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Né en 1572, mort en i

(Feu W, Burg», architecte.)

Laud, peu soucieux des idées nouvelles auxquelles l'Angleterre devait la Réforme religieuse, et qui, durant son épiscopat, contribua de ses deniers à la construction de plusieurs églises suivant les modes anciens.

Ce n'est qu'à la suite d'un second voyage en Italie, ce n'est qu'après avoir étudié Palladio à Vicence, qu'Inigo Jones fut désormais acquis au classique moderne et qu'il continua en style italien les faces nord-est et sud du Saint-John's Collège.

On le vit alors commencer en 1619, pour Jacques I er , les travaux, bientôt interrompus par les guerres civiles, de cette somptueuse résidence de White Wall, dont la salle des banquets (banqueting-house), aujourd'hui transformée en chapelle royale, est la seule partie achevée. Cette construction, d'aspect noble et puissant, inspirée par les plus beaux édifices vénitiens du Sansovino, est le meilleur titre de gloire d'Inigo Jones et influença d'une façon irrésistible l'architecture anglaise de cette époque.

La Renaissance classique était désormais consommée en Angleterre. Aussi, lorsque, en 163 3, Inigo Jones fut chargé de restaurer le vieux Saint-Paul incendié en 1561 1 et tombant en ruines, il n'hésita pas à dissimuler les débris de l'ancienne cathédrale sous les formes les plus classiques et à lui donner pour entrée un portique corinthien certes peu justifié malgré sa magnificence. Mais cette restauration par superposition ne devait pas être de longue durée; elle menaçait déjà ruine quand le grand feu de Londres, en 1666, vint anéantir définitivement les restes de l'antique édifice avec les transformations d'Inigo Jones.

1. Cet incendie, qui s'alluma dans les combles de l'édifice, détruisit en quatre heures tout ce qui était combustible, y compris une flèche en bois et plomb, haute de 162 mètres. De telle sorte que le corps même du monument, écrasé sous les décombres et ruiné, fut abandonné en cet état pendant soixante-douze ans.

De ce grand incendie, — qui consuma 87 églises et plus de 12,000 maisons — date une nouvelle phase de l'architecture en Angleterre. La reconstruction de la plus grande partie de la ville, vers Test, allait mettre en lumière le génie de Sir Christopher Wren.

Son rôle comme architecte fut tellement prépondérant à cette époque qu'il est intéressant d'expliquer par quel concours de circonstances Wren devint presque tout d'un coup l'arbitre de l'art en Angleterre.

Il était né en 1632. A cette époque, la Renaissance anglaise, qui ne datait que de la seconde moitié du siècle précédent, était encore dans son plein développement, tandis qu'à Rome la décadence s'affirmait dans les œuvres du Bernin.

Le père de Christopher Wren, pasteur dans un pays du Wiltshire, devint plus tard doyen de Windsor. C'était un homme des plus distingués comme savant et lettré. 11 avait en outre quelques connaissances en architecture, car alors les principes de cet art en faveur étaient fort répandus chez tous les gens de bonne éducation. Ils ne dédaignaient pas d'étudier Vitruve, les traités de Vignole et de Palladio, et les livres de Philibert de l'Orme sur l'architecture, traduits en anglais.

Le jeune Wren montra tout de suite qu'il était d'une intelligence apte à tout embrasser et à tout comprendre. A treize ans il inventait un appareil astronomique, et, quelques années plus tard, il perfectionnait le baromètre. Après avoir complété ses études à Oxford, il était, à vingt-cinq ans, nommé professeur d'astronomie au Gresham

Collège. Passionné pour les mathématiques, il étudiait en même temps Vitruve avec l'énergie qu'il apportait en toutes choses, malgré un tempérament délicat; si bien qu'il acquit bientôt à Oxford une réputation spéciale pour ses connaissances théoriques en architecture. Inigo Jones était mort ne laissant derrière lui personne capable de le remplacer. En 1652, Wren, servi par sa jeune renommée, fut adjoint au surveillant général des travaux de la couronne et chargé de continuer les réparations entreprises par Inigo Jones pour relever les ruines du vieux Saint- Paul incendié. ■ En 1664, Wren, chargé de la construction du théâtre Scheldonïan à Oxford, témoigna de ses remarquables facultés de constructeur en couvrant, par une savante charpente en bois, la vaste salle de ce théâtre.

Mais, comprenant l'insuffisance de ses études artistiques, il résolut de visiter la France et passa un temps considérable à Paris, étudiant ses principaux monuments et particulièrement le Louvre. C'est qu'à ce moment toute l'attention publique était captivée par l'arrivée du cavalier Bernin, mandé de Rome par Louis XIV, qui voulait lui confier la construction de la grande façade à l'est de la cour du palais.

Précédé d'une immense réputation, comblé d'honneurs à Paris, le fameux architecte italien devait en imposer à l'imagination de Wren. Celui-ci s'empressa auprès du Bernin, pour connaître les projets conçus par lui pour cette grande façade, qui cependant, après toutes les vicissitudes que l'on sait, devait être élevée par Claude Perrault.

. Malgré l'exagération d'une composition ampoulée et la fausse grandeur des détails, il semble que les projets du Bernin firent grande impression sur l'esprit de Wren, si l'on en juge par ce qu'il écrivait à un ami :

Pour le dessin du Bernin, je donnerais ma peau, mais le vieil Italien ne m 9 en a permis que la mie!... Je ri 1 ai eu que le temps de le mettre dans ma tête et dans ma mémoire, mais je pourrai, par la parole et le crayon, vous en donner une idée suffisante.

Dans une autre lettre il dit :

Pour ne pas perdre mes impressions sur les monuments que j'ai étudiés, je rapporterai toute la France sur le papier.

Il se proposait de visiter l'Italie, mais il en fut empoché et retourna en Angleterre au commencement de Tannée 1666.

C'est donc en France que Wren vint chercher les inspirations qu'il allait bientôt mettre à profit dans ses vastes travaux. Mais, il faut le reconnaître, ce ne sont pas les œuvres de notre Renaissance, ce n'est pas le Louvre de Pierre Lescot et de Lemercier, les Tuileries de Philibert de l'Orme, qui l'ont influencé, mais bien l'architecture en faveur à cette époque et qui se ressentait déjà de la décadence italienne. Architecture d'apparat, grandiose assurément, mais sacrifiant l'art à l'effet et dont certains types ont été importés d'Italie en France par les Jésuites. A considérer les œuvres de Wren, il est peu douteux, par exemple, que l'église Saint-Paul- Saint-Louis, récemment construite rue Saint- Antoine, n'ait été un des monuments qui attirèrent son attention ; et, s'il ne put aller jusqu'en Italie, il reste certain qu'il connut par les dessins les œuvres de Bernin, qui doit être considéré comme le véritable inspirateur des conceptions de Wren.

Quoi qu'il en soit, les événements allaient singulièrement favoriser le jeune architecte. A peine de retour dans sa patrie, l'immense incendie de Londres créait des monceaux de ruines. Wren

(M. Wiierhouic, R. A., aichitt

présenta aussitôt un plan pour la reconstruction de la Cité ; il ne put réussir à le faire adopter, malgré ses mérites certains, parce que trop d'intérêts particuliers se trouvaient lésés par sa vaste conception qui, de toutes pièces en quelque sorte, créait une ville nouvelle. Mais, bientôt nommé « surveyor gênerai » des travaux de la nouvelle ville, il entreprit la reconstruction de nombreuses églises paroissiales en même temps qu'il préparait les plans du nouveau Saint- Paul qu'il devait commencer en 1675.

On a peine à concevoir la somme considérable de travaux exécutés par Wren, pendant une période de trente à quarante ans; on admire véritablement sa puissance supérieure de création et de direction quand on voit avec quelle sûreté il conduisit tout à bien, malgré quelques défaillances inévitables au cours d'un si long labeur 1 .

Nous regrettons de n'avoir pas ici le loisir d'apprécier Saint- Paul, ce monument grandiose, qui a suffi pour immortaliser le nom de Wren. A plus forte raison, nous ne pouvons détailler ces nombreuses églises, plus de cinquante, qui, dans la Cité rebâtie, comme des satellites, dressent leurs clochers en pyramides autour du monument géant.

Il suffit de rappeler ce vaste ensemble de monuments pour expliquer comment Wren put, pendant sa féconde carrière, renouveler pour ainsi dire l'architecture anglaise. Certes son style se ressent

1. Il faut remarquer, toutefois, que, si Wren fut servi d'une façon exceptionnelle par les circonstances, il fut de même bien secondé par une armée d'ouvriers et d'entrepreneurs naturellement préparés pour comprendre et traduire ses plans. Tous, en effet, pénétrés des formes classiques alors à la mode, élevés dans certaines traditions de construction qu'on n'essayait pas de modifier, tous à la suite du maître poursuivaient un même but, devinant sa pensée, interprétant ses projets, sans cette préoccupation de nouveauté, sans ce souci des influences étrangères multiples qui troublent l'architecte moderne et déroutent l'ouvrier, qu'il faut sans cesse façonner à des modes d'exécution différents.

(M. W. BuUcrficld, trtfailt

16 l'architecture moderne enangleterre

d'une époque générale de décadence et les œuvres qu'il a laissées ne sont pas toutes d'un goût recommandable, mais on ne saurait tout au moins leur contester un caractère de puissance et de grandeur dont Saint-Paul reste la manifestation éclatante.

Dès la mort de Wren, en 1 723 , la décadence monumentale s'accentue dans les oeuvres de Sir John Vanbrugh, de Nicolas Hawksmoor, de Colin Campbell, de William Kent et de James Gibbs dont l'église Saint-Martin, Trafalgar square, dont la Radcliffe library à Oxford, ne sont qu'une continuation affaiblie du style de Wren.

Pendant ce temps l'architecture domestique se transformait; elle se faisait plus modeste et prenait ce caractère de simplicité intime, aujourd'hui très apprécié, auquel on doit la nouvelle Renaissance

qui vient de supplanter le gothique moderne en Angleterre. Nous aurons plus tard à expliquer cétfe transformation actuelle du goût 1 chez- nos voisins. Aiftli devons-nous gNfe'e pèsent insister sur le caractère de l'architecture civile ,çt; do % mestiquflrp ; endant une pé-, riode qui commence avec le XVIII e siècle, moment où la reine Anne monte sur le trône , et se continue sous les règnes de George I er et de George II.

A cette époque l'architecture n'était appelée que pour la construction des châteaux, des édifices ou des monuments publics. Les habitations privées, même celles d'une certaine importance, restaient aux mains de simples entrepreneurs qui construisaient en briques, sans luxe, mais avec soin. Une corniche à modillons, de style classique, faite en bois et peinte en blanc, couronnait les façades. Les fenêtres étaient encadrées dans des châssis en bois à fleur du mur extérieur et peints également en blanc. Quelquefois des guirlandes ou quelques autres ornements rapportés sur la brique enrichissaient les façades. Sir Christopher Wren avait donné

un premier exemple de ce mode de décoration sur la façade de la terrasse et dans la cour dite de la Fontaine au palais d'Hampton- Court. L'ornementation intérieure était cherchée dans le genre Louis XIV.

Mais, tandis que l'architecture domestique, conservant les traditions du pays, utilisant les ressources locales, se résumait dans les villes en de simples façades en briques égayées par des bois peinfs en blanc et faisait, à la campagne et dans les comtés, grand emploi des pans de bois apparents, l'architecture officielle continuait à s'inspirer de l'art italien, — comme en témoigne le beau palais de Somerset-house construit de 1775 à 1785, sur les bords de la Tamise, par Sir William Chambers.

Cependant l'architecture anglaise allait se transformer à nouveau en puisant à des sources jusqu'alors inconnues.

Vers 1750, les frères Adam visitent longuement l'Italie; ils vont jusque sur les côtes de la Dalmatie pour y relever les ruines du palais de Dioclétien à Spalato. Voyageurs et avides d'inconnu comme tous leurs compatriotes, Dawkins et Wood poussent au delà; ils étudient les premiers les ruines de Palmyre et de Balbeck. Chandler et Pars parcourent l'Asie Mineure, tandis que James Stuart et Nicolas Revett, soutenus par la Société des Dilettanti, relèvent les monuments de l'Attique. Mais, si quelques artistes et quelques dilettanti pouvaient s'intéresser à ces expéditions lointaines et aux ruines à peine entrevues de l'art grec, le public anglais était plus disposé à comprendre l'art romain, auquel il était préparé par le classique italien de la Renaissance. Aussi les

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innovations des frères Adam, de retour à Londres, fiîrent-elles accueillies favorablement, et bientôt leurs premiers travaux trouvèrent de nombreux imitateurs.

La mode fut alors à ces colonnades ininterrompues, à ces prétendus temples et monuments antiques construits le plus souvent en matériaux médiocres dissimulés par des enduits de stuc. Abritées .ainsi sous une même architecture fausse et prétentieuse, les maisons réunies en un seul bloc prenaient des apparences de palais. Telles se présentent Adelphi-terrace et les rues voisines construites par les frères Adam, ainsi que Fitzroy-square ; puis encore Carltonhouse-terrace, Hanover-terrace, et toutes les constructions ultérieures de Régent' s-street et de Regent's-park, qui firent plus tard la renommée des architectes John Nash, Decimus Burton, Holland, etc., de 1800 à 1820 l .

A l'intérieur des maisons-palais des frères Adam, qui représentent les habitations somptueuses du temps, les murs, les corniches, les plafonds, se décorent de frises, de rinceaux, de palmcttes, empruntés aux décorations pompéiennes, alors dans tout le prestige de leur nouveauté. Par suite de cette transformation du goût, les modestes mais gracieuses constructions en briques du commencement du XVIII e siècle sont abandonnées. On construit encore, il est vrai, des rues entières en briques, comme Harley-street et Gower-street, mais cela sans agrément, sans décoration, pas même une corniche pour abriter la nudité des murs lisses.

Bien que la fin du XVIII e siècle et le commencement du XIX e

1 . Il ne faut pas cependant confondre les œuvres des frères Adam et celles des Nash, Holland, etc. Les frères Adam ont construit en pierre Fitzroy-square; Adelphi-terrace est en briques avec pilastres et corniches en pierre. Ces édifices ont été élevés de 1760 à 1785. Par contre, les travaux de Nash et de Holland, qui datent de 1800 à 1820, sont tous recouverts de stuc et accusent une décadence complète comme architecture et comme construction.

(M. John Douglii, architecte.)

marquent le point le plus bas de la décadence architecturale en Angleterre, on peut encore citer des édifices de quelque valeur : la prison de Newgate, par George Dance, 1770; la Banque d'Angleterre, par Sir J. Soane, 1788; quoique ce dernier édifice semble déjà, par certaines prétentions au style grec, appartenir à la nouvelle série d'édifices inspirés par les études de W. Stuart et de Nicolas Revett.

Dès 1762, en effet, ils publiaient leur premier volume sur les antiquités d'Athènes. Malgré l'appui et le zèle des « Dilettanti » , les trois volumes de Stuart et Revett ne purent imposer tout de suite le style grec aux constructions anglaises. Ces livres et l'architecture qu'ils voulaient remettre en honneur soulevèrent de nombreuses polémiques et furent particulièrement combattus par Sir W. Chambers. L'architecte du beau palais de Somerset-house restait fidèle à l'architecture romaine et insinuait, dans un traité sur la question publié en 1791 , « que le Parthénon gagnerait beaucoup, quant à la beauté, si on y ajoutait un campanile ». Mais les marbres admirables de Phidias arrachés au Temple de Minerve par lord Elgin de 180 1 à 1803 , et transportés à Londres, allaient exciter une passion irréfléchie des formes grecques.

L'influence des frères Adam s'était exercée pendant un demisiècle, de 1750a 1808; Nash, Decimus Burton et d'autres avaient continué leur rénovation antique romaine jusque vers 1820. De cette époque date l'avènement du style grec dans la plupart des édifices civils et dans la grande majorité des constructions privées, sauf exceptions que nous signalerons plus loin. En effet, nous allons entrer dans une période toute moderne de recherches et d'éclectisme qui va mettre en présence bien des théories différentes et provoquera ce qui fut appelé en Angleterre la Bataille des styles.

Nous déterminerons ces divers courants d'opinion et classerons

les monuments qui en ont été la suite. Pour le moment, il convient de reprendre la période grecque à ses débuts.

(M. Culkuli, archile

La passion estle plus souvent exclusive. Aussi, sans tenir compte du climat, du milieu, des besoins modernes, les architectes et les

« Dilettanti » prétendirent transporter tout d'une pièce les monuments de l'Attique sur le sol anglo-saxon. Nous trouvons le premier essai important de cette implantation dans l'église Saint-Pancras, élevée à Londres en 1819 par W. Inwood, qui avait visité la Grèce. Aussi voyons-nous, en avant du monument, le portique ionique de l' Érechtheion ; à droite et à gauche, des appendices avec les dispositions et les cariatides du Pandrosium; puis, dominant le fronton grec du portique, une tour octogonale à deux étages d'ordres et de motifs empruntés à la tour des Vents et au monument choragique de Lysicratès.

Dans le même ordre d'idées, il faut citer le portique ionique servant d'entrée à Hyde Park, par Decimus Burton (1825). Sur l'attique se développe une reproduction de la cavalcade de la Cella du Parthénon, sans doute pour annoncer Rotten-Row et les nombreux cavaliers qui fréquentent cette piste à la mode.

Nous ne saurions citer toutes les chapelles, toutes les églises auxquelles Saipt-Pancras a servi de type, ni tous les édifices qui, prétendant au grec, n'ont été que des plagiats détestables de cet art admirable dans son esprit comme dans ses formes, mais auquel, en notre XIX e siècle, on doit demander les principes de logique et de vérité qui sont sa raison d'être, et non des copies.

Cependant nous devons une mention spéciale aux beau* travaux de Sir Robert Smirke : le British-Museum (1823-26) et l'ancien Post-Office (1825-29), qui témoignent de sérieuses études et d'un grand art malgré des imitations un peu trop serviles. Nous devons aussi signaler les édifices construits par le professeur Cockerell, auquel le Musée Britannique doit les bas-reliefs du temple de Bassae près Phigalée, en Arcadie. Le Collège des physiciens, dans Trafalgar-square, Hanover-chapel dans Régent' s-street (1823-25), le Taylor Institute à Oxford, le Sun-fire office à Londres, sont des

œuvres qui attestent le talent ferme et le goût délicat de Cockerell. Le Fitzwilliam-Museum de Cambridge par Basevi (1855) — Vesti-

(Ffigmcnl. — Feu C.-E. Sireer, ircUucte,)

bule par Cockerell — est encore un bel édifice qui, quoique çorin-

thien, relève plus par les détails du style grec que du style romain ! . Nous ne saurions goûter autant l'University Collège et la National Gallery, construits par W. Wilkins entre 1827 et 1838. Ce sont des compositions froides, de détails médiocres, sans grandeur, malgré les dimensions, et dont les portiques corinthiens sont inutilement surmontés de petits dômes mesquins. On trouve partout en Angleterre des témoins curieux de ce culte excessif pour l'antiquité grecque et romaine. Sur les hauteurs, du Carlton Hill , audessus d'Edimbourg, se dresse la silhouette d'un monument grec inachevé; le Town Hall de Birmingham affecte la forme d'un temple corinthien périptère sur un haut soubassement à bossages rustiques; à Londres, l'entrée d'Euston-station rappelle les proportions géantes du temple d'Agrigente; les plus modestes maisons de ville et de campagne elles-mêmes étaient alors souvent précédées d'un portique Pœstum en miniature.

Sans insister davantage sur les étrangetés de l'époque, nous pourrions citer encore de nombreux monuments qui, dans un style mixte, continuent le gréco-romain jusque vers 1845 et se recommandent par des qualités sérieuses. Mais nous avons hâte de donner ici à la Renaissance gothique, The Gothic Revival, la large place qui lui appartient dans l'histoire de l'architecture anglaise au XIX e siècle.

Nous avons dit combien les traditions du moyen âge avaient été tenaces en Angleterre. Pendant la période Elizabethan, dans les

1. Le « Conservative Club » dans Saint-James's-street est également l'œuvre de Basevi et d'un autre architecte, Sydney Smirke.

districts ruraux, Shropshire, Cheshire, Stafford, les constructions en bois conservaient les aspects anciens en dépit des superposi-

tions étrangères. D'ailleurs, le respect du passé, toujours si bien implanté en Angleterre, devait sauver les vieux édifices de l'oubli.

Le Monasticon anglicanum, curieux recueil publié en trois volumes, de 1655 à 1673, par Sir William Dugdale,aidé de plusieurs antiquaires érudits, témoigne du culte que quelques-uns conservaient pour les œuvres du moyen âge. De plus, dans la construction de nombreux édifices religieux, les méthodes anciennes étaient restées en pratique. Il n'est donc pas surprenant que Wren, malgré ses études et ses préférences classiques, ait pu construire à Oxford l'entrée du Christ Church Collège, le Tom Tower, dans un style gothique très mélangé il est vrai, comme les tours de Westminster, qui lui sont attribuées et auxquelles les critiques n'ont pas été ménagées. Wren construisit encore à Londres Saint-Michael's (Cornhill), Saint-Alban's dans Woodstreet, Saint-Mary (Aldermary) et Saint-Dunstan's in the East dont la tour, achevée en 1699, fut considérée par les admirateurs de Wren comme « un chef-d'œuvre de construction, d'élégance et de beauté ».

Ces retours vers une architecture disparue furent moins fréquents pendant le XVIII e siècle. Cependant les écrits et l'amour d'Horace Walpole pour le gothique ne sont pas étrangers au gothic revival du XIX e siècle. Entraîné par une passion irraisonnée, il transforma, de 1755 à 1776, sa résidence de Strawberry Hill en une agglomération de mauvaises copies, par fragments, des édifices anciens de l'Angleterre qui lui semblaient alors les plus beaux. A la même époque, un autre amateur, Batty Langley, ne désespérant pas d'accommoder le gothique au goût du jour, cherchait à établir cinq ordres gothiques suivant les préceptes classiques. Ces fantaisies, jointes à la nécessité de restaurer ou d'agrandir les anciens édifices, n'en contribuèrent pas moins à maintenir quelques-unes des traditions et des formes du passé. Ainsi, dans la deuxième cour, à Hampton-Court, la porte gothique date de 1732, règne de George II. En Ecosse, le type ancien des vieilles résidences baro-

.-W. Blomfeld, M. A., srchilecte.}

niales était conservé. En même temps, des publications sur le moyen âge continuaient à maintenir l'attention du public sur ces époques éloignées. Aussi, comme nous l'avons fait pressentir plus haut, est-il curieux de voir, au commencement de ce siècle, certains travaux importants de style moyen âge s'élever en même temps que les colonnades et les temples antiques qui alors semblaient avoir la faveur de tous.

La construction la plus étonnante du temps fut Fonthill Abbey, élevée en 1796 près Salisbury, dont il venait de restaurer la cathédrale, par James Wyatt pour William Beckford. De nombreux voyages avaient donné le goût du gothique à ce riche amateur. Au milieu d'une bizarre réunion de bâtiments, on voyait s'élever une haute tour octogonale de 278 pieds, au sommet de laquelle un coche à six chevaux aurait pu monter, di:ait-on dans le pays, grâce à ses proportions colossales. Mais le tout, mal construit, devait s'écrouler peu après.

James Essex (mort en 1784) avait restauré précédemment les cathédrales d'Ely, de Lincoln, la chapelle du King's Collège, etc.

James Wyatt fut également chargé de nombreuses restaurations, parmi lesquelles la chapelle de Henri VII, à l'abbaye de Westminster, compte pour la meilleure. Mais, se permettant trop souvent d'innover, il assuma une lourde responsabilité devant les archéologues de son temps. John Carter se fit leur interprète indigné dans une suite de lettres célèbres qui sauvèrent beaucoup d'édifices des restaurations téméraires ou ignorantes.

Parmi les architectes qui s'essayèrent dans le style gothique, nommons encore William Atkinson, W. Wilkins, G. Dance, Sm.alman et A. Salvin habile dans l'architecture domestique; Edward Blore, dont les restaurations de Winchester et de Westminster furent alors appréciées ; Savage, qui construisit Saint-Luke's

à Chelsea, église importante, mais peu dans l'esprit moyen âge; Smirke, qui éleva Eastnor Castle (Herefordshire) et Wilton Castle (Yorkshire); Wyatville, qui fit, de 1826 à 1829, de nombreuses additions au château de Windsor; John Shaw, l'architecte de Saint-Dunstan's dans Fleet-Street et du Christ' s-hospital ; puis Rickman, Carpenter, Talbot Bury, Ferrey; ces deux derniers élèves de Pugin le père, dont nous parlerons plus loin.

L'aspect des demeures seigneuriales de ce temps est lourd, avec des prétentions de château fort, ce qui a fait donner à cette architecture le nom de castellated. Dans un gothique plus riche et plus aimable, Porden élevait en 1805 Eaton-hall, près de.Chester, pour le marquis de Westminster 1 . D'ailleurs l'influence de Sir Walter Scott commence à se faire sentir. Il est hors de doute qu'en exaltant les ruines historiques et les demeures féodales de la vieille Angleterre, cet écrivain patriote, très honoré dans son pays, a dû faire beaucoup pour le golhic revival. En même temps, nous approchons de sa période de complet épanouissement. Nous allons quitter celle des essais ignorants ou des plagiats habiles, appelée en Angleterre prœpuginesque, pour une ère de complète émancipation dont le grand Pugin sera en quelque sorte l'initiateur.

Fils d'un Français réfugié en Angleterre pendant la Révolution, \J L\ ) \^\ „ Augustus-Northmore-Welby Pugin naquit à Londres le i er mars

181 2. Son père, dessinateur et graveur d'architecture 2 , utilisa les aptitudes et l'habileté naissante de son fils dans de nombreux

1 . Ce château vient d'être complètement remanié par M. Waterhouse, R. À.

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