ainisi que la ronslilulion. Il en est nn^tne ilnnt la roinposition oITre une jçrande analogie avec ceux (le l’anliqinTé; ol ecl <»h>l oii celle comlition s'explique aiséinenl. — Le stylo tlil roman n’esi anire chose qu'une ddgém'resccnco, plus ou moins alfaiblie, do l’an rotndin. et maini aiiisle (pn'lre ou moine) des XI' el XIE siècles avait ou vu quelques monuments de ce |>euple, ou lu, ce qui ne nous étonnerait pas, le texte manuscrit de A'itriive. Quoi d'élonnant alors qu'iialiilani une ville à ruines gallo-romaines ou qn'ayanl pris connaissance du code de rarrhiKTIure antique, plusieurs d’entre eux aient composé ou fait oxécnier certaines oeuvres sous rinfliience, plus ou moins directe, do ces principes? Nous dirons plus : c'est que l'art romain s'est, pour ainsi dire, transmis d'Age eh Ago, el que, malgré les Iraosformalions qu’on Ini fil subir du Vr au X' siècle, il n'élail pas lellemeul altéré, an XI! , qu’on pét s’y méprendre : assertion qui se voit presque confirmée par le seul examen de la eonstilulion d'une colonne. Kn elTet, ce membre une fois défini el composé de scs parties essentielles (la base, le fi'il el le chapiteau on ne s’en écarta, dans certains lienx, que pour y apporter, suivant les époques et selon le talent des artistes, quelqii(*s modifications secondaires : ainsi, la base nîsla toujours une base, le f()t un fi)l, et le chapiteau un ehapileaii. Nous avouons <|ue le temps cl surtout le goilt des hommes en fransformèrenl parfois les proportions et les éléments eonstilulifs, tels que moulures, ornements, etc.; mais, un doit iccunnallre qti’asst'z souvent aii.ssi la base raivpela plus ou moins celle do ranlii|uité, de même que le chapiteau, par la mémo transmission séculaire des idées, retint encore .ses parties principales, comme oui, volutes, petites feuilles, qu'on changea, je le veux bien, en d'antres éléments, mais qui n’eii représentaient |ias moins l’idée première, puisqu'on les avait mis à lu mémo place. Or; c’est précisément ce qu’on retrouve dans les chapiteaux du porche de Saint-Benoît, où leur analogie avec ceux des Komains, mais plus |>articulièrement avec le type des ordres corinthien et composite, parait dos plus frap|ianlcs. .Aussi, sommes-nous très-disposés à admettre l’un de ces deux termes : ou l’artiste, qui les composa, suivit la transmission des idées do son époque, qui l'avait reçue des sü'cles précédents; ou ils lui furent inspirés par la vue des monuments romains ou la lecture des livres sur l’archilccture antique. On ne peut, selon nous, sortir do ces deux propositions. Maintenant, il faut ajouter A ces considérations une autre remarque (|ui nous semble non moins imporlanio, c’est que le dessin des végétaux ainsi que leur exécution sont tris-remanpiables et beaucoup mieux traités que les ligures; on v sent une copie plus on moins exacte de la nature, (|u’on emimllit encore pour la rapprocher davantage de.s modèles, c’csi-à-dire des chapiteaux antiques. Mais , iin comprend , à leur supériorité sur ceux des églises secondairos el même de cerlainee cathédrales, qu’ils appartiennent A un iiionasièrc célèbre el qui devait |>ossédcr dans son sein des artistes capables d’exécuter les plus Irellcs œuvres, ce dont on acquiert la preuve A Cluny et dans les autres couvents de cet onlre illustre. Quoi qu’il en soit, nous ne saunons clore ce qui est relatif A cette espèce de chapiteaux sans faire remarquer qu’il on est plusieurs (1) dont le travail semble inachevé. Peut-on ou doit-on en conclure que le sculpteur bénédictin n'a pu terminer

(t) Voyra suriout Im d«is exomples que noue avons placés au bas de DOUa ptanctie.

MOYEN AGE — NI' ET Xll* SIÉCl.ES — PORCHES DES ÉGLISES.

son (ouvre, ou Liul-il iiluUll y voir l’elTel (le l’action (lu Iciniis (]ui y aurait exercé scs ravages? C’est CO que te lecteur devra décider.

Ouaire éléitients gra|diiques, qu’oii retrouve employés, soit seuls ou à l’état de coudiiiiaison,* dans les autres iiiunuments de cette époque, concourent à la décoration sculpturale des chapiteaux de ce porche. Ce sont les végétaux, les orneineuts, les ligures rantastiques et les compositions à personnages; mais, le dernier de ces éléments constitue ce qu’on nomme, en archéologie architecturale, les c/nipi/caux historih; et c’est mémo, pour le dire en passant, ce système do décoration qui distingue, comme trait particulier, le chapiteau roman du chapiteau antique. Les chapiteaux de celte espèce sont fort intéressants à étudier, et cependant les archéologues n’ont pas encore compris tout ce qu’il y aurait de ronscigncraenis pnveioux à recnieillir de leur investigation. Indépendaiumcol des notions qu’ils fournissent sur les dilTérentes phases de la sculpture aux XP et XIP siècles, on y trouve encore des documents sur l’iconographie, les croyances, les cérémonies, les mœurs, les coslum(»s, les meubles, les armes, les ustensiles, les instruments de musique, etc., tous représentés au naturel et copiés avec exactitude et naïveté d’aprt‘8 les faits et les choses de celte épo(|ue; documents ()u’un ordre de' classificalion y ferait découvrir Ions les éléments necessaires à la reconslitnlion figurée de la vie religieuse , civile cl militaire d'alors. — Des compositions, sculpti'es en un relief plus ou moins saillant, étaient donc placés, selon la dose du goAt de l'artiste, sur tout le développement de lu corbeille de ces chapiteaux. Le plus souvent, elles repiéseutent des sujets relatifs à l’Iiistoire sacrée et civile ou à la vie privée; mais, ces compositions sont touj(mrs rendues avec une grande naïveté. On y voit encore des figures bizarres et fantasl'u|ucs, des monstres, des chimères, des animaux d’une nature étrange; enfin, on dirait que les artistes, en les composant, se plurent à y retracer, comme nous le montrerons ailleurs, des scènes terribles et capahUîS de produire une impression profonde. — Au fait, les travaux de sculpture, ainsi placés dans les mains des ministres de la religion, devinrent, on peut le supposer, un puissant moyen d'action dont l’Église se servit pour instruire les masses, et quelle semble avoir employé pour leur apprendre non -seulement les principales particularités des croyances catholiques, mais encore une foule de notions que la plus simple intelligence pouvait aiséuieiit saisir. Et, de là, toutes ces histoires sculptées dont les nombreux traits, répandus sur la pierre, servaient à la fuis de décoration aux dilTérentes parties de la maison de Dieu et d’enseignement aux populations de l'époque. Ce fut donc un grand livre ouvert à toutes les conditions de l'humanilé, depuis l'enfant Jusqu’au vieillard, et un naïf système d’instruction pittoresque qui , s’adressant aux forts et aux faibles, eut sans doute une grande influence sur le cœur et l’esprit des fidèles. Tri’S-certainemenl, l’Église dut comprendre et le clergé sentit, puisqu’il en fit usage, de quelles re.ssources pouvait être un loi moyen d'éducation populaire, et ce qu’on lit Duguère, dans l’antiquité polythéiste, chez les .Assyriens, les Egyptiens, les Grecs, etc., se reproduisit au moyen Age, où tout ce qui, dans les (mnstruclions religieuses, put être orné, rev’ut souvent une décoration sculpturale (d inslruclive. Qu’on se figure, par la pensée, ce que pouvaient apprendre des façades comme celle de Nolre-Dame-Ia-Grande à Poitiers, des porches comme celui de la calhé-

Page 1